mardi 30 juin 2026

Le Prophète-Roi et le Sceau des Prophètes

...

Pour la septante-deuxième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Selon la réalité véritable [ d'al-aqq ] le Califat de Dâwûd marque symboliquement la fin de la manifestation extérieure du Centre Suprême ; ...

« ... il inaugure le temps de sa disparition apparente et de son occultation.

« Le support de la Théophanie essentielle n'est plus « la Montagne » mais « la Caverne ».

[ Ces théophanies sont alors parfaitement identifiables à celle du Christ sur la Montagne et à celle du Sceau des prophètes dans la Caverne du mont Hira. ]

Cf. Charles-André Gilis – Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat – La prosternation de Dâwûd (1993)

Cette occultation n'est que la fin d'un âge et le début d'un autre qui correspond à la symbolique de cet enfouissement de la décime (1/10) dans l'obscurité de l'âge de Fer qui correspond à celle du Kali yuga :

« Cette expression [ « zubar al-Hadîd » dans le récit de Dhû-l-Qarnayn ] renferme une double allusion au Prophète-Roi : « al-Hadîd » – le Fer – est ce qui a été amolli pour Dâwûd [ qui a reçu de Dieu le don de son amollissement ] ; ...

« Zubar » – considéré ordinairement comme le pluriel de « Zubrat » – bloc [ comme pièce littéraire ] – peut aussi être lu « Zubur » – pluriel de « Zabûr ».

« Ce terme qui signifie d'une manière générale « livre révélé » désigne plus particulièrement le Livre sacré qu'Allâh a  donné à Dâwûd [ qu'on identifie aux psaumes ] :

« Et Nous avons donné à Dâwûd un Livre» « Zabûran » – cf. S 4 V 163 et S 17 V 55.

« On peut donc traduire l'expression « zubura'l-Hadîd » par « livres de Fer » ou si l'on envisage le sens symbolique par « livres de la dureté » [ où le pluriel s'accorde à l'ensemble des psaumes ] ; ...

« ... d'autant plus que l'idée de dureté correspond au sens principal de la racine « Z.B.R ».

« Ces livres sont les textes sacrés qui comportent des prescriptions se rapportant au domaine des œuvres dont la nécessité est liée elle aussi à une période d'obscurcissement spirituel où les moyens mis en œuvre sont de plus en plus contingents : ...

« ... ceci explique notamment qu'il soient utilisés par Dhû-l-Qarnayn dans son combat contre Gog et Magog.

« Rappelons qu'il est dit du Cavalier de l'Apocalypse qu'il mènera les nations avec un Sceptre de fer ».

On peut en effet vérifier ces données quand nous mettons David au centre d'un cycle adamantin de 5.400 ans – ce qui en fait 2.700 avec la centaine qui lui est attribuée après qu'Adam lui en ait cédé soixante en plus de la quarantaine qui lui revient.

Cette quarantaine est déjà à priori celle qui s'étend également de 1992 à 2032 et les 2.592 ans du Kali yuga s'étendent jusqu'en 1992 depuis l'an 600 avant l'ère chrétienne.

Les soixante ans supplémentaires qu'il tient d'Adam ne sont donc pas pris en compte dans ce décompte où ils ne sont guère nécessaire que pour les soustraire avec la quarantaine à la moitié du cycle dont il occupe le centre :

« - Ô Seigneur [ demande Adam ] qui est-ce ?

« - C'est ton fils Dâwûd à qui J'ai assigné quarante ans de vie.

« - Ô Seigneur ! Allonge la durée de sa vie !

« - C'est tout ce que Je lui ai imparti.

« - Seigneur ! Je lui cède soixante ans de ma propre existence.

« - Libre à toi ! »

On voit par ailleurs dans ce Hadîth que la durée des quatre âges de l'existence humaine est bien de cent ans semblables aux cent mille de l'année du Brahma – mille étant par ailleurs celle allouée à Adam sur laquelle il n'en cède que soixante.

Ce ne sont là bien sûr que des artifices pour coordonner les réalités cycliques dans lesquelles ils s'inscrivent.

La leçon est sensiblement différente de celle qu'on trouve au premier paragraphe du premier chapitre du premier évangile  celui de Matthieu – où trois séries de quatorze générations séparent Abraham de David et David de Jésus en passant par la déportation à Babylone.

Ce qui en fait quarante-deux (3 x 14) semblables aux quarante-deux mois de trente jours pour l'Apocalypse où les 1.260 jours doivent être assignés aux deux témoins du chapitre XI  ce qui place par conséquent le second témoin au centre d'une symétrie :

- du Prophète-Roi au Sceau des prophètes et du Sceau des prophètes à la Parousie du Christ

Il s'agit en effet ici de deux périodes de 630 ans dont il faut soustraire des générations de trente ans – celle de Jonas et celle de la Reine du Midi pour les récits évangéliques qui les mentionnent comme on soustrait la centaine de David du cycle adamantin.

La figure paternelle et tutélaire d'Abraham et le contexte politique de la déportation à Babylone s'éloignent quelque peu par conséquent d'une tripartition qui par ailleurs ne manquerait pas de poser des problèmes d'arithmétique dans leur hagiographie.

Relevons que dans ce contexte Dâwûd n'est pas seulement l'anagramme d'al-Wadûd mais aussi un équivalent numérique du nombre « 14 » – « D.W.D » (4 + 6 + 4) – auquel nous prêtons toujours une complémentarité entre la décade et son quaternaire.

Or, cette complémentarité est directement engagée dans la quadrature du cercle qui organise l'économie cyclique où elle se situe en se répartissant entre le microcosme dont Dâwûd est la représentation prophétique ou la préfiguration et le macrocosme des luminaires.

Précisons que la symétrie que nous évoquons ici passe bien évidemment par le Christ et par le Seigneur de la Terre ou le Roi du Monde que la Tradition orientale identifie au dixième avatar de Vishnu – Sri Kalki – que nous faisons correspondre avec Gengis Khan.

Le Khan correspond alors au Kukulkhan de la Tradition amérindienne – ce que les Aztèques doivent probablement aux Mayas – qui ne serait être confondu avec les trois Quetzalcóatl de la triade chrétienne : Jésus  Saint Colomban et Saint François d'Assise.