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Pour la soixante-neuvième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Ensuite [ « ar-Rahmâm » ] a fait descendre le [ Noble ] Coran sur l'Homme pour qu'il le traduise au moyen de l'enseignement qui lui avait été donné au sujet du « Bayân » et qu'il était seul capable de recevoir [ parmi les créatures – cf. S 55 V 1 à 4.
Le « Bayân » est ici décrit comme exposition claire du contenu coranique qui précède la descente du Noble Coran – ce qui l'identifie au prototype céleste du Coran Glorieux auquel Abd ar-Razzaq consacre un ouvrage à propos de la Montagne « Qâf ».
Pour le bayânisme sa structure (19 x 19) est celle du Go (361) : ces nombres sont ceux des deux lettres du Vivant – le « Ḥâ » (8) et le « Yâ » (10) – reliés par un « Alif » (1) primordial qui réintroduit quatre ou cinq jours complémentaires – ceux de la lettre « Hâ » (5). ]
« Le « Bayân » correspond quand à lui [ du ] point de vue ésotérique à la science de la manifestation dont l'Homme parfait [ le Prophète ] est le principe.
« La distinction coranique du « Qu'rân », du « Bayân » et du « Furqân » comporte une référence à la doctrine de la réalisation [ initiatique identifiée à la descente du Coran : ]
« - le premier terme est une désignation du Verbe éternel et de la Science totale et principielle d'Allâh ; ...
« - le second désigne plus spécialement le Verbe en tant que Parole – c'est-à-dire en tant qu'organe principiel d'inspiration et de révélation ; ...
« - quant au troisième terme, il se rapporte aux aspects distinctifs et formels du Livre révélé.
« Cette distinction ne doit cependant pas faire perdre de vue le point essentiel – à savoir que que dans tous les cas et quel que soit l'aspect envisagé, c'est toujours Allâh et Lui seul qui parle en réalité ...
[ Affirmation à propos de laquelle Abd ar-Razzâq exprime « une nuance » sur la dépendance de « l'intermédiaire » qui aurait du s'adresser à celle de l'archange Gabriel si sa médiation n'avait l'objet d'un rejet ultérieur à l'encontre des trois « grues couronnées ».
En l'occurrence ce rejet d'un culte originel aux archanges dans lequel s'inscrit celui de la Révélation coranique bute sur celui de la Parole d'Allâh qui reste celle de ses Messagers dans le contexte de Sa prophétie légiférante.
Mais le « Bayân » ne provient que de Dieu : « Allâh n'a mentionné que Lui-même ! Il ne l'a attribué qu'à Lui-même ! Aucune mention d'un autre qu'Allâh n'est faite dans cette communication de la Connaissance » [ qui le caractérise. ]
Il s'identifie comme tel aux condescendances des septante-huit lettres qui sont dans les trente monogrammes du Kawthar d'al-Ḥaqq (108) mais qui ne sont pas inscrites dans le « Furqân » quand il apparaît auprès du Coran, de la Thora, des psaumes du Zabûr et de l'Evangile.
Dans cette théorie des ensembles, le Noble Coran contient par conséquent un « Bayân » et un « Furqân » avec les Sept versets de la première sourate et les deux dernières sourates du Coran qui accompagnent ce Coran sublime – cf. S 15 V 87.
Le « Bayân » est par conséquent une part du Noble Coran conforme au Coran Glorieux qui n'appartient qu'à Dieu avec la Synthèse qui le caractérise dans son expression. ]
« L'inspiration première fut celle du Coran. Nous savons par dévoilement intuitif [ c'est le Sheykh al-Akbar qui mentionne ce dévoilement dans le deuxième chapitre des « Futûhat » ] que le « Furqân » fut pour le Prophète – sur lui la Grace et la Paix – un Coran synthétique ...
« ... [ un Coran ] non divisé en sourates et en versets. C'est pourquoi il se hâtait de la proclamer lorsque Gabriel descendait avec la Révélation détaillée [ par le ] « Furqân ».
« Il lui fut dit alors : « Ne te hâte pas de proclamer le Coran » qui est auprès de toi en le communiquant de manière synthétique et donc incompréhensible « avant que son inspiration » en tant que Révélation distincte et détaillé « ait été décrétée pour toi.
« Et dis : Seigneur, augmente moi en science » en distinguant les significations que tu as réunies en moi ! » [ C'est toujours le Sheykh al-Akbar qui reprend les paroles du Prophète. ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – L'esprit universel de l'Islam – La doctrine de l'Esprit – Inspiration et révélation coranique (1989)
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« Le Coran est le Livre synthétique qui contient « tout ce qu'Allâh a voulu communiquer à Ses serviteurs » – c'est-à-dire la totalité de la science sacrée et traditionnelle.
« Il exprime la « Prophétie totale. Pour cette raison, on le désigne également comme la Mère du Livre dont sont issus les Livres révélés [ qui pour le Coran ne désigne que la « Fâtiha ». ]
« Les langages qui l'expriment diffèrent car sa vérité essentielle les accepte tous. C'est pour cela que l'on dit de lui qu'il est arabe, hébraïque ou syriaque suivant le langage dans lequel il est révélé. »
[ « La mention de ces trois langues est significative. [ ... ] Selon Cheikh Abd al-Wâhid [ René Guénon ] la langue syriaque ou solaire est une désignation de la langue originelle dont toutes les langues sacrées sont des reflets ou des adaptations ...
« ... et qui n'est rien d'autre que la « Parole perdue ». [ Ce qui pourrait n'être par conséquent qu'une autre appellation du « Bayân ». ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ citant le chapitre 341 des « Futûhât » du Sheykh al-Akbar et la Science des lettres dans les Symboles fondamentaux de la Science sacrée – L'esprit universel de l'Islam – La doctrine de l'Esprit – La Science des premiers et des derniers (1989)
