jeudi 2 juillet 2026

Le Califat spirituel de la Miséricorde

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Pour la septante-troisième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Au sein de notre état d'existence, Adam représente plus particulièrement le domaine de la manifestation grossière – celui de la créature humaine au sens du terme « bashar ».

« ... ibn Arabî [ assigne ] au cycle corporel une durée symbolique de 7.000 ans correspondant au signe zodiacal de la Vierge ; ...

[ Il ne peut s'agir que d'une symbolique de la Semaine qui assigne mille ans pour chaque jour où le septième apparaît comme un jour sabbatique qui récapitule les six autres et comme une limite vers un renouvellement cyclique.

Par ailleurs, le signe zodiacal de la Vierge ne peut être qu'une allusion au Christ malheureusement absent des considérations cycliques exposées ici par Gilis. ]

« ... ensuite [ toujours d'après ibn Arabî ] le pouvoir passera à la Balance qui est le temps de la Résurrection. »

[ Ce qui ne peut être encore qu'une référence à la Parousie du Christ identifiée à l'Heure du Jugement  la durée de 7.000 ans étant assignée à l'être humain et à la doctrine des jours de la Semaine d'où elle sollicite les dérives millénaristes de son millénium.

Le fléau de la Balance doit être identifié avec l'épée à la lettre « M » qui peut être assignée à Marie ou à Muhammad selon le contexte où elle s'exprime avec la symbolique axiale de la lettre médiane – la treizième  dans l'ensemble d'un alphabet de vingt-cinq lettres.

Elle s'exprime par conséquent sur un mode qui l'identifie à la sphère sublunaire puisqe l'alphabet de vingt-huit lettres qui en recense les mansions l'associe à la lettre « N » où elle apparait comme une lettre solaire qui l'identifie avec le Christ au Soleil de Justice.

La lettre supplémentaire dans le cadre d'un alphabet centré sur la lettre « M » qui les associe l'une a l'autre dans le mot « MaN » est la résultante d'un redoublement de la lettre « V » dans la lettre qui l'inverse en gardant la valeur constante (6) de leur conjonction.

Autrement dit : le « M » et le « W » manifestent une complémentarité graphique qui rappelle celle des deux « N » du « NûN » pour le palindrome de la lettre arabe qui s'identifie à la sphère solaire des nomenclatures astronomiques autour de son point diacritique. ]

« Les lettres qui composent la traduction latine du premier verset du Livre de la Sagesse : ...

« DILIGITE JUSTITIAM QUI IUDICATIS TERRAM »

« ... apparaissent successivement à Dante au cours d'une vision remarquable à bien des égards – cf. Paradiso XVIII 91 - 93.

« Nous nous contenterons de souligner ici que le « M » final du mot « TERRAM » qui se change en Aigle – symbole de l'Esprit universel – présente sous la forme romane qu'il avait à l'époque de Dante [ ... ]  ... 

« ... une ressemblance frappante avec le « parchemin déroulé » décrit par le [ Sheykh al-Akbar ] à propos du vingt-troisième Tawhîd » [ où Gilis fait apparaître avec ibn Arabî une structure trilitère que nous ne pouvons nous représenter que sous une forme mégalithique.

Cf. Les trente-six attestations coraniques de l'unité [ pour ] le Coran et la fonction d'Hermès (1984) – Le vingt-troisième Tawhîd provenant du Souffle d'ar-Rahmân concerne le septantième verset de la vingt-huitième sourate :

« C'est à Lui qu'appartient le Jugement suprême et c'est vers Lui que vous ferez retour. »

Mais il faut peut-être parler d'un quadrilitère ou d'un double trilithe puisque l'un des rectangles en surmonte trois autres en nous rappelant les cinq trilithes de Stonehenge qui entourent l'autel central sur l'Axe solsticial.

Il y a là un triple enjambement en rapport avec les trois premiers jours du troisième mois et avec la distribution des cinq jours complémentaires autours du Solstice d'hiver déplacés ensuite vers les Saturnales qui caractérisent le reste d'un treizième mois.

