...
Pour la trente-deuxième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
●
« La Sphère de la lune [ « sublunaire » ] est le lieu de l'élaboration des formes qu'il s'agisse d'un être particulier, d'un état d'existence ou d'une forme traditionnelle.
« Pour cette raison, les vingt-huit Mansions qu'elle contient [« et que nous comptons parmi les 460 demeures « terrestres » ] peuvent être mis en correspondance avec les degrés de la cosmologie humaine [ qui les distinguent des 261 demeures « célestes ». ]
« Notre monde, notre cycle d'existence sont figurés par ce nombre (28) qui doit être envisagé à cet égard comme un multiple de sept (4 x 7) [ qui est semblable à celui des saisons du Kali Yuga. ]
« En effet, sept est le nombre des Cieux planétaires qui représentent le monde intermédiaire entre les purs esprits et la manifestation corporelle [ en correspondance avec les jours des semaines (52 x 7) où les deux luminaires sont assimilés aux cinq sphères planétaires. ]
« Par ailleurs, la Sphère de la lune est le domaine des Demeures coraniques, c'est-à-dire du Livre sacré de l'islam en tant qu'il est divisé en sourates ; ...
[ Ce qui n'est vrai que dans la mesure où leur nature « spirituelle » trouve une correspondance ici-bas avec le « barzakh » de l'apocatastase qui sépare dans leur succession les saisons originelles du cycle de l'écliptique.
Le « barzakh » de l'apocatastase et la saison originelle du cycle de l'écliptique sont alors caractérisés par un nombre de semaines (16 + 36) ou de jours (112 + 252). ]
« ... des Demeures – « Manâzil » – font l'objet des cent quatorze chapitres qui constituent la quatrième section des « Futûhât ».
[ Elles étendent par conséquent leur correspondance aux deux jours complémentaires qui accompagnent l'équinoxe du Printemps dans le cycle des jours bissextiles à l'exclusion du « trisextile » qui ne revient qu'une fois tous les 5.500 ans. ]
« La section suivante est celle des Condescendances – « Munâzalât » – [ qui par conséquent sont « descendues » avec les précédentes (114) dans le domaine sublunaire. ]
« Elles expriment la Science des lettres gardée au cœur de notre état d'existence et constituent la théophanie qui assurera le passage de ce monde à la vie future [ après la Résurrection. ]
« Par là, elles sont associées aux mystères du Coran Glorieux [ que Charles-André Gilis interprète ici comme « une manifestation axiale du Verbe divin ». ]
« Le symbolisme solaire des Condescendances est indiqué par leur nombre qui est « 78 » – triangle de « 12 ».
« Ce [ nombre ] est [ celui ] des constellations du Zodiaque tout comme « 7 » est le nombre des planètes et des métaux dont la signification se rapporte essentiellement à la manifestation subtile. »
Cf. Charles-André Gilis – « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux – Le livre du « Jafr » (2006)
●
Le nombre des lettres isolées est « 14 » compte tenu des répétitions qui apparaissent dans les trente monogrammes.
On y trouve par un ailleurs un groupe de treize monogrammes trilitères comprenant six monogrammes « A.L.M » et cinq monogrammes « A.L.R » avec deux monogrammes quadrilitères : « A.L.M.Ṣ » et « A.L.M.R ».
Le nombre de ces monogrammes trilitères (11) laisse entrevoir une correspondance entre le macrocosme (6) et le microcosme (5) représentés en géométrie par les figures de l'hexagramme et du pentagramme – le Sceau de Salomon et l'étoile de David.
Un autre groupe comprend sept monogrammes bilitères « Ḥ.M » – ce qui laisse cette fois entrevoir les fonctions qu'occupent Idrîs et Yûsuf parmi les quatorze phases de la Semaine pour les oraisons du Sheykh al-Akbar parmi les « Sept » et les « Douze ».
L'un des douze – Yûsuf – se subdivise en deux dans les généalogies bibliques avec Ephraïm et Manassé en assumant le passage du sidéral (13) au synodique (12) dans le nombre des lunaisons avec celui de leurs mansions : (28) et (30).
