samedi 28 février 2026

Les versets angéliques

...

Pour la douzième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« ... Jean Robin [ ... ] voyait la preuve du « germe de la corruption » consistant dans « la volonté d'organiser le temporel au nom d'un principe spirituel qui justement fait défaut » ...

« ... dans la présence d'un serpent figurant la puissance temporelle dans les fondations de la Ka'ba de La Mekke ; ...

« ... il en concluait que cette corruption « existe symboliquement aux origines même de l'islam ».

« En l'occurrence, il ne s'agissait pas seulement d'une volonté délibérée de discréditer l'islam mais aussi d'un jugement porté de mauvaise foi puisque M. Robin se référait à un passage de notre ouvrage sur le pèlerinage islamique (1982) ...

« ... où nous avions montré exactement le contraire en précisant que ce serpent avait [ été ] enlevé au moment de la reconstruction de la Ka'ba qui fut opérée peu avant la naissance de l'islam par un oiseau « semblable à un aigle » ...

« ... qui symbolise ici la puissance céleste et spirituelle. »

[ En l'occurrence cet enlèvement est un élèvement et le Serpent une représentation du Christ tel qu'il apparait au verset 158 de la quatrième sourate : « Dieu la élevé vers Lui car Il est le Puissant le Sage »  « al-'Azîz al-akîm ».

En restant dans cette tonalité christique, on peut rappeler que l'Aigle est l'emblème du Théologien qui s'exprime dans l'évangile johannique au nom du disciple que Jésus aimait –apparemment Lazare si on s'en tient au récit évangélique.

Mais le thème de l'enlèvement du Serpent par l'Aigle reste une scène mythologique universelle qui transfigure l'amphisbène oriental sous l'apparat du Serpent à plume dans les métamorphoses de Quetzalcóatl tels qu'on les retrouve encore sur le drapeau mexicain.

Rappelons que l'engendrement du Prophète [ Paix et Salut sur lui et sur sa Maison ] est le fruit d'une illumination manifestée par une étoile que son géniteur portait sur son front et qui passa entre ses reins pour engendrer de sa semence l'Amen d'Amina. ]

« A la suite [ de ce qui précède ] nous mentionnerons pour terminer la question des « versets sataniques » sur lesquels l'attention a été attirée par la publication de l'ouvrage de M. Salman Rushdie (1988) et qui sont en réalité des versets abrogés.

« La tradition islamique explique cette abrogation par référence à l'histoire des grues couronnées  « quissat al-garâniq » ; ...

« ... le terme « garâniq » à la même origine que « qarn » que l'on retrouve dans l'expression coranique « Dhû'l-Qarnayn » [ qui caractérise Alexandre par ses cornes. ]

« Les grues couronnées sont un symbole universel de la puissance temporelle et royale : c'est à ce titre que les trois grues – al-Lât, al-Uzzâ et al-Manât – nommées dans les 19 et 20 de la sourate de l'Etoile (53) étaient présentes à La Mekke auprès de la Ka'ba antéislamique.

« Si les versets relatifs à leur intercession furent finalement abrogés, c'est pour bien marquer que la royauté de la forme islamique centrée elle aussi sur le Temple mekkois est une Royauté spirituelle établie en vue de réaliser le dernier ordre divin destiné au monde l'homme. »

[ L'islam se caractérise par cette absence d'intercession et ces versets qui n'ont pas été abrogés mais supprimés s'adressaient à une représentation africaine des trois archanges dont la triangulation du nombre (6) évoque le monde des formes.

Leur culte a été intégré à la liturgie catholique où le magistère sacerdotal leur consacre encore une fête le 24 mars, le 29 septembre et le 24 octobre. Le monde des formes étant aussi celui de la forme humaine et celui des anges qui l'empruntent.

Le « tasawwuf » akbarien les transpose pour les trois esseulés parmi les quatre pilier de la hiérarchie initiatique qui caractérise le monde des présences en rapport avec les principautés de l'angéologie (4) et avec la triangulation du nombre de la décade (10).

Ce qui du point de vue de l'exégèse coranique les fait correspondre aux trois dernières sourates du Noble Coran où la Fatiha (1) apparaît comme son quatrième pilier. On lui assigne parfois dans cette configuration un quatrième archange  « Isrâfil ». [ L'ange de la Mort ]

C'est du moins ce que théorise Cheikh Abd al-Wâhid dans les Symboles fondamentaux de la Science sacré où il en ajoute un cinquième  « ar-Rûh »  pour l'Esprit qui est identique à « Metatron »  le Chef des milices célestes.

Celui qui est « sur le Trône » ne peut être au niveau supérieur où il le situe que le Christ de la Déisis où la Mère de Dieu et le Précurseur – Yahyâ le Vivant – occupent les fonctions qu'empruntent les deux imams du Pôle et les deux dernières sourates dans sa hiérarchie. ]

 Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ  La papauté contre l'islam – La question du terrorisme (2007)

Et toi mon ange aux apparences étranges t'y es-tu jamais laissé prendre ?