Ils forment en quelque sorte les trois jambes de la treizième lettre et les trois jours qui apparaîtrons avec l'équinoxe du Printemps quand le cycle du Maître des abeilles fera apparaître un « trissextile » avant le redoublement du jour suivant – en mars 2032. ]

« Ce rapprochement formel qu'étayent d'autres détails est confirmé par l'analogie des messages : ...

« ... l'écrit en vers figurant dans le parchemin commence par une référence quasi explicite à la Tradition primordiale tandis que l'Aigle adresse à Dante un discours qui compare la Justice divine insondable à « un Soleil sans voile qui toujours luit » – cf. Paradiso XIX 64 – ...

« ... tout en situant discrètement cette référence au Soleil de Justice dans une perspective universelle » [ ce par quoi le Christ est néanmoins rendu présent aux considérations cycliques qui l'éludent dans cet excursus. ]

Cf. Charles-André Gilis – Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat – Muhammad ou le Califat spirituel [ et ] La Montagne du Califat [ pour ] Le Califat axial (1993)

On trouve également ici d'autres références aux douze maisons zodiacales et à une période de 78.000 ans que Gilis met précisément en rapport avec la triangulation du nombre douze qui manifeste avec les condescendances la totalité du cycle dans son zodiaque.

Mais ni la Vierge ni la Balance ne font pour nous le jeu d'un quelconque déterminisme cosmique puisque leurs maisons zodiacales ne sont en quelque sorte que les théophanies célestes du Christ et du Louangeur louangé – Mahmud – qui apparaissent avec leur Parousie.

Le premier Nom de Dieu fut « I » pour « L » – le second « E » pour « F »

Il y a là aussi une référence au Jour de l'équinoxe et à ceux qui l'accompagnent quand Il est au centre de ces degrés. Il est alors semblable au Jour de la détermination – le Mercredi – parmi les deux ou trois incommensurables qui apparaissent avec le Solstice.

Si tu les compte comme jours complémentaires parmi les dix jours remarquables, tu verras qu'ils sont alors au nombre de huit  cinq et trois  là où ils n'étaient que six ou sept avec le Phoenix et les quatre qui sont parmi quatre-vingt jours du Sabbat.

   

    

mardi 30 juin 2026

Le Prophète-Roi et le Sceau des Prophètes

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Pour la septante-deuxième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Selon la réalité véritable [ d'al-aqq ] le Califat de Dâwûd marque symboliquement la fin de la manifestation extérieure du Centre Suprême ; ...

« ... il inaugure le temps de sa disparition apparente et de son occultation.

« Le support de la Théophanie essentielle n'est plus « la Montagne » mais « la Caverne ».

[ Ces théophanies sont alors parfaitement identifiables à celle du Christ sur la Montagne et à celle du Sceau des prophètes dans la Caverne du mont Hira. ]

Cf. Charles-André Gilis – Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat – La prosternation de Dâwûd (1993)

Cette occultation n'est que la fin d'un âge et le début d'un autre qui correspond à la symbolique de cet enfouissement de la décime (1/10) dans l'obscurité de l'âge de Fer qui correspond à celle du Kali yuga :

« Cette expression [ « zubar al-Hadîd » dans le récit de Dhû-l-Qarnayn ] renferme une double allusion au Prophète-Roi : « al-Hadîd » – le Fer – est ce qui a été amolli pour Dâwûd [ qui a reçu de Dieu le don de son amollissement ] ; ...

« Zubar » – considéré ordinairement comme le pluriel de « Zubrat » – bloc [ comme pièce littéraire ] – peut aussi être lu « Zubur » – pluriel de « Zabûr ».

« Ce terme qui signifie d'une manière générale « livre révélé » désigne plus particulièrement le Livre sacré qu'Allâh a  donné à Dâwûd [ qu'on identifie aux psaumes ] :

« Et Nous avons donné à Dâwûd un Livre» « Zabûran » – cf. S 4 V 163 et S 17 V 55.

« On peut donc traduire l'expression « zubura'l-Hadîd » par « livres de Fer » ou si l'on envisage le sens symbolique par « livres de la dureté » [ où le pluriel s'accorde à l'ensemble des psaumes ] ; ...

