mercredi 20 mai 2026

Les mois sacrés

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Pour la cinquante-deuxième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Le Cheikh al-Akbar souligne que le mois du jeûne prescrit se distingue des autres par le fait qu'il est le seul à porter un Nom divin : « Ramadân » ; ...

« ... or celui-ci est assimilé à « a-amad » : « Ramadân est un des Nom d'Allâh le Très-Haut ; il s'agit d'a-amad ».

« Le Nom « a-amad » est un de ceux dont la signification demeure mystérieuse et des plus difficile à saisir. »

[ Les exégèses sont « muettes, fragmentaires ou perplexe » note Abd ar-Razzâq Yahyâ qui Le traduit néanmoins par « le Soutien universel » et que nous traduisons par « la Substance consubstantielle ».  ]

« L'année lunaire se compose de onze mois auxquels s'ajoute le mois de Ramadan qui par le fait qu'il porte un Nom divin [ celui d'a-amad ] n'est pas vraiment de la même nature que les autres.

« Ce symbolisme temporel comporte une application aux douze « Nuqabâ » (S 5 V 12) [ qui font apparemment référence à Joseph et aux douze tributs dont l'une d'entre elles – celle de Joseph – se subdivise avec celles d'Ephraïm et Manassé :

« Dieu avait reçu l'engagement des fils d'Israël [ Ya'qûb ] et suscité douze chefs parmi eux. » ]

« De même que le cycle annuel est « rendu parfait » par la présence du dernier mois [ ... ] de même le « Naqîb » correspondant apparaît comme la synthèse transcendante des onze autres.  [ Il ne peut s'agir néanmoins que d'une transcendance immanente. ]

Cf. Textes sur le jeûne d'ibn Arabî traduits et présentés par Abd ar-Razzâq Yahyâ – Introduction (1990)

On compte treize mois sidéraux de vingt-huit jours dont l'un est entré en désuétude avec une évaluation synodique de trente jours et le Janus originel  celui de Romulus  ne faisait que cinquante jours en rapport avec les cinq cents ans du Phoenix.

Un premier jour complémentaire complétait les treize lunaisons sidérales et cinq autres les douze mois synodiques  raisons pour laquelle nous continuons de qualifier le premier de bissextile quand il se dédouble puisqu'il est alors le sixième par rapport aux cinq autres.

Cette dénomination lui vient en réalité du fait que les Romains l'identifiait au sixième jours avant les calendes de Mars qui étaient alors au nombre de cinq bien que les quatre fêtes saisonnières du monde celte étaient précédemment situés le troisième jour.

Quand on suit la succession des douze lunaisons synodiques en lors conservant une valeur sidérales et qu'on répartit les jours complémentaires sur la disparités des saisons, la somme de leur décade (280) et le Janus originel (50) crée un dernier mois de trente jours.

Le Janus originel que le calendrier Julien va ensuite augmenter de dix jours apparait alors comme le onzième mois de la décade à laquelle on ajoute un mois sacré que l'islam sacralise avec trois autres mois :

« On sait que les mois sacrés sont au nombre de quatre : « Rajab » présente [ ... ] la particularité [ ... ] d'être « isolé » [ par rapport au trois autres ] alors que « Dhû'l-Qa'da »« Dhû'l-Hijja » et « Muharram » ] se succèdent sans interruption. »

Cf. Textes sur le jeûne d'ibn Arabî traduits et présentés par Abd ar-Razzâq Yahyâ – Le mois de Ramadan (1990)

C'est mois correspondaient aux deux équinoxes et aux deux mois du Janus qui précédent celui du Printemps avant que les dix ou onze jours qui correspondent à ceux qu'on a ajouté au Janus et au bissextile ne les déplace dans la succession des douze lunaisons synodiques.

Ces lunaisons en alternant entre vingt-neuf et trente jours sont remarquablement précises et ne nécessitent pour une année de 355 jours qu'un seul jour complémentaire qui préexistait dans le décompte des treize mois sidéraux (13 x 28).

Abd ar-Razzâq poursuit son commentaire initial en abordant le caractère polaire et sacré du mois de Ramadan en citant le chapitre 379 des « Futûhât » :

« Selon le Cheikh al-Akbar, il est tout entier Dieu – « aqq Kullu-Hu » – extérieurement et intérieurement.

« Il connait et n'est pas connu, il est l'Unique Primordial « al-Wâhid al-Awwal ».

« Il s'agit en réalité du Pôle [ et dans son verset coranique de Yûsuf  le Charpentier ] car comme le précise encore ibn Arabî son Nom est « Abd Allâh ».

Les modalités initiatiques du Ramadan qui subdivise le mois en deux périodes de vingt et dix jours montre que parmi les quatre mois sacrés, il correspond au second mois du Janus.

En effet si ce mois avait été le premier du Janus, cette proportion aurait été l'inverse :

« Cette dernière indication [ attendre pendant dix jours après vingt jours de retraite spirituelle jusqu'à ce que soient passé trente jours ] fait allusion à la recommandation prophétique de rechercher la Nuit de la Valeur et les grâces qui lui sont afférentes ...

« ... plus spécialement pendant les dix dernières nuits du mois de Ramadan. »

Il apparaît donc très clairement que cette Nuit dont il faut rechercher la faveur se situe à la fin de cette période de jeûne et que sa quête la désigne comme un événement fortuit ou pour le moins empirique.

C'est ce qui doit nous orienter vers le Jour des prémices qui est à la fois celui de la Parentèle où on élève l'âme des ancêtres qui pérégrinent vers la myriade du Vivant sur les autels et celui qui est consacré au Saint Amour  l'instance initiatique la plus impérieuse.

« Allâh al-Karîm ! »

On ne vous demande que « le Véritable Amour de Dieu ».

   « Dites moi à quelle heure je dois être transporté à bord. »

L'heure de l'embarquement est « cent » pour les pérégrinations ancestrales mais le Sheykh al-Akbar évoque la période des mille mois de quatre-vingt trois ans et un tiers qui ne peut faire référence ici qu'à la réintégration des déités dans la myriade  cf. S 97 V 3 :

« Car la Nuit de la Destinée vaut plus que mille mois réunis ! »

« D'autres indications concernent la sourate [ de la Destinée ] dont la révélation se rapporte justement à la Nuit de la Valeur.

« Ainsi les mille demeures rattachées à [ cette ] Théophanie [ ... ] font illusions aux mille mois mentionnés au [ troisième ] verset de la sourate ; ...

« ... de même les quatre-vingt-trois stations plus un tiers dont le nombre correspond à celui des années équivalant à mille mois. »

Toutefois c'est le nombre des mois qui doit faire référence quand la transposition par rapport à celui des années qui précèdent la pérégrination ancestrale traduit ce que nous disons sur l'hétérogénéité subjective du Temps à travers leurs degrés.

La valeur objective du Temps telle que nous la concevons le plus communément est celle de la génération (30) qui correspond à l'âge de la maturité – le deuxième entre la jeunesse (40) et la vieillesse (20) dans la théorie des quatre âges de l'existence terrestre.

« De mille fidélités mon cœur se fendillait

Je partais pour toujours et j'aimais à jamais »

– deux vers exhumés du feu