...
Pour
la onzième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux
cent soixante et une sphères célestes :
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« ... on sait quelle est l'importance des éléments tantriques qui ont pénétré certaines formes du Bouddhisme, celles qui sont comprises dans la désignation générale de « Mahâyâna » ; ...
[ Le bouddhisme tantrique doit être qualifié de « Tantrayâna » et peut être distinguer du « Mahâyâna » ou du « Vajrayâna » dont il est proche : le bouddhisme tantrique est originellement celui de la Nouvelle école tibétaine « Kagyüpa ».
Le « Mahâyâna » est originellement le véhicule de la Voie du milieu : le « Madyamaka » et le « Vajrayâna » celui de l'Ancienne école tibétaine « Nyingmapa » – ceux-ci s'identifiant aux premiers sceaux de la Triade orientale : Nâgârjuna et Padmasambhava.
Les autres écoles tibétaines – « Sakyapa » puis « Gelugpa » qui résulte d'une réforme de l'ancienne école « Kadampa » – sont des écoles de synthèse liées aux rapports féodaux entre le Tibet et la Mongolie. ]
« ... mais bien loin de n'être qu'un Bouddhisme « corrompu » ainsi qu'il est de mode de le dire en Occident [ à cette époque ] ces formes représentent au contraire le résultat d'une adaptation tout à fait traditionnelle du Bouddhisme.
« Qu'on ne puisse plus guère – dans certains cas – retrouver facilement les caractères propres au Bouddhisme original, cela importe peu ; ou plutôt cela même ne fait que témoigner de l'étendue de la transformation qui a été ainsi opéré.
[ Ce passage est en rapport avec les modifications que Guénon accorde à la question du bouddhisme dans la quatrième édition posthume de son Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues : c'est la publication de 1952 qui modifie celle de 1937. ]
« On peut alors poser cette question : comment une pareille chose pourrait-elle bien avoir été le fait du Tantrisme si celui-ci n'était véritablement rien de plus ni d'autre que de la magie ?
[ Magie que Guénon qualifie de « science traditionnelle authentique » mais sans la rattacher à la tradition mazdéenne dont elle est l'expression et dont il réfute l’orthodoxie qui lui est propre du point de vue des doctrines hindoues qu'il introduit. ]
« Il y a là une impossibilité parfaitement évidente pour quiconque à la moindre connaissance des réalités traditionnelles ; ...
« ... ce n'est d'ailleurs au fond que l'impossibilité même qu'il y a à ce que l'inférieur produise le supérieur ou à ce que le « plus » sorte du « moins » ; ...
« ... mais cette absurdité n'est-elle pas précisément celle qui se trouve impliquée dans toute la pensée « évolutionniste » des Occidentaux modernes et qui par là contribue pour une large part à fausser irrémédiablement toutes les conceptions ? »
[ Guénon dit ici ce que nous disons à propos des trois perfections – celle du corps, de l'âme et de l'esprit – représentée par Adam, par Jésus et par Muḥammad dont chacune prédispose à une réception sans la générer d'elle-même. ]
Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – « Tantrisme et Magie » publié dans les Études Traditionnelles en août 1937
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« Au chapitre IV du Symbolisme de la Croix, René Guénon citant Clément d'Alexandrie établit une correspondance entre les six phases du temps évoquées par les six jours de la Création selon la Genèse et les six directions de l'espace.
« Le septième jour est celui qui correspond au point central.
[ « Le septième jour est en réalité le premier des jours ; c'est le jour de l'Un – « yawm al-Ahad » – qui correspond au Dimanche dans la cosmologie akbarienne. [ ... ]
« En doctrine akbarienne, c'est le Dimanche qui occupe la place centrale dans [ le ] septénaire [ des sept jours de la Semaine ] du fait qu'il est appelé le jour de l'Un – « yawm al-Ahad » – ...
[ On peut donc aussi le considérer comme le huitième. ]
« ... ce qui explique aussi pourquoi ibn Arabî considère le Lundi comme étant le premier jour de la Semaine. » ]
« De même que celui-ci [ le septième ] n'est pas à proprement parler une direction puisqu'il les contient toutes de manière synthétique, ...
« ... de même le « jour unique » qui est le principe des « six phases du temps » n'est pas un jour comme les autres.
[ Nous les avons identifié aux six cycles de cinq cents ans et aux quatre cohortes du Kali-yuga sans prendre en compte leurs 192 années complémentaires pour décrire les 540° du pentacle d'un cycle adamantin de 64.800 lunaisons – « 5.400 x 12 ».
« 64.800 » est le nombre des unités de la matrice du Kalpa dans laquelle s'inscrit un Kali-yuga de 2.592 ans dont l'unité est celle de la décade d'un Manvantara qui correspond au quatre dixième du Kalpa – « 6.480 x 4 ». ]
« Cette doctrine se retrouve dans le « Kitâb ayyâm ash-Sha'n » [ le Livre des jours de l’Œuvre divine considéré à juste titre ] comme le fondement doctrinale de l'enseignement akbarien sur les sept jours de la Semaine.
« La référence coranique sur laquelle ce traité s'appuie est le passage de la sourate « ar-Raḥmân » où il est dit : ...
« Ceux qui sont dans les Cieux et sur la Terre Lui adressent des demandes. En tout jour, il est une œuvre » – « Kulla yawmin Huwa fi sha'n » – S 55 V 29.
