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Pour la douzième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« ... Jean Robin [ ... ] voyait la preuve du « germe de la corruption » consistant dans « la volonté d'organiser le temporel au nom d'un principe spirituel qui justement fait défaut » ...
« ... dans la présence d'un serpent figurant la puissance temporelle dans les fondations de la Ka'ba de La Mekke ; ...
« ... il en concluait que cette corruption « existe symboliquement aux origines même de l'islam ».
« En l'occurrence, il ne s'agissait pas seulement d'une volonté délibérée de discréditer l'islam mais aussi d'un jugement porté de mauvaise foi puisque M. Robin se référait à un passage de notre ouvrage sur le pèlerinage islamique (1982) ...
« ... où nous avions montré exactement le contraire en précisant que ce serpent avait [ été ] enlevé au moment de la reconstruction de la Ka'ba qui fut opérée peu avant la naissance de l'islam par un oiseau « semblable à un aigle » ...
« ... qui symbolise ici la puissance céleste et spirituelle. »
[ En l'occurrence cet enlèvement est un élèvement et le Serpent une représentation du Christ tel qu'il apparait au verset 158 de la quatrième sourate : « Dieu la élevé vers Lui car Il est le Puissant le Sage » – « al-'Azîz al-Ḥakîm ».
En restant dans cette tonalité christique, on peut rappeler que l'Aigle est l'emblème du Théologien qui s'exprime dans l'évangile johannique au nom du disciple que Jésus aimait –apparemment Lazare si on s'en tient au récit évangélique.
Mais le thème de l'enlèvement du Serpent par l'Aigle reste une scène mythologique universelle qui transfigure l'amphisbène oriental sous l'apparat du Serpent à plume dans les métamorphoses de Quetzalcóatl tels qu'on les retrouve encore sur le drapeau mexicain.
Rappelons que l'engendrement du Prophète [ Paix et Salut sur lui et sur sa Maison ] est le fruit d'une illumination manifestée par une étoile que son géniteur portait sur son front et qui passa entre ses reins pour engendrer de sa semence l'Amen d'Amina. ]
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« A la suite [ de ce qui précède ] nous mentionnerons pour terminer la question des « versets sataniques » sur lesquels l'attention a été attirée par la publication de l'ouvrage de M. Salman Rushdie (1988) et qui sont en réalité des versets abrogés.
« La tradition islamique explique cette abrogation par référence à l'histoire des grues couronnées – « quissat al-garâniq » ; ...
« ... le terme « garâniq » à la même origine que « qarn » que l'on retrouve dans l'expression coranique « Dhû'l-Qarnayn » [ qui caractérise Alexandre par ses cornes. ]
« Les grues couronnées sont un symbole universel de la puissance temporelle et royale : c'est à ce titre que les trois grues – al-Lât, al-Uzzâ et al-Manât – nommées dans les 19 et 20 de la sourate de l'Etoile (53) étaient présentes à La Mekke auprès de la Ka'ba antéislamique.
« Si les versets relatifs à leur intercession furent finalement abrogés, c'est pour bien marquer que la royauté de la forme islamique centrée elle aussi sur le Temple mekkois est une Royauté spirituelle établie en vue de réaliser le dernier ordre divin destiné au monde l'homme. »
[ L'islam se caractérise par cette absence d'intercession et ces versets qui n'ont pas été abrogés mais supprimés s'adressaient à une représentation africaine des trois archanges dont la triangulation du nombre (6) évoque le monde des formes.
Leur culte a été intégré à la liturgie catholique où le magistère sacerdotal leur consacre encore une fête le 24 mars, le 29 septembre et le 24 octobre. Le monde des formes étant aussi celui de la forme humaine et celui des anges qui l'empruntent.
Le « tasawwuf » akbarien les transpose pour les trois esseulés parmi les quatre pilier de la hiérarchie initiatique qui caractérise le monde des présences en rapport avec les principautés de l'angéologie (4) et avec la triangulation du nombre de la décade (10).
Ce qui du point de vue de l'exégèse coranique les fait correspondre aux trois dernières sourates du Noble Coran où la Fatiha (1) apparaît comme son quatrième pilier. On lui assigne parfois dans cette configuration un quatrième archange – « Isrâfil ». [ L'ange de la Mort ]
C'est du moins ce que théorise Cheikh Abd al-Wâhid dans les Symboles fondamentaux de la Science sacré où il en ajoute un cinquième – « ar-Rûh » – pour l'Esprit qui est identique à « Metatron » – le Chef des milices célestes.
Celui qui est « sur le Trône » ne peut être au niveau supérieur où il le situe que le Christ de la Déisis où la Mère de Dieu et le Précurseur – Yahyâ le Vivant – occupent les fonctions qu'empruntent les deux imams du Pôle et les deux dernières sourates dans sa hiérarchie. ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La papauté contre l'islam – La question du terrorisme (2007)
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Et toi mon ange aux apparences étranges t'y es-tu jamais laissé prendre ?
