lundi 18 mai 2026

L'imâm du Calife

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Pour la cinquante-et-unième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La reconnaissance de l'autorité de la Loi et de la révélation islamique revêt à la fin du cycle traditionnel une importance telle que la doctrine de la miséricorde universelle comporte elle-même une application qui prend en compte cet aspect.

« S'appuyant sur la Parole coranique : « Celui qui accomplit une œuvre bonne en possède dix semblables à elle » (S 6 V 160)  le Cheikh al-Akbar enseigne ceci : ...

« ... quiconque transgresse la Loi islamique et reconnaît qu'il a effectivement commis une transgression  qui admet qu'il s'est écarté d'une Règle divine à laquelle il était soumis et juge ainsi avec équité contre lui-même  fait retour à Dieu  « tawba »  de ce fait.

« Il commet donc à la fois une œuvre mauvaise puisqu'il a transgressé la Loi et une œuvre bonne puisqu'il a foi dans l'autorité actuelle de cette Loi.

« Or les œuvres mauvaises ne sont comptées qu'une fois tandis que les œuvres bonnes sont comptées pour dix de sorte que le bien l'emporte dans la balance divine.

« On le voit, il ne s'agit pas ici à proprement parler d'une intercession de la Loi sacrée en faveur du transgresseur qui reconnaît sa souveraineté mais plutôt d'une sorte de rachat opéré en sa faveur.

« En tout état de cause, c'est la miséricorde universelle qui se manifeste en l'occurrence sur le plan légal et d'une façon qui prend en compte tous les degrés et tous les aspects de la révélation islamique.

« Au jour de la Résurrection, le Prophète Muhammad – qu'Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa Paix ! – exercera la totalité de l'intercession en vertu d'une autorité souveraine sur l'ensemble des hommes ; ...

« ... mais cette intercession ne sera rendue possible que pour ceux qui soit directement soit indirectement par l'intermédiaire des envoyés et des prophètes antérieurs considérés dans leur qualité de substitut de l'Envoyé d'Allâh reconnaîtront cette autorité universelle. »

[ C'est-à-dire pour les gens du « Tawhîd » qui reconnaissent l'unicité d'Allâh. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ La prière sur le défunt dans l'enseignement d'ibn Arabî Introduction (2001)

Cette évocation de la Dîme fait généralement la distinction entre l'intention et l'accomplissement de l'œuvre – la bonne faisant l'objet d'une récompense qui la décuple.

Une mauvaise intention qui s'accomplit ne fait l'objet que d'une seule condamnation – la bonne quand elle ne s'accomplit pas faisant néanmoins l'objet d'une récompense qui ne se décuple pas.

Quand à la mauvaise intention qui ne s'accomplit pas et qui réalise par conséquent son retour vers le bien, elle bénéficie de la même récompense que la bonne intention qui s'accomplit pas.

Cet enseignement est mis ici en rapport avec la rétribution des actes qui incombe au défunt mais aussi avec le jour du Jugement « al-Yawm ad-Dîn » – qui en est la représentation générale  cf. S 1 V 4.

Elle actualise le remplacement de la « Zakât » qui reste le privilège de la communauté historique de l'islam muhammadien par une Dîme universelle dont nous avons évoqué les principes.

« La fonction d'intercesseur universel sera le privilège de Muhammad au Jour de la Résurrection.

« Par là il sera le « Seigneur des hommes »  « Sayyid an-Nâs » – détenteur en ce monde du Califat Suprême.

[ Il s'agit ici de la lieutenance du roi qui apparait au quatrième verset de la première sourate et au deuxième de la dernière (114) comme étant l'imam le plus proche du Pôle qui apparaît au verset suivant (3)  « Ilâhi an-Nâs » – et précédant (3)  « ar-Rahman ar-Rahim ».

Ce qui apparaît ensuite au Sheykh Abd ar-Razzâq comme « l'Esprit royal d'Allâh » dans sa réédition de « l'Esprit universelle de l'Islam » qu'il met en rapport avec l'Heure du Jugement – l'Esprit étant bien entendu une désignation du Christ. ]

« L'abrogation des Lois antérieures est une préfiguration ce cette fonction ultime dans le domaine du Droit sacré.

« Elle manifeste un « pouvoir de vie et de mort » que René Guénon [ Sheykh Abd al-Wâhid ] a relié au symbolisme du Caducée hermétique.

« Dans l'ésotérisme islamique, elle est rattachée plutôt à un symbolisme solaire – l'apparition du Soleil ayant pour effet de cacher aux regard la lumière des planètes et des autres étoiles.

« Ce double symbolisme fait référence à Sayyidnâ Idrîs [ Hénoch ] l'Hermès de l'Islam ainsi qu'au couple de Noms divins « al-Hayy al-Qayyûm » – le Vivant [ qui ne meurt pas : ] Celui qui subsiste par Lui-même et par qui les autres subsistent ...

 « ... qui qualifie la manifestation théophanique du Pôle des esprits humains, [ le ] Chef de la Hiérarchie du Centre Suprême. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ La prière sur le défunt dans l'enseignement d'ibn Arabî – A qui incombe [ la Grande ablution ? ] (2001)

Si la prière sur le défunt ne comprend ni inclination ni prosternation, c'est qu'elle reste un signe d'élévation.

Le nombre des Takbirs varie selon l'âge du défunt : un seul suffit si c'est un enfant de moins de dix ans, deux s'il s'agit d'un ancien.

Quatre sont requises si le défunt n'a pas atteint la quarantaine après la dizaine, trois s'il n'a pas atteint l'âge des anciens (80).

Au moment du Takbir, l'orant lève ses deux mains vers le Ciel avant de les ramener vers sa poitrine en croisant la droite sur la gauche.

La prière entre chaque Takbir comprend nécessairement une prière de louange qu'elle adresse à Dieu et une demande d'intercession en faveur du défunt.

Le nombre des prières est donc proportionnel à celui des Takbirs : deux s'il s'agit d'un enfant, trois s'il s'agit d'un ancien, cinq ou quatre pour les autres sur le même principe.

« La prière qu'Allâh et Ses anges accomplissent sur le Prophète  sur lui la Grâce et la Paix – réalise sa qualité de Calife Suprême [ comme ] détenteur de l'intercession universelle. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ La prière sur le défunt dans l'enseignement d'ibn Arabî – La prière sur le prophète (2001)