lundi 30 décembre 2024

Le sixième climat

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du seizième jour qui succède à la nuit
au premier mois de la décade :

Noël ne commémore pas seulement la naissance de l'Enfant Jésus. Elle commémore aussi l'Arbre de Lumière qui est à l'image du Solstice d'hiver dont nous avons fait par égard pour lui le Jour de la détermination en lui assignant le Mercredi.

Le jour de la Lumière est en effet pour les oraisons du Sheykh al-Akbar le centre de la Semaine – au quatrième jour – comme le Solstice se tient à Noël au centre de l'hiver dans la Nuit des régions les plus septentrionales de l'hémisphère Nord.

Il ne faudrait pas pour autant la réduire à cette coïncidence avec l'immanence d'un moment cosmique qu'elle désigne puisqu'elle nous indique également le début d'une élévation vers la Lumière qui chemine jusqu'au Solstice d'été.

C'est ce qu'on commémore encore en célébrant les trois offices qui rendent grâce pour la naissance de l'Enfant divin, pour l'élévation du Soleil de justice et pour le retour de la Lumière dans son environnement cosmique.

Le Réveillon veille alors sur la fin de l'Avent des vêpres aux vigiles où l'on revient pour Minuit avant de revenir à nouveau le lendemain pour Midi à sexte où s'accomplit la dernière célébration – la plus grandiose mais la moins intimiste.

Pour la naissance de Jésus nous savons d'après un témoignage de Clément d'Alexandrie qui s'opposait à ces développements liturgiques qu'il serait né un 17 novembre dédié depuis à Saint Grégoire le Thaumaturge.

Pour la fête de l'Enfant divin d'origine dionysiaque, l’Église orientale le fêtait avec sa Mère à l’Épiphanie située onze jours plus tard au début du Janus si toutefois on omet le déplacement du jour complémentaire ajouté à la fin du dixième mois.

Le Soleil de justice est identifié au Christ par la tradition biblique – cf. Malachie IV 2 – et le retour de la Lumière au Soleil invaincu par la tradition mithriaque qui était celle de l'empereur Constantin à l'époque du triomphe de l’Église dans l'empire romain.

Le psaume XXXVII fait par ailleurs très clairement cette analogie au sixième verset quant il compare la Justice à la Lumière et le droit au Soleil de Midi.

C'est donc à cette époque – au début du quatrième siècle – que s'opère le déplacement des commémorations de l'Épiphanie où la naissance de Jésus se confond encore avec son baptême avant de convoquer la Visitation des mages.

Visitation qui invite à cette occasion les prêtres de la tradition mazdéenne au culte de la Lumière qu'ils vénèrent en la représentant par cet enfant qui dort encore dans une étable entre le bœuf et l'âne au pied du grand sapin de Noël.

« Parmi les centaines de poètes qu'à connus l'histoire littéraire de l'Iran, les Persans en ont choisi cinq – ou selon d'autres six – comme étant les exemples les plus représentatif de leur vision poétique. »

Cf. Daryush Shayegan – L'âme poétique persane – Les cinq climats de présence (2017)

Les cinq présences retenues par Shayegan sur un peu plus d'un temps (369) sont :

1 - Ferdowsî (+ 1020)

2 - Omar Khayyâm (+ 1122)

3 - Mowlânâ Jalâlu'd-Dîn Rûmî (+ 1273)

4 - Sa'dî-i Shîrâzî(+ 1292)

5 - Khâjeh Shamsu'd-Dîn Muammad Hâfez-i Shîrâzî (+ 1389)

Le sixième climat qui serait alors la troisième présence est celui de Nezâmî (+ 1209).

« Au cœur de la courbure de l'espace-temps se lovait l'hypercosme. Serpent cosmique. Monstre de paradoxes non-euclidiens... niché par-delà, entre les dimensions de l'espace réel que perçoivent les hommes. »

« Dans l'hypercosme, la lumière devenait folle et heurtait les sens par sa musique de couleur, le temps perdait toute signification. »

« Des sentiers cachés traversaient l'hypercosme, trous d'épingle reliant une étoile aux obscurités interstellaires et aux cœurs des poussières de nébuleuses. » [ ... ]

« Des sentiers susceptibles de raccourcir les distances entre les étoiles à la seule condition que quelqu'un [ ... ] comprennent ...

[ « ... les équations complexes connues des mnémo-ruches aux dimensions planétaires qui stockaient dans leur mémoires l'intégralité des connaissances sur la Diaspora humaine et ne cessaient de tisser des motifs à partir du chaos des donnés. » ]

Cf. S. P. Somtow – Chroniques de l'inquisition – Lumière sur l'abîme – Hors du Pays Obscur – L'hypercosme (2005)

Dans ce roman d'anticipation, les inquisiteurs empruntent les sentiers des voyageurs d'autrefois pour assurer leur pouvoir sur la diaspora humaine. Le noble voyageur s'imposait naguère la discipline de l'arcane en effaçant ses pas.

   

    

mardi 17 décembre 2024

Le traître et l'initié

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Pour la demeure céleste qui précédait la nuit
du vingt-deuxième jour au neuvième mois de la décade
et qui constitue à présent la deuxième sphère
parmi les dix sphères célestes de la deuxième lettre :

« Bâ »

Le Mo'go Na'ba du Wa'ga Do'go et le Na'ba du Yatenga

ont rejoint Sayyidina 'Isâ ibn Maryam

sous le mont Kong avec la Dabba

entre la chambre jaune et les monts bleus

« L'autre disciple – celui qui n'est pas nommé – est l'un des Douze. Et lors de l'annonce de la trahison, les synoptiques désignent Judas Iscariote comme l'un des Douze – cf. Mt XXVI 14 + Marc XIV 10 + Luc XXII 3. »

[ L'autre disciple – le disciple que Jésus aimait – que Gillabert cherche à identifier à Judas Iscariote – l'un des Douze – est généralement identifié à Jean de Zébédée – le frère de Jacques, l'auteur présumé du quatrième évangile et l'un des quatre premiers disciples.