   

    

jeudi 26 février 2026

La zakât du quaternaire

...

Pour la onzième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La relation du dénaire avec le nombre « 4 » se rapporte [ pour ibn Arabi à ] l'excellence de ce nombre :

« La perfection est dans le « 4 » [ et ] « 4 » est le premier nombre parfait ; c'est pour cela qu'il comprend le « 10 » [ qui est donc le second des nombres parfaits inclus dans le nombre « 14 » où ils entretiennent cette réciprocité. ]

« La perfection du nombre « 4 » est réalisée par le dénaire qui manifeste intégralement les possibilités incluses dans le quaternaire.

[ On peut en conclure que le nombre « 10 » est en haut comme le nombre « 4 » est en bas dans une similitude dont les termes sont indiqués par la Tablette d'émeraude.

Mais leur perfection n'est pas celle que les pythagoriciens prêtent aux nombres « 6 » et « 28 » et à leur propriété arithmétique dans laquelle ils ont vu une perfection formelle : celle des semaines et des mois sidéraux pour les sommes triangulaires du « 3 » et « 7 ». ]

« Le Cheikh al-Akbar explique alors pourquoi le nombre « 4 » est soumis à la « zakât » :

« Le « 4 » inclut le « 10 » – en effet, il inclut sa propre essence à laquelle s'ajoute les nombres qui lui sont inférieurs : d'abord le « 3 », ce qui donne « 7 » puis le « 2 », ce qui donne « 9 » et enfin le « 1 », ce qui donne « 10 ».

« Multiplier « 4 » par « 10 » revient donc à le multiplier par lui-même à cause de ce qu'il contient.

« La « zakât » est due par le nombre « 4 » lorsqu'il considère la perfection du nombre « 10 » comme n'étant autre que la sienne et qu'il se l'attribue sans égard pour Celui qui [ la lui donne puisque qu'il ] l'a créée et existenciée.

« Al-aqq lui ôte alors ce regard complaisant qu'il porte sur lui-même [ et ] c'est cela que l'on appelle la « zakât » du quaternaire, c'est-à-dire une purification à l'égard de la prétention qui est la sienne ...

« ... de sorte qu'il demeure pour son Seigneur car il ne possède plus aucun droit lui appartenant en propre – il est consacré à Lui tout entier et non à sa propre essence. »

[ La « zakât » du quaternaire, c'est la décime (1/10) qui apparaît avec la décade de façon croissante sur chacune de ses unités à l'exception de la première jusqu'à ce qu'elle deviennent semblable à elle-même avec la onzième. ]

« L« zakât » est due par le nombre « 4 » et non par le nombre « 10 ».

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – Le droit d'Allâh (2008)

Ce que nous disons à propos de la réciprocité du nombre « 10 » et du nombre « 4 » pour le nombre « 14 » est aussi valable pour les « 114 » demeures spirituelles quand nous disons qu'elles correspondent aux « 112 » demeures terrestres de l'apocatastase (72 + 40).

Il faut alors ajouter à ces seize semaines (16 x 7) les deux bissextiles qui accompagnent l'équinoxe du Printemps une fois tous les quatre ans et qui se trouvent trente-six jours après les quarante jours de l'anabase. Trente-six étant ici la somme triangulaire du « 8 ».

L'une d'elle  celle qui apparaît tous le quatre ans  est celle qui disparaît une fois sur cent pour réapparaître une fois tous les cinq cents ans. La troisième qui les précède une fois sur onze tous les cinq mille cinq cents ans correspond alors à la première.

« Le dixième jour du premier mois de l'année est fêté dans les deux traditions. Du côté juif, il s'agit du « Yom Kippour » ou Jour [ de ] l'expiation » [ des fautes. ]

Mais le Prophète de l'islam étendit le jeûne du jour d'Ashûra sur celui qui le suit et sur celui qui précède.

Il avait une bonne raison de le faire puisque l'Axe de l'apocatastase qui passe entre les septante-deux jours de la catabase et les quarante jour l'anabase correspond au crépuscule entre le dernier et le premier jour de ces jours là.

Le troisième  celui qui vient en premier  est sans doute du à une incertitude sur le jour complémentaire qui prolonge d'un douzième (1/12) l'alternance des mois de trente ou vingt-neuf jours dans le calendrier de l'hégire.

Dans la mesure où cette incertitude est levée, le dernier est levé aussi et deux jours suffisent : ce qui élève le nombre des jours de jeûne à dix-huit si on compte les seize qui s'étendent du trente-troisième au cinquantième jour du Janus entre la Chandeleur et les Prémices.

Ces dix-huit jours de jeûne sont alors ceux du Vivant – « al-Ḥayy » (8 + 10)  tandis que les seize qui complètent les deux d'Ashûra sont ceux d'al-Khidr quand ils commémorent la fertilité des proportions idéales pour les inondations nilotiques.

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La profanation d'Israël – La doctrine de l'abrogation (2008)

« En islam, Allâh le Très-Haut est le seul propriétaire véritable et c'est ce droit divin qui fonde traditionnellement l'obligation de l'aumône légale – « zakât » – qui est un des cinq piliers de l'islam ; ...

« ... c'est pourquoi il est dit dans le [ Noble ] Coran : « Croyez en Allâh et en son Envoyé et dépensez une partie des biens sur lesquels Il vous a établis comme préposés. » – S 57 V 7.

« Selon le droit islamique, le détenteur d'un bien quelconque n'est pas son propriétaire : il convient donc d'en user et le cas échéant de le dépenser conformément à la volonté divine. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La papauté contre l'islam – La question du terrorisme (2007)

   

    

mardi 24 février 2026

Le dénaire

...

Pour la dixième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Le Trône lui-même est symbolisé par 10. Selon Cheikh Abd al-Wâhid [ dans ses Remarques sur la production des nombres ] : « Le Dénaire correspondant à la circonférence avec son centre est la manifestation totale de l'Etre, le développement complet de l'Unité ; ...

« ... on peut donc le regarder comme n'étant pas autre chose que l'Unité réalisée dans la Multiplicité. » [ C'est la multiplicité qui est réalisée par l'unité et l'unité qui réalise la multiplicité qui elle ne réalise rien du Tout et ne produit que sa fragmentation.

Des parenthèses indiquent que la circonférence « figure le nombre 9 » et que le centre « représente l'unité » : c'est l'unicité qui est représenté par le centre et l'unité qui est représenté par la circonférence dont la représentation est le nombre 10.

Le nombre 9 n'est que la différence entre les deux (10 - 1) ou l'espace entre le centre et la circonférence qui représentent la pulpe entre l'écorce et le noyau ou la tariqa entre la sharia et la haqiqa – « 1 + 9 + 1 » = « 11 » = « 10 + 1 ». ]

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – La zakât universelle (2008)

« A de nombreuse reprises, Cheikh Abd al-Wâhid a mis en lumière l'excellence du nombre 4.

« Dans ses Remarques sur la production des nombres il écrit notamment : « Quelle que soit la façon dont on envisage le Quaternaire, on peut dire qu'il contient tous les nombres ...

« ... car si on regarde ses quatre termes comme distincts, on voit qu'il contient le Dénaire : 1 + 2 + 3 + 4 = 10. [ Notons que le produit de leur multiplication est 24. ]

« C'est pourquoi toutes les traditions [ c'est le premier des 81 aphorismes du Tao Te King de Lao Tseu qui est ici sollicité ] disent : « Un a produit deux, deux a produit trois, trois a produit tous les nombres » ; ...

« ... l'expansion de l'Unité dans le Quaternaire réalise immédiatement sa manifestation totale qui est le Dénaire » ; ...

« ... et dans La Tétraktys [ pythagorique ] et le carré de quatre : « Le quaternaire est partout et toujours [ mais il ne s'agit ici que d'une coïncidence remarquable entre les principes fondamentaux du pythagorisme et du taoïsme ] ...

« ... considéré comme étant proprement le nombre de la manifestation universelle ; ...

« ... il marque donc à cet égard le point de départ même de la cosmologie tandis que les nombres qui le précèdent – c'est-à-dire l'unité, le binaire et le ternaire – se rapportent strictement à l'ontologie ; ...

« ... la mise en évidence plus particulière du quaternaire correspond donc bien par là à celle du point de vue cosmologique lui-même » [ que Guénon attribue aux « petits mystères » de l'initiation. ]

« La relation spéciale du quaternaire avec le dénaire est exprimé arithmétiquement par le fait que 10 est la somme des quatre premiers nombres ; ...

« ... et géométriquement par le fait que la croix qui est l'aspect dynamique du quaternaire en tournant « autour de son centre engendre la circonférence qui avec le centre représente le dénaire, ... [ le centre (1) et la circonférence (10) sont en fait distincts ]

« ... lequel est le cycle numérique complet. » [ ... ]

« ... le cercle avec le point central qui est figuré par le nombre 10 représente à la fois la réalisation totale de la manifestation [ cosmique ] et le Trône qui régit cette dernière depuis le commencement du cycle humain jusqu'à son terme. »

[ Abd ar-Razzaq ne conçoit pas l'hétérogénéité du Trône et de la manifestation qui est celle du centre et de la circonférence, de l'unicité du Principe suprême et de l'unité du dénaire de l'Existence universelle représentée ici par la présence de ses quatre principautés. ]

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – Le droit d'Allâh (2008)

« Ibn Arabi établit une complémentarité entre les deux conditions essentiel de la « zakât » en définissant « an-Nisâb » [ le Montant minimum imposable ] comme une mesure au degré des déterminaisons manifestées ...

