jeudi 29 août 2024

L'Avé et l'Amîn

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du treizième jour qui succède à la nuit
au premier mois du Janus :

Charbonneau-Lassay et René Guénon ont interprété le Saint Nom de Marie comme un monogramme trilitère semblable à la Salutation angélique de l’Avé Maria et à une version du Véda composé ici des lettres « AVM ».

Une occurrence relevée par Charbonneau-Lassay à Loudun et retrouvée à Foy où les colonnes de la lettre « M » sont sommées de points diacritiques doit être lue « I.M.I » avec le « A » final de « Maria » qui n'apparaît pas dans celui de « Marie ».

Il s'agit du triptyque « JÉSUS » . « MARIE » . « JOSEPH » où « Jésus » est retranscrit du grec « IHΣOYΣ » et du latin « IESOUS » avec une initiale « I » semblable à celles de « Joseph » sur le même principe.

Transcription malheureuse qui amène Colette de Callataÿ à confondre le « I » et le « J » au détriment de la place médiane du « M » parmi les vingt-cinq lettres de l'alphabet latin confirmée ici parmi les trois initiales du triptyque.

Cette place médiane suppose un nombre impair de lettres obtenu par l'identification du « Vav » (6) hébraïque au « Wâw » (6) arabe comme expression des cédilles (2 x 3) du Stigma (6) ou des angles (2 x 3) du Digamma (6).

La Syllabe germe du Véda « OM » reprend en sanskrit des équivalences pour les lettres « M » et « A » du Saint Nom de Marie reliées par la consonne de l'Avé « V » dont la voyelle sert ici de ligature aux lettres de sa triade « AUM ».

Cette ligature est celle du trait d'union de la lettre « A » qui n'apparaît pas toujours au centre du Saint Nom de Marie montrant par là qu'il peut s'agir d'une signe diacritique qu'on retrouve sous sa forme cyrillique au-dessus des lettres « M » et « A ».

Le Germe de la syllabe au sommet du « A » et la Matrice qui le reçoit dans le sein de la Vierge au centre du « M » identifie le Verbe incarné au Véda dans une figure inédite qui rappelle le triangle de l'Androgyne tracé par René Guénon.

Les déclinaisons du Verbe – « AMON » . « AMEN » . « AMÎN » – que recense Michel Vâsan dans son article de 1964 sur le Triangle de l'androgyne et [ la ] Monosyllabe indiquent par ailleurs un contexte grammatical où la voyelle intermédiaire perd sa fonction.

« Plusieurs auteurs contemporains racontent qu'après Léon IV – en 853 – une femme – Allemande de nation – occupa la chaire de saint Pierre et eût pour successeur Benoît III. »

[ Son pontificat eut donc lieu sous celui de Léon IV qui se termine en juillet 855. ]

« L'existence de la papesse Jeanne [ « si de l'an 853 à l'an 855 une femme a occupé le trône pontifical » ] est prouvée par un extrait des chroniques de l'ancien monastère de Cantorbéry – fondé par l'envoyé [ de ] Grégoire-le-Grand [ au début du VIIe siècle. ]

« Immédiatement après l'an 853 dans le catalogue des évêques de Rome, la chronique [ porterait ] ces mots : « Hic obiit Leo quartus cujustamen anni usque ad Benedictus tertium computatur eo quod mulier in papam fuit ».

« Et après l'an 853 : « Johanes. Iste non computatur quia femina fuit. Benedictus tertius. »

Ce monastère de Cantorbéry avait des relations fréquentes et intime avec Rome ; il est d'ailleurs suffisamment prouvé que les lignes [ transcrites ] furent portées sur le registre dans le temps même qui est marqué par les dates. »

[ Mais rien n'indique que Jeanne siège à Rome plutôt qu'à Bobbio dans le Nord-Ouest de l'Italie fondé par saint Colomban en 598. ]

« Marianus Scott – moine écossais mort en 1086 – raconte l'histoire de la papesse. » [ ... ]

« [ Bellarmin ] voit dans la légende la dérive d'une fable de Constantinople sur une femme patriarche à laquelle fait allusion le pape [ saint ] Léon IX en 1054 quand il écrit au patriarche Michel Cérulaire ; ... »

[ Se trouve peut-être ici la cause de la propension intrigante des pontifes léonins au XIXe siècle à utiliser la Prophétie des papes dans leur devise – celle de Léon XIII – et dans leur réalisation architecturale – celle de Saint-Paul Hors-les-murs pour Léon XII. ]

Il y a donc trois papesses :

- Jeanne au IXe siècle (853-855) probablement à Bobbio

- Manfreda de Pirovano au XIIIe siècle (1282-1300) à Milan

- Marie-Paule Giguère au XXIe siècle (2006-2015) au Québec

Du pontificat de Jeanne nous ne savons pas grand chose de sûr. Celui de Manfreda se veut sous la divinité du Saint-Esprit incarnée par Guillelma (1260-1282).

Marie-Paule assume conjointement et à posteriori le pontificat de Paul VI (1963-1978) et la divinité de la quatrième personne d'une Quinternité dont elle procède avec la Vierge Marie probablement dès 1971 en incarnant la Dame de tous les peuples.