Ces quatre disciples forment deux fratries : celle des deux fils de Zébédée – Jacques et Jean – et celle que forme Simon-Pierre avec d'André qui est le premier des quatre mais qui disparaît ensuite d'un groupe de trois.

Le disciple bien-aimé peut néanmoins être identifié à Lazare – le ressuscité qui est aussi le frère de ses deux sœurs : Marthe et Marie de Béthanie – comme le signale Gillabert à deux reprises :

« Néanmoins certains exégèses n'ayant pas fait l'association du disciple que Jésus aimait avec Judas et devant les difficultés d'identifier Jean à ce mystérieux disciples ont émis l'hypothèse que ce disciple pouvait bien être Lazare.

« Il est vrai que Jésus aimait Lazare mais sans aller jusqu'à en faire son alter ego. »

Ce qui serait le cas de Judas Thomas identifié ici à l'un comme à l'autre : au disciple bien-aimé et à Judas Iscariote mais aussi au disciple dont on suppose qu'il ne mourra pas après avoir été ressuscité par Jésus – cf. Jean XXI 23.

Ce qui l'identifie à Lazare et au ressuscité avant même que Jésus n'y soit identifié : « Le scénario de la résurrection de Lazare est le prélude à celui de la résurrection du Christ. »

« Cependant le miracle le plus frappant de l’Évangile de Jean est sans conteste celui de la résurrection de Lazare. Avec ses sœurs Marthe et Marie, Lazare fait partie des proches de Jésus. Le récit du miracle nous apprend que Jésus l'aimait – cf. Jean XI 3.

« Devant les difficultés de voir en [ l'apôtre ] Jean [ ... ] le disciple que Jésus aimait, des exégètes ont pensé à Lazare mais en fait aucune raison décisive ne permet de retenir cette hypothèse. »

On vient de lire le contraire mais Guillabert écarte arbitrairement tout ce qui ne sert pas sa thèse : celle d'une réhabilitation de Judas Iscariote identifié ici à Jude Thomas. ]

« Après la mort de Judas, les disciples seront donc normalement Onze et tel est bien le chiffre que donne Luc et Matthieu – cf. Mt XXVIII 16 et Luc XXIV 33.

« Mais Jean lorsqu'il relate la première apparition de Jésus aux disciples spécifie que Thomas – l'un des Douze – [ « celui qu'on appelle Didyme » en grec et « Thomas » en araméen ] était absent – cf. Jean XX 24.

« Judas étant mort – si Thomas n'est pas là – le nombre devrait être ramené à Dix et Thomas serait l'un des Onze et non l'un des Douze.

« Saint Paul donne également le chiffre Douze : [ Le Christ ] à été vu de Kephas [ Simon-Pierre ] puis des douze – cf. 1 Corinthien XV 5.

« Or ce n'est que bien que bien plus tard – après l'Ascension – que Judas est remplacé par Matthias qui fut adjoint au Onze apôtres – cf. Actes I 26. »

[ Ce qui montre que le chiffre Douze est un nombre générique tout à fait abstrait et non un nombre réel d'apôtres qui ne sont plus que Dix du fait de l’identité de celui que les Paroles cachées de Jésus le Vivant désigne comme « Didyme Judas Thomas ».

Matthias que Gillabert évoque aussi sous le nom de Matthieu pourrait donc bien être l'auteur du premier des quatre évangiles dont le remplacement reste théorique du point de vue du nombre puisqu'ils ne sont alors que Onze avec lui et sa dizaine :

« Néanmoins le texte du Livre de Thomas fait intervenir un troisième personnage – Matthias – dont l'incipit précise le rôle : « Les Paroles cachées : celles que le Sauveur a dite à Judas Thomas et que moi-même – Matthias  ai écrites. »

« Autrement dit dans ce livre, Matthias – ou Matthieu – est le signe de l'extension du secret initialement révélé au seul Judas Thomas ; ... »

« Restait à choisir celui qui occuperait la place laissé vide par la disparition de Judas. Le texte précise : « Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias qui fut mis au nombre des Douze apôtres » – cf. Actes I 26. » ]

« Dans les [ trois ] synoptiques et dans [ le nouvel évangile de ] Jean, Judas et Thomas ou Judas et Didyme Thomas nous sont présentés comme deux personnages différents, ...

« ... le premier étant le traître qui livre [ Jésus ] et le second l'incrédule qui ose mettre en doute le bien-fondé des bruits qui courent sur la résurrection [ du Christ. ]

« Le fait qu'ils soient tous deux en dehors du consensus commun est déjà un indice intéressant [ pour la thèse de Gillabert. ]

« Néanmoins une difficulté subsiste [ qui la discrédite ] c'est la distinction appuyée des quatre évangiles entre Judas dit l'Iscariote et l'autre disciple. Lequel ?

« En dehors de Thomas appelé aussi Didyme, il y a bien Thaddée qui est aussi appelé Jude et même une fois Judas ; mais [ le quatrième ] évangéliste à soin de préciser aussitôt : « non pas l'Iscariote » – Jean XIV 22.

[ « Thaddée » est ici la contraction de « Thomas Didyme ». ]

« Cette précaution [ celle de la négation ] qui revient plusieurs fois pour identifier le traître est tellement marquée qu'elle en devient suspecte. »

[ Elle permet au contraire de le distinguer sûrement de celui qui porte ici cinq noms différents : « Jude / Judas / Thomas / Didyme / Thaddée ».

De même « Simon le Zélote » que Gillabert confond également avec Kephas ne porte ce surnom que pour le distinguer de « Simon-Pierre ».

