lundi 6 juillet 2026

La vision inaugurale de Cordoue

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Pour la septante-cinquième demeure du Kawthar d'al-aqq :

Ceux qui situe l'investiture du Sheykh al-Akbar au Centre suprême comme Sceau des saints muhammadiens en Andalousie pour l'identifier à la Vision inaugurale de l'Assemblée des prophètes de Cordoue se trompent à deux reprises.

Ibn Arabî suivait la voie du Christ et s'était engagé à la suite de Moïse sur une voie juive quand il eut cette vision dont la cause fut attribuée par l'Imâm du Tawhid à une intercession du Cheikh abû Muhammad al-Makhlûf à qui il venait de rendre visite et qui mourut cette nuit là.

C'est la raison pour laquelle Hûd qui fut le prophète des Yahûd du Yémen fut l'unique interlocuteur du Sheykh al-Akbar dans cette assemblée où en s'écartant de la voie de Mansûr al-Hallâj il se fit dès ce jour l'héritier du Christ et du Sceau des prophètes.

Hallâj en suivant le Christ avait voulu détruire le Temple de son corps en réclamant son martyr tout en se détournant de l'intercession du Sceau des prophètes et de sa communauté bien qu'il ait réalisé l'Identité suprême en s'identifiant à la réalité d'al-âqq.

Le Sheykh al-Akbar n'a atteint le maqam al-Qurba qu'au Maghreb sur la route de Marrakech en provenance de Fès où il avait sans doute prit connaissance de la Station des saints muhammadiens dont la spécificité muhammadienne lui avait échappé jusque là.

Et quelque soit la réalité de cette Proximité où il ne s'identifiait qu'à la Sainteté générale des uns et des autres en préfigurant la Parousie eschatologique du Christ, ce n'est probablement qu'à Tunis que son investiture se réalisa dans un environnement favorable.

Ce n'est qu'une fois investi de son imamât qu'il accède dans l'enceinte de la Ka'ba à la Station muhammadienne la plus pure où il rejoint le Sceau des saints muhammadiens à l'invitation du Sceau des prophètes en raison d'une ressemblance de statut.

Il semble que le rang du Sceau des saints muhammadiens préexistait dès cette époque à Fès puisque l'Imâm du Tawhid déclare l'y avoir rencontré mais que sa station s'y était occulté puisque son détenteur le supplie de préserver son anonymat.

Le fait d'en avoir eut connaissance démontre que le Sheykh al-Akbar était sur le point de réaliser quelque chose de comparable et c'est en raison de cette occultation que le Sheykh Ahmad at-Tijânî se rendit à Fès pour s'y manifester comme Qutb al-Maktum.

Cf. Charles-André Gilis Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat (1993)

L'ensemble du Kali yuga à l'âge de Fer peut être subdivisé en quatre cohortes de six cents ans qui sont comme les saisons de la Théogonie que caractérisent dans sa remonté cyclique cinq personnages : « David  Jésus  Muhammad  Muyi'd-Dîn  Ahmad ».

Ces cohortes peuvent être regroupés par triade en les qualifiant dans leurs aboutissements d'akbarienne ou d'ahmadienne à partir de tenants spécifiquement pythagorique ou chrétien :

« Pythagore – Auguste – Grégoire » > - < « Jésus – Colomban – François »

Il faut toutefois signaler que Pythagore n'est sans doute que le premier transmetteur d'une tradition plus ancienne qui remonte au Python de la Pythie à Delphes tandis que Jésus en inaugurant une triade spécifiquement chrétienne est aussi la source de la triade akbarienne.

Il existe enfin une triade orientale qui suit le rythme originel du Phoenix en l'attribuant aux périodes d'un Lotus d'or dont chacune des cinq pétales est semblable à un siècle qu'on peut prolonger avec le Bouddha jusqu'au centre d'un cycle de 5.500 ans sur 2.750 ans :

« Sakyamuni – Amitabha – Nagarjuna – Padmasambhava – Nichiren »

Il existe encore une variante extrême-orientale qui n'est pas sans rapport avec le nombre de David (14) où il apparaît comme un nombre de patriarches (28) semblable aux générations (42) qui relient Abraham au Christ dans l'évangile de Matthieu – cf. Mt I 1 :

« Sakyamuni  Nagarjuna  Bodhidharma »

Dans le chapitre qu'il consacre à la totalité du cycle humain, Gilis compare un Qutb az-Zamân qui n'est pas encore « le Pôle de son temps » mais « le Pôle du Temps » au jour sabbatique qui est décrit comme le septième du cycle hebdomadaire de la Semaine :

« Le Samedi est le jour où les formes individuelles sont résorbées dans la substance primordiale, le jour immuable d'où procède le cycle temporel et dans lequel il s'achève. »

Il est ensuite question de « l'Embryon d'or » dans « l'Œuf du monde » de la tradition hindoue et du « T'ai-ki » extrême-oriental comprenant les phases « nocturne » et « diurne » du « Jour de l'éternité ».

Rien ne s'oppose à ces définitions doctrinales pour désigner « le Maître des onze grains » – Cheikh Hama'u'Llâh – ou le successeur du Bâb – « Subhi Azal » – tant qu'elles assument le principe d'une fonction eschatologique du « Qutb az-Zamân ».

Ce qui trace à rebours un parallèle entre le Point du Bayân et le Qutb al-Maktum pour le jour sabbatique du Maître  « ar-Rabb » – qui n'est pas encore le Jour dominical du Premier d'entre eux mais celui que les oraisons de l'Imâm consacre à Abraham et à Sâlih :

- le temps imparti qui sépare le « Qutb al-Maktum » du « Qutb az-Zaman » est de 120 ans

- celui qui sépare le « Qutb az-Zamân » du Premier des jours est de 111 ans : « 7 x 33 = 231 »

Il n'y a pas à notre connaissance – hormis celui que les Bahâ'is se sont attribués pour fonder leur prétention  de temps imparti pour l'avènement du Celui qui devait être manifesté dans le Bayân par les deux lettres du Vivant – le « â » (8) et le « Yâ » (10) d'al-ayy (18).

Mais il ne peut s'agir que de la Parousie du Christ dans la Gloire de l'Olivier – dont Bahâ s'est dit la manifestation  pour cet adventisme oriental qui coïncidait en 1844 – mille ans après l'occultation de l'Imâm en 260 de l'hégire – avec celui du Septième jour en l'Occident.

Cf. Charles-André Gilis Les sept étendards du Califat – Le Califat axial (1993)