vendredi 22 mai 2026

Les vérités fondamentales

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Pour la cinquante-troisième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Au chapitre 63 de son « al-Insân al-Kamil », [ Abdu'l-Karim al-Jîlî ] déclare : ...

« Les Brahmanes prétendent être les enfants d'Abraham ; ...

« ... il disent aussi qu'ils détiennent de lui un livre rédigé pour eux de sa propre part ; ...

« ... ils ne disent pas qu'Abraham l'ait apporté de la part de son Seigneur.

« Ce livre contient les vérités fondamentales – « al-aqâ'iq » – et comporte cinq parties : ...

« ... quatre dont la lecture est accessible à chacun et une cinquième qui n'est pas accessible qu'à de rares cas parmi eux en raison de sa profondeur.

« Or c'est une chose connue chez eux que celui qui lit cette cinquième partie de leur écriture arrive [ nécessairement ] à l'islâm et entre dans la religion de Muhammad. »

« Cheikh Mustafa qui cite ce texte [ en 1964 ] dans la deuxième partie de son étude sur le Triangle de l'Androgyne le commente en disant :

« Quant au livre attribué selon Jîlî à Abraham, ses quatre parties accessibles à tous semble correspondre aux quatre Vedas proprement dits [ 1 < 3 ] ...

« ... alors que la cinquième [ partie ] en raison de son caractère strictement réservé n'évoquerait pas ce qu'on appelle le cinquième Veda [ en l'attribuant aux Tantras ] mais le Vedanta [ considéré comme ] la fin du Veda ...

« ... autrement dit sa partie purement métaphysique qui [ serait réservé à ] une élite même s'il n'a pas la position « ésotérique » suggérée par Jîlî dans la mesure où il se présente comme un retour à la source originelle [ 1 ] de la tradition hindoue ...

« ... qui n'est autre que le « Sanâtana Dharma » antérieur à la division en quatre Vedas et à l'institution des castes » [ sur le même modèle (1 < 3). ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Tawhîd et Ikhlâs. Aspects ésotériques – Le Tawhîd dans la sourate al-Ikhlâs – Huwa (2006)

Ce n'est qu'à une période relativement récente que les Tantras ont pu apparaitre comme l'essence de l'Advaita Vedanta qu'abd ar-Razzâq identifie ici au « tasawwuf » akbarien à la suite de l'identification que Guénon prête déjà au bouddhisme tantrique du Mahâyâna.

Cette identification qui serra celle des Bâuls ou des Sikhs sous les Moghols ne serait être antérieure au Vajrayana dont le tantrisme n'est qu'une caractéristique secondaire  Adi Shankara et Padmasambhava étant contemporains à la fin du VIIIe siècle de l'ère chrétienne.

Kabîr quand il se départit de toute sympathie ou antipathie pour les bénir tous ne fait que reprendre une topique qu'on retrouve déjà dans les Mystères d'abd al-Qâdir al-Gîlânî – Mystères dont le nombre (78) est celui des condescendances coraniques.

Cf. Son discours sur ceux qui passent par les marchés et sont attirés par ce qui si trouve et sur ceux qui y entrent mais gardent patience (72) et la dernière Perle de Kabîr (108) :

« Passant par le marché Je les ai tous bénis / Moi qui suis pourtant ni l'ami ni l'ennemi ! »

Le Bazar des marchands n'est ici qu'une image du monde par lequel on passe pour se rendre à la Mosquée le jour de la Jumu'a. Le nombre de ce Mystère comme celui de la Perle où s'accomplit la conjonction laisse à part le contenu (6) du « Kawthar ».

L'impassibilité de Kabîr dans ce passage n'est pas sans rapport avec l'extase de Jalâlu'd-Dîn qui identifia le martèlement des artisans à la musique des sphères céleste et avec l'épreuve initiatique de Siddhartha Gautama qui la traversa sans en renverser le contenu.