Ce sans quoi même avec un « Jude Thaddée » qu'il n'identifie pas à « Judas Thomas », il n'en reste toujours que Dix et Onze avec Matthias. ]

« Or Jude appelé aussi Thaddée est mentionné cinq fois avec Pierre. Les évangiles les appellent Simon et Jude ou Judas. »

Ce qui nous indique qu'il s'agit toujours de Thomas – le Didyme de Jésus que le Noble Coran ne manque pas d'évoquer deux fois sous le nom de « Dhû'l-Kifl » (S 21 V 85 & S 38 V 48).

Cf. Émile Gillabert – Judas, traître ou initié – Le disciple que Jésus aimait [ et ] Une relecture des textes [ avec un ] Appendice [ pour Actes I 26 ] (1989)

   

    

dimanche 8 décembre 2024

Le vieux foyer kazakh

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du quarante-neuvième jour qui succède à la nuit
au deuxième mois du Janus :

Les anges tintent et le tonnerre gronde pendant la transsubstantiation des espèces

La Pierre votive nous invite aux métamorphoses et le pays de Bel au temple du Soleil

Dans la Chapelle castrale, l'autel latéral est sous la garde de Saint Jean

et la Médaille miraculeuse de la Vierge protège l'enfant

L'aigle à la plume d'argent murmure un serment

et les anges leur tintement tonitruant

comme un bruit de cristal

« Le nestorianisme avait été si durement persécuté par les Byzantins qu'il avait dû aller chercher refuge en Iran sassanide où les évêques qui se réclamaient de lui s'étaient réunis en concile à Séleucie en 498 ...

« ... pour organiser leur propre Église sous la direction d'un catholicos.

« Malgré l’hostilité [ relative ] du mazdéisme puis de l'islam, il s'y était bien implanté et en avait fait sa base de départ pour son apostolat en Inde et en Asie centrale.

« Il avait connut un vif succès dans le bassin du Tarim [ au Xinjiang ] où il avait développé en symbiose avec le bouddhisme et le manichéisme une civilisation brillante qu'attestent notamment des manuscrits.

« L'un des plus anciens est un Éloge de la Sainte Trinité écrit au VIIIe siècle qui donne une liste de trente-cinq ouvrages traduits par le nestorien King-sing – en latin : Adam – personnage auquel on doit aussi la célèbre stèle trilingue de Si-ngan-fou datée de 781.

« Du Tarim, le nestorianisme avait gagné la Mongolie où vers l'an mil il avait commencé à convertir des tribus turcophones – les Naïman, les Öngüt, les Kerayit – et il avait pénétré en Chine dès 646. »

« Les nestoriens végétaient en Mongolie quand au début du XIVe siècle les circonstances leur donnèrent un essor tel que l'archevêque latin Jean de Monte Corvino put écrire : ...

« Ils ont acquis une telle puissance qu'ils ne permettent à aucun chrétien d'une autre confession de posséder le moindre oratoire et de prêcher une autre doctrine que la leur. »

« Les Mongols avaient en effet adopté tant en Chine qu'en Iran une même politique en leur faveur.

« Khubilaï [ Khan ] – malgré son penchant pour le bouddhisme – ne cessa jamais de leur montrer sa sympathie et en 1284, il alla jusqu'à instituer un bureau spécial chargé de l'administration du culte chrétien dans tout l'empire. »

« C'est que les nestoriens et la famille de Gengis Khan entretenaient des liens anciens et solides.

« Le roi des Turcs Öngüt avait rendu au conquérant un signalé service au début de sa carrière non seulement en refusant d'adhérer à la coalition formé contre lui mais en se rangeant à ses côtés.

« Gengis Khan l'en avait récompensé en lui donnant une de ses filles en mariage. Celle-ci gouverna sa tribu, éleva comme les siens les tris enfants que son mari avait eus d'une concubine et les fit tous convoler avec des princes de sang gengiskhanide.

« L'une d'elles eut un fils – Köküz : Georges – qui se maria avec une petite-fille de Khubilaï. »

« Ces relations matrimoniales avaient donné aux Öngüt et donc aux Nestoriens une e enviée dans l'empire mongol.

« Ils y avaient joué un rôle d'autant plus important que leurs communautés tenaient à garder des liens et se rendaient visite d'un bout à l'autre de l'immense territoire.

« Il devint presque habituel pour des princes mongols – chamanistes ou bouddhistes – d'épouser des chrétiennes – ce qui consolida encore la position de leur Église. »

« La protection que des personnes comme Dokuz Katun – femme de Hülegü – accordèrent aux Nestoriens et le bénéfice qu'ils en tirèrent en pays musulmans causèrent leur affaiblissement lors de la réaction islamique du XIVe siècle.

« Ce qui eût pu être un avantage et l'avait momentanément été se révéla en définitive un facteur de disgrâce.

« Nous avons déjà évoqué les persécutions subies en Iran par le patriarche Mar Yaballaha III qui put néanmoins mourir de sa belle mort en 1317 ...

[ « La persécution dont souffrit le patriarche Mar Yaballaha III se conclut par sa réhabilitation complète – du moins pour un temps puisqu'il subit de nouvelles attaques en 1310. » ]

« ... mais il ne fut pas la seule victime et l'on enleva aux chrétiens leur place de sûreté [ à ] Irbil [ en Irak. ] »

« Dans le khanat de Djaghataï [ en Ouzbékistan ] où les tensions avaient été moins vives et où l'islam était moins implanté, les Chrétiens n'eurent guère à souffrir que le massacre de 1339-1940 à Almalik [ au Xinjiang. ]

« Grousset et d'autres avec lui affirment que le vieux foyer nestorien de l'Ili [ kazakh ] « ne devait pas survivre aux persécutions timourides ».

« Rien n'est moins prouvé : si le nestorianisme disparut, ce fut sans doute plus tard et doucement par suite de l'isolement accru de l'Asie centrale, de la xénophobie des Ming et de la progression considérable de l'islam au cours des XVe et XVIe siècles.