Ce qui laisse supposer que ces lettres isolées pourraient n'être que la trace d'un lectionnaire syriaque qui aurait précédé et guidé la rédaction du Noble Coran dans le cadre d'une liturgie mensuelle – que son caractère syriaque soit linguistique ou plutôt métaphorique.
La présence de deux monogrammes au début de la même sourate – « Ḥ.M » & « '.S.Q » – va dans le sens d'une alternance entre des mois de vingt-neuf ou trente jours mais n'explique pas pourquoi ils se retrouvent dans la sourate de la délibération (42).
Un troisième groupe de monogrammes ne comprend que les trois lettres esseulées dans leur isolement comme indication des degrés dans la réalité induite autour du microcosme entre les sphères des luminaires de son macrocosme : « Ṣ » – « Q » – « N »
Nous sommes donc loin d'avoir épuisé les lettres de ces monogrammes qui comprennent encore trois bilitères – « T.H » – « T.S » – « Y.S » – et trois trilitères dont l'un – « T.S.M » – forme un groupe de deux avec le troisième – « '.S.Q ».
Un dernier monogramme de cinq lettres fait apparaitre la quatorzième lettre : « K.H.Y.'.Ṣ ».
●
Abd ar-Razzâq al-Qâchânî interprète « le Livre au sujet duquel il n'y a pas de doute » qui apparaît dans la deuxième sourate à la suite du premier monogramme « A.L.M » comme étant celui des Condescendances qu'il attribue au « Jafr ».
Cette attribution peut être comprise de la façon dont celui du « Yi » (2) l'attribue à l'écrit du Fleuve Lo et au plan du Fleuve Jaune – le premier n'étant qu'un développement conceptuel sur le Carré magique de Saturne (3 x 3).
Le plan du Fleuve Jaune qui fait apparaître une enceinte centrale sous la forme d'une décade contenant le nombre cinq qui se trouve au centre du Carré magique de Saturne n'est qu'une représentation particulière du Carré magique de Jupiter (4 x 4).
C'est selon toute vraisemblance le plan qui précède l'écrit et le Fleuve Jaune qui doit être identifié aux quatorze lettres des trente Condescendances du Livre de « Jafr » – ce qui n'est pas sans rapport avec les « formes traditionnelles » qui s'y trouvent.
●
Les six qui sont dans le Kawthar d'al-Ḥaqq (108) sont avec les trente qui sont dans les Condescendances (78) parmi celles du dessous (36) si tu es de ceux qui les dénombre.
●
« [ René Guénon ] observait à [ ... ] propos [ de la lettre « Qâf » ] que le nombre de [ celle-ci ] est « 181 », équivalent à la somme des lettres qui entrent dans la composition du mot « Maqâm ». [ « K.F » = « 180 » = « M.Q.M » ]
« Ce nombre est aussi celui du nom de Salmân [ « S.L.M.N » ] ce qui confirme que le le secret des Gens de la Maison fait partie des mystères de la Lettre isolée étudiée ici » [ et de leur ensemble (14) du point de vue de leur plérôme. ]
« Or ce degré [ celui de la vision prophétique ] n'a pas forcément été obtenu par tous ceux qui d'une façon ou d'une autre font partie des Gens de la Maison mais uniquement par les plus éminents d'entre eux [ qui ont atteint le « Maqâm al-Qurbâ » ] ...
« ... parmi lesquels ibn Arabî cite al-Hasan, al-Husayn [ parmi les cinq qui furent sous le Manteau du Prophète ] et Ja'far » [ « as-Saddiq » – le sixième à partir d'Ali quand on compte Hasan parmi eux.
Autrement dit les mystères de la lettre « Qâf » sont ceux d'une assimilation au sommet de la hiérarchie initiatique des Proches aux gens de la Maison dans la parenté du Prophète. ]
Cf. Charles-André Gilis – « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux – Les Gens de la Maison (2006)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire