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Pour la seizième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Un aspect fondamental du symbolisme féminin est indiqué par le nombre neuf.
« Celui-ci qui est le dernier terme dans la série des unités est le nombre de la circonférence qui définit la limite « passive » d'une figure dont le centre constitue le pôle actif. »
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La Petite fille de neuf ans – Une théophanie singulière (2006)
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Le dernier terme dans la série des unités est le nombre « 0 » compte tenu du fait qu'il représente la décade, le dénaire ou le décan et la circonférence du point de vue de l'unité représentée par le point diacritique (.) du degré « ° ».
Du point de vue ésotérique, l'unité centrale est au centre de l'octave (8 + 1) qui représente les trois traditions primaires, les trois traditions secondaires et deux traditions complémentaires en correspondance avec le carré magique de Saturne (3 x 3).
La Somme constante du carré magique de Saturne fait huit fois « 15 » qui donne l'âge d'Aïcha quand elle fut fiancée au Prophète dans sa seizième année et la valeur des lettres du nom d'Eve – « Ḥ.W.A » = « 8 + 6 + 1 » – avec son pronom personnel : « H.Y » = « 5 + 10 ».
Elle l'épousa donc dans sa dix-neuvième année et non pas à neuf ans comme le prétend Abd ar-Razzâq qui la présente comme sa troisième épouse – celles du Harem étant engagées sur un régime juridique spécifique en rapport avec des alliances tribales.
Du point de vue exotérique, l'unité est au centre de la décade (10 + 1) ce qui suppose deux traditions supplémentaires que nous décrivons comme les théogonies et le culte des étoiles sous toutes ses formes.
Les deux traditions complémentaires que nous avons comparée dans une symbolique chromatique comme représentant les ultra-violets et les infra-rouges sont le jaïnisme originel et le mazdéisme eschatologique.
Les trois traditions primaires sont l'islam, l'hindouisme et le taoïsme ; les trois traditions secondaires sont le judaïsme, le christianisme et le bouddhisme. La tradition centrale qui est capable de toutes les formes est l'Amour.
Le carré magique du point de vue exotérique est donc celui de Jupiter (4 x 4) dont la Somme constante est onze fois « 34 » puisqu'il a la particularité d'être doté d'une enceinte centrale qui donne le même résultat.
Ces nombres sont mis en relation sur le lieu du Miroir avec l'ennéade qui sépare le « 10 » du « 1 » puis avec le « 515 » de la « Divine Comédie » où Béatrice apparaîtrait comme une représentation de la Sagesse pour les fidèles d'Amour.
Or nous avons vu qu'à partir de la « Vita Nuova » de Dante Alighieri, il était possible avec un « Dix parfait » par le quatre d'identifier Béatrice à la communauté cathare des gnostiques sur le lieu de leur martyr en 1244.
Il est néanmoins nécessaire pour ce faire d'identifier le « Nombre parfait » au nombre « 14 » où le « 10 » et le « 4 » ce répondent dans le même reflet qui unit ici le « 10 » et « 1 » et non au nombre « 10 » dont la perfection reste alors comme en-deçà de sa psyché.
Béatrice ne fait que reprendre ici la fonction de Mélusine qui brandit avec son miroir un peigne qu'on peut facilement identifier à la cinquième lettre de l'alphabet latin : « E ».
Qu'abd ar-Razzâq veille l'identifier à « Lalitâ » – « Celle qui joue » – dont le nom hindou reste assez proche de « Laïla » et de « Lorelei » ne nous pose aucun problème. Qu'il l'identifie avec Aïcha en maintenant la confusion sur son âge est difficilement soutenable.
Pour autant l'assimilation de « Lalitâ » à la déesse Kali qui fut à l'origine de la vocation de Ramakrishna et de Mâ Ananda Moyî peut paraître abusive. Abd ar-Razzâq l'assimile néanmoins à la Tripurâ avec Tarâ et la Déesse rouge qu'il identifie à la Vierge Marie.
Dans ce registre chromatique Tara doit être identifiée à la Lumière blanche et Lalitâ à la Tara verte qui avec la rouge réunit les trois couleurs que Dante attribue à Béatrice tandis que la négritude de Kali et des Vierges noires restent dans l'ombre de sa manifestation primordiale.
Abd ar-Razzâq évoque une période de mille ans appelé « Sandhya » qu'il situe entre le Dvâpara et le Kali Yuga et qui correspond à celle que nous situons entre la mise en mouvement de la roue du Dharma (- 720) et la Voie du Madhyamaka de Nâgârjuna.
Mais elle correspond ici à l'enseignement d'un cinquième Véda destiné au Kali Yuga qui se substituerait à celui du Bouddha contenu dans un mantra de quinze ou neuf syllabes auxquelles s'en ajoute une qui apparait alors comme la seizième.
L'analogie avec le carré magique de Saturne (3 x 3) et sa Somme constante (15) semble ici évidente et la seizième syllabe quand elle apparaît comme la dixième serait en quelque sorte en rapport avec celui de Jupiter (4 x 4).
Le Carré de quatre retrouvé à Salvaterra organise leur synthèse en répartissant ses huit décades à partir des quatre premiers nombres où il suffit d'intervertir les nombres de son enceinte centrale pour en produire trois de plus sur les diagonales.
Parmi les onze femmes du Prophète, Abd ar-Razzâq n'en retient que neuf compte tenu d'une homonymie entre Zaynab bint Khuzayma et Zaynab bint Jahsh tout en mettant Khadija – sa première épouse – au centre de leur plérôme (1 + 9).
Même si on considère que c'est le Prophète qui était naturellement le centre de son foyer, elles n'étaient en effet pas plus de neuf après le décès de la première puisque Zaynab bint Khuzayma est morte quelques mois après son mariage.
Néanmoins Aïcha revendiquait son excellence en faisant état d'une dizaine de privilèges et on peut supposer que chacun d'entre eux s'adressait en quelque sorte à chacune de ses rivales par rapport auxquelles elle entendait demeurer le centre de sa vie conjugale.
Son rôle polaire dans la Maison du Prophète qui précède celle que Fatima assumera parmi sa descendance est congruent de notre point du vue avec le rang qu'elle occupe ici en troisième position bien que ce rang lui soit parfois contesté pour celui de celle qui la précède – Sawda.
Aïcha était la fille d'Abû Bakr, Hafsa – la suivante – la fille d'Omar qualifiés respectivement d'imâm de gauche et de droite par rapport au Prophète. Les femmes du Harem était donc au nombre de sept avec les quatre de sa Maison.
Uthman épousa les deux premières filles du Prophète – Ruqayya et Umm Kulthûm – Alî la dernière – Fatima – qui était avec son époux et ses deux enfants – Hasan et Husayn – « sous son manteau ». Zaynab ne doit pas être confondue avec celles du Harem.

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