« Timur n'y fut vraisemblablement pour rien. »

Cf. Jean-Paul Roux – Tamerlan – Les religions dans l'aire d'expansion timouride – Le Nestorianisme (1991)

   

    

dimanche 1 décembre 2024

La Plus Haute Raison

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la sixième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-huitième lettre :

« Shîn »

Ouverture des portes de la troisième enceinte vers l'Orient.

« Je savais que les Bektashîs attachent une grande importance à la mystique des nombres : trois et douze par exemple sont des chiffres symboliques.

« Douze est formé par quatre figures trinitaires et correspond au nombre des imams [ de l'imâmisme akhbarî. ]

[ L'imâmisme fatimide et 'alâwîte n'en ont que dix ou onze avec cinq ou six en communs suite à l'occultation du second – Ḥasan al-Mujtabâ – et du septième – Muḥammad al-Maktum – ou du onzième – Ḥasan al-'Askarî.

L'imamîsme akhbarî en occulte un douzième mais la dévotion que les Bektashîs portent à l'Imam 'Alî semble liée à l'occultation du second chez ceux qu'on qualifie de Septicémains avec l'occultation du septième ou d'Ismaéliens avec le sixième. ]

« Mais la trinité chrétienne vénérée par des Musulmans, c'est une surprise !

« Devant mon étonnement, un Baba – un des plus haut gradés de la hiérarchie bekhtasîe – me dessine sur le sol le système trinitaire qu'ils vénèrent : ...

« ... un triangle dont les trois angles correspondent respectivement à Allâh et au « Pater », à Mahomet et au « Filius », à 'Alî et au « Spiritus Sanctus ». Les côtés du triangle correspondent à l'Ancien Testament, au Nouveau Testament et au Coran.

« À l'intérieur du triangle, le Baba trace un autre triangle renversé dont les angles viennent buter contre le milieu des côtés du premier triangle.

« Les angles de ce nouveau triangle correspondent à une nouvelle trinité : Marie, Fâtima et Halige [ ? ] ainsi qu'à la devise [ républicaine ] : « Liberté, Égalité, Fraternité. » [ ... ]

« Le Baba est originaire d'Albanie et s'est réfugié à Istambul en 1945 lorsque les Bektashîs y furent persécutés. Il porte une robe rayée blanche et verte fixée à la taille par une large ceinture en cuir.

« À son cou pend la pierre amulette – le « Teslim Tash » – une pierre ronde entaillée douze fois comme une roue d'engrenage [ dentée ] – autant que d'imams et qui est le signe de l'ordre.

« Sa tête est couverte d'une toque blanche à douze plis autour de laquelle un large turban vert indique sa dignité de Baba. Ses boucles d'oreilles en argent en forme de croissant montrent qu'il à fait profession de célibat. »

Cf. Nicole Callebaut – Rites et Mystères au Proche-Orient – Découverte des Bektashîs (1979)

Hormis les interprétations qui lui sont ici concédées, la figure du triangle bektashi est proche du triangle de l'Androgyne proposé par le Skeykh abd al-Waḥîd Yaḥyâ sur les lettres des noms du couple primordial : « A . D . M » & « Ḥ . W . A ».

Ces lettres forment sur les tangentes le Monogramme trilitère – « A . W . M » – et les mots arabes – « A . Ḥ . D » & « D . A . M » – qui caractérisent l'Unité et le Damier qui n'est pas sans rapport ici avec une devise républicaine particulièrement incongrue.

La transmission du triangle de l'Androgyne par le Sheykh Mustafâ abd al-Azîz aux lecteurs des Études Traditionnelles est antérieure (1961) à ce témoignage qui doit dater de 1975.

« Au point de vue religieux, les Bektashîs vouent un véritable culte à 'Alî – gendre du Prophète. Il est pour eux l'Esprit d'Allâh.

« Si Mahomet a pu dire : « Moi et 'Alî sommes une seule et même lumière. », le Prophète tient une place tout à fait secondaire chez les Bektashîs ; ...

[ Ce n'est pas ce que suggère leur triangle. ]

« ... par contre 'Alî est le plus important car en tant que premier imam, il est dépositaire du secret de l'envoyé de Dieu.

[ C'est sans doute le plus remarquable. ]

« Dans l'Islam, Mahomet a été « le Sceau des prophètes » et la révélation a prit fin avec lui [ Callebaut cite « Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus ». ]

« Mais pour les Bektashîs, le terme final de la prophétie est le début d'un nouveau cycle – celui de l'initiation – et la personne qui inaugure ce second cycle, c'est 'Alî – l'héritier des enseignements ésotériques du Prophète.

« Considérer comme une religion nouvelle, le bektashisme serait la religion d'Alî. »

[ Celle des 'Alîdes qui l'identifie à l'Esprit Saint. ]

Plus loin Callebaut les qualifie de « Frères Universels » en les comparant aux Druzes, identifiant leur « Tawḥîd » à un idéal maçonnique et révolutionnaire – celui de « la Plus Haute Raison ».

   

 

    

mercredi 27 novembre 2024

Les modalités de la Khalwa

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la troisième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-huitième lettre :

« Shîn »

La hiérarchie de la Fraternité blanche (360 + 72 + 12) organise les 144.000 élus en les regroupant autour de son Mahatma dont le nombre (44) en correspondance avec la Centurie d'Or (100) est celui de l'Androgyne primordial (15 + 29).

Pour parvenir à ce résultat, nous donnons une valeur finale (24) au « M » d'Adam – la lettre médiane d'un alphabet de vingt-cinq lettre qui est aussi celle de Muḥammad quand sa valeur initiale (40) donne une valeur sexagésimale à cet androgyne (15 + 45).

