jeudi 30 avril 2026

La demeure des pôles muhammadiens

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Pour la quarante-deuxième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La sixième section [ des « Futûhât » ] qui traite des Stations spirituelles – « maqâmât » [ qu'il faut distinguer des demeures coraniques (114) et de leurs condescendances (78) : « manâzil » et « munâzalât » ] – et qui comprend quatre-vingt-dix-neuf chapitres ...

[ en relation avec les Noms divins (99) qui entourent symboliquement le Nom de Majesté « Allâh » en récapitulant la Centurie d'Or au-delà de la Myriade du Vivant ]

« ... débute par un chapitre (462) intitulé : « Sur les Pôles muhammadiens et leurs demeures » dont le contenu se rapporte non plus à l'exaltation et aux transpositions caractéristiques des condescendances mais bien à la réalisation suprême.

« On notera en particulier que ce texte établit une distinction entre les Pôles muhammadiens antérieurs à l'Islam [ qui sont assimilés à des Envoyés divins mais dont le nombre (313) est celui des compagnons du Prophètes à la bataille de Badr en 624 – l'an II de l'hégire ] ... 

« ... et d'autre part les Pôles issus de la communauté muhammadienne depuis la mort du Prophète – sur lui la Grâce et la Paix !  jusqu'au Jour de la Résurrection  Pôles « dont le nombre est douze non compris les deux Sceaux ».

[ Ce qui en fait six pour chacun d'entre eux comme les 1.260 jours (42 x 30) ou (3,5 x 360) des deux témoins de l'Apocalypse  le Christ et le Sceau des prophètes – en font 630 par témoin qui faut transcrire comme autant d'années.

Ces Pôles sont des siècles  Suyûtî (+ 1515) considére Ghazali (+ 1111) comme l'un d'entre eux  et leurs Sceaux : l'Imâm du Tawhid  le Sheykh al-Akbar – et le Qutb al-Maktum  le Sceau définitif d'une sainteté spécifiquement muhammadienne – Ibn Arabî et at-Tijanî.

Le Sceau des prophètes ne pouvant s'inscrire dans cette perspective, Charles-André Gilis contourne l'obstacle en identifiant le second au Sceau de la sainteté universelle  'Isâ ibn Maryam dans la perspective strictement akbarienne d'une sainteté générale. ]

« Or le nombre douze qui a pour triangle « 78 » est typiquement un nombre « céleste » tandis les deux (dernier) Sceaux [ après le Sceau des prophètes ] occupent par rapport à ces douze Pôles une position axiale. »

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – La demeure des symboles (1994)

Si les condescendances (78) sont en correspondance avec leurs douze Pôles, leurs deux Sceaux le sont avec les Lettres isolées (14) que la tradition duodécimale a fait correspondre aux gens de la Maison – « ahl al-Bayt » – avec Fatima et le Prophète (12 + 2).

Les condescendances (78) et leurs monogrammes (30) forment le Kawthar d'al-aqq (108) :

« Le Calife est celui dont l'Imâmat procède de la Forme d'al-aqq (108)
et que les Noms [ divins ] assistent. (100) »

Charles-André Gilis met ici la Forme – « ûrat » – en rapport avec la lettre « âd » qui caractérise à elle seule le monogramme de la trente-huitième sourate. Ce qui n'est pas sans rapport avec la demeure du Graal à Sarras – cf. « Futûhât » (402) :

« Le Calife (8) n'est pas celui qui s'appuie sur la Passion
et que recherche la passion de ceux qui dévient.  »

Les nombres (108 - 100) et la dernière majuscule pour « Hawâ' » sont de nous.

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – La Clé des condescendances (1994)

Gilis identifie la lettre « âd » de la trente-huitième sourate au Sceau de la Prophétie et celui de la septième sourate qui achève le monogramme « Alif - Lâm - Mîm - âd » où le « Mîm » est un symbole muhammadien au Sceau de la Sainteté qui lui correspond.

Le troisième « âd » qui achève le monogramme « Kâf - Hâ - Yâ - 'ayn - âd » de la sourate de Marie (19) est identifié au « Christ de la seconde Venue » comme Sceau de la Sainteté universelle.

Gillis justifie cette identification remarquable par un ordre qui serait celui de la révélation des lettres isolées dans la succession des sourates que nous ne suivons pas parce que nous n'arrivons pas à l'identifier mais qui mérite d'être signalé.

L'Imam du Tawhid  le Sheykh al-Akbar – ne peut être ici que la préfiguration générale des sceaux qui le suivent : le Sceau d'une sainteté spécifiquement muhammadienne et celui d'une sainteté universelle, parfaite et absolue incarnée par Sayyidina 'Isâ ibn Maryam.

Cf. Charles-André Gilis – Les mouvements de la prière universelle (1994)