« Il s'aggit de la demande essentiel que les êtres ne cessent jamais d'adresser au Très-Haut du fait de leur dépendance et de leur servitude : ...
« ... c'est Allâh qui les maintien dans l'existence – « wujûd » – en réponse à cette demande : « Nous ne cesserons d’œuvrer en votre faveur – vous les hommes et les jinns » – S 55 V 31 ;
« ... on reconnaît [ ici ] la doctrine du renouvellement de la création à tout instant. [ Trente-six fois par seconde selon le comput des pâmes où chaque pâme est entre deux syncopes comme la phase diurne du jour est entre les haltes de la nuit. ]
« Qâchânî et l'auteur du « Rûh al-Bayân » [ l'Esprit du dévoilement ] considèrent que le terme « yawm » revêt dans ce verset le sens de « waqt » [ cycle ] ; ...
[ « ... une durée se renouvelant selon un ordre immuable et sans discontinuité ... » ]
« ... mais [ dans ] ce cas, peut-on encore parler de jour ? »
[ « ... la journée de vingt-quatre heures en est le symbole. » ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Introduction aux oraisons de la Semaine du Sceau muḥammadien – Les sept jours principiels (2012)
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Abd ar-Razzâq prend l'exemple d'un jour qui serait comme mille ans mais on peut aussi considérer les soixante minutes de ses heures comme autant d'année ou la moitié de l'une d'entre-elles comme le quarante-huitième d'un temps de trois cent soixante ans.
« Le jour – « yawm » – est circulaire – « dawri » – mais la succession du jour – « nahâr » – et de la nuit – « layl » – n'est pas du même ordre : leur distinction s’opère à l'intérieur du jour mais ils ne sont pas le jour [ en ] lui-même. »
Abd ar-Razzâq traduit « nahâr » par « journée » sans que la confusion ne soit réellement levée mais il est clair que c'est de la phase diurne dont il est question.
« La nuit – « layl » – et le jour – « nahâr » – sont nés de la séparation des Cieux et de la Terre mais il n'en va pas de même pour le septénaire des jours – « ayyam ».
À en croire l'intitulé des recueils des « Awrâd al-Ayyam » et des « Awrâd al-Layâl », les oraisons des jours s'adressent aux jours génériques comme à leurs phases diurnes tandis que les oraisons des nuits ne s'adressent qu'à leurs phases nocturnes.
Pour autant si on en croit la façon dont Abd ar-Razzâq les présente, les nuits – « layâl » – qui précèdent les jours – « anhâr » – sont déjà détentrices des Noms divins qui les régissent et ne concernent de façon pratique que les jours qui leur correspondent.
Si les Noms divins ne semblent pas connaître de variation dans l'alternance des phases nocturnes et diurnes des jours génériques, il n'en va pas même pour les prophètes qui leur sont assignés.
Seuls Yûsuf et Idrîs alternent le jour et la nuit en marquant dans leur alternance un nombre de phases semblable au nombre des jours génériques : Yûsuf qui consigne la nuit du Mardi consigne également le jour du Vendredi.
De même, Idrîs qui consigne la nuit du Jeudi consigne également le jour du Dimanche en revenant pour le jour dominical de l'Unité – « al-Ahad » – comme Yûsuf revient pour le jour du Rassemblement – « al-Jumu'a ».
Ce nombre de phases (6) marque apparemment toutes les assignations diurnes dans leur enlacement à la nuit originelle dont elles sont issues, la septième étant par conséquent celle de leur détachement.
Cette disposition qui peut sembler curieuse se retrouve pourtant dans la hiérarchie des chœurs angéliques pour la distribution des jours qui accompagnent les mois et les semaines sans laquelle elle resterait incompréhensible.
Les jours de la Semaine s'y succèdent en effet de la même façon : le Lundi par exemple qui correspond aux Anges succède au Dimanche qui correspond aux Vertus en passant par le Vendredi et le Mercredi qui correspondent aux Principautés et aux Archanges, etc.
L'assignation des phases ne s'y trouve pas mais en les alternant d'un jour à l'autre leur nombre (6) s'y trouve et les enchaîne sans jamais les détacher.
À la suite de ce qui précède, Abd ar-Razzâq évoque la doctrine des trois mondes qui fait correspondre le corps, l'âme et l'esprit à la phase diurne, à la phase nocturne et au jour générique qui se tient avec l'esprit au niveau du Principe.
On peut nous semble-t-il considérer le corps et l'âme avec les phases qui leur correspondent sur un même plan en-deçà d'un monde supérieur qui les réunit mais toujours au-delà de celui qui les sépare d'une façon quelque peu illusoire.
Mais dans la mesure où ils se présentent là où ils se situent sous la forme d'un principe ascendant et d'un principe d'abaissement positif – celui de la servitude dominicale – on peut en effet les hiérarchiser en prenant en compte le sens de leur tendance :
- Les jours de l'Enroulement – « ayyâm at-Takwir » – caractérisé par l'alternance de la nuit et du jour correspondent au monde corporel.
- Les jours du Détachement – « ayyam as-Salkh » – caractérisé par les six directions de l'espace correspondent au monde de l'âme médiatrice.
- Les jours de l'Enlacement – « ayyam al-Îlâj » – caractérisé par l'union nuptiale du jour avec la nuit correspondent au monde de l'Esprit universel.
Il semble évident que ce qui se dit du jour et de la nuit ou du corps et de l'âme peut aussi se dire de l'homme et de la femme, ce comprit dans leur acception générique et dans leur préséance cyclique.

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