Pour
le premier cycle du sixième mois de la décade
comprenant la nuit
et le jour :
« L'année
primitive à Rome, année dite de Romulus, comprenait dix mois,
quatre mois de trente et un jours, les grands mois, « Martius »,
« Maius », « Quintilis » [ le cinquième ] et
« October », [ ... ]
« [
... ] et six mois de trente jours, « Aprilis »,
« Junius », « Sextilis », « September »,
« November » et « December », soit un total
de 304 jours. »
[
Il ne s'agit pas de l'année de Romulus mais de sa décade – celle
des mois synodiques augmentée de quatre unités. ]
« Puis
sous Tarquin ou Numa [ le successeur de Romulus ] l'année s’allongea
de deux mois qu'on ajouta après décembre, ce furent les deux
derniers mois de l'année. »
[
Il ne s'agit pas de l'année de Romulus mais de son Janus – celui
de la décade des mois synodiques. ]
« On
ajouta donc cinquante et un jours, nombre trop faible toutefois pour
former deux mois. »
[
Les cinquante jours du Janus de Romulus correspondent aux cinq
décades de la décade dans la construction arithmétique des cinq
paires : « 9 et 1 » – « 8 et 2 » –
« 7 et 3 » – « 6 et 4 » – « 5 et
5 ».
Le
jour subsidiaire correspond à celui que le calendrier julien
qualifie de bissextile. ]
« Pour
constituer ces deux mois nouveaux, on emprunta un jour à chacun des
mois courts. »
[
Les six mois courts ont pour chacun trente jours et sont par conséquent complets. ]
« En
conclusion, les quatre grands mois conservaient trente et un jours,
les six autres n'en avaient plus que vingt-neuf, le nouveau mois en
avait également vingt-neuf et était le dernier mois de l'année. »
[
Ce qui ne ferait que onze mois ou 327 jours ! ]
« L'un
de ces deux nouveaux mois fut bientôt placé le premier, avant
« Martius » et appelé « Januarius » parce
qu'il était consacré à Janus [ ... ]. »
[
Le « Janus à deux faces » indique qu'il y a bien deux
mois avec la décade. ]
« L'autre,
de vingt-sept jours, resta d'abord placé après le mois de
décembre. »
[
Cette fois le compte est bon mais dans le désordre :
« 327 + 27 = 354 » ]
« Il
fut consacré à « Febro », dieu des morts dans les
enfers, d'où son nom de « Februarius » ; c'était
un mois de deuil – « feber » – pendant lequel on
faisait [ ... ] les purifications – « februalia » –
en l'honneur des morts ; [ ... ] »
[
C'est le mois du jeûne pendant les dix-sept jours qui s'étendent de
la Chandeleur aux Prémices après l'hibernation et la
germination des règnes de la nature.
C'est
aussi celui de la Parentelle qui élève les âmes des ancêtres sur
les autels le jour des Prémices pour l'anabase de l'Apocatastase. ]
« Ainsi,
si tous les mois reçurent un nombre de jours impair [ ... ] le total
de ces douze nombres impairs formait néanmoins un nombre pair [
puisque ] l'année avait 354 jours. »
[
Le Masne délire sur la nature des nombres : les dix mois de
trente jours avec leurs quatre jours complémentaires et les
cinquante jours du Janus s'étendaient sur la totalité d'une année
de douze lunaisons synodiques. ]
« On
ajouta alors un jour au dernier mois – « Februarius » –
ce qui conduisait à nouveau à un nombre impair pour l'année [ 355
] – mais à un nombre pair [ 28 ] pour le mois. » [ ... ]
[
Si les deux mois du Janus avaient vingt-cinq jours, le jour
bissextile du calendrier julien avant d'être le sixième devant les
calendes de mars fut probablement le dernier des ides pour le mois
qui précède. ]
« Plus
tard le début de l'année fut ramené du 1er mars au 1er janvier.