« ... d'autant plus que l'idée de dureté correspond au sens principal de la racine « Z.B.R ».

« Ces livres sont les textes sacrés qui comportent des prescriptions se rapportant au domaine des œuvres dont la nécessité est liée elle aussi à une période d'obscurcissement spirituel où les moyens mis en œuvre sont de plus en plus contingents : ...

« ... ceci explique notamment qu'il soient utilisés par Dhû-l-Qarnayn dans son combat contre Gog et Magog.

« Rappelons qu'il est dit du Cavalier de l'Apocalypse qu'il mènera les nations avec un Sceptre de fer ».

On peut en effet vérifier ces données quand nous mettons David au centre d'un cycle adamantin de 5.400 ans – ce qui en fait 2.700 avec la centaine qui lui est attribuée après qu'Adam lui en ait cédé soixante en plus de la quarantaine qui lui revient.

Cette quarantaine est déjà à priori celle qui s'étend également de 1992 à 2032 et les 2.592 ans du Kali yuga s'étendent jusqu'en 1992 depuis l'an 600 avant l'ère chrétienne.

Les soixante ans supplémentaires qu'il tient d'Adam ne sont donc pas pris en compte dans ce décompte où ils ne sont guère nécessaire que pour les soustraire avec la quarantaine à la moitié du cycle dont il occupe le centre :

« - Ô Seigneur [ demande Adam ] qui est-ce ?

« - C'est ton fils Dâwûd à qui J'ai assigné quarante ans de vie.

« - Ô Seigneur ! Allonge la durée de sa vie !

« - C'est tout ce que Je lui ai imparti.

« - Seigneur ! Je lui cède soixante ans de ma propre existence.

« - Libre à toi ! »

On voit par ailleurs dans ce Hadîth que la durée des quatre âges de l'existence humaine est bien de cent ans semblables aux cent mille de l'année du Brahma – mille étant par ailleurs celle allouée à Adam sur laquelle il n'en cède que soixante.

Ce ne sont là bien sûr que des artifices pour coordonner les réalités cycliques dans lesquelles ils s'inscrivent.

La leçon est sensiblement différente de celle qu'on trouve au premier paragraphe du premier chapitre du premier évangile  celui de Matthieu – où trois séries de quatorze générations séparent Abraham de David et David de Jésus en passant par la déportation à Babylone.

Ce qui en fait quarante-deux (3 x 14) semblables aux quarante-deux mois de trente jours pour l'Apocalypse où les 1.260 jours doivent être assignés aux deux témoins du chapitre XI  ce qui place par conséquent le second témoin au centre d'une symétrie :

- du Prophète-Roi au Sceau des prophètes et du Sceau des prophètes à la Parousie du Christ

Il s'agit en effet ici de deux périodes de 630 ans dont il faut soustraire des générations de trente ans – celle de Jonas et celle de la Reine du Midi pour les récits évangéliques qui les mentionnent comme on soustrait la centaine de David du cycle adamantin.

La figure paternelle et tutélaire d'Abraham et le contexte politique de la déportation à Babylone s'éloignent quelque peu par conséquent d'une tripartition qui par ailleurs ne manquerait pas de poser des problèmes d'arithmétique dans leur hagiographie.

Relevons que dans ce contexte Dâwûd n'est pas seulement l'anagramme d'al-Wadûd mais aussi un équivalent numérique du nombre « 14 » – « D.W.D » (4 + 6 + 4) – auquel nous prêtons toujours une complémentarité entre la décade et son quaternaire.

Or, cette complémentarité est directement engagée dans la quadrature du cercle qui organise l'économie cyclique où elle se situe en se répartissant entre le microcosme dont Dâwûd est la représentation prophétique ou la préfiguration et le macrocosme des luminaires.

Précisons que la symétrie que nous évoquons ici passe bien évidemment par le Christ et par le Seigneur de la Terre ou le Roi du Monde que la Tradition orientale identifie au dixième avatar de Vishnu – Sri Kalki – que nous faisons correspondre avec Gengis Khan.

