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Pour la quarante-cinquième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« La signification ésotérique du Califat et sa relation avec le Jour et avec la Prière du Vendredi sont expliquées [ dans le chapitre 322 des « Futûhât » ] de la façon suivante :
« De même, l'imâm s'il ne revêt pas les qualifications de Celui qui l'a établi comme lieutenant [ « Yastakhlifu-hu » littéralement « de Celui qui l'a établi comme Calife » ] s'il ne les réunit pas dans la mesure nécessaire à la satisfaction des besoins de ceux sur lesquels il a été établi, ...
« ... c'est que son califat – « khilâfatu-hu » – n'est pas pas véritable car il doit être l'Unique qui rassemble le Tout – « al-Wâhid al-Majmû' ».
« L'unité qui lui est propre est l'unité de la Synthèse – « ahadiyyat al-Jam' ».
« Le jour qui lui correspond est le Jour du Vendredi qui est la réunion de la Citée opérée autour d'un imâm unique.
« Celui-ci doit être le meilleur récitateur – « aqra'u-hum » – du Coran – c'est-à-dire celui dont la synthèse est la plus grande – « aktharu-hum jam'ran ».
« Les sciences qui lui appartiennent sont les sciences des lumières – « 'ulûm al-anwâr » ; ...
« ... si les sciences des secrets – « 'ulûm al-asrâr » – ne sont pas conférées à celui qui réalise cette Station initiatique, il ne s'en soucie nullement du fait que la prière rituelle est une lumière [ exotérique ] et que la lumière est ce par quoi on est guidé [ extérieurement. ]
« L'imâm doit nécessairement posséder une lumière qui lui donne le dévoilement et lui permet d'avancer en sûreté dans le monde qu'Allâh lui a donné à gouverner.
« En toute ville, en tout pays, en toute assemblée, les aspirations des individus divergent de sorte qu'il faut un chef – « ra's » – qui les rassemble et sous l'autorité duquel ils sont placé.
« C'est pourquoi l'Envoyé d'Allâh – sur lui la Grâce et la Paix – n'envoyait jamais un détachement – même s'il n'était composé que de deux hommes – sans donner à l'un d'eux le commandement [ – l'émirat. ]
« C'est là une Station éminente qui comporte une science qui lui est propre ; celui qui possède cette science est digne d'être imâm. »
Cf. Charles-André Gilis – La prière du Jour de Vendredi – Introduction (1994)
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L'imâm est le calife de l'Imâm et l'émir de son imâmat. Ce qui n'est pas le cas des « ahl al-Bayt » qui assument la continuité muhammadienne de l'imâmat dans son identification transcendante à la Louange de ceux sur lequel s'exerce son émirat.
Le Sceau des prophètes n'apparait à la fin des temps dans le hadith que sollicite Gilis pour établir son califat que comme le « Sayyid an-Nâs » qui est l'équivalent du « Sieur » – le Cid de notre civilité médiévale qui exprime l'apogée de cet émirat.
En amont de ce champ liturgique où le politique s'inclut au nom de la lieutenance prophétique, le califat adamantin revient à celui vers lequel s'oriente l'imamat de la Louange dans la révélation apocalyptique de la lieutenance divine de Sayyidina 'Isâ ibn Maryam.
Cette lieutenance divine correspond à la « anâniyya » de Sayyidina 'Isâ que les Oraisons métaphysiques du Sheykh al-Akbar attribue à Moïse mais qui revient par là même dans sa filiation au prototype abrahamique de l'imamat prophétique – cf. S 2 V 124 :
« En vérité, je vais t'établir comme Imâm pour les hommes. »
Allâh – précise le Sheykh al-Akbar – n'a pas dit « comme Calife » puisqu'il réserve ce titre à Adam et à Dâwûd qui ne peut revenir après eux qu'au Christ du fait de sa conformité dans le récit coranique à la création adamique – cf. S 2 V 30 & S 38 V 26 + S 3 V 59.
Contrairement à ce que semble vouloir faire accroire Gilis pour conforter sa théorie sur le califat ésotérique, celui de l'imâm ne désigne pas sous son émirat le substitut du modèle adamantin mais bien l'imamat abrahamique du Prophète dont il est lui même le calife.
Quant à la lieutenance prophétique du Sultan qui s'actualise dans le champ politique, elle se limite à la fonction légiférante du Messager d'Allâh dans des modalités d'applications circonstancielles qui n'engagent pas l'imamat de Sceau des prophètes.

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