La lettre médiane dans le nom d'Adam qui est aussi la dernière dans celui de Muḥammad est alors l'initiale de Dâwûd pour le Califat de l'Isâ Râ-El de Ya'qûb qui est l'Androgyne investi dans l'âme d'Isâ ibn Myriam par l'esprit Muḥammadien.

La lettre médiane dans le nom de Muḥammad est aussi la lettre finale dans le nom d'Adam où elle garde sa valeur initiale (40) dans sa position médiane.

La lettre médiane dans le nom d'Adam reste liée à la valeur initiale de cette lettre médiane (40) quand l'Androgyne (44) assume sa valeur solaire (24) dans la sphère sublunaire où elle est centrale.

Dans la sphère solaire, c'est la lettre « N » qui occupe cette position centrale où l'on peut dire pour un alphabet de vingt-six ou de vingt-sept lettres selon qu'on lui donne l'aspect d'une ellipse ou d'un cercle qu'elle est augmentée par l'unité de sa Centurie.

L'ellipse en effet – contrairement au cercle – suppose deux centres représentés ici par ces deux lettres qui représentent en quelque sorte leurs deux luminaires : « Man » et « Nûr ».

Ainsi le nombre d'Adam (29) n'est pas seulement celui des mansions lunaires (28) dans le domaine sidéral où il règne mais aussi celui de cette unité transcendante dont il est le vicaire dans sa réalité synodale (30).

Pour la Khalwa de l'Ouroboros, la quarantaine qui préside à la représentation de son Mahatma est intégré à son processus comme Point de départ propédeutique d'un Carême qui précède un cycle de 360 jours.

Ces 360 jours sont ceux d'un cycle annuel comprenant les trois cents jours de la décade et les soixante jours du Janus qui représentent aussi le grade le plus extérieur de sa hiérarchie pour la Fraternité blanche.

Cette modalité s'apparente à la réintégration du Métatron dans le Trigramme de « YHW » puisqu'elle laisse à l'intérieur du cycle le nombre de l'Androgyne primordial (44) comme sa plus simple expression.

De ce nombre dont la première part (40) à été laissé à l'extérieur du cercle, il n'en ressort que la seconde (4) semblable à la fin aux quatre jours sabbatiques qui entourent Celui de la détermination.

Les modalités de la Khalwa qui s'apparentent alors aux cinquante-deux semaines sidérales d'une année de 364 jours sont en réalité augmentés par cette unité ineffable qui est celle de la Centurie d'Or.

On ne s'engage pas dans leur processus sans avoir recours à un guide expérimenté qui juge de notre capacité à en franchir les étapes (40 + 360 + 4) où ces nombres ne sont alors que théorique du point de vue de la praxis.

   

     

vendredi 22 novembre 2024

Le regard de l'Aigle

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la neuvième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-septième lettre :

« Ghayn »

« L'année des anciens Mexicains consistait en fait en dix-huit mois dont chacun avait vingt jours. Ce fut le nom de ce cycle qui mit la puce à l'oreille des chercheurs.

« Il s'appelait « Metzlapoalli », ce qui voulait dire « le compte de la Lune » – « Metzli » étant le nom de la Lune. » [ 18 x 20 = 360 ]

Cf. Pierre Carnac – Les conquérants du Pacifique – Le Lotus traverse l'Océan – Cherchez la Lune (1975)

« ... le célèbre chemin du Silence – le « Wakoto » – de l'Amérique du Sud est une route pleine de pièges et d'épreuves de toutes sortes que [ doit ] traverser l'âme des morts et qui culminent avec le passage d'une gorge extrêmement étroite.

« Au Pérou pour accéder aux champs purs de la Joie situés sur les flancs du grand glacier Manko, il fallait d'abord triompher de cet itinéraire.

« Ce même chemin est d'ailleurs indiqué par l'escalier du temple qui mène lui aussi vers les portes du Ciel et qui en Amérique centrale sert à mesurer le temps – d'où les 365 niches de la pyramide des Totonaques d'El-Tajin ...

« ... le nombre de marches de certaines pyramides de Tikal ou de Palenque [ que Carnac qualifie de « plates-formes tronconiques destinées à supporter le temple » ] ou la cabane sacrée des Sioux et des Algonquins représentant l'année. »

Cf. Pierre Carnac – Les conquérants du Pacifique – Le Lotus traverse l'Océan – Hommes, Montagnes, Pyramides (1975)

« ... le jeu « Pachisi » de l'Asie du Sud-Est se pratiquait au Mexique sous le nom de « Patolli ».

« Lié initialement au culte, ce jeu largement diffusé en Asie du Sud-Est et en Birmanie se pratiquait à l'aide de grains de haricots sur un tableau de cinquante-deux cases, ...

« ... soit exactement de la même façon qu'en Amérique où il était connu aussi des Aztèques. »

Cf. Pierre Carnac – Les conquérants du Pacifique – Le Lotus traverse l'Océan – Quand les jeux traversent l'Océan (1975)

Ces différents témoignages démontrent l'existence d'une année de 365 jours subdivisée en cinquante-deux semaines et nécessitant un premier jour complémentaire (364 + 1).

Ils démontrent aussi l'existence d'un ensemble de douze lunaisons de trente jours nécessitant cinq autres jours complémentaires (360 + 5).

Le premier des vingt jours – « Quauhtli » – du cycle de dix-huit mois qui s'étend sur ces douze lunaisons indique qu'il relève du regard de l'Aigle dont il porte le nom.

Il ne s'agit donc pas vraiment de mois puisqu'ils ne correspondent pas à la réalité sidérale (28) ou synodique (30) de ces lunaisons mais à autant de regards arithmétiques (18) sur un nombre de mansions (360 / 20).

Il faut toutefois noter que ces dix-huit regards arithmétiques sont organisés en triades. Ce qui fait du sénaire (6) la base de ce système (Σ 3).