L'année, dont le début avait d'abord été vers l'équinoxe de
printemps, commença alors au solstice d'hiver ou à peu près. »
[
Le Masne ne nous donne aucune précision sur ce déplacement qui
s'étend entre mars et décembre, interprété au IVe siècle de
l'ère chrétienne comme la Conception et la Naissance du Christ – son
Nouveau Soleil. ]
« Cette
année de 355 jours égalait la durée, à un jour près, des années
lunaires qui était de 354 jours. »
[
Le cinquième jour complémentaire que le calendrier julien qualifie
ensuite de bissextile n'a pas la même fréquence pour les années
lunaires mais occupe déjà la même fonction. ]
« Comme
[ l'année lunaire ] était plus courte que l'année solaire sur
laquelle se basaient les agriculteurs pour leurs travaux [ ... ] on
essaya par des intercalations, de la faire coïncider avec les
saisons. »
[
Le Masne ne nous donne aucune précision sur ces intercalations mais
c'étaient sans doute déjà la fonction des quatre premiers jours
complémentaires dans les quatre grands mois de 31 jours. ]
« C'est
alors que Jules César [ ... ] opéra sa célèbre réforme [ ... ].
Il décida [ ... ] que l'année, désormais réglée [ ... ] sur le
cour du soleil, aurait 365 jours, [ ... ]
« [
... ] et [ ... ] comme il restait un excédant [ de ] six heures, ce
qui [ en faisait ] vingt-quatre en quatre ans, il y aurait, tous les
quatre ans, un jour de plus. »
« Les
dix jours [ qui surpassaient les ] 355 [ jours de l'année lunaire ]
furent distribués parmi les mois [ du Janus ] qui eurent alors
trente [ ... ] jours [ mais que Le Masne distribue aussi sur les six
mois de la décade qu'il a préalablement amputé d'un jour. ] »
[
Mais voila qu'il ampute octobre (30) et février (29 ou 30) pour
augmenter septembre (31) et novembre (31) tout en augmentant janvier
(31) pour
redistribuer une alternance qui est celle des mois synodiques de
vingt-neuf ou trente jours. ]
« Comme
cette [ réforme ] avait été opérée par Jules César, on donna,
en 716 [ « ab urbe condita » ] sur la proposition
d'Antoine [ ... ] le nom de Julius au mois [ de ] Quintilis [ ... ].
« Cette
réforme fut d'abord mal appliquée. Les pontifes se trompèrent et
intercalèrent une année bissextile, non pas tous les quatre ans,
mais tous les trois ans. »
[
Il est probable qu'on appliquait encore une correction de l'année
lunaire (354 ou 355) sur celle d'une année solaire (365 ou 366). ]
« Au
bout de trente-six ans, on avait intercalé douze années bissextiles
alors qu'il n'en fallait que neuf. Heureusement on s'en aperçut.
Auguste, qui régnait alors, ordonna que pendant douze ans on [ n'en
] fit aucune [ ... ]. »
« En
récompense de [ cette décision ] le Sénat romain décréta en 746
[ « ab urbe condita » ] qu'on donnerait [ aussi au mois
de ] « Sextilis » [ le nom ] d'Auguste [ ... ]. »
[
Le Masne date l'année 746 de l'an 8 avant l’ère chrétienne. Ce
qui fait
correspondre le cycle du Phénix aux six mille lunaisons avec les cinq cents ans de la République romaine. ]
« Et
la flatterie s'en mêlant, on persuada Auguste que [ ... ] son mois
devait avoir autant de jours que [ celui de César ]. On enleva donc
un jour [ de plus au ] mois de février [ pour augmenter
le mois ] d'août. »
[
Le motif psychologique n'a évidemment pas sa place dans la
redistribution des jours au gré des saisons. ]
« Puis
[ ... ] on donna le [ dernier jour ] de septembre à octobre, et on
fit de même pour [ celui ] de novembre qu'on transféra [ en ]
décembre. »
[
Le Masne reconstruit à posteriori le calendrier que nous
connaissons. Nous déconstruisons celui que nous imaginons à partir
d'une origine que nous théorisons. ]
« Le
nombre de jours des mois ainsi que leurs noms n'ayant pas [ ... ]
changés depuis lors, sont arrivés à nous tels qu'ils furent ainsi
fixés à la fin du règne d'Auguste. [ ... ] »
Cf.
Roger Le Masne – La papauté au travers de la prophétie de
saint Malachie – Le calendrier
– Les unités naturelles de temps (2001)