[ Ces déterminaisons forment ici les onze tranches d'imposition dont la première correspond au Montant minimum imposable (1/10).

La seconde est imposée d'un dixième (1/10) à partir d'un seuil inversement proportionnel (9/10) puis les suivantes croissent et décroissent selon les mêmes proportions.

La dixième est donc imposée de neuf dixièmes (9/10) à partir du seuil résiduel d'un dixième (1/10) et la suivante met fin à la manifestation de ces déterminations. ]

« ... et « al-Hawl » [ l'écoulement d'un cycle complet durant lequel ce montant a été possédé en vertu d'une propriété sans défaut ] comme une mesure dans l'ordre temporel.

« [ Le montant minimum imposable ] appartient au domaine de la manifestation supra-individuelle en tant qu'il est la détermination d'une mesure et d'une quantité imposable ...

« ... alors que [ sa mesure temporelle ] relie la « zakât » aux phénomènes cycliques puisque son caractère obligatoire est conditionné par l'écoulement d'un [ cycle ] complet ; ...

« ... c'est là une particularité qu'il possède en commun avec les trois autres obligations fondamentales de l'islam que sont la prière rituelle dont le cycle est journalier, le jeûne du mois de Ramadân et l'accomplissement du pèlerinage dont les cycles sont annuel.

[ Ce qui laisse entendre que le régime temporel de la « zakât » pourrait être journalier, mensuel ou annuel sans que ces modalités ne soient cumulables. Leurs déterminations seraient alors vingt-quatre heures, trente jours et douze mois ou trois cent soixante jours. ]

« Ce quaternaire est celui des « arkân » [ comme ] fondement de base de la religion. Le cinquième « rukn » qui correspond à la double « shahâda » et au « Tawhid » est d'ordre métaphysique [ et intemporel ] – ce qui le situe à un degré supérieur aux quatre autres. »

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – La Zakât légale (2008)

   

    

dimanche 22 février 2026

La zakât universelle

...

Pour la neuvième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Le Cheikh Mustafâ Abd al-'Azîz fut le premier Occidental à proclamer cette excellence islamique [ qui la caractérise ] en déclarant dès 1964 dans la deuxième partie de son étude sur le Triangle de l'Androgyne : ...

« L'islam – forme traditionnelle venue en conclusion du cycle prophétique législatif et destinée à rester la seule forme pratiquée sur terre avant la fermeture du cycle cosmique de la présente humanité – ...

« ... accomplira une telle fonction »  celle d'être l'Arche contenant « tous les éléments qui serviront à la restauration du monde et qui sont aussi les germes de son état futur ». [ La dernière citation de Michel Vâlsan est de René Guénon.

Nous situons ici « la fermeture du cycle cosmique » dont il est question en mars 1992 et le germe « de son état futur » quarante ans plus tard pour mars 2032. ]

« A cette occasion [ Michel Vâlsan ] déclarait ouvertement : « L'arche de la fin de notre cycle est la sharia  de l'Islam ».

« Quatre ans plus tard (1968) dans son texte sur le Cheikh al-Alawî [ ... ] Cheikh Mustafâ affirmait la souveraineté universelle de la loi islamique en mentionnant pour la première fois l'abrogation des lois sacrées antérieures : ..

« Le Prophète est venu corporellement à la fin du cycle de la manifestation prophétique » [ que nous interprétons comme celle d'un cycle adamantin de 5.400 ans dont les 64.800 lunaisons sont semblables aux unités de la matrice du Kalpa ] ...

« ... et c'est ainsi du reste que les lois de ses lieutenants [ « les prophètes et les envoyés antérieures » ] se trouve alors abrogées ...

« ... et remplacées par la sienne qui les contient toutes en puissance dès l'origine [ dans sa préexistence ] et qui – quand elle les retrouve en acte sur le plan historique – les confirme ou non selon régime assigné à la dernière partie des temps traditionnels.

[ Cette abrogation fait néanmoins l'objet d'un statut d'exception accordé aux gens du Livre – c'est-à-dire à ceux dont « les prophètes et les envoyés antérieures » ont été inscrit dans le Noble Coran sous le régime de la dîme – « jiziya » – qui s'applique à eux. ]

« Cette déclaration sans précédent [ qui comme telle n'est pourtant que le rappel constant d'une disposition connue de tous  » ] était faite par référence expresse à la doctrine d'ibn Arabi dont Cheikh Mustafâ se présentait ainsi comme l'interprète.

« Par là même, la reconnaissance du droit d'Allâh apparaissait comme l'expression véritable de la « Zakât » universelle » [ qui suppose la fin du statut d'exception accordé à la dîme.