Pour peu que de telles charges aient un sens et sans que les mariophanies d'Amsterdam (1945-1959) s'y trouvent impliquées, elles émanent peut-être de la première d'entre-elles en relevant d'un charisme de l’Église celtique.

   

    

mardi 27 août 2024

Le tarot des Bohémiens

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du deuxième jour qui succède à la nuit
au premier mois du Janus :

La Mère, la Sœur, l’Épouse et la Fille
vous ont été rendues licites
dans les limites de la décence inhérente à leurs prérogatives.

Ne sacralisez que la conjonction
dans le seul genre qui vous est donné.

L'identification des vingt-et-une lames du Tarot à la valeur (30) de la lettre hébraïque sur l'arcane majeure du Pendu (XII) en donne l'origine pour l'année 1300 – « 21 x 30 » – et sa destiné pour l'année 2030 – celle du Fou n'étant pas dénombrée.

L'homophonie des lames avec la lettre arabe est d'autant plus évidente qu'il s'agit ici du « Lamed » hébraïque ou du « Lambda » grec qui gardent la valeur (30) de la douzième lettre en latin – celle qui correspond à l'idéogramme du Lion et du Sphinx.

Il ne faut donc pas s'étonner de voir cet idéogramme subir l'action d'une Dame qui symbolise la Force sur l'arcane précédente (XI) où elle écarte les mâchoires d'un Lion dévoilant par la-même le Saint des saints d'un Temple gardé par la Papesse.

Notons que l'Année Sainte décrétée par le pape Boniface VIII en 1300 est celle de la pérégrination dantesque dans la Divine Comédie de Dante et Béatrice qui guide le poète au Paradis à la suite de Virgile trouve ici son identification.

La Papesse qui se trouvait à l'origine dans l'ordre ascendant des triomphes sur la quatrième lame entre l'Empereur et le Pape pour des raisons éminemment politique se trouve rétrogradée sur la deuxième arcane depuis la fin du XIXe siècle.

La plus ancienne occurrence de ce jeu de cartes date de 1428 et sa réalisation aurait été motivée par le mariage de Filippo Visconti avec Marie de Savoie mais malheureusement la carte de la Papesse est perdue.

La seconde occurrence date de 1450 pour le mariage de Francesco Sforza – le duc de Milan – avec Bianca Maria Visconti. Gertrude Moakley a cru pouvoir établir en 1966 que l'image de la papesse y évoque la mémoire d'une aïeule.

Il s'agit de Manfreda de Pirovano, la cousine germaine de Matteo Visconti, le vicaire impérial de Milan au début du XIV siècle avec qui le compte des lames (630) que nous avons théorisé se trouve ici confirmé.

Selon toute vraisemblance, il s'agit d'une tradition familiale d'origine orientale que l'on peut situer en Bohème et dont la teneur réelle n'était transmise qu'aux femmes sous le couvert du tiers-ordre d'un ordre mendiant reconnaissable à la bure franciscaine de son effigie.

Cf. Alain Boureau – La papesse Jeanne – La papesse et ses sœurs – Jeanne au tarot [ pour ] le jeu Visconti-Sforza (1988)

« [ Vers 1260 ] arrive à Milan une femme avec un enfant qui se nomme Guillelma – ou Guillemette, Guillemine, Wilhelmine – et qui passe pour originaire de Bohême.

« Son disciple André Samarita, brûlé en même temps que Manfreda [ « peu après 1300 » ] avait affirmé au cours de son procès par l'Inquisition qu'elle était la fille du roi de Bohême Przémisl et de son épouse Constante.

« Son message messianique disait la fin des temps précédée par sa venue à elle Guillelma, incarnation du Saint-Esprit. »

« Guillelma connut un succès certain dans les milieux aristocratiques de Milan et parmi les Humiliés [ « ces laïcs constitués en ordres religieux urbains très actifs dans l'Italie du Nord, reconnus et encouragés par l’Église mais toujours au bord de l'hérésie » ] ; ...

« ... elle constitua une association de fidèles qui portaient la bure brune des Humiliés [ « imité des Franciscains » ].

« Guillelma exhibait des stigmates et possédait le pouvoir de guérir ; elle mourut en 1282 et fut enterrée dans le cimetière cistercien de Chiaravalle. [ ... ]

« On construisit autour de sa tombe une chapelle avec un autel et une image de Guillelma. Un culte s'installa : ...

« ... les jours anniversaires de sa mort et de la translation de son corps et le jour de la Pentecôte – fête du Saint-Esprit – on allumait des lampes, on chantait des hymnes, on récitait des litanies.

« L'inquisition s'inquiéta de ce culte hétérodoxe et ouvrit un procès en 1300 : trente disciples furent inculpés [ ... ] ; ...

« ... le procès mentionne un banquet de la secte où se réunirent 129 fidèles qui se recrutaient dans les meilleurs familles de Milan.

« On trouve parmi eux François Garbagnate, futur professeur de droit à Padoue qui appartenait à une famille alliée aux Visconti.

« L'inquisition fit brûler les ossements de Guillelma et envoya au bûcher les trois disciples les plus éminents : Manfreda de Pirovano, André Samarita et Jacqueline dei Bassani – une autre Humiliée. »

« Le procès de 1300 permet de préciser assez exactement le statut pontifical de Manfreda surtout si on le complète de la bulle « Dudum ad nostri apostolatus » éditée le 23 mars 1324 par Jean XXII [ ... ] et des indications de Reynaldi dans ses Annales ecclésiastiques.

« Jean XXII intervint bien après le procès, sans doute parce que la secte vivait encore sous la cendre chaude et que le pape saisissait cette occasion pour s'attaquer à ses ennemis gibelins du Milanais ; ...

« ... il accusait Matteo Visconti d'avoir protégé sa cousine Manfreda et suspectait d'hérésie Galéas, le propres fils de Matteo ainsi que François Garbagnate, leur allié.

On comprend [ ... ] que les Visconti-Sforza du XVe siècle toujours et résolument antipontificaux aient choyé le souvenir de Manfreda. »

« Manfreda affirmait que l'Esprit-Saint s'était incarné en la personne d'une certaine Guillelma et que [ celle-ci ] avait bénéficié de l'assomption divine » [ d'après le Dictionnaire de Théologie catholique (1982) ].

« Le corps de Guillelma se confondait avec celui du Christ par une double et successive incarnation du Verbe puis de l'Esprit.

[ Là où l'incarnation de la Dame de tous les peuples – Marie-Paule – incarne la Fille de la Mère de Dieu et donc la Sœur du Fils dans l'unité du Saint-Esprit. ]

« Guillelma – morte et ressuscitée – était apparue avant son ascension et avait désigné Manfreda [ de Pirovano ] comme son vicaire donc comme [ le ] vrai pape ; ...

« ... en effet, Guillelma avait aboli le pape et les cardinaux ; ...

« ... Boniface VIII n'avait aucun droit « parce qu'il n'avait pas été créé justement ». [ ... ]

Cf. Alain Boureau – La papesse Jeanne – La papesse et ses sœurs – La papesse Manfreda (1988)

« ... on se rappelle Wilhelmine, incarnation du Saint-Esprit vers 1300 ... »

Cf. Alain Boureau – La papesse Jeanne – Le corps de Jeanne (1988)

   

    

lundi 26 août 2024

L'unigenitus de Guglielma

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du vingt-quatrième jour qui succède à la nuit
au
dixième mois de la décade :

« Certains interprétant les faits avaient pensé que Marie pourrait avoir eu Jésus à 17 ans et qu'ayant survécu à sa mort à l'âge de 33 ans, elle devrait – même dans son immortalité – avoir au moins 50 ans.

« Il ne pouvait donc s'agir que d'une femme très belle – certes – mais mûre !

« La petite [ Bernadette ] qui n'entendait rien à tous ces arguments continuait à penser à la petite fille [ de son âge ] – [ très jeune et plus petite qu'elle ] – qu'elle avait vu » [ à 14 ans. ]

Cf. Pierre Pène (2004) – Lourdes, les secrets. La petite – De la petite demoiselle [ blanche ] à la Dame – [ « Era petito damizelo blanque. » ]

« [ Le dogme de l'Immaculée Conception ] consistait à reconnaître comme miraculeux [ depuis le 8 décembre 1854 ] le fait que la Vierge Marie ait été préservée, dès sa conception, du péché originel [ propre à la concupiscence des conjoints ].

« Or, la Dame [ de Lourdes ] ne lui a pas dit, selon la formule de la rue du Bac [ à Paris en 1830 ] : « Je suis Marie, conçue sans péché. »

Bernadette l'aurait compris, cette phrase claire était écrite sur sa médaille miraculeuse.

« Or, ce n'est pas ce qu'elle a dit. Elle [ a ] dit être la Conception elle-même et non la personne qui en bénéficie.

La phrase est vraiment étrange – mystérieuse – très difficile à comprendre. »

Cf. Pierre Pène (2004) – Lourdes, les secrets. Et maintenant ? – Jeudi 25 mars [ 1858 ] : Seizième Apparition [ « Que soy era Immaculada Councepciou. » ]

« ... la Vierge est conçue sans péché... sa conception est immaculée... mais comment peut-elle dire qu'elle est sa [ propre ] conception ? »

Cf. René Laurentin (1972) – Bernadette vous parle – Lourdes au temps des trois dernières apparitions – la seizième, le 25 mars 1858.

« J'ai dit la chose »

« Aqueró quaoucaré »

« ... au VIe siècle, un homme déclarant être le Christ sévissait en Gaule aux alentours de la ville d'Arles avec une femme qu'il appelait Marie ; ...

« ... on disait qu'il accomplissait des miracles et guérissait les malades, et les foules [ ... ] le suivaient fascinées par les prodiges qui accompagnaient sa prédication ; ...

« ... il fut tué au cours d'une rixe après avoir violenté l'envoyé de l'évêque Aurelius et la femme soumise à la torture avoua ses fraudes. »

Cf. Grégoire de Tours – Histoire ecclésiastique X 25 évoqué par Herbert Thurston (1913)

« Mais c'est surtout à partir de la stigmatisation de saint François d'Assise en septembre 1224 que se développe un cas spécifique de fraude mystique ; ... »

« Dès le début du XIIIe siècle avant même la stigmatisation de saint François d'Assise, des chroniques signalent des hommes qui exhibaient sur leur corps la reproduction des plaies du Christ ; ... »

« C'est en Italie à Milan que l'on rencontre le premier cas vraisemblable de stigmates frauduleux après la mort de saint François en la personne d'une certaine Guglielma décédée en 1281. [ ... ]

« ... elle était originaire de Bohème et tenue à tort pour la sœur de la bienheureuse clarisse Agnès de Bohème, disciple et correspondante de sainte Claire d'Assise.

« Elle s'établit vers 1260 près de Milan aux abords de l'abbaye de Chiaravalle où elle réunit des disciples autour d'elle : ...

« ... prétendument stigmatisée, créditée du don des miracles, elle se dit dans le cercle fermé de ses adeptes l'incarnation du Saint-Esprit conçue miraculeusement ...

« ... et institue avec sa disciple Maifreda de Pirovano et le théologien joachimite Andrea Saramita son « unigenitus » – une Église secrète parallèle dont le clergé est essentiellement féminin.

« Quand elle meurt en réputation de sainteté, elle fait l'objet d'un culte public soutenu par les cisterciens de Chiaravalle où est son tombeau et [ par ] les plus éminentes familles de Milan jusqu'aux Visconti – seigneurs de la cité.

« Ses disciples à qui elle apparaît parfois annoncent sa résurrection éminente et l'éclosion d'une Église nouvelle gouvernée par Maifreda appelée à destituer et [ à ] remplacer le pape Boniface VIII.

« C'est est trop pour l'Inquisition qui ouvre une enquête le 18 avril 1300 : ...

« ... convaincus d'hérésie, Maifreda et Andrea Saramita [ ... ] sont brûlés vifs avec le cadavre de Guglielma que l'on a exhumé après avoir détruit son sépulcre : ...

« ... la secte [ ... ] des Guillelmites est éradiquée.

« Dans le cas de Guglielma, la fraude des stigmates n'est qu'une expression mineure propre à impressionner les fidèles crédules d'une déviation doctrinale autrement plus grave à l'origine d'une dérive sectaire. »

Cf. Joachim Bouflet – Impostures mystiques – Fraude, simulation, faux mystiques – La fraude mystique au fil de l'histoire – Les premiers cas de stigmates frauduleux (2023) :

Paulette Lhermite-Leclercq (1998) – Historiographie d'une hérésie : les Guillelmites de Milan (1300) déjà mentionnée par Pierre Debongnie en 1936.

On est loin de la Prophétie des papes qui caractérise les alternatives les plus récentes mais celles-ci sont en rapport avec les cohortes (600) et leurs sceaux dans les triades pythagorique et chrétienne qui organisent leur économie cyclique :
   

Pythagore

Auguste

Grégoire

Jésus

Colomban

François

Muḥammad

Muḥyi'd-Dîn

Aḥmad

   
C'est en effet Césaire d'Arles qui fut le premier à prophétiser le retour d'un Grand Monarque et d'un Souverain Pontife sur le Siège de Rome qui annonçait le pontificat de Grégoire-le-Grand à la suite de celui d'Auguste.

Certain comme la quatrième hypostase de la Quinternité dans l’Église de Jean au Nom du Père et du Fils, de la Mère et de la Fille par le Saint Esprit y on vu deux personnes distinctes semblables aux deux témoins de l'Apocalypse – Jésus et Muḥammad.

Mais le Grand Monarque et le Souverain Pontife ne désignent qu'un seul personnage qui ferme la triade pythagorique sous l'autorité du Christ à l'époque de Saint Colomban et du Sceau des prophètes.

   

    

samedi 24 août 2024

La quintessence

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du onzième jour qui succède à la nuit
au
dixième mois de la décade :

Nous avons vu qu'en introduisant le zéro au cœur de sa symétrie, la géométrie analytique créé un double à partir d'une unité fantôme.

Nous avons vu que la distance qui sépare les deux premiers nombres entiers autour de cette unité fantôme ne peut jamais être franchie et qu'elle constitue une limite.

Les nombres négatifs ne sont en définitif que des nombres relatifs par rapport à cette limite qui nous laisse supposer leur antériorité dans l'ordre naturel des entiers.

Ce qui met les entiers dans un ensemble doté de leurs qualités naturelles :

- un ordre irréversible à partir d'une unité originelle (1)

- une symétrie autour d'un centre (5) qui en définit la limite (9)

- une totalité qui précède cette unité avec sa limite (10)

La totalité qui procède de leur symétrie organise les nombres (8) comme autant de paires (4) rassemblées autours d'un centre qui en constitue le sommet à partir des trois esseulés induits par sa Somme triangulaire – « Σ 10 = (10² + 10) / 2 = 55 » :

5

5

5

1

2

3

4

6

7

8

9

10

30

40

   
Il y a donc quatre décades (40) dans la décade et une cinquième (10) dans sa Somme où un élément singulier (5) persiste comme la première émanation de la quintessence qui accompagne chacune de ces décades.