Le Khan correspond alors au Kukulkhan de la Tradition amérindienne – ce que les Aztèques doivent probablement aux Mayas – qui ne serait être confondu avec les trois Quetzalcóatl de la triade chrétienne : Jésus  Saint Colomban et Saint François d'Assise.

    

    

dimanche 28 juin 2026

Les étendards

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Pour la septante-et-unième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La considération des lettres qui composent le nom de Dâwûd suggère l'existence d'une relation avec le Nom divin « al-Wadûd » – le divin Amour dont les lettres se retrouvent toutes dans le nom du Prophète-Roi » [ unissant l'Amant et l'Aimé. ]

Cf. Charles-André Gilis – Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat – Le nom de Dâwûd (1993)

En présentant le livre des étendards comme « la clé de voûte » de son œuvre, Gilis l'expose tout particulièrement à la déconstruction de l'effet de recouvrement qui altère dans cet ensemble les trois fonctions eschatologiques :

- celles qui réunissent le Sceau d'une Sainteté spécifiquement muhammadienne au Sceau d'une Sainteté universelle en rapport avec le Sceau d'une Sainteté générale qui implique la succession des deux témoins apocalyptiques – le Christ et le Sceau des prophètes

- celles qui réunissent le Qutb al-Maktum au Qutb az-Zamân entre la Parousie du Christ et ceux qui le précèdent dans la « walaya » muhammadienne – celle du Qutb al-Maktum étant la fonction spécifique du Sceau de la Sainteté en rapport avec celle du Qutb az-Zamân

Le califat muhammadien dont Gilis brandit ici les étendards intervient dans un ultime recouvrement qui altère le lien symbolique dont il ne méconnait pas pour autant l'importance entre Adam et le Christ dans la postérité sethienne – cf. S 3 V 59.

Mais nous ne pouvons pas pour autant nier l'existence de ce califat dont le symbole ne repose ici que sur deux similitudes réelles avec celle du califat intermédiaire de Dâwûd pour les tribus d'Israël dans le récit coranique – cf. S 38 V 26.

Similitudes qui impliquent à la fois la conjonction des fonctions sacerdotales et royale du prophète et du roi et leur implication dans une symbolique de l'Amour qui convoque « al-Wadûd » – l'Amant – et « al-Habîb » – l'Aimé – qu'il ne faut pas sous-estimer.

Le caractère intermédiaire de leurs califats repose d'abord sur le fait que David occupe le centre d'un cycle adamantin de 5.400 ans qui s'étendent avec les unités de la matrice arithmétique du Kalpa sur un ensemble de 64.800 lunaisons.

Cet ensemble est communément identifié aux six jours de la Création qui doivent être considérés en réalité comme six cycles de six mille lunaisons où Muhammad occupe le centre d'un solde de 2.400 ans qui correspondent aux quatre cohortes d'un Kali-yuga de 2.592 ans.

Cette position centrale tout à fait remarquable est également celle qu'occupe le Bouddha Sakyamuni dans un cycle de répartition des jours bissextiles de 5.500 ans qu'on divise en onze cycles de 500 ans semblables aux six mille lunaisons du Phoenix ou du Cerf blanc.

Gilis aborde d'une façon incomplète le caractère intermédiaire de ces califats à partir des trois axes du Triangle de l'Androgyne transmis par René Guénon à Michel Valsân qui réunissent les lettres « – A » + « – D » + «  – M » :

« L'axe vital « Ḥâ – Mîm » représente l'être individuel et l'axe « Wâw – Dâl » [ représente ] les états manifestés supra-individuels correspondant [ pour René Guénon ] aux Cieux des religions occidentales, ...

