samedi 4 avril 2026

L'oiseau rouge

...

Pour la vingt-neuvième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La correspondance des lettres « Alif » – « Dâl » – « Mîm » avec les trois personnages mentionnés du cycle prophétique total – c'est-à-dire Adam, Dâwûd et Muhammad – permet de considérer le triangle « A.D.M » comme celui du Califat par excellence, ...

« ... car les prophètes respectifs sont les seul désignés dans le Coran et les Hadiths avec le titre de Calife d'Allâh » [ qui est ici traduit par « Vicaire ». ]

[ Ce qui est vrai pour S 2 V 30 et S 38 V 26 à propos des deux premiers mais reste plus que discutable pour le hadith suivant :

« Je serai le Seigneur des hommes – « Sayyed an-Nâs »  au Jour de la Résurrection  soit dit sans prétention. »

Cette fonction que le Prophète attribue à sa destinée posthume n'est pas reprise par la dernière sourate où il est en effet question du Maître – « ar-Râbb » – du Roi – « al-Mâlik » – et du Dieu – « al-Ilâh » – des hommes.

Comme il est invraisemblable que le Seigneur Muhammad puisse se prendre pour le Maître de l'Univers, c'est à la souveraineté du Roi que Charles-André Gilis va identifier ce qui n'apparaît ici que comme une quatrième fonction.

Il va ensuite identifier ce Roi au Vicaire en lui attribuant un troisième Califat à partir des lettres du Triangle de l'Androgyne dont la figure géométrique ne concerne en réalité que la relation intrinsèque qui unit Adam et Eve dans le cadre du premier.

Charles-André Gilis aura en définitif aliéné toutes les fonctions eschatologiques :

- celle du Sceau des saints muhammadiens en l'attribuant à l'Imam du Tawhid

- celle du « Qutb az-Zamân » en l'attribuant au Sheykh Abû'l-Hassan ash-Shâdhûlî

-  celle du Sceau de la sainteté universelle en l'attribuant à l'Imâm de sa lieutenance

Ceci dit bien évidemment sans vouloir offenser le Sheykh al-Akbar, le Sheykh ash-Shâdhûlî ou le Sceau des prophètes qui n'ont pas besoin de ce surplus de considération pour apparaître comme des géants dans le paysage raffiné de la spiritualité islamique. ]

Cf. Michel Vâlsan  Le triangle de l'Androgyne – Addenda au n° 382 du n° 386 des Etudes Traditionnelles repris par l'Islam et la fonction de René Guénon (1984) puis pour « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux de Charles-André Gilis – L'oiseau rouge (2006)

Charles-André Gilis se réapproprie ici une image du Phoenix que Pierre Ponsoy aurait emprunté au Musée du Louvre pour illustrer une étude consacrée à l'Islam et au Graal que le disciple du Cheikh Mustafâ qualifie de « vâlsanienne ».

Il aurait donc pu s'apercevoir avec « l'usage intempérant de la calculette » qu'il reproche à ses détracteurs que sur cette mosaïque la tête de l'Oiseau est entouré d'une auréole traversée par cinq rayons qui sont autant de siècles entre les apparitions de sa chimère.

Il est vrai que ce résultat n'aurait pas suffit à le convaincre des modalités spécifiques au Kali Yuga pourtant signalée par René Guénon à propos des coïncidences dans les périodes de six cents ans qui séparent la déportation à Babylone et l'incarnation du Christ.

René Guénon en constatant que cette périodicité s'était reproduite entre l'incarnation du Christ et la mission du Sceau des prophètes ne pouvait pas ne pas songer à celle qui s'étend également entre le Sceau des prophètes et l'investiture du Sheykh al-Akbar.

S'il l'avait noté également, il aurait pu en déduire des conséquences qui aurait remis en question les transpositions que nous lui reprochons mais cela n'aurait sans doute pas suffit pour déterminer l'ère dans laquelle le Phoenix se pose onze fois sur la Montagne polaire.

Cette ère que Guénon évoque par son origine en donnant à l'année terrestre une mesure efficiente jusqu'à la cinquième décimale (365,24218) ne correspond pas au Kali Yuga qui n'exprime que le plus petit dénominateur commun (1/10) d'un cycle de 25.920 ans.

Cette disparité entre l'ère du Phoenix (11 x 500) et le cycle de l'Ecliptique (360 x 72) se manifeste par une quarantaine que nous parcourons « dans les pas de Seth » jusqu'à la parousie du Calife muhammadien dont le Sceau des prophètes s'est fait l'Imam.

« Le dixième avatâra sera manifesté à la fin des temps. Son identité demeure mystérieuse et donne lieu parmi les savants à des controverses : ...

« ... tantôt on l'identifie au Bouddha [ il s'agit alors du neuvième ] tantôt au Christ de la seconde Venue [ il s'agit alors du premier qui revient. ]

« Le Kalki-Purana décrit son histoire [ celle de Sri Kalki ] et son combat final contre les forces du mal » [ dans un contexte eschatologique très « mazdéen ». ]

Cf. Charles-André Gilis  « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux  Le cheval de l'Apocalypse (2006)

Charles-André Gilis occulte ici la fonction eschatologique du « grand Roy d'Angolmois » que Nostradamus signale dans un quatrain (72) de sa dixième Centurie où il sollicite la figure moghole du Khan mongol devant laquelle se tiennent les deux témoins de l'Apocalypse.

   

    

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