Cette émanation, c'est le « Ha » (5) de son ipsésité – « Huwa » – qui avec la forme de son « Wâw » (6) unit la décade à cette singularité qui n'est ni sa totalité (10) ni le premier des nombres (1) dans l'ordre irréversible de son unité originelle.

C'est l'émanation (5) qui se répartit sur chacune de ces décades (50) comme un élément singulier formant avec la décade celle de son ipséité (11) dans la décade et avec elle-même selon sa forme – « Σ 11 = (11² + 11) / 2 = 66 = 1 + 60 + 5 ».

Le dédoublement des « Lâm » (30) dans le Nom de majesté – « Allâh » – prend ici la place du « Wâw » (6) dans la forme pronominale de l'ipséité – « Huwa » – à la troisième personne du singulier en assument la nature universelle de son macrocosme.

La quintessence n'est donc pas une cinquième essence qui serait plus subtile que les quatre premières confondues avec des états élémentaires mais bien une seule essence répartie sur les cinq décades dans la Somme de la décade.

Nous distinguons encore ici l'unicité de l'Un sans second, l'unité de la Totalité identifiée à la décade et le Premier des deux qui apparaît dans la décade avec le second où Il est toujours le Dernier de sa dyade dans le monde de la Contrainte – « âlam al-Jabarût ».

« Le 12 novembre 2012, Mathias Vigan se proclame pape sous le nom de Christophe XVIII appelé sous la conduite [ de la Femme-Dieu ] à rétablir l’Église dans sa pureté originelle en détruisant la sorcellerie et le Vaudou. »

Cf. Joachim Bouflet – Impostures mystiques – Vicentia Tadagbé Chranvoun-Kinni (1990) Bénin – La Femme-Dieu (2023)

Dans la conclusion qu'il consacre à son étude sur les impostures mystiques, Bouflet dégage trois facteurs pour les fraudes qui les caractérisent :

1. le mensonge

2. la désobéissance à l'autorité ecclésiastique légitime et compétente

3. la falsification de phénomènes extraordinaires

La désobéissance à l'autorité se mue en usurpation des titres et des charges ecclésiastiques :

- faux prêtes et évêques tel Angelo Chiriatti après son séjour à Clémery (1974-1978)

- faux papes tels Michel Collin ordonné par Mgr Liénart en 1933 et Clemente Dominguez Gómez ordonné et consacré par Mgr Ngô Dinh Thục en 1976 ...

... et dans la même poussée vers l'extrême, la déification de Marie-Paule Giguère et celle de Vicentia Tadagbé Chranvoun-Kinni.

La déification de Marie-Paule s'exprime sous la charge pontificale de l’Église de Jean et le pontificat de Michel Collin (1950-1974) sous celle de Clément XV après avoir été consacré par le Christ dès 1935.

Cette poussée vers l'extrême interroge néanmoins la légitimité et la compétence de l'autorité ecclésiastique car les papes qui se sont succédés en dehors de sa juridiction n'ont pas cessé de reprendre à leur compte des rites et des croyances en déshérence :

- abandon des dénominations attribuées aux devises de la Prophéties des papes

- absence de définition dans les développements mystiques de la dogmatique mariale

- abandon des rites pontificaux repris par Grégoire XVII et ses successeurs

- abandon des formules d'exorcisme aux messes basses et dans la vie sacramentelle

Ces compétences ne sont donc plus du côté de la légitimité institutionnelle depuis le dernier concile. C'est le grand jour qui se fait vieux.

   

    

dimanche 18 août 2024

L’église de Jean

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Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du huitième jour qui succède à la nuit
au
dixième mois de la décade :

« Pour démontrer le théorème de [ Pierre de ] Fermat, Andrew Wiles a employé [ en 1998 ] une immense quantité d'outils [ conceptuels ] ; ...

« ... cependant, du cœur même de sa démonstration part un chemin qui ramène à Descartes [ en prouvant ] une hypothèse portant sur les équations elliptiques et les formes modulaires, ...

« ... hypothèse qui, sous la complexité de sa formulation, cache cette vieille piste broussailleuse qui relie la forme du discriminant aux différentes courbes du plan. »

« Extraordinairement féconde, dans cette direction, la géométrie analytique le fut également dans une autre. Les officiers d'artillerie bavarois n'ignoraient pas ce qui se passait quand l'un de leurs lourds canons lançait un boulet : ...

« ... celui-ci s'élevait puis redescendait en décrivant un arc parabolique se terminant dans d'affreuses éclaboussures.

« Les tables de tir d'usage courant indiquaient des règles générales pour calculer les trajectoires. Un boulet de canon est un point en mouvement. [ ... ] Et sa trajectoire est une courbe. [ ... ] Et en particulier, c'est une parabole. [ ... ]

« Mais une parabole possède une forme précise. Elle se compose de tous les points qui vérifient une certaine équation. Cette équation permet de spécifier complètement la trajectoire du boulet de canon dans l'espace ; ...