« ... ce qui confirme le caractère lumineux et solaire de ce dernier [ avant la conjonction des luminaires salomoniques ] en parfaite concordance avec ce qui a été dit précédemment au sujet [ de la conjonction des fonctions sacerdotale et royale ] du Prophète-Roi. »

- les lettres « A – A » réunissent dans leurs contingences la première et la dernière lettre de l'Androgyne caractérisé par les noms d'Adam et Eve – « A.D.M » & « .W.A »

- les lettres « W – D » correspondent aux premières lettre d'al-Wadûd ou aux dernières lettres de Dâwûd sans prendre en compte les redoublements de la lettre « D »

- les lettres «  – M » correspondent aux lettres centrales d'Ahmad sans prendre en compte la première et la dernière lettre du Nom céleste qui caractérise le Prophète de l'Islâm

En « A..M.D » la dualité contenue par « A.D.M » & « .W.A » qui subsistait encore entre « W.D.D » et « D.W.D » à disparue.

Cela suppose néanmoins de reconnaître que la lettre « M » de « A.D.M » puisse être celle de Muhammad d'une certaine façon  ce que nous avons contesté non sans raison puisqu'elle ne peut correspondre à celle de « A..M.D » quand on la présente comme initiale.

Cette incompréhension de notre part n'est finalement que l'expression d'un déplacement vertical sur la « Sirat al-amid » à laquelle il est fait expressément référence quand il est question des étendards de la Louange du Louangeur louangé – « Mahmud ».

Louange qui caractérise alors son intercession universelle en tant que Calife d'ar-Rahmân comme Miséricorde pour tous les mondes – c'est-à-dire pour les trois degrés de la  « Sirat al-amid » où il occupe incontestablement la position la plus haute.

L'incomplétude dont nous faisons ici état reste cependant visible dans le schéma que Gilis nous propose puisque seul l'axe « Wâw – Dâl » fait l'objet d'une nomenclature parallèle avec les noms d'Adam et Ḥawâ : « Wadd » = « Amour ».

Les axes « Alif – Alif » & « Ḥâ – Mîm » sont sans référence parmi les Noms arabes et ce malgré l'interprétation que nous signalons pour le second.

Précisons encore qu'aux niveaux des degrés que nous évoquons sur lesquels Muhammad exerce son intercession sans aucune discrimination, c'est bien Jésus qui occupe une position centrale entre Adam et lui.

   

    

vendredi 26 juin 2026

L'esprit du Verbe

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Pour la septantième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Envisagé en tant que Verbe, l'Esprit est par essence indépendant de toute détermination particulière » ...

« Cette indépendance [ de l'indétermination ] explique que le Christ puisse paraître à certains points de vue comme supérieur au Prophète.

« En tant que Verbe, il [ le Christ ] est considéré en en effet comme une hypostase immédiate du Principe suprême.

« L'esprit dont la fonction est plus circonstanciée [ que cette indétermination générale ] apparait alors [ avec le « filioque » qui fait procéder l'Esprit du Père et du Fils ] comme procédant du Verbe ...

[ Mais dans une théologie parallèle dont les origines semblent antérieures à la Monarchie orthodoxe du Père, c'est le Verbe qui procède du Père et de l'Esprit et ... ]

« L'esprit procède du Commandement de mon Seigneur » – « min Amri Rabbî » ; [ ... ]

[ ... où le Commandement de l'Emir est l'attribut du Verbe qui apparait comme le générateur de cet Esprit général indéterminé dans la détermination particulière qui est celle du Christ. ]

 « En revanche – en tant qu'il est lui-même une manifestation ou une révélation particulière de l'Esprit universelle [ de l'Islam identifié à une « expression suprême de la Science divine essentielle » ]  le Christ apparaît en position inférieure par rapport à [ cet Esprit.

Ce qui serait un juste recours à cette expression originelle d'une théologie médiévale qui relevait de l'esprit chevaleresque puis d'une spiritualité particulière généralement qualifiée de libre par rapport à la théologie dogmatique du « filioque » de l'Eglise romaine. ]

« On constate à cet propos [ ... ] combien les formules utilisées dans le [ Noble ] Coran sont nuancées et précises puisque le Christ y est désigné par les termes « Kalimatu-Llâh » et « Rûhu min Huwa » [ caractérisés ici par le « Hu » de l'Ipséité divine ]: ...

« Son Verbe » et « un Esprit procédant de Lui » – cf. S 4 V 171.

« Dans ces deux expressions, le pronom de la troisième personnes [ du singulier ] est grammaticalement  celui de la personne absente et symboliquement celui du mystère de l'Essence Suprême.