Or cette supposition ne peut guère se comprendre que comme une identité des deux modes de l'imposition : celle d'une décime croissante sur chaque unité de la dîme jusqu'à la onzième avec une exemption sur la première d'entre elles.

Cette croissance ne peut prendre fin que si on lui applique un seuil d'imposition décroissant et proportionnel à partir de cette unité d'exemption. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – Le droit d'Allâh (2008)

Dans l'ouvrage qu'il consacre à la Profanation d'Israël, Abd ar-Razzâq mentionne le troisième Temple en précisant qu'il s'agit d'un quatrième « si l'on prend en compte celui de Zorobabel ».

Celui de Salomon restant métaphorique dans sa dimension macrocosmique, il s'agit bien d'un troisième après ceux d'Hérode et de Zorobabel.

On en trouve encore deux autres en Haute et en Basse Egypte sur l'île d'Eléphantine et à Tell el-Yahoudé ainsi qu'un troisième en Samarie sur le mont Garizim.

Et bien sûr Jésus présente son corps comme son microcosme dans le récit évangélique par une référence implicite à celui de Salomon.

Ce qui en ferait déjà sept avant même d'en reconstruire un troisième dans la cité de David où Hérode et Zorobabel édifièrent celui de Jérusalem en-deçà du mont Sion.

Celui-ci n'avait rien avoir avec la forteresse romaine sur laquelle les musulmans édifièrent la « Qibla » d'al-Quds en l'orientant à partir de la mosquée al-Aqsa vers la « Ka'ba ».

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La profanation d'Israël – Le Droit sacré – La Loi universelle (2008)

   

    

vendredi 20 février 2026

La rupture du pacte

...

Pour la huitième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« En vérité, on ne peut qu'être frappé par l'omniprésence de ce nombre (8) dans l'ensemble des enseignements akbarien. »

« C'est par ce nombre (8) que gouverne l'Être équitable. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – Le poème introductif (2008)

Nous avons répertorié les 261 demeures célestes qui sont réparties sur les vingt-huit lettres arabes en correspondance avec les mansions sidérales en deux groupes de « 81 » et de « 180 » sphères avant d'évoquer les « 108 » demeures spirituelles du Kawthar d'al-aqq.

« ... les [ huit ] membres [ du corps ] : le regard, l'ouïe, la langue, la main, le ventre, le sexe, le pied et le cœur [ sont ] en correspondance [ ... ] avec les huit Portes du Paradis mais aussi avec les huit catégories de biens imposables : ...

« deux métaux : l'or et l'argent ; trois catégories animales : les ovins, les bovins et les camélidés ; trois catégories végétales : le blé, les dattes et l'orge. » ]

« ... ainsi qu'avec les huit catégories de bénéficiaires énumérées dans le Coran. » [ auxquelles viennent correspondre « les huit sortes de dons » théorisées par le Cheikh al-Akbar. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – La Zakât initiatique (2008)

« On ne peu manquer d'être frappé par le fait que les [ cinq ] passages coraniques relatifs à la « zakât » figurent tous dans la neuvième sourate : « at-Tawba ».

Abd ar-Razzâq indique ici les versets 34 & 35 + 60 + 77 + 103 + 111 de la Sourate 9. ]

« Cette particularité s'accompagne d'une autre - très visible et surprenante – puisque cette sourate est la seule qui n'est pas précédée de la formule [ de l'entête similaire ] :

« BiSMi'LLâH AR-RAHMâN AR-RAHîM »

[ Ces dix-neuf lettres qui sont parfois identifiées aux gardiens du feu de l'enfer – S 74 V 30  – et à « al-Fattâh » (19) dans la liste des Noms divins en référence à la « Fâtiha » (1) ne sont en fait que huit compte tenu des répétitions : « B.S.M.L.H.A.R.N ».

L'absence de l'entête liminaire qui est ici attribuée à la rupture du pacte donc il est question dès le premier verset de la sourate s'explique plus simplement par le fait que ses 129 versets appartenaient à la précédente (8) qui n'en comprend que septante-cinq.

Leur somme (204) rentre en effet dans l'ordre décroissant des sourates entre 206 pour la septième et 109 pour la dixième mais il est vrai que cet ordre n'a rien d'absolu puisque la suivante (11) par exemple en comprend encore cent vingt trois.

Il existe cependant une alternative dans les sections des corpus sethiens dont le nombre de référence si l'on suit les généalogies bibliques est 112 avec une clôture (2) qui peut être placée sur la dernière occurrence ou au-delà.

Les logia des Paroles cachées que le Christ a confié à son didyme sont bien au nombre de 114 comme les sourates du Noble Coran mais les devise pontificales de la Prophétie des papes sont au nombre de 113 si l'on suit les alinéas du texte originel.