« ... de l'équation se dégage un point après l'autre, de l'accumulation de ces points se dégage la courbe, de la courbe se dégage la trajectoire. À la forme spatiale succède une forme analytique, un mécanisme verbal.

« C'est la première étape d'un vaste et ambitieux projet qui finira par placer sous le contrôle d'un appareil numérique toutes les formes de mouvement continu, depuis la trajectoire du boulet de canon jusqu'à la rotation des planètes dans le ciel nocturne. »

Cf. David Berlinski – Une brève histoire des maths – La géométrie analytique (2004)

« En 1971 Marie-Paule Giguère rencontre Raoul Auclair, autodidacte français féru d'ésotérisme qui se dit le continuateur d'Héléna Blavatsky – la fondatrice de la Théosophie – et qui se passionne pour les prophéties.

[ Héléna Petrovna Blavatsky n'est que la cofondatrice de la Société Théosophique (1875) avec Henry Steel Olcott et William Quan Judge sans continuité avec l'Armée de Marie (1975) quoi qu'ai pu dire Raoul Auclair à ce propos. ]

« Il lui fait connaître les apparitions de la Dame de tous les peuples (1945-1959) à Amsterdam dont il est le principal apologiste en France et la met en relation avec la visionnaire Ida Peerdeman. »

Cf. Joachim Bouflet – Impostures mystiques – Marie-Paule Giguère (1921-2015) Canada – La Dame de tous les peuples (2023)

« Indifférente aux critiques et aux réserves émises par nombre de responsables religieux, Marie-Paule structure l'Armée de Marie que sous des dehors humbles et dévots elle dirige avec une autorité implacable au nom d'ordres prétendument reçu du Ciel.

« En 1978 Raoul Auclair s'établit à Québec ; nommé rédacteur en chef du bimestriel « Marie » dont il change le nom en « l’Étoile », il s'institue « théologien » du mouvement.

« Deux ans plus tard, il est rejoint par son disciple belge Marc Bosquart bientôt considéré comme l'exégète autorisé de « Vie d'Amour » et le théoricien de la spiritualité de Marie-Paule. » [ ... ]

[ René Laurentin tente ] « de pacifier la situation avec l'espoir que Marie-Paule Giguère [ désavoue ] ces gnoses qui [ l'auraient ] d'abord effrayée comme le note Raoul Auclair dans sa préface [ aux livres ] de Marc Bosquart. »

[ « De la Trinité divine à l'Immaculée Trinité » et « Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice » réalisant « le Christ total » et la « Quinternité » comprenant Marie et Marie-Paule pour l'accomplissement de « la fin des temps ». ]

« ... Raoul Auclair [ ... ] est admis parmi les Fils de Marie en 1987. »

« ... Marie-Paule intronise le 17 septembre 2006 en sa qualité de Dame de tous les peuples [ dont elle est désormais l'incarnation qui réincarne la Vierge Marie ] ...

« ... le Père Pierre Mastropietro – supérieur général des Fils de Marie depuis 1989 – comme « Père de l’Église de Jean » : le schisme est consommé. »

[ Après que Mgr Jean-Pierre Van Lierde ait été pressenti dès le 19 juin 1975 comme « le pape de Marie » devant se substituer puis succéder au pontificat de Paul VI puisque l’hostilité du pontife à l'encontre de son armée le fait paraître inepte à sa cause.

Cette substitution du pontife par un pape caché explique peut-être celle qui par une inversion des rôles précède sa survivance légendaire avant un retour que le temps de son échéance rend toujours plus extraordinaire. ]

« L'élection de Jean-Paul II – en 1978 – en qui Marie-Paule Giguère voit « le pape de Marie » et sur qui elle reporte les espérances qu'elle avait fondées sur Mgr Van Lierde, ...

« ... rend caduque la nomination de [ son messager ] l'abbé [ Jean ] Derobert » [ dans le rôle l'apôtre Jean. ]

Cf. Joachim Bouflet – Impostures mystiques – Marie-Paule Giguère (1921-2015) Canada – De l'hérésie au schisme [ et ] Le pape caché (2023)

« Puisque Marie-Paule est « nantie de l'autorité de la Divinité même » en tant que Fille au sein de la Quinternité, elle partage nécessairement « l'autorité de l'Immaculée » dont elle est la réincarnation et « l'autorité du Christ ».

« Le Christ-Homme et le Christ-Femme ne font qu'un dans l'Eucharistie. Elle a donc « toute autorité sur l’Église de Dieu » et [ Marc Bosquart ] n'hésite pas à lui attribuer le titre de « Souverain Pontife de l’Église du Christ », ...

« ... ce qui justifie pleinement d'attribuer à Marie-Paule la 108e devise [ pontificale ] de la Prophétie des papes – « Flos Florum » [ celle du pape Paul VI ].