« On remarque donc que le Christ est rattaché à l'Essence de manière directe en tant que Verbe et indirecte en tant qu'Esprit car la particule « min » implique une certaine idée de dépendance, de spécification et de partition [ par rapport à la généralité dont elle procède. ]

« Quant à l'expression « Rûhu-Hu » – Son Esprit – qui rattache l'Esprit directement à l'Essence et qui comme celle de « Kalimatu-Llâh » n'intervient qu'une seule fois dans le texte sacré (S 32 V 9) [ comme « Rûhu-Llâh » ] ...

« ... elle se rapporte non pas au [ fils de Marie ] mais bien à l'excellence de l'Esprit muhammadien [ dont relève l'Imamat du Prophète et la Lieutenance califale de son Messie. ]

« Cela dit [ dans la même note ] il convient de rappeler que aussi bien dans l'expression coranique « ar-Rûh min Amri Rabbî » que dans les termes « Rûhun min Hu », la particule « min » peut-être considérée comme indicative d'une identité : ...

« ... selon [ leur ] réalité véritable, le Verbe et l'Esprit [ muhammadien ] sont « un » étant identiques à l'Essence même d'Allâh.

« ... la supériorité de l'Esprit [ y ] subsiste encore mais ne peut [ ... ] se comprendre que par référence à la manifestation de la Forme parfaite [ qui les réunit et ] qui est celle de l'Homme Universel » [ comprenant aussi celle d'Adam dans sa perspective eschatologique. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – L'esprit universel de l'Islam [ dans ] la doctrine de l'Esprit (1989)

   

    

mercredi 24 juin 2026

Le Bayân du Kawthar d'al-Ḥaqq

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Pour la soixante-neuvième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Ensuite [ « ar-Rahmâm » ] a fait descendre le [ Noble ] Coran sur l'Homme pour qu'il le traduise au moyen de l'enseignement qui lui avait été donné au sujet du « Bayân » et qu'il était seul capable de recevoir [ parmi les créatures  cf. S 55 V 1 à 4.

Le « Bayân » est ici décrit comme exposition claire du contenu coranique qui précède la descente du Noble Coran – ce qui l'identifie au prototype céleste du Coran Glorieux auquel Abd ar-Razzaq consacre un ouvrage à propos de la Montagne « Qâf ».

Pour le bayânisme sa structure (19 x 19) est celle du Go (361) : ces nombres sont ceux des deux lettres du Vivant – le « â » (8) et le « Yâ » (10) – reliés par un « Alif » (1) primordial qui réintroduit quatre ou cinq jours complémentaires – ceux de la lettre « Hâ » (5). ]

« Le « Bayân » correspond quand à lui [ du ] point de vue ésotérique à la science de la manifestation dont l'Homme parfait [ le Prophète ] est le principe.

« La distinction coranique du « Qu'rân », du « Bayân » et du « Furqân » comporte une référence à la doctrine de la réalisation [ initiatique identifiée à la descente du Coran : ]

« - le premier terme est une désignation du Verbe éternel et de la Science totale et principielle d'Allâh ; ...

« - le second désigne plus spécialement le Verbe en tant que Parole – c'est-à-dire en tant qu'organe principiel d'inspiration et de révélation ; ...

« - quant au troisième terme, il se rapporte aux aspects distinctifs et formels du Livre révélé.

« Cette distinction ne doit cependant pas faire perdre de vue le point essentiel – à savoir que que dans tous les cas et quel que soit l'aspect envisagé, c'est toujours Allâh et Lui seul qui parle en réalité ...

[ Affirmation à propos de laquelle Abd ar-Razzâq exprime « une nuance » sur la dépendance de  « l'intermédiaire » qui aurait du s'adresser à celle de l'archange Gabriel si sa médiation n'avait l'objet d'un rejet ultérieur à l'encontre des trois « grues couronnées ».

En l'occurrence ce rejet d'un culte originel aux archanges dans lequel s'inscrit celui de la Révélation coranique bute sur celui de la Parole d'Allâh qui reste celle de ses Messagers dans le contexte de Sa prophétie légiférante.

