jeudi 30 avril 2026

La demeure des pôles muhammadiens

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Pour la quarante-deuxième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La sixième section [ des « Futûhât » ] qui traite des Stations spirituelles – « maqâmât » [ qu'il faut distinguer des demeures coraniques (114) et de leurs condescendances (78) : « manâzil » et « munâzalât » ] – et qui comprend quatre-vingt-dix-neuf chapitres ...

[ en relation avec les Noms divins (99) qui entourent symboliquement le Nom de Majesté « Allâh » en récapitulant la Centurie d'Or au-delà de la Myriade du Vivant ]

« ... débute par un chapitre (462) intitulé : « Sur les Pôles muhammadiens et leurs demeures » dont le contenu se rapporte non plus à l'exaltation et aux transpositions caractéristiques des condescendances mais bien à la réalisation suprême.

« On notera en particulier que ce texte établit une distinction entre les Pôles muhammadiens antérieurs à l'Islam [ qui sont assimilés à des Envoyés divins mais dont le nombre (313) est celui des compagnons du Prophètes à la bataille de Badr en 624 – l'an II de l'hégire ] ... 

« ... et d'autre part les Pôles issus de la communauté muhammadienne depuis la mort du Prophète – sur lui la Grâce et la Paix !  jusqu'au Jour de la Résurrection  Pôles « dont le nombre est douze non compris les deux Sceaux ».

[ Ce qui en fait six pour chacun d'entre eux comme les 1.260 jours (42 x 30) ou (3,5 x 360) des deux témoins de l'Apocalypse  le Christ et le Sceau des prophètes – en font 630 par témoin qui faut transcrire comme autant d'années.

Ces Pôles sont des siècles  Suyûtî (+ 1515) considére Ghazali (+ 1111) comme l'un d'entre eux  et leurs Sceaux : l'Imâm du Tawhid  le Sheykh al-Akbar – et le Qutb al-Maktum  le Sceau définitif d'une sainteté spécifiquement muhammadienne – Ibn Arabî et at-Tijanî.

Le Sceau des prophètes ne pouvant s'inscrire dans cette perspective, Charles-André Gilis contourne l'obstacle en identifiant le second au Sceau de la sainteté universelle  'Isâ ibn Maryam dans la perspective strictement akbarienne d'une sainteté générale. ]

« Or le nombre douze qui a pour triangle « 78 » est typiquement un nombre « céleste » tandis les deux (dernier) Sceaux [ après le Sceau des prophètes ] occupent par rapport à ces douze Pôles une position axiale. »

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – La demeure des symboles (1994)

Si les condescendances (78) sont en correspondance avec leurs douze Pôles, leurs deux Sceaux le sont avec les Lettres isolées (14) que la tradition duodécimale a fait correspondre aux gens de la Maison – « ahl al-Bayt » – avec Fatima et le Prophète (12 + 2).

Les condescendances (78) et leurs monogrammes (30) forment le Kawthar d'al-aqq (108) :

« Le Calife est celui dont l'Imâmat procède de la Forme d'al-aqq (108)
et que les Noms [ divins ] assistent. (100) »

Charles-André Gilis met ici la Forme – « ûrat » – en rapport avec la lettre « âd » qui caractérise à elle seule le monogramme de la trente-huitième sourate. Ce qui n'est pas sans rapport avec la demeure du Graal à Sarras – cf. « Futûhât » (402) :

« Le Calife (8) n'est pas celui qui s'appuie sur la Passion
et que recherche la passion de ceux qui dévient.  »

Les nombres (108 - 100) et la dernière majuscule pour « Hawâ' » sont de nous.

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – La Clé des condescendances (1994)

Gilis identifie la lettre « âd » de la trente-huitième sourate au Sceau de la Prophétie et celui de la septième sourate qui achève le monogramme « Alif - Lâm - Mîm - âd » où le « Mîm » est un symbole muhammadien au Sceau de la Sainteté qui lui correspond.

Le troisième « âd » qui achève le monogramme « Kâf - Hâ - Yâ - 'ayn - âd » de la sourate de Marie (19) est identifié au « Christ de la seconde Venue » comme Sceau de la Sainteté universelle.

Gillis justifie cette identification remarquable par un ordre qui serait celui de la révélation des lettres isolées dans la succession des sourates que nous ne suivons pas parce que nous n'arrivons pas à l'identifier mais qui mérite d'être signalé.