« De toute manière [ conclut Marc Bosquart ] il faut que Marie-Paule détienne une forme d'autorité pontificale car à l'altitude où se situe son mystère, elle est seule habilitée à poser sur celui-ci le sceau de l'authenticité. »

[ Le Padre Jean-Pierre – Pierre Mastropietro – n'étant alors que le Vicaire de Marie-Paule dans l’Église de Jean où le thème de la substitution est désormais assumé par l'Immaculée elle-même après 2006. ]

« Le 3 juin 2007 au terme d'un triduum qui a marqué le commencement de la « présence réelle de Marie sur la terre » en la personne de Marie-Paule intronisée par le Ciel, Padre Jean-Pierre canonise Raoul Auclair, « le plus grand théologien de tous les temps ».

[ Ida Peerdeman – la visionnaire de la Dame de tous les peuples – sera la sixième à être canonisée dans l’Église de Jean.

Marc Bosquart devient roi France le 30 mai 2010 sous le nom de Marc-André que les Fils de Marie identifient au Grand Monarque qui doit se tenir au côté du Saint Pontife à la fin des temps. ]

Cf. Joachim Bouflet citant David Lorange – Impostures mystiques – Marie-Paule Giguère (1921-2015) Canada – L'église de Jean (2023)

L'usage de la devise de Paul VI pour adosser l’autorité pontificale de Marie-Paule à la Prophétie des papes n'est pas sans rappeler celle de Léon XIII où l'astre de son blason s'identifie pour Charles-André Gillis à la naissance de René Guénon (1886).

Il est en tout cas remarquable de constater que celle de Marie-Paule s’insère précisément entre celle de Clément XV et celle de Grégoire XVII complétant ainsi le tableau que nous avons déjà dressé pour leurs pontificats :

   

102

Lumen in cælo

Léon XIII

1878-1903

107

Pastor et Nauta

Jean XXIII

Clément XV

108

Flos florum

Paul VI *

Marie-Paule

109

De medietate lunæ

Jean-Paul I

Grégoire XVII

110

De labore solis

Jean-Paul II *

Pierre II

111

De gloria olivæ

Benoît XVI *

Grégoire XVIII

112

... S.R.E. sedebit

François

Pierre III

113

Petrus Romanus

... qui pascet oves in multis tribulationibus

* * * Les trois papes de Garabandal (1961)

La Prophéties des papes n'aura pas cessé d'être référencée par des attributions qu'on pourrait qualifier d'alternatives dès lors que la tradition romaine aura cessé de s'y référer à travers la liste de Padoue à laquelle Clément XV faisait encore référence.

   


    

samedi 17 août 2024

L'ipséité divine

...

Retour vers la demeure des haltes

Pour la demeure du troisième jour qui succède à la nuit
au
dixième mois de la décade :

Les trois palindromes de la langue arabe et l'ipséité

« NûN » / « MîM » / « WâW »

- le « Nûn » (50) rassemble la base (10²) du damier – « ad-Da'im » – autour du « Wâw » (6) qui caractérise la dyade des angles (2 x 3)

- le « Mîm » (40) rassemble l'octogone des jours sabbatiques (80) autour du « Yâ » (10) qui caractérise la décade (10)

- le « Wâw » (6) rassemble les maisons de l'orbe zodiacale (12) autour du « Alif » (1) qui caractérise la monade (1)

L'ipséité de la monade – « Huwa » – rassemble la décade (10) et la monade (1) à partir de la conjonction du « Hâ » (5) et du « Wâw » (6) entre le microcosme et le macrocosme.

Les géométries du pentagramme (5) et de l'hexagramme (6) sont celles de l'étoile de David et du sceau de Salomon comme emblème des deux luminaires : « Sol » et « Man ».

Elle est alors au sommet de la hiérarchie des mondes telle qu'on peut se la représenter avec le Soleil comme un point au centre d'un cercle – « ʘ » – semblable à son Carré (6²) dont la Somme constante est celle du Pôle (111) :

« Hâ-hût »

le monde de l'ipséité

11

« Yâ-hût »

le monde de la décade

10 = Σ 4

« Lâ-hût »

le monde de l'unicité

1

« Jabbârût »

le monde de la contrainte

2

« Malakût »

le monde des présences

4

« Nasût »

le monde des formes

6 = Σ 3

   
Les archange et les esseulés sont au nombre 
de trois dans le monde des formes et de quatre dans celui des présences selon l'ordre des préséances qui varie avec la montée des grades et la descente des degrés.

On monte vers la réalisation prophétique de l'identité suprême qui reste en-deçà de la première émanation dans le domaine de la proximité et on descend vers la lieutenance dans la réalisation califale du Pôle.

Le Sceau des prophètes est alors au centre de la décade et le Sceau de la sainteté au centre de l'octogone tandis qu'Adam reste le détenteur de la forme universelle dans le microcosme.

« Telle chût – des poètes le dise – comme elle désirait voir
Visible le Dieu, sa foudre sur la maison de Sémélé
Et la divinement frappée donna naissance
Au fruit de l'orage, à Bacchus le sacré. »

« So fiel – wie dichter sagen – da sie sichtbar
Den Gott zu sehen begehrte, sein bliz auf Semeles haus
Und die göttlichgetroffne gebahr
Die frucht des gewitters, den heiligen Bacchus. »

« C'est au plus tard quand il invoque le mythe de Sémélé pour rendre sensible l'origine de la poésie qu'à dû s'imposer à Hölderlin la question de savoir si le poète [ ... ] est capable de supporter le feu céleste.