Mais le « Bayân » ne provient que de Dieu : « Allâh n'a mentionné que Lui-même ! Il ne l'a attribué qu'à Lui-même ! Aucune mention d'un autre qu'Allâh n'est faite dans cette communication de la Connaissance » [ qui le caractérise. ]

Il s'identifie comme tel aux condescendances des septante-huit lettres qui sont dans les trente monogrammes du Kawthar d'al-aqq (108) mais qui ne sont pas inscrites dans le « Furqân » quand il apparaît auprès du Coran, de la Thora, des psaumes du Zabûr et de l'Evangile.

Dans cette théorie des ensembles, le Noble Coran contient par conséquent un « Bayân » et un « Furqân » avec les Sept versets de la première sourate et les deux dernières sourates du Coran qui accompagnent ce Coran sublime – cf. S 15 V 87.

Le « Bayân » est par conséquent une part du Noble Coran conforme au Coran Glorieux qui n'appartient qu'à Dieu avec la Synthèse qui le caractérise dans son expression.  ]

« L'inspiration première fut celle du Coran. Nous savons par dévoilement intuitif [ c'est le Sheykh al-Akbar qui mentionne ce dévoilement dans le deuxième chapitre des « Futûhat » ] que le « Furqân » fut pour le Prophète – sur lui la Grace et la Paix  un Coran synthétique ...

« ... [ un Coran ] non divisé en sourates et en versets. C'est pourquoi il se hâtait de la proclamer lorsque Gabriel descendait avec la Révélation détaillée [ par le ] « Furqân ».

« Il lui fut dit alors : « Ne te hâte pas de proclamer le Coran » qui est auprès de toi en le communiquant de manière synthétique et donc incompréhensible « avant que son inspiration » en tant que Révélation distincte et détaillé « ait été décrétée pour toi.

« Et dis : Seigneur, augmente moi en science » en distinguant les significations que tu as réunies en moi ! » [ C'est toujours le Sheykh al-Akbar qui reprend les paroles du Prophète. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – L'esprit universel de l'Islam La doctrine de l'Esprit – Inspiration et révélation coranique (1989)

« Le Coran est le Livre synthétique qui contient « tout ce qu'Allâh a voulu communiquer à Ses serviteurs » – c'est-à-dire la totalité de la science sacrée et traditionnelle.

« Il exprime la « Prophétie totale. Pour cette raison, on le désigne également comme la Mère du Livre dont sont issus les Livres révélés [ qui pour le Coran ne désigne que la « Fâtiha ». ]

« Les langages qui l'expriment diffèrent car sa vérité essentielle les accepte tous. C'est pour cela que l'on dit de lui qu'il est arabe, hébraïque ou syriaque suivant le langage dans lequel il est révélé. »

« La mention de ces trois langues est significative. [ ... ] Selon Cheikh Abd al-Wâhid [ René Guénon ] la langue syriaque ou solaire est une désignation de la langue originelle dont toutes les langues sacrées sont des reflets ou des adaptations ...

« ... et qui n'est rien d'autre que la « Parole perdue ». [ Ce qui pourrait n'être par conséquent qu'une autre appellation du « Bayân ». ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ citant le chapitre 341 des « Futûhât » du Sheykh al-Akbar et la Science des lettres dans les Symboles fondamentaux de la Science sacrée – L'esprit universel de l'Islam La doctrine de l'Esprit – La Science des premiers et des derniers (1989)

   

    

lundi 22 juin 2026

Le Calife et l'Imâm

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Pour la soixante-huitième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Le Très Haut a comparé le Parfait qu'était Jésus au Parfait qu'était Adam,

au Calife un autre Calife. »

[ S 3 V 59 ]

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ citant le chapitre 361 des « Futûhât » du Sheykh al-Akbar – L'esprit universel de l'Islam La doctrine de l'Esprit – Science et Pouvoir du « Kûn » (1989)

Où il ne fait plus aucun doute que Muhammad fut doté d'une perfection plus haute encore mais ne fut jamais investi de la lieutenance califale bien qu'il posséda comme David le sacerdoce de la Prophétie légiférante et la Royauté du messager d'Allâh.