L'Imam du Tawhid  le Sheykh al-Akbar – ne peut être ici que la préfiguration générale des sceaux qui le suivent : le Sceau d'une sainteté spécifiquement muhammadienne et celui d'une sainteté universelle, parfaite et absolue incarnée par Sayyidina 'Isâ ibn Maryam.

Cf. Charles-André Gilis – Les mouvements de la prière universelle (1994)

   

    

mardi 28 avril 2026

L'économie prophétique

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Pour la quarante-et-unième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« ... la perspective doctrinale [ qui oppose le Yémen et la Syrie dans l'économie prophétique ] est envisagée [ par ] les « Fusûs al-Hikam »  plus précisément dans le chapitre sur le Verbe de Seth. [ Celui qui suit immédiatement la partie initiale qui traite du Verbe d'Adam.

Le Yémen est ici mit en relation avec l'origine de l'islam et la Syrie avec l'eschatologie chrétienne. ]

« La parenté entre Seth et Jésus est indiquée par ibn Arabî dans le passage où il explique la signification de nom « Shîth » au moyen de l'expression « hibatu-Llâhi » : « le don gracieux d'Allâh ».

« En effet Seth y est considéré comme le « don de Dieu » fait à Adam, c'est-à-dire comme étant le « secret » divin et cosmique du « père des hommes ».

« D'autre part, les deux sourates coraniques qui contiennent les récits de la naissance de Jésus (S 3 V 45 à 49 & S 19 V 16 à 24) sont rapprochées l'une de l'autre au début du chapitre 381 des « Futûhât » qui traite de la Demeure spirituelle relative à la sourate « Maryam » ...

« ... selon lequel l'Esprit divin envoyé à Marie lui annonce la naissance d'un enfant en disant :

« Je ne suis qu'un Envoyé de ton Seigneur pour que je te fasse don  « li-ahaba la-ki »  d'un garçon pur ».

« Les mots  « hibat » et  « ahaba » sont de la même racine et renferment aussi le même sens. Celui d'un don « gracieux »  c'est-à-dire un don qui ne se relie pas à un mérite, à un droit ou à un gain et qui procède de la pure Générosité divine.

« Dans le poème initial de ce chapitre, 'Isâ est même désigné expressément par l'expression « hibatun 'uliyâ » : don « gracieux », « très élevé » ou « suprême ».

« Si le terme « hibat » met en lumière la parenté de 'Isâ et de Seth, le qualificatif « 'uliyâ » justifie quant à lui la « fonction primordiale » de Jésus, ...

« ... [ et celle ] des « Gardiens du Centre spirituel de notre monde » [ identifiés aux « Ansâr » qui venaient du Yémen vers le Prophète avec le Souffle du Miséricordieux :

« ... les « Ansâr » sont les « Paroles du Vrai » – « Kalimâtu'l-aqq » – c'est-à-dire les Prophètes, les Envoyés et les Sages missionnés par les Gardiens du Centre spirituel de notre monde ...

« ... pour « vivifier » la Science sacrée à travers les âges et renouveler dans toutes les phases du Temps le Pacte primordial conclu avec Dieu (S 7 V 172). » ] ...

« ... car [ ce qualificatif ] fait partie des termes qui ont pour nombre « 111 » en langue arabe.

« Du reste cette fonction [ primordiale ] est évoquée expressément au [ deuxième ] chapitre des « Fusûs al-Hikam » quand il est dit de Seth qu'il est celui qui « ouvre » tous les dons, ...

« en sa main est la Clé des dons dans toute leur diversité et dans toutes les relations qu'ils impliquent » ]

« ... tandis que la fonction complémentaire de « clôture » du cycle fait l'objet de développements plus étendus dans la partie de ce même chapitre qui traite du Sceau des saints [ quand on l'identifie à la Sainteté universelle dont 'Isâ est le Sceau. ]

« Certains commentateurs  notamment Jandî – soulignent l'unité de ce double aspect en précisant que Seth « scelle » les dons qu'il a lui-même « ouverts » – c'est-à-dire les « sciences » et les « révélations » divines inspirées aux différents prophètes. »

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – Naissance ou fonction de Jésus (1994)

Ce qui confirme ici une parenté symbolique entre Seth et Jésus quand l'Homme désigné par Ponce Pilate au sens générique de l'Ecce Homo l'identifie à Adam dont Seth est l'héritier – cf. Jean XIX 5.

