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Pour la vingt-cinquième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Si dans nos études et nos ouvrages nous n'avons reconnu de pleine autorité traditionnelle qu'à nos trois maîtres : René Guénon, Michel Vâlsan et Ibn Arabî, ...
« ... c'est avant tout parce qu'ils confèrent un enseignement sans égal sur les Hiérarchies sacrées qui ont en charge le gouvernement caché des affaires du monde : ...
- « ... le Cheikh al-Akbar par les révélations qu'il donne au chapitre 73 des Futûhât sur la fonction polaire dans l'ésotérisme islamique ; ...
- « ... enfin le Cheikh Mustafa Abd al-Azîz par ses précisions sur le rôle de l'Assemblée des Saints – « ad-Diwân al-Awliyâ » – et du Plérôme Suprême – « al-Mala'u al-A'lâ ».
« Toutes ces notions culminent dans celle du Califat muhammadien qui les résume et initiatiquement les synthétise : ...
« ... tel est en définitive la source principielle unique dont l'œuvre de René Guénon tire toute sa légitimité doctrinale. »
Cf. Charles-André Gilis – Préface à la deuxième édition de son introduction à l'enseignement et au mystère de René Guénon (2001) – La première édition est de 1986
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« L'ésotérisme est confondu avec les « turuq », c'est-à-dire des « confréries » fortement structurées et hiérarchisées et fondées par un saint dont elles portent le nom : ...
« ... la « Qâdiriyya », la « Shâdhuliyya », la « Tijâniyya », etc. »
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ - Les Voies dans l'ésotérisme islamique qui précèdent son Introduction aux textes d'ibn Arabî sur le Cheikh Abd al-Qâdir al-Gîlânî et son Compagnon Abû's-Su'ûd (2019)
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Sans être exhaustif – loin s'en faut – ce ternaire suffit pour décrire les étapes du proto-soufisme, du soufisme et du néo-soufisme que nous théorisons avec nos triades akbarienne et ahmadienne.
Le proto-sufisme succède ici directement à l'imamat des lignées ja'farites que nous qualifions avec les successeurs de l'Imâm Ja'far as-Saddiq d'ismaélite et de mosaïque ou avec les régimes qui leur succèdent de fatimide et d'alawite.
En marge de ces régimes les Akhbârîs, les Shaykhis et les Bayânis constituent une Voie parallèle qui aboutit à ce que nous avons décrit comme un adventisme oriental en raison d'une coïncidence remarquable dans l'économie cyclique avec l'adventisme occidental.
Les Akhbârîs font ici référence à la tradition imamite introduite dans la succession des imams par un quatrième Bâb en marge du régime alawite et les Akbariens au soufisme classique en rapport avec l'œuvre et la fonction du Sheikh al-Akbar.
Le shaykhisme est à bien des égards une résurgence de la spiritualité akhbarie construite autour de la fonction occulte d'un Bâb que le bayânisme a voulu rendre explicite et dont les bahâ'is ont fait un babisme.
La fonction du Bâb dans le shaykhisme est celle de la Foi – « Imân » – dans la spiritualité akbarienne quand nous l'identifions au septième substitut qui correspond pour son exégèse à l'entête liminaire de la Fâtihâ – la « Basmala ».
C'est le « Tawhîd » coranique de la sourate « al-Ikhlâs » qui assume ici la fonction polaire entre celles du Prophète et de l'Imam pour la configuration des piliers qui ont des équivalences liturgiques dans les invocations les plus saintes de la « walaya » du Califat.
La « Khalwatiyya muhammadiyya » porte en son sein ces invocations avec les louanges d'intercession de la « Sirat al-Ḥamid » que les honorables « turuq » d'al-Ḥaqq élèvent vers l'Imam de leur Pôle – Sayyed 'Isâ ibn Maryam – « al-Mâlik yawm ad-Dîn ».
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Abd ar-Razzâq donne dans son introduction au « Tawhîd » de la sourate « al-Ikhlâs » les cinq invocations que les « Futûhât » du Sheykh al-Akbar attribue au « Tawhîd » :
1 - le « Tasbîh » : « Subhâna-Llâh »
2 - le « Tahmîd » : « al-Hamdu li-Llâh »
3 - le « Tahlîl » : « lâ ilâha illa-Llâh » [ « illa Anâ » – « illa Anta » – « illa Huwa » ]
4 - le « Takbîr » : « Allâhu akbar »
5 - la « Ḥawqala » : « lâ hawla wa lâ quwwata illa bi-Llâh al-'Alî al-'Azîm »
La cinquième est au centre de la croix. Une cinquième variante du « Tahlîl » invoque Celui en qui ont cru les enfants d'Israël : « illa-Llâdhî âmana bi-hi banû Isrâ'il ».
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – « Tawhîd » et « al-Ikhlâs » (2006)
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Quant nous parlons de « proto-soufisme », de « soufisme » et de « néo-soufisme », nous empruntons et nous forgeons un vocabulaire dont la pertinence reste relative au propos que nous tenons sur leur développement cyclique.
Il ne recouvre ici qu'une seule réalité générique : celle du « tasawwuf » islamique pour reprendre la nomenclature métaphysique d'un « néo-akbarisme » qui ne désigne à son tours que la résurgence d'une étape antérieure dans ce développement.
Les Voies initiatiques de l'ésotérisme islamique dont il est fait ici mention n'entrent pas dans ces vicissitudes ni dans l'illusion d'un dualisme moral qui les opposerait à celle d'un égarement qui se caractérise précisément par leur absence.
Il faut néanmoins distinguer la Voie droite qui est celle du Milieu entre les extrêmes qu'on appelle la « Sirat al-Mustaqim » et la Voie verticale qui est celle de la Louange quand on la désigne comme « Sirat al-Ḥamid ».
Ces trois axes – la Voie droite, l'écart entre les extrêmes et la Voie verticale – sont ceux d'une croix géométrique (+) qui d'après la devise des chartreux – « Stat Crux Dum Volvitur Orbis » –ne varie pas en dépit des changements qu'elle traverse.
Du point de vue des invocations que nous indiquons, seule la « Ḥawqala » se retrouve sur l'axe vertical d'une croix de saint André (x) qui passe au centre d'un plan délimité par celles que caractérisent l'élévation et l'étendue de l'Ipséité – « al-'Alî al-'Azîm ».
Cet axe vertical s'étend à son tour sur les degrés de la Voie qui la caractérise en passant de l'observance de la Sharia à la réalisation de la Ḥaqiqa par les « turuq » d'al-Ḥaqq où le degré médian serait le seul être impliqué par ce qu'on qualifie communément de « soufisme ».
Le degré supérieur de cette réalisation a été attribué par les « Gens du blâme » aux « Malâmatî » – sans doute pour échapper à un conformisme qui caractérise des degrés que saint Paul aurait qualifié de « psychique » et de « somatique ».
Cet anticonformisme ne doit toutefois pas nous faire croire que sa réalisation spirituelle ne serait pas celle du Sceau des prophètes sur la Voie muhammadienne dans l'instauration d'un Califat dont il est le Guide – « al-Hâdi » – sur la Voie droite.

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