lundi 30 mars 2026

Les lettres faibles

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Pour la vingt-septième demeure du Kawthar d'al-aqq :

L'introduction de Charles André Gilis au Livre du « Mîm », du « Wâw » et du « Nûn » attribué au Sheykh al-Akbar ne nous entretient pas vraiment de ces trois palindromes puisque son propos se focalise essentiellement sur les trois voyelles centrales dites « faibles » :

- le « Yâ » (10) du « Mîm » (40) pour « Mîm + Yâ + Mîm »

- le « Alif » (1) du « Wâw » (6) pour « Wâw + Alif + Wâw »

- le « Wâw » (6) du « Nûn » (50) pour « Nûn + Wâw + Nûn »

Charles André Gilis signale le principe du redoublement des lettres mais sans tirer les conséquences que nous leur prêtons  ce qui lui fait supposer la présence de neuf lettres là où nous n'en voyons objectivement que cinq avec le « Alîf » (1) et « Yâ » (10).

La valeur de ces redoublements – (2 x 40) + (2 x 6) + (2 x 50)  nous amène à situer le « Mîm » au centre de l'Axe vertical qui caractérise la Sirat al-amid, le « Wâw » au sommet et le « Nûn » à sa base en correspondance avec son Zénith et son Nadir.

C'est donc tout l'ensemble de la perspective qui correspond au milieu du plan sur sa profondeur que les caractéristiques des lettres faibles ne modifie pas quand elles situent le « Yâ » au centre, le « Alif » au sommet et le « Wâw » à leur base.

C'est en quelque sorte le « Wâw » du « Nûn » qu'on retrouve au Nadir et le « Alif » du « Wâw » qu'on retrouve au Zénith avec une réciprocité qui s'organise à partir « Yâ » du « Mîm » au centre de leur figure tridimensionnelle.

Cette correspondance entre les consonnes et les voyelles des trois palindromes ne nous pose aucun problème mais Charles André Gilis va l'étendre à une figure pythagorique bien plus redoutable à partir des cinq lettres du mot « U.G.E.I.A ».

Charles André Gilis note d'abord que ce nom est dans la tradition grecque celui de la déesse de la Santé – ce qui l'identifie selon nous auprès d'Apollon à Artémis puis à Notre-Dame de Bon, de Prompt ou de Perpétuelle Secours.

Il place la dernière lettre  la cinquième – sur son lieu d'ascension au sommet d'un pentagramme entouré des voyelles « U » et « I » qui occupent ici la première et la quatrième position pour le nom de la déesse grecque.

Par conséquent, les lettres « G » et « E » se retrouvent dans les positions les plus basses du pentagramme où Charles André Gilis remarque que la voyelle « E » peut être identifiée à la consonne « H » puisqu'elles correspondent à une muette marquée par le « sukûn » arabe.

Notons que le signe graphique (°) du « sukûn » arabe est celui du degré en géométrie – ce qui n'est pas sans nous fournir un indice sur l'ordre des gradations auquel se prête la complexité de celles qu'implique cette représentation.

Charles André Gilis note aussi que la voyelle « U » impliqué dans la hiérarchie sommital de ce pentagramme correspond graphiquement à un « Y » grec qui se retrouve en arabe avec Upsilon au centre de cet Axe vertical théorisé par nos trois palindromes.

On peut aussi noter que la voyelle « I » correspond graphiquement à cet Axe que la lettre arabe identifie à la lettre « A » et que la numérotation romaine fait correspondre au nombre « 1 » à partir duquel l'Alif manifeste son élévation.

C'est néanmoins la lettre « G » que les Francs-Maçons ont placé au centre de l'étoile flamboyante en l'interprétant de différentes façons mais toujours en lui accordant cette position polaire qui correspond à la troisième lettre de son alphabet – le Gamma grec.

Si la lettre « I » correspond à l'Axe de ce pentagramme et la lettre « E » aux trois degrés qui s'y trouvent, on peut en déduire que la lettre « G » correspond à son Nadir et la lettre « A » à son Zénith tandis que le « Y » grec représenté ici par un « U » se retrouve au centre.

Cette conclusion est semblable à ce que nous disons pour nos palindromes quand le « Nûn » correspond à la lettre « G », le « Wâw » à la lettre « A » et le « Mîm » à la lettre « Y » avec une similitude pour les voyelles qui ne connaît qu'une seule exception.

C'est le « Wâw » du « Nûn » qui anime ici la lettre « G » à partir de la même réciprocité que le « Alif » du « Wâw » entretient avec la lettre « A » pour l'autre extrémité de l'Axe dans une représentation des maisons zodiacales et des douze lunaisons synodiques.

Signalons encore que la Somme de nos redoublements (192) est précisément le nombre des années complémentaires qui achèvent les quatre cohortes du Kali Yuga (4 x 600).

Ce nombre se subdivise en deux périodes (120 + 72) auxquelles s'ajoute une quarantaine. La première période (120) sépare le « Qutb al-Maktum » du « Qutb az-Zamân ».

La seconde période (72) sépare le « Qutb az-Zamân » du séjour paradisiaque de Seth (40) où s'accomplit la parousie du Christ (8).

La totalité des années qui sont consacrées à l'héritage de Seth (72 + 40) est donc semblable à celle qui revient au « Qutb az-Zamâm » (111) compte tenu d'un redoublement final de leur unité à la fin de leurs sept générations (7 x 33).

Les générations (30) du « Qutb az-Zamâm » doivent se compter ici comme celle du Christ avec leurs limites (1 + 2) puisqu'elles correspondent à l'Aube que caractérise l'étoile du Matin  celle de Zohra la blanche : « A.L.B » (33) = (1 + 30 + 2).

   

    

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