Le fils de l'Homme vient alors clôturer un cycle où Jésus assume la continuité de la Lieutenance califale en assumant l'innocence d'Abel par un sacrifice salvateur dont la crucifixion et la résurrection sont la représentation.

La couronne d'épines et la pourpre de son manteau deviennent avec le roseau qui lui sert de sceptre les attributs dérisoires de son investiture à la fonction suprême de cette Lieutenance.

   

    

dimanche 26 avril 2026

Les limites du rivage

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Pour la quarantième demeure du Kawthar d'al-aqq :

Dans sa critique de l'Océan sans rivage de Michel Chodkiewicz, Charles-André Gilis identifie la Demeure spirituelle du Pôle et des deux imâms qui correspond à la dernière sourate du Noble Coran  « an-Nâs »  à la triple invocation de ses trois premiers versets :

« Rabbi an-Nâs »  « Mâliki an-Nâs » – « Ilâhi an-Nâs »

Cette identification n'est pas mise en relation avec les trois dernières sourates du Noble Coran qui met en rapports ces trois sourates avec ces trois fonctions en commençant par la fin dans l'ordre de la remonté initiatique du « mourîd » vers la Source.

Mais la Source est bien identifiée au quatrième pilier caractérisée par les sept versets de la première sourate  « al-Fatihâ »  qui correspondent à ses sept substituts dans le décompte des quatorze fonctions initiatiques du chapitre 383 des « Futûhât » (7 + 4 + 3).

Il semble néanmoins évident que les sept « Abdâl » sont constitutifs du quatrième pilier et que les trois esseulés ne se rapportent qu'aux trois premiers piliers où l'Ikhlâs (112) correspond au Pôle (111) et au Dieu des hommes  « Ilâhi an-Nâs » – de la dernière sourate (114).

Le Seigneur des hommes correspond par conséquent au Maître de l'univers de la première sourate  « Rabbi al-'âlamîn » – et le Roi des hommes au Souverain du jour de la Rétribution – « Mâliki yawm ad-Dîn » de son quatrième verset.

Le Dieu des hommes  « Ilâhi an-Nâs » – correspond ici au Miséricordieux  « ar-Rahmân ar-Rahmîn » – qui apparait dans la première sourate à deux reprises : dans l'entête coranique de la Mère du Livre et entre les deux fonctions secondaires avec les deux imams.

Celui qui se trouve entre les deux imams au troisième verset de la première sourate correspond aux Sept qui sont entre les deux redoublés avec le Coran Glorieux (S 15 V 87) où se trouve le premier qui correspond à celui de la « Basmala » originelle (S 1 V 1).

Compte tenu de cette répétition qui met en scène le Pôle et son Bâb, le nombre de ces fonctions est onze (10 + 1) tandis que les quatorze qui distinguent les trois « Afrâd » des quatre « Awtâd » correspondent aux condescendances des quatorze lettres isolées.

Charles-André Gilis donnes des trois fonctions supérieurs un certain nombre d'illustrations :

- le Prophète Muhammad et ses deux califes : Abû Bakr et Omar

- le Prophète Abraham et sa descendance : Ismaël et Isaac

- Hassan et Husayn qu'il faudrait sans doute faire mettre en rapport avec Fatima Zohra

Ces « Afrâd » (3) sont ensuite mis en rapport avec leurs « Awtâd » (4) :

- Muhammad avec Abraham et sa descendance  Ismaël et Isaac

- cette descendance avec celle du Prophète – Hassan et Husayn

Les quatre califes « ar-Rashîd » avec Uthman et 'Ali ne sont pas mentionnés.

« al-Kidr » en apparaissant avec Moïse parmi les « Afrâd » dans le « maqâm al-Qurba » de la Proximité introduit le cas de René Guénon considéré comme tel puisqu'il finit par reprocher à Chodkiewicz de s'en être détourné  ce qui est avéré.

Charles-André Gilis suit à partir de là sa propre voie en mentionnant pour la première fois « la très suspecte Ibn Arabî Society » comme aboutissement d'un rejet de l'œuvre qu'il date en 1921 avec Sylvain Lévi  ce qui est pour le moins « hasardeux ».

On peut considérer – même si ce n'est pas encore ici clairement assumé – qu'abd ar-Razzâq va prendre pour Pôle le Sheykh al-Akbar et comme imams le Sheykh Abd al-Wahîd  René Guénon – et le Sheykh Abd al-'Azîz – Michel Vâlsan – ce qui reste irréprochable.

