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Pour la septantième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Envisagé en tant que Verbe, l'Esprit est par essence indépendant de toute détermination particulière » ...
« Cette indépendance [ de l'indétermination ] explique que le Christ puisse paraître à certains points de vue comme supérieur au Prophète.
« En tant que Verbe, il [ le Christ ] est considéré en en effet comme une hypostase immédiate du Principe suprême.
« L'esprit dont la fonction est plus circonstanciée [ que cette indétermination générale ] apparait alors [ avec le « filioque » qui fait procéder l'Esprit du Père et du Fils ] comme procédant du Verbe ...
[ Mais dans une théologie parallèle dont les origines semblent antérieures à la Monarchie orthodoxe du Père, c'est le Verbe qui procède du Père et de l'Esprit et ... ]
« L'esprit procède du Commandement de mon Seigneur » – « min Amri Rabbî » ; [ ... ]
[ ... où le Commandement de l'Emir est l'attribut du Verbe qui apparait comme le générateur de cet Esprit général indéterminé dans la détermination particulière qui est celle du Christ. ]
« En revanche – en tant qu'il est lui-même une manifestation ou une révélation particulière de l'Esprit universelle [ de l'Islam identifié à une « expression suprême de la Science divine essentielle » ] – le Christ apparaît en position inférieure par rapport à [ cet Esprit.
Ce qui serait un juste recours à cette expression originelle d'une théologie médiévale qui relevait de l'esprit chevaleresque puis d'une spiritualité particulière généralement qualifiée de libre par rapport à la théologie dogmatique du « filioque » de l'Eglise romaine. ]
« On constate à cet propos [ ... ] combien les formules utilisées dans le [ Noble ] Coran sont nuancées et précises puisque le Christ y est désigné par les termes « Kalimatu-Llâh » et « Rûhu min Huwa » [ caractérisés ici par le « Hu » de l'Ipséité divine ]: ...
« Son Verbe » et « un Esprit procédant de Lui » – cf. S 4 V 171.
« Dans ces deux expressions, le pronom de la troisième personnes [ du singulier ] est grammaticalement celui de la personne absente et symboliquement celui du mystère de l'Essence Suprême.
« On remarque donc que le Christ est rattaché à l'Essence de manière directe en tant que Verbe et indirecte en tant qu'Esprit car la particule « min » implique une certaine idée de dépendance, de spécification et de partition [ par rapport à la généralité dont elle procède. ]
« Quant à l'expression « Rûhu-Hu » – Son Esprit – qui rattache l'Esprit directement à l'Essence et qui comme celle de « Kalimatu-Llâh » n'intervient qu'une seule fois dans le texte sacré (S 32 V 9) [ comme « Rûhu-Llâh » ] ...
« ... elle se rapporte non pas au [ fils de Marie ] mais bien à l'excellence de l'Esprit muhammadien [ dont relève l'Imamat du Prophète et la Lieutenance califale de son Messie. ]
« Cela dit [ dans la même note ] il convient de rappeler que aussi bien dans l'expression coranique « ar-Rûh min Amri Rabbî » que dans les termes « Rûhun min Hu », la particule « min » peut-être considérée comme indicative d'une identité : ...
« ... selon [ leur ] réalité véritable, le Verbe et l'Esprit [ muhammadien ] sont « un » étant identiques à l'Essence même d'Allâh.
« ... la supériorité de l'Esprit [ y ] subsiste encore mais ne peut [ ... ] se comprendre que par référence à la manifestation de la Forme parfaite [ qui les réunit et ] qui est celle de l'Homme Universel » [ comprenant aussi celle d'Adam dans sa perspective eschatologique. ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – L'esprit universel de l'Islam [ dans ] la doctrine de l'Esprit (1989)
