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Pour la quatorzième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« ... l'extériorisation de données ésotériques chrétiennes dans le but de constituer une religion nouvelle destinée à l'Occident [ qu'abd ar-Razzâq imagine comme l'adaptation cyclique d'un judaïsme authentiquement israélite ] ...
« ... s'est effectuée par analogie avec les trois degrés fondamentaux qui constituent l'être humain et qui sont en ordre successif l'esprit, l'âme et le corps.
[ Comme pour les huit trigrammes du « Yi » (2), il faut les tracer en commençant par le bas.
C'est aussi ce qu'indique l'exégèse akbarienne pour les demeures du Noble Coran quand elle remonte vers la Source en commençant par la fin. ]
« Ce ternaire figure l'application microcosmique d'une doctrine ésotérique dont l'application universelle et macrocosmique est exprimée par la triade : Ciel – Monde intermédiaire – Terre.
« Le symbolisme géométrique correspondant est bien connu : le Ciel est représenté par le cercle, la Terre par le carré et l'élément intermédiaire par la croix dans l'ordre métaphysique ...
« ... et par l'octogone dans les enseignements cosmologique dont relève le ternaire [ anthropologique ] qui a été envisagé tout d'abord. » [ ... ]
« ... les fonctions liées aux trois degrés selon lesquels la descente [ du Saint-Esprit ] s'est effectuée correspondent à trois monde traditionnels : ...
« ... le monde juif, le monde grec et le monde romain qui contiennent les éléments fondamentaux à partir desquels le religion chrétienne a été formée.
[ C'est ici qu'il faut retourner ce schéma : le monde juif correspondant au corps de la tradition apostolique et le monde romain à l'esprit de la patristique byzantine en passant par l'âme grecque d'une gnose syro-phénicienne proche d'un mazdéisme zoroastrien.
Mais nous empruntons le même schéma quand nous évoquons les degrés de la perfection liés au corps d'Adam dans la tradition hébraïque du judaïsme, à l'âme du Christ dans cet assemblage gréco-romain et à l'Esprit muhammadien du deuxième témoin de l'Apocalypse.
C'est toujours à postériori que le degré le plus élevé de cette hiérarchie révèle la préséance de sa préexistence prédestinée où l'Esprit muhammadien est celui du Christ et la troisième personne d'une Trinité originelle dans l'engendrement du Fils.
Dans cette reformulation d'un schéma trinitaire antérieur à la patristique byzantine, c'est Moïse qui assume incontestablement le rôle du Fils et Abraham celui du Père quand il s'identifie au Verbe de sa Lumière. ]
« Ces trois éléments sont eux-mêmes représentés par trois villes : Jérusalem figure le Ciel, Antioche le monde intermédiaire et Rome la Terre où siège le pape que est le « Vicaire de Jésus-Christ sur la Terre » ; ...
[ Ici c'est Antioche qui représente la tradition originelle de l'Eglise syrienne qu'on qualifie ensuite à Byzance de nestorienne et Jérusalem qui apparaît comme la représentation d'un monde intermédiaire par rapport à la tradition judéo-chrétienne de l'Eglise romaine.
L'anagramme de « Roma » par « Amor » qui relève du Principe métaphysique de l'Amour courtois ne laisse aucun doute sur cette dimension céleste par rapport à celles qui la précède où c'est Alexandrie qui occupe une place intermédiaire entre Antioche et Rome.
Jérusalem n'apparaît dans la pentarchie byzantine qu'avec l'extension orientale d'un empire romain où c'est Constantinople qui prend la place de Rome pendant la période de décadence qui résulte des invasions germaniques.
Avant le retour de la tradition romaine prophétisé par Césaire et incarné par le Grégoire le Grand, York apparait comme l'intermédiaire d'une tradition occidentale dont l'origine s'est déplacée avec la communauté du Disciple bien-aimé vers Arles.
Arles et Antioche occupent ici le même degré, York et Alexandrie le second, Rome et Byzance le troisième mais l'islam à donné à Jérusalem cette place intermédiaire qui la situe aussi entre La Mekke et Médine où elle s'identifie à la tradition nazaréenne.
L'Eglise grégorienne à reconnu son leg en faisant d'Arles le premier patriarcat d'une seconde triade avec Séville et Canterbury dans un vis-à-vis où cette dernière semble rivaliser avec Glastonbury depuis l'île d'Avalon.