L'opposition qu'il articule entre le Califat ésotérique ou spirituel – celui des deux califats coraniques et celui qu'il va attribuer au Sceau des prophètes – et les deux Walâya – celle du Sceau des prophètes et celle du Christ – nous semble par contre quelque peu artificielle.

La Walaya universelle du fils de Marie est appelée à être celle du Califat muhammadien que l'imamat du Sceau des prophètes oriente vers lui à la suite de ceux que le Noble Coran attribue au Calife adamantin et au roi David pour les fils d'Israël.

C'est lui  le « Kalimatu'Llâh » et l'Esprit qui en procède – qui apparait comme le Souverain du jour de la Rétribution à l'heure du Jugement  Cf. S 1 V 4 et S 4 V 171.

Cf. Charles-André Gilis – Un océan sans rivage et la doctrine ésotérique du califat – L'ascension des demeures spirituelles (1994)

   
        

    

vendredi 24 avril 2026

Les cinq tanmâtras de la mesure

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Pour la trente-neuvième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Le Grand Architecte en tant qu'il trace le plan idéal [ du Fleuve Jaune ] est appelé aussi le « Grand Géomètre de l'Univers ».

« Si l'on veut aller au-delà de [ Sol & Man ] on peut [ ... ] remonter encore plus loin [ qu'Abba Râ-Mosis ] jusqu'à [ Abba Râ-Amon ] » qui a été établi par Dieu comme imâm (S 2 V 124) :

Joseph étant la préfiguration d'Hiram dans l'édification du Temple de Jérusalem attribué à Salomon et l'imamat d'Abraham « pour les hommes » celle de Muhammad pour « le fils de l'Homme » identifié au Temple du Charpentier par le fils de Marie  cf. Jean II 21. ]

« Selon René Guénon, la géométrie n'est pas autre chose que la science même de la mesure.

« Si la géométrie des Grands Architectes est qualifiée de « mystérieuse », c'est avant tout parce que la mesure est d'origine traditionnelle ; elle n'est aucunement de nature spéculative. » [ ... ]

« La science et l'art [ c'est-à-dire la Sagesse qui accompagne la mise en application de cette science ] de la mesure – attributs du Grand Géomètre  comportent deux aspects principaux.

« Le premier concerne les déterminations essentielles qui fixent les conditions délimitant un état particulier [ de l'existence ] au sein de l'existence universelle.

« S'agissant des conditions de l'existence corporelle, ces déterminations correspondent aux cinq « tanmâtras » énumérés dans la cosmologie hindoue, ...

« ... c'est-à-dire aux cinq « mesures » permettant l'actualisation [ cyclique ] de la modalité grossière de l'état humain.

« Le Grand Architecte apparaît ainsi comme l'Ordonnateur Suprême qui donne sa Loi à chaque cycle d'existence.

« C'est là une première application de la devise [ maçonnique ] « Ordo ab Chao ».

« La seconde [ application de la devise et donc le deuxième aspect de la mesure du Grand Géomètre ] concerne la sauvegarde de l'Ordre divin au sein de chaque état qui maintient sa subsistance et assure sa continuité. » [ ... ]

Cf. Etudes sur l'Islam et la Franc-Maçonnerie – La Géométrie mystérieuse des Grands Architectes (2014) + « Mâ al-Bannâ' ? » [ qui interroge leur identité dès ] (1996)

Les cinq « tanmâtras » de la mesure ont ici la même fonction que les cinq cors du Cerf blanc, que les cinq rayons du Phoenix ponant ou que les cinq pétales du Lotus d'or qui placent le Bouddha au centre d'un cycle de 5.500 ans en 720 avant l'ère chrétienne :

« 5.500 / 2 = 2.750 - 720 = 2030 »

Les onze unités de ce cycle (11 x 500) ont néanmoins été modifiés dans l'économie cyclique d'un Kali Yuga de 2.592 ans où des cohortes de six mille lunaisons (500 x 12) ont été réparties par saison dans des cohortes de six cents ans (4 x 600).

Ces saisons sont en relation avec la remontée cyclique du cycle vers son zénith qui s'effectue à rebours d'une Grande Année cosmique de 25.920 ans (72 x 360°) en laissant un solde de 192 ans qui s'achève en 1992.