Les devises 112 et 113 ont ensuite été réunies en un seul tenant semblable aux sourates 113 et 114 quand elles sont décrites comme un redoublement – S 15 V 87 – même s'il est vrai qu'un dernier pontificat (114) peut encore être identifié au Jugement qui leur succède.

La précession des sourates à partir de la huitième ne modifie guère le symbolique polaire de l'Ikhlâs (112) dont le rang reste le même (111) dès lors qu'il intègre la première plutôt que de la laisser devant en dehors du nombre de leur recensement (1 + 111).

Ce déplacement d'une partie des versets de la huitième sourate vers la suivante là où apparait la rupture du pacte et dont on a laissé une trace évidente en omettant l'entête explique les 110 sourates du Noble Coran d'ibn Massûd qui avait refusé leur destruction.

Il s'agit du Coran sublime ou immense que le Noble Coran distingue des sept versets de la première sourate et des deux dernières qui sont redoublées avec cette absence de rupture qui scinde la huitième sourate avec la suivante. ]

« Certes, le Cheikh al-Akbar explique que toutes les sourates sans exception sont précédées par cette formule et que la « basmala » de la neuvième sourate figure en réalité au verset 30 de la sourate des Fourmis (27) ...

« ... où la Reine de Saba dit : « Cet écrit me vient de Sulaymân et il est au Nom d'Allâh [ « le Clément, le Miséricordieux » ] ; ...

« ... néanmoins, les questions demeurent : pourquoi la « basmala » de la sourate a-t-elle été déplacées et elle seule ?

[ Sans doute parce que la missive que Salomon adresse à la Reine du Midi a ici la valeur d'une sourate qui correspond à sa demeure. ]

« Pourquoi faut-il considérer que cette absence apparente ne correspond pas à la réalité ? »

[ Parce que la rupture du pacte qui signifie la fin d'une immunité pour ceux qui l'avait contracté précédemment avec le Prophète avant le pèlerinage de l'an 9 fut encore une miséricorde du Miséricordieux du point de vue où se place le Cheikh al-Akbar. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât – La fin de l'immunité (2008)

   

    

mercredi 18 février 2026

Les trois villes saintes

...

Pour la septième demeure du Kawthar d'al-aqq :

«  Le ternaire fondamental constitué par l'esprit, l'âme et le corps se retrouve dans le symbolisme des trois villes saintes de l'islam.

« L'esprit correspond à Médine, la ville illuminée par la présence du Prophète et préservée des attaques de l'Antéchrist. [ Préservation qu'abd ar-Razzâq étend par la suite au « Maqâm shâdhulî » de Tunis et à sa tarîqa en empruntant par là même une voie christique. ]

« L'âme – intermédiaire entre l'esprit et le corps  est figurée par Jérusalem où l'Envoyé d'Allâh a prié comme imam de l'ensemble des prophètes et des envoyés.

« Aujourd'hui encore, le plan octogonal de la Mosquée dite d'Omar [ qui n'est pas une mosquée mais une  « qibla » pour orienter les Juifs vers une représentation du mont Moriah ] rappelle la fonction purificatrice de la ville de Dâwûd indiqué aussi par son nom arabe : ...

« al-Quds » [ où Dâwud identifie son califat à la Citée Sainte comme intermédiaire entre celui d'Adam et celui du Christ qu'Abd ar-Razzaq confond avec le Prophète en interprétant la montagne du Califat « A.D.M » à partir du Triangle de l'Androgyne.

La sainteté d'al-Quds est lié au Temple qui se trouvait dans la citée de David mais que Davidson situe sur l'esplanade de la forteresse où la « qibla » a été édifiée. La Mosquée « al-Aqsa » qui s'y trouve adossée l'oriente vers la « Ka'ba ». ]

« La Mekke représente la manifestation corporelle et dans les rites du pèlerinage, l'aboutissement de la réalisation descendante : ...

« ... la forme de la « Ka'ba » évoque par sa structure cubique la troisième dimension de l'espace ainsi que la troisième puissance de  « 10 » [ qui évoque le rang prophétique des milleniums, ] le nombre du Trône régisseur du cosmos.

C'est dans cette perspective qu'il convient de comprendre le changement de « qibla » intervenu après l'hégire ... [ Mais qui ne doit pas laisser croire qu'à la Mecque les premiers musulmans se seraient tournés vers Jérusalem.

Le plus vraisemblable est qu'ils se tournaient alors vers le mont Arafa indiqué par l'angle de la Pierre Noire. ]

« ... et qui marque [ après l'hégire ] le passage de la phase « mekkoise » de la révélation à la phase « médinoise » ainsi que la naissance de l'islam en tant que forme traditionnelle distincte...

[ Ce qui est faux à plus d'un titre : d'abord parce que l'islam n'a pas pu se dire indépendant de ses origines yéménites que les musulmans se remémorent en tant qu'Hanîf dans l'héritage d'Abraham.