« Ainsi une secte gnostique, les Pérates – nom obscure qui signifie les Franchisseurs [ du Seuil ] – découvre dans la constellation du Serpent ou du Dragon le sens même de la genèse du cosmos.

« C'est une constellation curieuse, une des plus vastes du ciel boréal et pourtant une de celles auxquelles on prête le moins attention.

« Elle déploie ses sinuosités entre la Grande et la Petite Ourse, la queue perdue vers les Gémeaux, sa tête triangulaire pointée vers le pôle céleste.

« Elle n'a pas dans son tracé la précision géométrique de l'Ourse, l'élégance du Cygne, la rigueur du Scorpion.

« Mais ainsi lovée autour du pôle boréal comme si elle tétait le nombril du ciel, on comprend qu'elle se soit vite chargé d'un symbole majeur. »

« Les Pérates qui voyaient justement dans le Serpent le premier gnostique du monde, celui qui détenait la connaissance primordiale et avait tenté de la communiquer au premier homme dans l’Éden ... [ celle qu'Adam a transmit à Seth ]

« ... retrouvèrent dans cette constellation l'image du Serpent primordial et son implication quant au festin humain :

« Si quelqu'un possède des yeux qui savent voir, il verra en levant son regard vers le haut la belle image du Serpent enroulé au grand commencement du ciel.

« Alors, il comprendra qu'aucun être ni au ciel ni sur terre ni aux enfers ne s'est formé sans le Serpent. »

Cf. Jacques Lacarrière – Les Gnostiques – Le procès du monde – la déchirure (1973)

« Au sommet ou [ ... ] au centre intelligible de l'univers, le Dieu bon, le Dieu étranger. En dessous trente cercles s'étagent jusqu'au centre du monde terrestre gardés chacun par un éon.

[ Mais pour nous, il s'agit du nombre des mansions synodiques de l'éther sublunaire. ]

« Cet ensemble pour Valentin [ et pour les Valentiniens ] constitue le Plérôme, c'est à dire le monde de la Plénitude, réservoir des essences. [ Le Tout de la décade. ]

« L'éon du trentième cercle [ ou le trentième layon du Cercle ] [ s'appelait ] Sophia – la Sagesse. Or Sophia voulut un jour contempler la splendeur du Plérôme.

« Mal lui en prit. Une fois franchi le dernier cercle [ le centre intelligible ] elle fut éblouie, prise de vertige et chuta jusqu'à notre monde. »

[ Ici c'est la treizième maison sidérale qui identifie la Sagesse au Serpent. ]

Cf. Jacques Lacarrière – Les Gnostiques – Le procès du monde – Contre-blason d'un corps (1973)

La chute de l'éon précède l'ascension du Sauveur narrée à ses disciples « au cours de dialogues et d'entretiens qui durèrent douze ans » :

Le temps de la Prédication que Pierre consacre aux tribus d'Israël avant celle de Paul aux Païens dans un fragment des Stromates de Clément d'Alexandrie.

Lacarrière voit dans ce mythe une origine dionysiaque – celle des amours de Zeus et de Sémélé foudroyée dont le fruit fut nourri de sa cuisse – celle de Jupiter encore communément représenté par l'iconographie de Saint Roch.

« Et les Pérates retrouvaient [ sur Terre ] dans les entrailles de l'homme le [ grand ] Serpent lové [ là-haut ] aux racines du ciel. » [ « ... le Serpent de l’Éden lové aux racines de l'arbre de la Connaissance. » ] [ «  al-Ḥaqq » ]

[ « ... scellé, caché, voilé, déposé dans la demeure où la Racine du Tout à ses fondations. » dit Simon le Mage à propos de sa Révélation. ]

Cf. Jacques Lacarrière – Les Gnostiques – Vers un nouveau gnosticisme [ avec son ] Orientation bibliographique (1973)

   

    

mardi 19 novembre 2024

Le pouvoir des anneaux

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la huitième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-septième lettre :

« Ghayn »

« Plus de délai. »

Ap X 6

« Dans la prévision du futur, les astres jouent [ avec les êtres élémentaires ] un rôle essentiel puisqu'ils agissent sur nous à la fois par leur existence matérielle de corp célestes et par leur âme incorporelle ...

« ... aussi n'est-il pas surprenant que Paracelse ait publié des « Prognostica » ni que la Fama [ Fraternitatis ] se réfère au « Trigonéum igneum » ...

« ... ce triangle que formait en 1603 le Bélier, le Lion et le Sagitaire, combinaison de trois signes [ de feu ] particulièrement favorable [ à sa manifestation. ]

« Le grand astronome Johan Kepler avait observé l'apparition d'une étoile nouvelle dans ce Trigone en 1604 et il en avait tiré des prédictions à la fois politiques et religieuses.

« Il pensait que la « stella nova » annonçait la venue d'un prophète chargé de rétablir l'unité religieuse et de promouvoir une Réforme raisonnable mais que les temps de paix et de concorde seraient précédés d'une période apocalyptique et sanglante.

« Ces prévisions publiées par Kepler en 1606 coïncident de façon symptomatique avec les révélations de la Fama [ Fraternitatis ] concernant l'année 1604 et la découverte du tombeau de Christian Rose-Croix.

« Et ses auteurs bien qu'ils soient assez prudents pour affirmer leur appartenance à l’Église luthérienne et au Saint-Empire n'en prédisent pas moins l'imminence de profonds bouleversements, ...