La quarantaine qui sépare ces deux réalités cycliques entre 1992 et 2032 exprime en quelque sorte le rétablissement d'une nouvelle année cosmique de 25.920 ans dans l'ornière cyclique d'un cycle de 5.500 ans qui se renouvelle tous les cinq cents ans.

Cette ornière cyclique est en rapport avec la répartition des jours bissextiles pour une année terrestre de 365,24218 jours qui nécessite un jour « trissextile » qui les précède une fois tous les cinq mille cinq cents ans et que nous situons en mars 2032.

Quand les cinq « tanmâtras » sont identifiés aux cinq sens corporels, il faut les interpréter à l'aune de leur existence universelle pour lui donner leur signification cyclique.

   

    

mercredi 22 avril 2026

Au berg d'Alsem

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Pour la trente-huitième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La fondation du Saint Empire relève d'une fonction ésotérique représentée extérieurement par un personnage dont la vie et l'œuvre ne sont connus qu'à travers des récits légendaires si étranges et contradictoires qu'ils ont jeté un doute sur son existence historique.

« Cette fonction peut être adéquatement désignée et définie au moyen de l'expression « Sainte Egide » qui fait référence au nom latin du personnage dont il s'agit – celui que les récits appellent « sanctus Aegidius » et que l'on nome en français saint Gilles.

« Si l'on s'accorde d'une manière générale à penser qu'il vécut au VIIIe siècle aucun élément historiquement vérifiable ne permet de le démontrer, certaines indications conduisant à situer sa vie au VIe d'autres obligeant à descendre jusqu'après le couronnement de Charlemagne, ...

« ... c'est-à-dire jusqu'au début du IXe. [ On peut donc supposer qu'il s'agit d'une fonction de transition entre l'empire romain et l'empire carolingien propre au VIIe siècle qui a ensuite été incarnée par ce saint et par d'autres comme l'indique la légende de saint Hubert. ]

« On comprend qu'un tel degré d'incertitude ait suscité des doutes. Pourtant ceux-ci semblent bien avoir été définitivement levés par la découverte opportune et significativement levés par la découverte opportune et significative du tombeau du saint le 29 oût 1865, ...

« ... dans la crypte de l'ancienne église abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard [ en Provence que la légende met en relation avec Rome par voie maritime à partir du Tibre. ]

« Le regain d'intérêt et de ferveur qui suivit cet événement  notamment [ par ] la restauration d'un pèlerinage à Saint-Gilles en souvenir de celui qui fut au moyen âge un des plus important de la Chrétienté – ne semble guère avoir perduré jusqu'à nos jours ; ...

« ... seuls peut-être les Compagnons tailleurs de pierre continuent-ils d'inclure la visite à Saint-Gilles [ dont on trouve des traces à Saint-Hubert ] dans leur Tour de France, ...

« ... témoignant ainsi [ ... ] de l'existence en ce lieu d'un centre spirituel et initiatique aujourd'hui disparut [ dont témoigne Prosper Mérimée (+ 1870) dans ses « Notes d'un voyage dans le Midi de la France ».

« La réunion synthétique en saint Gilles des deux pouvoirs sacerdotale et royal est évoquée par l'épisode central de sa vie légendaire qui fournit le thème unique de l'iconographie du saint – celui de la biche qu'il protège et de la blessure que lui inflige la flèche d'un chasseur.

« Cet épisode se situe à un moment où saint Gilles vit en ermite au milieu de la forêt « gothique » de la Septimanie dans une complète solitude.

« Au fond sa retraite – protégée par d'épais fourrés – une biche lui rend visite et le nourrit de son lait.

« Un jour elle est aperçue par des chasseurs qui s'élancent à sa poursuite ; ...

« ... mais l'animal rejoint le saint dans sa retraite et les chasseurs entravés par l'enchevêtrement des taillis sont contraints d'abandonner leur effort.

« Ce jeu se reproduit à plusieurs reprises jusqu'au moment où excédé un chasseur décoche une flèche à travers le feuillage.

« A la suite de quoi – selon le récit des Actes [ du saint ] – le roi et l'évêque qui avaient accompagné les chasseurs pénètrent seuls dans le fourré [ ... ] : ...

« seuls le roi avec l'évêque parvinrent à pied jusqu'à lui tous les autres ayant reçu l'ordre de rester en arrière » ; ...

