dimanche 26 avril 2026

Les limites du rivage

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Pour la quarantième demeure du Kawthar d'al-aqq :

Dans sa critique de l'Océan sans rivage de Michel Chodkiewicz, Charles-André Gilis identifie la Demeure spirituelle du Pôle et des deux imâms qui correspond à la dernière sourate du Noble Coran  « an-Nâs »  à la triple invocation de ses trois premiers versets :

« Rabbi an-Nâs »  « Mâliki an-Nâs » – « Ilâhi an-Nâs »

Cette identification n'est pas mise en relation avec les trois dernières sourates du Noble Coran qui met en rapports ces trois sourates avec ces trois fonctions en commençant par la fin dans l'ordre de la remonté initiatique du « mourîd » vers la Source.

Mais la Source est bien identifiée au quatrième pilier caractérisée par les sept versets de la première sourate  « al-Fatihâ »  qui correspondent à ses sept substituts dans le décompte des quatorze fonctions initiatiques du chapitre 383 des « Futûhât » (7 + 4 + 3).

Il semble néanmoins évident que les sept « Abdâl » sont constitutifs du quatrième pilier et que les trois esseulés ne se rapportent qu'aux trois premiers piliers où l'Ikhlâs (112) correspond au Pôle (111) et au Dieu des hommes  « Ilâhi an-Nâs » – de la dernière sourate (114).

Le Seigneur des hommes correspond par conséquent au Maître de l'univers de la première sourate  « Rabbi al-'âlamîn » – et le Roi des hommes au Souverain du jour de la Rétribution – « Mâliki yawm ad-Dîn » de son quatrième verset.

Le Dieu des hommes  « Ilâhi an-Nâs » – correspond ici au Miséricordieux  « ar-Rahmân ar-Rahmîn » – qui apparait dans la première sourate à deux reprises : dans l'entête coranique de la Mère du Livre et entre les deux fonctions secondaires avec les deux imams.

Celui qui se trouve entre les deux imams au troisième verset de la première sourate correspond aux Sept qui sont entre les deux redoublés avec le Coran Glorieux (S 15 V 87) où se trouve le premier qui correspond à celui de la « Basmala » originelle (S 1 V 1).

Compte tenu de cette répétition qui met en scène le Pôle et son Bâb, le nombre de ces fonctions est onze (10 + 1) tandis que les quatorze qui distinguent les trois « Afrâd » des quatre « Awtâd » correspondent aux condescendances des quatorze lettres isolées.

Charles-André Gilis donnes des trois fonctions supérieurs un certain nombre d'illustrations :

- le Prophète Muhammad et ses deux califes : Abû Bakr et Omar

- le Prophète Abraham et sa descendance : Ismaël et Isaac

- Hassan et Husayn qu'il faudrait sans doute faire mettre en rapport avec Fatima Zohra

Ces « Afrâd » (3) sont ensuite mis en rapport avec leurs « Awtâd » (4) :

- Muhammad avec Abraham et sa descendance  Ismaël et Isaac

- cette descendance avec celle du Prophète – Hassan et Husayn

Les quatre califes « ar-Rashîd » avec Uthman et 'Ali ne sont pas mentionnés.

« al-Kidr » en apparaissant avec Moïse parmi les « Afrâd » dans le « maqâm al-Qurba » de la Proximité introduit le cas de René Guénon considéré comme tel puisqu'il finit par reprocher à Chodkiewicz de s'en être détourné  ce qui est avéré.

Charles-André Gilis suit à partir de là sa propre voie en mentionnant pour la première fois « la très suspecte Ibn Arabî Society » comme aboutissement d'un rejet de l'œuvre qu'il date en 1921 avec Sylvain Lévi  ce qui est pour le moins « hasardeux ».

On peut considérer – même si ce n'est pas encore ici clairement assumé – qu'abd ar-Razzâq va prendre pour Pôle le Sheykh al-Akbar et comme imams le Sheykh Abd al-Wahîd  René Guénon – et le Sheykh Abd al-'Azîz – Michel Vâlsan – ce qui reste irréprochable.

L'opposition qu'il articule entre le Califat ésotérique ou spirituel – celui des deux califats coraniques et celui qu'il va attribuer au Sceau des prophètes – et les deux Walâya – celle du Sceau des prophètes et celle du Christ – nous semble par contre quelque peu artificielle.

La Walaya universelle du fils de Marie est appelée à être celle du Califat muhammadien que l'imamat du Sceau des prophètes oriente vers lui à la suite de ceux que le Noble Coran attribue au Calife adamantin et au roi David pour les fils d'Israël.

C'est lui  le « Kalimatu'Llâh » et l'Esprit qui en procède – qui apparait comme le Souverain du jour de la Rétribution à l'heure du Jugement  Cf. S 1 V 4 et S 4 V 171.

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – L'ascension des demeures spirituelles (1994)

   
        

    

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