« ... d'une « Réformation générale divine et humaine » qui n'exclut pas une interprétation politique. » [ Celle de la perspective ottonienne sur l'Empire carolingien. ]

Cf. Roland Edighoffer – Genèse des Rose-Croix – Analyse des protomanifestes – La Fama Fraternitatis – L'influence de Paracelse (1982)

La « Confessio Fraternitatis » se ferait l'écho dans son premier chapitre d'une Supputation de Martin Luther (+ 1546) et de celles de Joachim de Flore (+ 1202) :

« Le monde a désormais presque atteint le temps de son repos
et se hâte vers une aube nouvelles. »

« Le temps de son repos » est « l'aube » de son unité sabbatique dans un septénaire qui annonce son renouvellement hebdomadaire. Et puisque le monde n'y était pas encore, il ne pouvait s'agir en 1604 que de l'illumination du sixième candélabre :

« Le monde durera six mille ans : deux mille de vide, deux mille sous la Loi [ et ] deux mille sous le Messie. Voilà six jours de la semaine devant Dieu et le septième, c'est le Sabbat éternel. » [ ... ]

« Le soir du Sabbat correspond à l'an 5000 auquel doit succéder avant la fin du sixième millénaire le Matin lumineux. »

Le jour du Sabbat est le septième et le Matin lumineux qui lui succède le premier d'un nouveau cycle hebdomadaire identifié au huitième du point de vue du cycle précédent que Luther identifie ici par rapport à celui qu'il considère – le sixième.

Le soir doit être considéré comme le début de ce jour qui est celui d'un sixième millénaire « devant Dieu » et le second « sous le Messie ». On n'y voit pas le rapport que ce millénarisme entretiendrait avec le Trigone de 1603 et la « Stella Nova » de 1964.

Par contre « avant la fin » donne une précision discrète sur cet événement eschatologique qui ne peut désigner pour nous que la fin du cycle de l'écliptique de 1992.

Les évangélistes ont désigné Luther comme le cinquième candélabre des sept âges de l’Église universelle pour une période qui s'étend de 1520 à 1750 avec l'église de Sardes laissant à Wesley celle de Philadelphie puis à Branham (1906) celle de Laodicée.

Mais Branham reste lié au prophète Élie sous l'autorité duquel Luther aurait placé sa Supputation sur l'âge du monde de laquelle il se suppose sa fin non sans introduire dans ses considération une réinterprétation des trois âges de Joachim de Flore :

« Ses réflexions sur le sens profond de l’Écriture l'avaient amené à diviser l'histoire de la création en trois périodes successives :

- la première avait été inaugurée par Adam et confirmée par les patriarches et par Moïse,

- la [ deuxième ] s'était développée à partir de Jésus-Christ

- et le troisième [ ... ] devait être marquée par le retour d’Élie.

« Ce serait le temps des Noces sacrées, de l'hiérogamie de l’Église et de son Époux céleste, l'âge de l’Évangile éternel – non pas sous la forme d'un livre nouveau mais de l'intelligence spirituelle de la Bible.

« Le moine calabrais estimait que sur les sept périodes de la Semaine cosmique cinq étaient incluses dans l'Ancien Testament [ et ] donc dans le premier âge ...

« ... et [ que ] la sixième [ période ] recouvrait [ à elle seule ] le deuxième âge « sous le Messie » comme l'écrit Luther.

« Le [ troisième ] âge [ celui ] de l’Évangile éternel devait donc débuter à la fin du sixième millénaire alors que le sixième sceau de l'Apocalypse achèverait de s'ouvrir et que s'allumerait le sixième candélabre. »

Cf. Roland Edighoffer – Genèse des Rose-Croix – Analyse des protomanifestes – La Confessio Fraternitatis – Le temps de l'Apocalypse (1982)

C'est donc à posteriori qu'on réduirait avec Luther qui les divise en deux les cinq millénaires du premier âge tels que James Ussher (+ 1656) les augmentent encore de quatre années supplémentaires (4004).

Le septième candélabre – celui qui se trouve au centre de la Ménorah et que les évangélistes ont consacré à Colomban pour la période qui s'étend de 606 à 1520 avec l'église de Thyatire – n'entre pas dans ces considérations puisqu'il ne s’éteindra jamais.

Un anneau pour les gouverner tous

1604 – 1964

Un autre pour les lier dans les ténèbres

1244 – 1604

   

    

samedi 16 novembre 2024

Les rives du Gange

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la cinquième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-septième lettre :

« Ghayn »

« Le nom [ des Celtes ] vient de « Keltoï » qui apparaît chez les premiers historiens grecs – Hécatée de Milet et Hérodote – cinq siècles avant [ l'ère chrétienne ].

« Les origines des Celtes demeurent très mystérieuse. Leur berceau semble bien avoir été la région du haut Danube [ dans le Sud de l'Allemagne et en Bohème ] et les données d'Hérodote sont confirmées ici par l'archéologie.

« On attribue à des « Proto-Celtes » la culture des tumuli qui s'étendit à l'époque du bronze moyen (1500 / 1000) sur toute l'Europe centrale et bien au-delà du Rhin ...

« ... puisqu'on a retrouvé des tumuli du même type que ceux de Bavière en Alsace, en Champagne [ et ] en Bourgogne.

« Dès cette époque également des tribus celtes auxquelles on attribue les [ « Long Barrows » ] dérivés des constructions mégalithiques [ antérieures ] auraient envahi les Îles britanniques.

« À la fin de l'âge du bronze (1200 / 700), les Proto-Celtes se trouvèrent aux prises avec des vagues successives d'envahisseurs apportant avec eux de nouveaux rites funéraires – l'incinération succédant à l'inhumation.

« L'époque de Hallstatt (750 / 425) – premier âge du fer en Europe – ne présente pas d'unité culturelle et n'est que partiellement celte.

« Mais la civilisation de Tène qui lui fit suite et dura 475 ans environ à l'époque de la conquête de la Gaule par César appartient totalement aux Celtes et représentent leur apogée.

« Géographiquement, elle s'étendit jusqu'à l'Espagne, à l'Italie, à la Grèce [ et ] à l'Asie Mineure tandis que vers l'Est le domaine celtique allait ans doute jusqu'à la Saale – [ un ] affluent de l'Elbe.