« ... ils y découvrent l'ermite assis sur le sol protégeant la biche blottie à ses pieds, la main blessée par la flèche qui l'avait transpercée. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La Sainte Egide (1997)

Charles-André Gillis identifie la biche au Christ mais il s'agit bien évidement de la Vierge dans le « maqâm » marial d'Artémis – celui de Notre-Dame d'Anis au Puy-en-Velay.

Ce qui l'identifie plutôt à son « faon » dont le phonème semble n'être que la transposition du « paon » dans la représentation dionysiaque de son bestiaire solaire – celui d'On à Sidon.

Et si la lactation légendaire de saint Gilles est mariale, saint Bernard dut aussi occuper sa fonction. Gilis pose ici cette énigme entre Gilles et Gîlânî : ...

In Memoriam sous Silence (55) de Saint-Gilles-Lez-Brussels au berg d'Alsem.

   

    

lundi 20 avril 2026

Tolga

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Pour la trente-septième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Suite à la scission avec Schuon, Vâlsan souhaita se vouer à une vie retirée et consacrée, il se rendit auprès de plusieurs maîtres en terre arabe : Tunisie, Algérie  il passa trois mois à la « zawiya » Rahmâniyya de Tolga notamment  ou au Maroc.

« Il y passe tous les ans de longues périodes et renforce sa formation linguistique et spirituelle.

« Il fera d'ailleurs plus tard de ce genre de voyage en terre arabe une condition au rattachement.

« Sous la pression d'autres disciples en scission avec Schuon, il accepte de prendre en charge leur direction spirituelle presqu'à regret car conscient du sacrifice que cela impose.

« Il s'acquittera de cette tâche dans la plus parfaite conformité à l'exemple prophétique.

« Il formera plusieurs de ses poches qui à sa suite continueront d'œuvrer à nous faire découvrir les travaux sans équivalents du plus grand des maîtres, Muhyî'd-Dîn ibn Arabî.

« Parallèlement, il assumera les fonctions de rédacteur en chef puis de directeur littéraire de la revue [ des ] « Etudes Traditionnelles » à laquelle Guénon collabora jusqu'à la fin de sa vie.

« Plusieurs de ses disciples fourniront également des articles centrés sur les fondements de la Tradition. » [ ... ]

« Juste avant de mourir, il se rendit en Algérie auprès du Sheykh Boudali de filiation Darqawiyya Shadhiliyya pour recevoir l'invocation du Nom suprême : « Allâh ».

« Le Sheikh lui indiquant les préparatifs nécessaires lui proposa de revenir ultérieurement quand les conditions seraient réunies ; ...

« ... les décédèrent entre-temps. Il mourut donc sans avoir reçu la transmission du « dhikr » le plus central des rites initiatiques. »

Cf. Slimane Rezki – René Guénon. Les suites ou la mise en œuvre. Le passeur – L'islam – Naissance de la « Tariqua » en Suisse et en Europe (2021)

Après avoir établit que la transmission ne se serait pas pleinement réalisée de ce côté là, Rezki affirme que la « khalwa » n'était pas pratiquée par le Sheikh Mustafa « selon les règles strictes du Soufisme ».

Il semble bien pourtant que le Sheikh abd al-'Azîz l'a pratiqua à Tolga.

Ce qui n'est pas sans conséquence sur sa filiation indépendamment du rite shadhilite qu'il emprunta au « maqâm » de Tunis pour sa « zaouïa ».

   

    

samedi 18 avril 2026

Le roi des djinns

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Pour la trente-sixième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Dans une lettre inédite datée du 14 juillet 1937, René Guénon écrit : ... 

« Shamharûsh [ le chef des djinns ] n'est ni un ange ni un archange, ... [ Il ne saurait être question par conséquent de lui attribuer une identification que nous réservons aux trois grues couronnées. ]

« ... c'est le roi des djinns « mu'minîn » – « croyants » – ce qui est tout différents ; ...

« ... quand à l'origine de son nom, je n'en ai jamais vu aucune explication. [ Il semble néanmoins évident qu'il désigne un esprit solaire. ]

« Il paraît d'ailleurs qui est mort – passé à un autre état [ d'existence ] – et que le roi actuel est Maïmûn – si bien que nombre de magiciens qui ignorent ce changement s'entêtent à répéter en vain des formules qui ont perdu toute efficacité ! »

« Il n'est pas sans intérêt de signaler que le nom de Shamharûsh est connu tout aussi bien au Maghreb que dans la région soudanaise ...