« N'a-t-il pas – lui aussi – à payer le prix que paya Sémélé réduite en cendres ?

« Sans aucun doute, l'Hölderlin tardif a expérimenté de plus en plus la force destructrice de la lumière divine qui à l'issue du voyage effectué dans la chaleur dévorante du Midi finit en 1802 par le pousser dans la nuit ; ...

« ... et à cette époque, il n'aurait certes pas osé espérer d'autre fin. »

Cf. Peter Szondi – Poésie et poétique de l'idéalisme allemand – L'autre flèche. Sur la genèse des derniers hymnes d'Hölderlin (1974)

Cette poussée dans la nuit correspond à la contrainte qui avec la dyade des phases suppose l'extinction des formes sensibles et des présences intelligibles dans la nuit primordiale de la monade qui précède le jour. Il s'agit bien sûr d'une image païenne du Christ.

la Svastika des gaules chevelues

Angle gaélique

Angle teutonique

York

Héligoland

Mer
Baltique

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Alençon

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Linz

Mer
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Lourdes

Imperia

Ancône

Angle ibérique

Angle italique

Inventaire du catholicisme romain (2011) :

1. le modernisme conciliaire qui est devenu avec l'antipape sa religion officielle

2. le contre-réformisme qui aurait voulu s'opposer aux décisions du Concile par des voies judiciaires et qui débouté dans ses recours s'est retourné contre l'islam en dévoyant l'héritage spirituel du père de Foucauld dont Massignon était légataire

3. le traditionalisme qui en préservant l'héritage liturgique de la tradition romaine en est venu au schisme avant d'être rédimé par la liturgie d'exception du pape Benoît XVI – celle de 1962

4. le sédévacantisme qui pour éviter le schisme brandi le sophisme de l'hérésie afin d'exposer la vacance du siège pontificale depuis le conclave de 1958

5. le sédéprivationnisme qui théorise l'amoindrissement de l'autorité pontificale comme forme moderne du conciliarisme depuis le conclave de 1963

6. le conclavisme qui à la suite du pontificat mystique de Clément XV prétend détenir une charge pontificale dans l'ordre du Carmel – celle de Grégoire XVII et de ses successeurs

7. le survivantisme qui théorise la substitution et la survie du Paul VI en attendant son retour

Inventaire de la foi bahâ'ie (2001) :

0. le sheykhisme qui théorise une médiation occulte entre le Bâb et l'Imâm caché

1. le bayânisme originel interprété par les bahâ'is comme un bâbisme

2. le bahâ'isme qui a aliéné les droits de sa branche cadette en se séparant de l'islam

3. les unitariens qui sont restés fidèles à l'héritage islamique de la branche cadette

4. les orthodoxes qui ont voulu préserver l'institution du Gardien de la foi

5. les indépendants qui se sont soustrait à l'autorité de la Maison Universelle de Justice

« L'expression « l'Homme-Dieu » que « Jésus » emploie occasionnellement dans les écrit de Maria Valtorta pour se désigner est maladroite sinon impropre : ...

« ... Jésus n'est pas l'Homme-Dieu, un homme qui serait devenu Dieu ou qui se serait révélé comme tel, il est Dieu fait homme, le Verbe incarné, le Logos que nous révèle Jean dans le prologue de son Évangile.

« L'expression « Homme-Dieu » rappelle le titre d'un roman de Gérald Messadié intitulé « L'homme qui devint Dieu » (1988) dont le projet rejoignait quoique dans une perspective différente celui de Maria Valtorta : ...

« ... combler les « lacunes » et les non-dits des Évangiles canoniques. »

Cf. Joachim Bouflet – Impostures mystiques – Maria Valtorta (1897-1961) Italie – Le Jésus « Homme-Dieu » de Maria Valtorta (2023)

Leur projet reste d'humaniser d'une façon souvent décevante mais irrépressible et comme à rebours la façon dont Jean divinise le Christ.

C'est ce que nous disons quand nous évoquons l'ordre des perfections et l'impossibilité d'y accéder par la base en franchissant les grades puisqu'elles ne se réalisent qu'à partir du sommet en descendant leurs degrés.

Nous parlons bien sûr de la plénitude de ces réalisations qui caractérise ces perfections dans l'ordre où elles nous sont données : le corps d'Adam, le cœur de Jésus – c'est-à dire son âme – et l'esprit de Muḥammad dans la lumière synthétique de l'unité.

Pour les personnages secondaires des Évangiles, Bouflet souscrit aux propos de Véronique Bélen concernant l'un d'entre-eux – cf. « Histoire de foi » (2022) :

« On notera aussi la confusion totale chez Maria Valtorta entre Marie de Magdala, Marie de Béthanie et la « pécheresse innommée » en Luc VIII 36-50. Ce qui est on ne peut plus contestable. »

C'est pourtant l’exégèse de Grégoire-le-Grand où sur un parallèle avec la compagne de Simon le magicien, on peut reconnaître chez Hélène la figure originelle d'une prêtresse mazdéenne s'adonnant à la prostitution.