Dieu l'a pris pour Imam comme il avait pris Abraham avant lui – S 2 V 124.

« Le « Kûn » opère au moyen d'une Parole unique » que le chapitre 177 des « Futûhât » du Sheykh al-Akbar oppose aux lettres de l'injonction – le « Fiat » de Son viatique.

Il ne peut s'agir alors que du « Kâf » dont le « Nûn » n'est ici que la matrice théophanique de Sa lieutenance – l'élément récepteur de Son émetteur.

Le « Kâf » est alors semblable au « Alif » du « A.U.M » pour celle du « A.M.N ».

Ce qui est aussi le cas pour la formule magique : « ABBA RA KADA BARA » où il ne peut alors s'agir que du « Bâ » de « BARA » qui est aussi celui de la « Basmala » – Son « Râ » étant alors celui de la « Rahmâniyya » du Miséricordieux :

« Alif » est alors la descente du Principe supérieur de l'Ipséité divine

« » Sa matrice théophanique dans le monde des noms et des attributs

- « Mîm » la descente de la Matrice théophanique dans la Matrice universelle

« Kâf » le point diacritique de la Matrice théophanique

« Nûn » la Matrice universelle où s'actualise Son point diacritique.

Le « Wâw » du « Kûn » qui contient son « Alif » est à la fois celui du « Mîm » pour la monosyllabe du « OM » et du « Nûn » pour le damier d'ad-Da'îm.

Le « Yâ » du « Mîm » relie la Matrice théophanique du « Alif » constituée par le « Bâ » de la Basmala à Son point diacritique représenté par le « Kâf » du « Kûn ». 

Son esprit – l'Esprit du « »  identifié à l'Esprit de Sainteté par le Sheykh al-Akbar n'entre pas dans la Sphère du « Kûn » – c'est-à-dire qu'il est situé entre la théophanie de l'Ipséité divine manifestée par le « Alif » d'Allâh et l'incarnation du Verbe califal.

Nous avons qualifié les Alides qui ont déifié 'Ali comme les Chrétiens ont déifié le Christ d'adorateur du « » – ce qui reste un signe d'abaissement pour les adorateurs du « Alif » d'Allâh mais aussi un signe de réalisation initiatique pour Ses serviteurs.

Le « Lâm » reproduit ces mouvements d'abaissement où l'absence de point diacritique ne permet pas d'identifier sa base au « Bâ » ou au « Nûn » mais son nom laisse supposer le prolongement du « Mîm » dans l'axe du principe supérieur son « Lâm-Alif ».

Ce prolongement organise entre le Zénith du « Alif » et le Nadir du « Mîm » les mondes théophaniques qui caractérisent la quintessence (Hâ) de la décade (Yâ) et leur monade apophatique (Lâ) que le « Kâf » du « Nûn » identifie au point diacritique du « Bâ ».

« Au chapitre 360 des « Futûhât », le Cheikh al-Akbar donne l'indication suivante :

« Allâh a manifesté l'Homme universel à partir du Souffle rahmânien issu du cœur du Coran qui est la Sourate « Yâ Sîn ».

« Yâ Sîn » est un appel au vocatif. Allâh a voulu dire : « Yâ Sayyid ! » – c'est-à-dire : « Ô Seigneur ! »

« Cette interprétation s'explique par le fait que le vocatif présente souvent en arabe une forme élidée ou raccourcie ...

« ... et que les lettres « » et « Sîn » sont les initiales des mots « Yâ Sayyid ».

« Outre la référence au Souffle du Très Miséricordieux, on soulignera que la somme des nombres correspondant aux deux lettres « » et « Sîn » qui est « 70 » (10 + 60) ...

« ... est égale à celle qu'on obtient au moyen des lettres composant le mot « Kûn » (20 + 50) 

« ... de telle sorte que la Parole « Kûn » apparaît [ de ] ce point de vue comme un équivalent de « Yâ Sîn ».

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – Op. Cit. Ibidem – Science et Pouvoir du « Kûn » (1989)