« ... et que des récits circulant dans cette région mentionnent le mariage d'une « Maïmûna – fille de Shamharûsh » – avec un important génie titulaire ...

« Maïmun » dont le nom semble en rapport avec son statut de « mu'minîn » – celui du « minime » dont la qualification deviendra celle du « mineur ». ]

« ... survenu en 1922 ou 1923 sur les bords du fleuve Niger. Cf. Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko – Soundjata. La gloire du Mali. »

[ On serait par conséquent devant une variante « négro-africaine » de la transmission cyclique entre Adam et Seth où « Maïmun » occupe la fonction du « Qutb az-Zaman ». ]

Cf. Charles-André Gilis  Aperçus sur la doctrine akbarienne des djinns – Remarques circonstancielles (2005)

Charles-André Gilis profite de ces remarques circonstancielles pour caractériser le « djihâd » du Sheykh Omar al-Fouti qu'il juge « ambigu » et « révélateur ».

Cette ambiguïté qui s'étend dans sa préface à la « Qâdiriyya » et à la « Tijâniyya » qui ne transmettraient pas « la doctrine véritable » [ celle du Sheykh al-Akbar ] serait celle des organisations islamiques en relation avec les « élites initiatiques » négro-africaines.

La Shâdûlîyya semble toutefois avoir plutôt bénéficié de cette relation puisque son Cheikh a sa sépulture à Humaythara aux confins de la Haute-Egypte et de la Nubie et qu'il aurait d'après René Guénon réalisé une transmutation alchimique à Alexandrie.

Cette transmutation précise-t-il se serait faite sans avoir recours à aucune opération matérielle ni à aucun « moyen d'ordre psychique » – ce qui écarte toute « magie » – uniquement par l'effet de sa « baraka » – de son « influence spirituelle ».

Il serait sans doute plus simple de signaler que le Sheykh Abû'l-Hassan ash-Shâdûlî semble avoir eut accès à ce genre de ressource dont il aurait fait bénéficier le Sultan mais on comprend aussi l'intérêt symbolique dont Gilis espère à son tour tirer profit.

On assiste à la genèse d'une tentative de détournement subtile mais avérée de l'influence générale  celle des voies initiatiques négro-africaines et celle du « tasawwuf » islamique – au profit d'une voie particulière à laquelle il finit par s'identifier.

Celle du Sheykh Omar al-Fouti dont la finalité s'occulte dès 1862 et celle du Sheykh Ahmad at-Tijânî qu'elle prolonge s'apparente dans sa filiation à une « Khalwatiyya » dont la source transcendante reste celle du Prophète par une inspiration sans intermédiaire.

Sa finalité – c'est-à-dire son occultation – est celle d'une échéance eschatologique qui fait précéder l'avènement général de la Sainteté universelle du fils de Marie par celui du « Qutb az-Zamân » et dans le royaume des djinns par celle de « Maïmun » – le Croyant.

Mais nous croyons également que le « regard phénoménologique » que Guénon s'invente pour aborder le domaine initiatique peut être interprété avec Gilis comme une modalité de la vision prophétique dont bénéficie le « maqâm » de la Proximité.

Et même les limites qui peuvent nous apparaître à posteriori comme des œillères dans la mesure où elles épousent celles qui caractérisent les milieux auxquels elle s'adresse peuvent relever d'une certaine forme de Sagesse – celle de la ruse d'al-Latîf.

Sa subtilité est alors comblé par Sa bonté dès qu'elle emprunte des voies détournées : suivre la Voie a dit Lao-Tseu, c'est s'en écarter. S'en écarter, c'est y revenir.

La Voie n'est plus ici celle du juste milieu sur laquelle il est toujours possible de s'égarer dans les méandres de ses contingences mais celle d'une élévation qui en définitif reste sans détour.

   

    

jeudi 16 avril 2026

La respiration du Miséricordieux

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Pour la trente-cinquième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« [ ... ] certains initiés détenteurs des « goûts spirituels » déclarent qu'Allâh ne Se manifeste dans une forme unique ni deux fois successivement ni à deux personnes différentes simultanément ...

« ... car Il est chaque jour d'entre les jours de Ses respirations qui sont les plus courts de tous les jours « occupé à quelque œuvre » (S 55 V 29) ; ...

