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Pour la quarante-sixième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« La notion de « demeure spirituelle » peut-être précisée aussi par référence aux deux mentions coraniques du terme « manâzil » : ...
- la première figure dans sourate « Yâ Sîn » (S 36 V 39) : « Et pour la lune, Nous avons déterminé des [ « manâzil » ] jusqu'à ce qu'elle devienne comme une vielle branche de palmier » ; ...
- la seconde, dans la sourate « Yûnus » (S 10 V 5) : « C'est Lui qui a fait du Soleil un éclat et de la lune une lumière ; Il en a déterminé les [ « manâzil » ] afin que vous sachiez le nombre des années et calcul du temps ».
« Dans ces versets, les « manâzil » sont assimilées aux « phases » ou aux « stations » parcourues par la lune dans le cycle mensuel.
[ On parle alors de phases « croissante » ou « décroissante » et de « mansions » lunaires. ]
« Ces stations inscrites dans la Sphère céleste appelée pour cette raison « Sphère des stations ou des mansions lunaires – « falak al-manazil » – sont au nombre de vingt-huit.
[ Gilis indique que cette sphère fait partie de la Sphère des étoiles fixes – « falak al-kawâkib » – qui comprend la Sphère solaire avec les cinq planètes et la Sphère sublunaire avec le même nombre de régions dont la plus profonde est celle du Paradis ancestral.
Les mansions lunaires qui s'inscrivent dans la Sphère céleste des étoiles fixes où transitent le Soleil et les planètes appartiennent en réalité à la Sphère terrestre des régions sublunaires tant qu'on leur accorde une valeur sidérale (28) en-deçà de leur réalité synodique. ]
« Même quand elles sont envisagées dans cette perspective cosmologique [ qui s'oppose à leur réalité spirituelle ] les « manâzil » donnent lieu à une interprétation qui les relie encore à un aspect essentiel de [ leur ] révélation coranique, ...
« ... à savoir les vingt-neuf sourate qui portent à leur début les (30) monogrammes formés de (78) Lettres isolées [ dont le nombre relève de la triangulation du nombre de leurs douze lunaisons synodiques. ]
« En effet, Michel Vâlsan a souligné que le nombre vingt-neuf « correspond naturellement à un cycle lunaire » [ dont le nombre des phases est par conséquent celui des heures (24) contrairement à celles de la Semaine dans la succession des jours (14). ]
Cf. Charles-André Gilis – Les clés des (114) demeures spirituelles dans les « Futûhât » d'ibn Arabî – Introduction (1991)
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L'introduction aux clés des demeures spirituelles repose sur le nombre des condescendances (78) mais ne fournit aucune indication sur celui des demeures (114) hormis bien sûr le fait qu'elles correspondent à celui des sourates du Noble Coran.
Ce qui en regard du nombre des Paroles cachées transmises par Jésus à son didyme (114) et des généalogies bibliques en fait un corpus séthien semblable à la Prophétie des papes qu'on peut lire du point de vue des nombres : (114) = (112 + 2) ou (1 + 111 + 2).
Cette lecture ne peut se limiter à son seul point de vue métaphysique puisqu'elle correspond également aux seize semaines de l'apocatastase : (16 x 7) = (112).
Mais d'une certaine façon – du point de vue de la saison primitive de trente-six semaines qui caractérise la période estivale – (36 x 7) = (252) – l'apocatastase se trouve en dehors du séjour paradisiaque qui conditionne sa cosmologie originelle.
Ses stations sont donc bien les demeures d'un retour vers sa patrie ancestrale. La première saison est ensuite divisée en deux parties égales autour du Solstice d'été (2 x 18) avant d'être étendue à la seconde à partir de leurs solstices et de leurs équinoxes.
Ce retour à l'unité emprunte la décade de la Grande Année cosmique de 25.920 ans (360° x 72 ans) en inversant du point de vue des saisons la quadrature du cycle théorisée par la Tetraktys des âges définit par leurs nombres ou pour leurs métaux.
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« Il existe un décalage constant de huit unités entre les (114) demeures [ du Noble Coran ] et les paragraphes » [ du chapitre 559 des « Futûhât » du Sheykh al-Akbar. ]
Cf. Charles-André Gilis – Les clés des (114) demeures spirituelles dans les « Futûhât » d'ibn Arabî – Quatrième [ et dernière ] clé (1991)
Ce décalage reste celui de l'assistance des Noms divins (100) par rapport à la forme du Kawthar d'al-Ḥaqq (108) à propos duquel Gilis mentionne la blancheur insufflée dans l'innocence depuis l'immensité des ténèbres – cf. Jean I 5.

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