De quoi Glastonbury fût-elle la tête de pont dans cette géographie ? C'est une question à laquelle la tradition romaine n'a pas voulu répondre. Le Puy-en-Velay et Saint-Maximin ont inscrit depuis la Sainte Baume les sièges grégoriens dans leur propre pentarchie. ]
« ... ces éléments sont aussi symbolisés par les nombres : douze, sept et un. »
[ Le carré quand il symbolise la Terre est évidement représenté par le nombre « 4 » et l'octogone par le nombre « 8 » quand il symbolise l'espace intermédiaire qui la sépare du Ciel qu'on peut en effet représenter par le nombre de ses maisons zodiacales (12).
Ce qui permet de mettre ces degrés et leurs symboles en rapport avec les palindromes des trois lettres arabes : le « NûN » (10²), le « MîM » (80) et le « WâW » (12). ]
Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – La papauté contre l'islam. Genèse d'une dérive – Les origines du christianisme – Une adaptation providentielle (2007)
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Abd ar-Razzaq fait référence à l'ordre apostolique des douze et à l'ordre diaconale des sept qui apparaissent dans les Actes des apôtres sous la juridiction universelle du Chef des apôtres où ils correspondent à une ségrégation des Juifs et des Grecs.
Il évoque également la croix romaine qui est celle du crucifix et la croix renversée qui est celle du Prince des apôtres en les faisant correspondre dans le récit de la crucifixion à Jérusalem et à Rome dans celui des apôtres.
Si la croix géométrique (+) est supposée être l'élément métaphysique d'un ordre intermédiaire, c'est celle de saint André (x) qui représente ici Antioche où le nom de l'apôtre fait l'objet d'un rapprochement sémantique intéressant avec celui de l'Homme en grec.
L'Homme est le Nom générique du Christ dans la bouche de Pilate – « Ecce Homo » – et André disparait mystérieusement du récit de la Transfiguration après avoir fait partie du groupe des quatre premiers apôtres avec Pierre et les deux fils de Zébédée – cf. Jean XIX 5.
Antioche est donc bien le point de départ de notre triptyque et la croix de saint André est la seule qui puisse correspondre à celle que les disciples du Christ devaient porter sur eux pour le suivre en Galilée – cf. Mt X 38 et XVI 24 + Luc IX 23 et XIV 27.
Que la qualité du disciple soit celle de l'appartenance à un ordre initiatique reste en sympathie avec le fait que c'est bien à Antioche d'après Luc que ces disciples aient pour la première fois portés avec cet insigne le nom du Chrétien.
Cette croix avant d'être le Khi du Christ sur les chrismes romain et carolingien est celle du Tav hébraïque en araméen et du Tau pour la mystique franciscaine puisque l'hébreu et l'araméen sortent en réalité de la même gangue dialectale.
Mais le texte néotestamentaire est incontestablement un texte grec parfois teinté d'aramaïsme qui cite la Septante vétérotestamentaire avant qu'elle ne soit traduite par la Vulgate latine de saint Jérôme de Stridon (+ 420). Ce n'est pas un texte hébreu.
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Revenons un instant vers la Prophétie des papes qui nous résiste encore un peu : nous ne remettons pas en cause le fait que le même pontife soit à la fois la Gloire de l'Olivier quand il réalise la prophétie (111) et Pierre le Romain quand il assume son pontificat émérite (113).
Mais l'antipape François est-il vraiment un pape ou un anti-pape et fait-il vraiment partie de cette longue liste de pontifes qui s'achève avec la Sainte Eglise Romaine (112) ou n'est-il pas plutôt ce personnage occulte et malfaisant dont parle certains commentaires ?
Celui qui assume la devise concomitante avec le Jugement (112) siège sur le trône pontifical de Pierre mais le résidant de Sainte Marthe qui faisait le pape ne siégeait pas au Vatican et n'était pas vraiment prêtre en régnant sous le nom de saint François.
C'est le pontificat de Léon XIV qui correspond réellement à cette dernière devise (112) derrière les apparences trompeuses du pontificat précédent (111) sans qu'il soit nécessaire d'y ajouter une devise imaginaire qui correspondrait au terme de la suivante (113).
Reste que le Jugement final se trouve bien à la suite de la devise qui correspond au pontificat émérite de Benoît XVI (113) et que le pseudo pape François assume l'usurpation sur laquelle repose le dernier pontificat (112).
Le nombre de référence (112) et celui des alinéas (113) du texte originel (1595) s'achèvent.

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