Ensuite parce qu'il ne sait jamais identifié au judaïsme syro-palestinien auquel il n'a été confronté qu'après son hégire à Yathrib !

Le changement d'orientation de la « qibla » à Médine n'est pas une distinction par rapport à une origine commune mais l'intégration en deux temps d'un culte particulier à l'intérieur même de cet islam originel.

Il est néanmoins remarquable que cette intégration emprunte un modèle qui rappelle d'une façon assez évidente celle d'Esdras à Jérusalem alors même que le Noble Coran – comme pour s'en défendre – renvoi dos à dos les Juifs et les Chrétiens – cf. S 9 V 30. ]

« ... la religion islamique est analogue au corps car elle exprime la limite finale du cycle prophétique [ qu'elle exprime et qu'elle indique puisque le cycle s'achève avec elle. ]

« Jamais [ ... ] la « qibla » ne sera rétablie vers Jérusalem [ où les Juifs menacent au contraire de la détruire pour construire un Temple sur l'esplanade de la forteresse romaine.

Si la Mosqué al-Aqsa était détruite avec elle son orientation serait en quelque sorte détournée vers ce Temple. Le statut eschatologique de la « Ka'ba » est donc en partie lié au sort de cette « qibla » intermédiaire. ] ; ...

« ... en revanche, le rôle de La Mekke cessera forcément [ ? ] lorsque la Ka'ba sera détruite par les forces antitraditionnelles [ théorisées par René Guénon. Il s'agit plutôt en l'occurrence d'une désacralisation dont chacun restera juge « en l'état ». ]

« ... l'excellence de La Mekke est « primordiale » et s'exprime par la présence de la « Ka'ba »  [ ... ] tandis que l'excellence de Médine est « finale » et d'ordre eschatologique. »

[ Il s'agit toujours de la préservation des lieux saints sous les attaques de l'antéchrist à la fin des temps. Ce qui laisse entendre qu'abd ar-Razzâq a bien identifié le « Maqâm shâdhulî » de Tunis à la Montagne polaire où le Christ doit également être préservé.

C'est paradoxal parce que la montagne du Califat théorisée par Michel Vâlsan à partir du Triangle de l'Androgyne peut être identifié à la Montagne polaire mais Abd ar-Razzâq n'y reconnaît pas le Christ et attribue au Sceau des prophètes ce qui lui revient.

La sacralité des « privilèges ancestraux » dont les « nobles détenteurs » sont les « Quraych » de La Mecque ne devrait pas s'y maintenir selon une tradition encore disputé à l'époque d'ibn Arabi mais toujours contesté par les salafistes.

Ils produisent en effet un texte où La Mecque semble ajoutée d'une manière abrupte à la fin d'un document qui annonce de façon prophétique la protection angélique dont doivent bénéficier la Montagne polaire et le maqâm de Médine.

Si le maqâm de Médine est facilement identifiable à la « Rawdâ » qui se trouve entre la tombe du Prophète et son minbar, la Montagne polaire où se trouve le Christ ouvre un espace symbolique beaucoup plus difficile à circonscrire.  ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Métaphysique de la Zakât  La fin de l'immunité (2008)

L'introduction au poème initial du chapitre 70 des « Futûhât » propose la même historiographie frelatée en la mettant en rapport avec le Turban noir du Prophète :

« L'analogie [ entre « la Prière accomplie par le Prophète comme imam des prophètes et des envoyés » et « celle que Muḥammad coiffé d'un turban noir a accomplie à l'intérieur de la Ka'ba le jour de la conquête de la Mekke » ] met en cause ...

« ... la question du changement de « qibla » puisqu'à l'origine les musulmans se tournaient vers Jérusalem et non vers la « Ka'ba » de La Mekke pour effectuer la « Salât ».

L'imamat du Prophète « situé symboliquement au centre de l'état humain » ne peut être que celui du Califat que l'eschatologie islamique réserve au Christ quand Allâh insuffle Son esprit dans l'âme d'Adam.

La modification intervenue « après l'hégire » n'implique pas la période antérieure que l'historiographie coranique qualifie de « mekkoise ». L'islam n'est pas une secte juive et sa christologie n'est pas une hérésie judéo-chrétienne.

La quatrième ville sainte de l'Islam est en effet celle que le Sieur Abdallâh se disant négociant aurait atteint en décembre 1880 et où il aurait séjourné une dizaine d'années.

   

    

lundi 16 février 2026

Si le grain ne meurt ...

...

Pour la sixième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« ... [ Amadou ] Hampaté Bâ est à la tradition africaine ce que Louis Massignon est à l'ésotérisme islamique : l'érudit auquel tout le monde se réfère en dépit de l'image trompeuse qu'il donne du sujet qu'il traite. » [ ... ]

« ... Amadou Hampaté Bâ réunit à peu près toutes les disgrâces. Son étude sur l'empire peul du Maçina a été délibérément faussé sur un point essentiel : ...