« ... ou plutôt Il est dans ces œuvres même en dépit de leur multiplicité. »

Cf. Charles-André Gilis  « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux  Une création nouvelle (2006)

Les jours de la respiration du Miséricordieux – « an-nafas ar-Rahmân » – qui sont « les plus courts de tous les jours » sont au nombre des trente-six séquences que nous qualifions de « chandelles » en deçà des secondes.

La Chandeleur – « Imbolc » – est en effet le troisième jour du deuxième mois du Janus qui se retrouve trente-six jour après le Solstice d'hiver quand les cinq premiers jours complémentaires sont répartit autour du Solstice (3 + 33).

Ce jour correspond théoriquement à la fin de l'hibernation et au réveil de certains mammifères  – principalement l'Ours et la Marmotte – dans le règne animal seize jour avant les Prémices du règne végétal.

C'est la raison pour laquelle nous identifions cette période à un jeûne originel dont le terme se situe lui même trente-six jours avant l'équinoxe du Printemps.

Les seize jours de ce jeûne originel auquel nous ajoutons avec « Ashura » et « Yom Kippour » les deux qui entourent l'Axe de l'apocatastase au dixième jour du premier mois du Janus entourent par conséquent deux périodes de trente-six jours (36 + 16 + 36) = (88).

Le jour de l'Axe (10e) et celui des Prémices (50e) qui est aussi celui de la Parentèle que nous consacrons également à l'Amour le jour de la Saint Valentin coïncide avec l'accroissement du Janus qui passe avec le calendrier Julien de cinquante à soixante jours.

Cet accroissement est celui qui sépare le calendrier de l'hégire de 355 jours avec douze mois alternant entre 29 et 30 jours auxquels on ajoute un premier jour complémentaire et les calendriers de 365 jours auxquels on ajoute des jours bissextiles (365,242).

C'est à ces jours bissextiles qu'on en ajoute encore un que nous qualifions de « trissextile » une fois tous les cinq mille cinq cent ans (11 x 500) puisque nous le situons avant ceux qui le suivent par rapport à l'équinoxe du Printemps (365,24218).

Le jour de l'équinoxe et son bissextile deviennent par conséquent les jours complémentaires qui complètent le cycle des cinquante-deux semaines sidérales (364) à raison de treize par saison où l'année sidérale laisse apparaitre un treizième mois de vingt-huit jours.

Les deux cycles de trente-six jours qui s'étendent entre le Solstice d'hiver et l'équinoxe du Printemps correspondent aux phases nocturnes et diurnes de ces jours qui sont comme les systoles et les diastoles de l'inspire et de l'expire du Miséricordieux.

Ces systoles et ces diastoles sont communément qualifiées de pâmes et de syncopes dans le vocabulaire mystique de la pamoison et dans les séquences rythmiques des mesures musicales qui n'ont rien à voir à priori avec les « pommes » dans lesquelles on tombe.

Les syncopes sont des haltes entre les pâmes avec lesquelles l'extase du mystique entre en contact bien que cet évanouissement où ce ravissement à la vie mondaine des secondes soit plutôt une forme d'enstase fugace dont on revient rapidement.

Rapidement du point de vue de l'observation extatique du phénomène mystique puisqu'intrinsèquement l'entsase décrit plutôt une cessation du temps auquel les phases ou les stases de la dyade sont pourtant irrémédiablement soumises.

Le nombre de ces phases ou de ces stases est donc septante-deux (36 + 36) de point de vue de la dyade où s'exprime leur unité qu'on peut qualifier de Tao ou de Tantra avec les traditions orientales ou de « principielle » avec la tradition akbarienne :

« Sur le diamètre de l'Un [ écrit le Sheykh al-Akbar dans le chapitre 334 des « Futûhât » ] entre les deux arcs de l'unité et de l'unicité »  (10) et (1).

C'est une image géométrique assez précise du « 0 » de la décade qui ne serait être une quantité de rien mais plutôt une image du Tout dans son unité primordiale.

Cf. Charles-André Gilis  « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux  Le Coran Glorieux (2006)

Le nombre des stases ou des phases (72) est aussi celui des anges gardiens et des anges rebelles : les hommes sont fait d'eau et de terre, les djinns sont fait d'air et de feu, les anges d'air et de lumière. Les principautés régissent l'espace où les archanges ne sont que lumière.

C'est le Miséricordieux qui est sur le Trône quand on l'identifie au « Métatron ».