samedi 14 février 2026

La montagne du Califat

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Pour la cinquième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« [ Le Triangle de l'Androgyne ] n'indique pas seulement un complémentarisme [ entre l'hindouisme et l'islam ] par la présence d'un vocable hindou [ « A.W.M » ] dans un contexte islamique, ...

« ... il contient aussi une référence à la doctrine du Califat suprême qui en propre au Prophète Muḥammad.

« En effet, les trois lettres qui compose le nom d'Adam [ « A.D.M » ] sont les initiales des trois prophètes auxquels la fonction califale est attribuée dans le Coran et les hadiths.

« Comme elles correspondent aussi aux angles du grand triangle droit, Michel Vâlsan a parlé à leur sujet de la Montagne du Califat.

« Le Califat d'Adam est évoqué au verset 30 de la sourate de la Génisse (2) où le Très-Haut dit aux anges : « Je vais établir un calife sur la Terre » [ parmi Ma création ] ; ...

« ... le califat de Dâwûd est mentionné au verset 26 de la sourate Ṣâd (38) : « Ô Dâwûd, Nous t'avons établi comme calife sur la Terre » [ parmi la communauté d'Israël ] ; ...

« ... enfin une allusion au Califat muḥammadien [ est faite ] au verset 79 de la sourate du Voyage nocturne (17) : ...

« [ Ô Prophète ] veille une part de la nuit [ en récitant ] des prières surérogatoires, ton Seigneur en te ressuscitant t'accordera une Station Louangée » [ ou ] « un rang digne de louange ».

[ Aucun hadith ne vient soutenir cette interprétation. ]

« Pour Adam, le califat est expressément mentionné mais non Adam lui-même ; ...

« Pour Dâwûd, il est fait mention expresse à la fois de son nom et de sa fonction ; ...

« Pour Muḥammad ni l'un ni l'autre ne sont mentionnés, ce qui illustre une fois de plus la pudeur et la discrétion qui sont la marque de son excellence.

[ Ce qui illustre surtout l'absence de source à son assertion. ]

« Il s'agit bien pourtant du Califat suprême car la Station Louangée où Muḥammad sera établi est celle où il fera l'objet d'une louange universelle et où il apparaîtra comme le recours suprême, le détenteur ultime de l'intercession qui lui reviendra dans sa totalité. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ - L'héritage doctrinal de Michel Vâlsan – Le continuateur investi par Cheikh Abd al-Wâḥid (2009)

Le troisième califat si on veut qu'il y en ait un troisième est celui d'Isâ ibn Maryam en vertu d'une analogie établie par le Noble Coran – cf. S 3 V 59 : « Pour Dieu, l'origine de Jésus est semblable à celle d'Adam. Dieu la créé d'argile puis lui a dit : « Soit ! » [ « K.W.N »] et il fut. »

La Station louangée correspond à la « anâniyya » du Tawḥid de la Première personne du singulier qui n'apparait que trois fois dans le Noble Coran et qui correspond d'un point de vue initiatique à la réalisation de l'Identité suprême – cf. S 16 V 2 + S 20 V 14 et S 21 V 25.

C'est trois occurrences ne peuvent correspondre qu'à la Station d'Abraham, de Moïse et de Jésus en raison de leur correspondance avec la divinité d'Allâh qu'ils assument en correspondant aux trois personnes de la Sainte Trinité  :

- celle du Père est celle d'Abba Râ-Amon [ le Père du Verbe solaire ]

- celle du Fils est celle d'Abba Râ-Mosis [ le Fils du Père solaire ]

- celle de l'Esprit est celle d'Isâ ibn Maryam [ « al-Kalimatu'l-Llâh min Rûh Huwa » ]

« Je vais insuffler en lui [ « A.D.M » ] Mon Esprit » – cf. S 38 V 72 + S 4 V 171.

Jésus est donc le seul à pouvoir prétendre au Califat en vertu d'une similitude avec Adam que les autres n'ont pas et il apparaît en troisième position comme le Pôle de ce rang où Muḥammad s'identifie au quatrième pilier au terme de son assomption.

Le véhicule de cette assomption sur la « Ṣirat al-amid », c'est la Louange des saints muḥammadiens dont le Sceau est le Pôle caché du « wad al-Kabir » où se tient l'Imam du Tawid - l'héritier du Messie et du Sceau des prophètes.

Le titre qui convient au Sceau des prophètes quand il s'identifie au quatrième pilier de la « anâniyya » serait plutôt celui d'Imam ; le pilier de la « antaniyya » qui correspond à son Pôle revenant assurément au Christ – cf. S 21 V 87.

Le problème reste néanmoins le suivant : Abd al-Waḥîd ferait correspondre les degrés du Principes suprême, de l'Être et de l'Existence universelle à la non-dualité, à l'unité et à l'unicité.

Il parait pourtant évident que l'unicité caractérise le Principe suprême du Lâ-hût dont la négation est en effet une expression de sa non-dualité tandis que l'unité conditionne la diversité dans l'immanente de son Existence universelle.

Le Principe ontologique de l'Être qui transcende cette existence suppose cette dualité contraignante qui est bien celle de la deuxième personne du singulier où le Pôle de la lieutenance califale apparaît comme le Premier de ses deux principes.

Sans quoi la « non-dualité » du Principe suprême n'aurait pas de sens quand elle exprime son unicité.

C'est donc bien une question de degré qui impose au quatrième pilier de la « anâniyya » de n'apparaître que comme son Imam quand le Christ investit la lieutenance califale.

Il n'agit pas ainsi comme Imam du Principe suprême dont il est le Pôle mais bien comme celui d'un Principe ontologique qui s'impose à la dualité des principes dans l'unité d'une Existence universelle.

Moïse s'il apparaissait avec Abraham comme le détenteur légitime de ce rang n'aurait plus qu'à le suivre.