« ... il a omis de mentionner le rôle décisif joué dans la formation de Sheikhou Amadou, le premier empereur [ du Maçina ] par un noble Soninké centenaire appelé Django à qui cette mission fut confiée au moyen d'une intervention providentielle.

« C'est en respectueux hommage à ce maître que Sheikhou Amadou régna [ sous le nom ] de Cissé [ plutôt que sous celui de Bari ou de Sangaré. ]

C'est la un point capital pour comprendre l'influence permanente des Soninké après la disparition visible de l'empire du Wagadu : ...

« ... on la retrouve aussi bien chez les Malinké de Sundjata que chez les Songhay et les Peuls du Maçina. »

[ Abd ar-Razzaq cite « L'islam noir » de Vincent Monteil et une étude universitaire consacrée à El-Hadj Omar – « La perle de l'islam » – comme appuis pour son assertion. ]

« S'agissant de l'ésotérisme islamique, il ne peut davantage être considérer comme une autorité [ à laquelle à notre connaissance Hampaté Bâ n'a jamais prétendue. ]

Ses « précieux enseignements sur la Science des lettres et des nombres » [ évoqués par la revue « Science sacrée » en 2001 ] sont contestés au sein même de la tarîqa « tijâniyya » ...

« ... où l'on fait remarquer que ses spéculations hasardeuses sur le symbolisme du nombre « 12 » à propos de la récitation rituelle de la « wazîfa » sont inadéquates et même inintelligibles.

« La vérité est que la querelle entre les partisans des « onze grains » et des « douze grains » est tout à fait artificielle : ...

« ... il n'y a jamais eut au sein de la tarîqa « tijâniyya » d'autre obligation que celle de réciter onze fois la « wazîfa » [ qui désigne plutôt l'ensemble des invocations consacrées à la « Perle de Perfection ». ]

« La « douzième récitation » n'a d'autre origine qu'une anecdote relative à la vie du Cheikh Ahmad at-Tijânî – qu'Allâh soit satisfait de lui – qui rencontrant ses disciples au moment où ils terminaient les onze fois récita à son tour la [ « Jawharat al-Kamâl » ] : ...

« ... le symbolisme applicable n'est donc nullement celui du nombre « 12 » mais bien celui de la somme « 11 + 1 » – ce qui est bien différent [ mais dès lors qu'il ne s'agit que d'une « anecdote » on voit mal de quel « symbolisme » il pourrait s'agir ] : ...

« ... on le retrouve – du reste – [ dans sa dimension symbolique ]  à propos des mois de l'année islamique – le mois de Ramadan se distinguant des onze autres car il est le seul qui porte un nom divin [ ? ] – ...

« ... ainsi qu'à propos de Yûsuf et de ces frères [ où la douzième tribut d'Israël  celle de Joseph  se subdivise entre Ephraïm et Manassé en introduisant avec la treizième un symbolisme sidéral qui n'est pas sans rapport avec l'interprétation qu'en fait Hampaté Bâ. ]

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – L'héritage doctrinal de Michel Vâlsan  L'œuvre guénonienne à la lumière de l'islâm (2009)

Massignon a pu présenter Hallâj « comme une sorte de martyr chrétien » en toute bonne foi et Hampaté Bâ manquer de profondeur historiographique sans fausser « délibérément » son étude tendancieuse. On ne peut guère en dire autant pour la partie adverse.

L'autorité qu'elle prétend défendre réunit en effet ici « toutes les disgrâces » : celle de l'émir à l'encontre de la tarîqa et celle de la tarîqa à l'encontre du « Qutb az-Zaman ».

Il suffit de lire Hampaté Bâ qui est à notre connaissance le seul à en rendre compte pour s'apercevoir qu'il y a là tout autre chose qu'une symbolique des nombres dont les réalités métaphysiques échappent à leur contradicteur.

La décade et la monade qu'elles impliquent sont en rapport avec l'unité de l'Existence universelle et l'unicité du Principe suprême dont l'essence est au-delà de la dualité des principes qui régissent les catégories immanentes de l'ontologie.

Cette dualité de l'Être telle qu'elle apparaît dans la tarîqa autour de la question du nombre des invocations est accidentel mais Hampaté Bâ l'interprète comme un recouvrement de l'ésotérisme (11) par l'exotérisme (12) inhérent à son développement.

Cette une interprétation tout à fait intelligible et autrement plus bienveillante que le déplacement des nombres auquel se livre Charles-André Gilis en sortant d'un domaine de compétence somme toute assez restreint :

« ... une grande part des rites adoptés par Cheikh Mustafâ pour vivifier la spiritualité de ses disciples proviennent du « Maqâm shâdhulî » de Tunis. »

Nous ne croyons pas pour autant que le Cheik Mustafâ Abd al-Azîz ait été aussi borné.