« Tandis que les Celtes de Gaule se stabilisaient, d'autres peuples – les Belges, les Cimbres [ et ] les Teutons – poursuivaient leur mouvements et franchissaient le Rhin.

« Il est très difficile de les ranger absolument parmi les Celtes ou parmi les Germains.

« À cette époque [ et ] jusqu'à la conquête de la Gaule par César, il convient de ne pas opposer nettement Celtes et Germains qui n'étaient séparés que par une gradation insensible

« ... et ne devinrent des peuples distincts que lorsque Rome eut fait du Rhin – jusqu'alors voie naturelle de passage – une frontière militaire. »

Cf. Michel Mourre – Dictionnaire de l'Histoire – L'apparition des Celtes (1998)

« ... le voyage initiatique en Orient de Christian Rose-Croix l'a conduit jusqu'en Arabie heureuse [ ... ] la Confessio n'évoque-t-elle pas la possibilité de relations miraculeuses avec les peuples au-delà du Gange ? » [ ... ]

« Les habitants de l'Arabie heureuse vénéraient Hermès trois fois bienfaisant [ ... ] Michael Maier affirmait de son côté après Isidore de Séville que le fameux oiseau phénix se trouvait en Arabie heureuse. » [ ... ]

« Le parcours initiatique de Christian l'aurait ensuite conduit à Fès. [ ... ] Andreæ mentionne par ailleurs dans sa « Turris Babel » [ la ] ville de Fez et [ la ] Damcar [ sabéenne ] lorsqu'il veut démontrer que les Rose-Croix sont une illusion ...

« ... et il propose qu'on cingle vers les îles Fortunées* pour les y découvrir. Mais ce ton satirique est évidemment dicté par un comportement d'apprenti sorcier repenti. »

Cf. Roland Edighoffer – Les Rose-Croix [ dans la tradition ] – Ancêtres mythiques – Hindouisme [ + ] Influences arabes et sabéennes (1982)

* « Fortunées » à propos des îles Canaries et du Khan d'Aries :

« L'archipel est en effet composé de cinq îles. En naviguant d'Est en Ouest on rencontre Junonia, Canaria, Nivaria, Capraria et Ombrios » d'après Juba, un roi érudit de Mauritanie.

Cf. Alberto Manguel et Gianni Guadalupi – Dictionnaire des lieux imaginaires (1998)

« Les puissants Mongols lorgnait le Tibet désuni et en 1244 leur souverain fit venir à sa cour le lama hiérarque des Sakyapa.

« En contrepartie de la soumission du Tibet, ce lama en fut nommé régent. Il répandit aussi le bouddhisme de la tradition Sakya en Mongolie et dans certaines régions du Nord de la Chine appartenant à l'empire mongol.

« Son successeur – P'hagpa (+ 1280) – fut le conseiller spirituel de Kubilay Khan qui devint empereur mongol de Chine.

« Se heurtant à l'opposition des autres écoles et à leurs soldats, le pouvoir Sakyapa prit fin en 1336. Une lignée de rois lui succéda de 1358 à 1635. » [ ... ]

« Au XVIe siècle, le chef de l'école Guéloug réintroduisit le bouddhisme chez les Mongols qui s'en étaient écartés.

« L'un des souverains mongols – Altan Khan – lui conféra alors le titre de « Dalaï » Lama – « Océan de Sagesse ».

« Il fut considéré comme la deuxième réincarnation d'un précédent dignitaire guélougpa, neveu de Tsongkhapa qui devint ainsi rétrospectivement le premier Dalaï-Lama.

« Chaque Dalaï-Lama [ fut ] considéré comme une nouvelle manifestation du Corps d'émanation d'Avalokiteshvara [ le bodhisattva de la compassion dans le Sambhogakaya ]

l'un des quelque trois cents « tulkous » reconnus au Tibet. » [ ... ]

« En 1641, les Mongols envahirent le Tibet et établirent le cinquième Dalaï-Lama comme dirigeant du pays. Dès lors, l'école Guéloug devint l’Église officielle [ du lamaïsme. ]

« Certains moines et lamas Kagyupa mécontents de cette situation partirent au Sikkim et au Bouthan propageant ainsi le bouddhisme dans ces pays.

« En Mongolie, le bouddhisme s'implanta bien et fut populaire pacifiant un peuple autrefois guerrier. Au XVIIIe siècle, il se répandit vers le Nord chez les nomades des régions devenues aujourd'hui les républiques soviétiques de Bouriatie et de Touva.

« Une branche du peuple mongol émigra également vers l'Ouest dans l'actuel république soviétique des Kalmouks au bord de la mer Caspienne.

« Une communauté dans les États baltes se réclame aussi d'un long héritage bouddhique aux racines mongoles. »

Cf. Peter Harvey – Le bouddhisme. Enseignements, histoire, pratiques – Histoire ultérieure et expansion du bouddhisme – Les pays du bouddhisme du Nord (1993)

« En la forme d'une Rose Blanche se montrait à moi la Sainte Milice que dans son Sang le Christ épousa... » Cf. Dante – La Divine Comédie – Chant XXXI

« ... selon le récit [ de la « Fama Fraternitatis » ] le tombeau de Christian [ Rose-Croix ] a été muré en 1484 ... » [ et retrouvé cent vingt ans plus tard : « 1604 - 360 = 1244 ». ]

« ... ceux qui sont ainsi marqués du signe de la croix [ le « Cruce signati » ] ont cessé d'être des aveugles dans ce monde ; ils discernent partout et ils comprennent la sémiologie divine là où tant de sots ne croient découvrir que hasard et accident. »

[ C'est une signature franciscaine. ]

Cf. Roland Edighoffer – Les Rose-Croix [ dans la tradition ] – Précurseur Dante [ + ] Paracelse [ + ] Studion préfigurant le « Theca gladii spiritus » d'Andreæ (1982)