samedi 31 janvier 2026

Les signes du Livre

...
 
« Alif - Lâm - Mîm - Râ »
 
Dans le monogramme de la treizième sourate :
 
- « Alif » est le Principe du monde de la négation [ « Lâ-Hût » ]
 
- « Lâm » est la Négation dans le monde de la contrainte [ « Jabarût » ]
 
- « Mîm » est la Lumière muḥammadienne dans le monde des réalités subtiles [ « Malakût » ]
 
- « Râ » est la Raḥmaniyya d'ar-Raḥman dans le monde des hommes [ « Nasût » ]
 
Ces significations sont les mêmes pour les six monogrammes : « Alif - Lâm - Mîm »
 
et pour les cinq monogrammes : « Alif - Lâm - Râ »
 
Quand « Râ » est remplacé par le « Ṣad » de la septième sourate : « Alif - Lâm - Mîm - Ṣâd »
 
Le « Ṣad » représente la « Ṣirât al-Ḥamîd » conformément à la Parole :
 
« Nous t'avons envoyé uniquement comme Miséricorde pour les mondes »
 
« Wa mâ arsalnâ-ka illa Raḥmatan li'l-'âlamîn »
 
Notons que le nombre des monogrammes est trente puisque que la quarante-deuxième sourate en comprend deux.
 
   

vendredi 30 janvier 2026

La Voie adamantine

...

Le Sceau des prophètes est au sommet de la Décade orientale.

Le Christ est au centre de l'Octave occidentale.

La Voie du Milieu est à la base du plérôme duodécimain.

C'est la Voie du Manu adamantin.

   

    

mercredi 28 janvier 2026

La Ṣirât al-Ḥamîd

...

Pour le quatrième jour incommensurable
quand il précède l'équinoxe du Printemps :

Jadis [ si je me souviens bien ]

L'arbre de Noël
Était paré d'ambre
Gemmes de Soleil
Et larmes du Ciel

Jadis [ si je me souviens bien ]

L'arche de Noé
Était arrimée
Au Mât de cocagne
Du Pays des fées

Jadis [ si je me souviens bien ]

Disait Abraham
Les arbres de Mai
Nous réunissaient
À l'ombre des rames

Jadis [ si je me souviens bien ]

Les soirs de Septembre
Entraient dans les chambres
À l'appel du brame
Des nuits diaphanes

Jadis [ si je me souviens bien ]

Le chêne et la trame
Au rouet des âmes
Dans l'antre des dames
Ravivaient les mânes

La dernière demeure dont nous avons fait état est celle du Jour trissextile qui précède le jour du Printemps et son bissextile une fois tous les cinq mille cinq cents ans en réalisant le cycle que nous attribuons au Maître des abeilles.

Le cycle du Maître des abeilles s'étend à la cinquième décimale (365,24218) sur les onze cycles de cinq cents ans qu'on attribue sur le trois continents au Phœnix ponant, au Cerf blanc ou au Verbe du Lotus d'or.

Ce jour là que nous situons en Mars 2032, le Jour bissextile qui apparaît tous les quatre ans à l'exception des siècles qui précèdent le cinquième devient le Jour de l'équinoxe tandis que celui qui le précède devient le trissextile de celui qui le suit.

Autrement dit le Jour de l'équinoxe apparaît cette année là flanqué de ses deux acolytes et réalise la Station stellaire d'un Pôle qui est celui du Maître des abeilles où le nombre des demeures atteint avec elle la cote « 721 » :

367 jours + 52 semaines + 13 mois + 28 mansions
et les 261 sphères célestes que nous avons réparties en deux groupes
pour les 81 premières et les 18 dizaines restantes
dont quatre seulement ont été déterminées avec la deuxième lettre
parce qu'elles sont pour la lettre «  »
comme les quatre portes solsticiales du Point primordial
qui apparaît avec la dernière demeure
quand elle se présente comme un quatrième jour incommensurable.

Quand nous avons visité la dernière demeure, elle était entièrement vide de toute connaissance et ne contenait que l'espace de sa propre lumière. Et bien que des parchemins très anciens en ait fait mention, nous avons douté de son existence.

Notre doute n'était pas le fruit de notre ignorance mais bien celui de l'effet qu'avait fait sur nous l'état dans lequel elle se trouvait et l’immensité du champ sur lequel elle agissait que nous aurions voulu passer sous silence.

Cette demeure reste sans retour car au-delà de son Gnomon, il n'y a plus de passage. On peut toutefois considérer quand elle apparaît, qu'elle se trouve au centre d'un espace de onze mille ans où le Phœnix aux six milles lunaisons apparaît vingt-deux fois.

C'est pourquoi nous la comparons à la Reine d'une ruche de vingt-deux mille alvéoles où chaque alvéole se présente sous la forme d'un hexagone et si tu es de ceux qui comptent tu verra qu'il y a là comme une allusion aux douze mois de l'année.

Car il faut recouvrir les symboles par d'autres symboles pour que les âmes les plus timorées ne soient pas troublées.

La Raḥmaniyya d'ar-Raḥman est venue du Yémen
avec les anṣâr du Kalimâtu'l-Ḥaqq

Puis son Kalâm a béni l'Andalousie
durant les années 585 et 586 de l'hégire

Comme Dhû'n-Nûn quand il T'implorait dans les ténèbres
appelait la Lumière en Galilée :

« Pas de Dieu si ce n'est Toi ! »

« Lâ ilâha illa Anta »

S 21 V 87

C'est le Tawḥîd de Celui à qui s'adresse le discours à la deuxième personne du singulier en provenance de la Raḥmaniyya d'Allâh et le vingtième dans l'ordre du Rappel. Le Possesseur du « Nûn » – Yûnus – est le détenteur de la réalisation cyclique.

Au chapitre 198 des « Futûḥât », le Sheykh al-Akbar se met en rapport avec le Prophète et se remémore l'époque bénie – vers 1190 – où il se pressent comme l'héritier des deux témoins – le Messie d'Israël et le Sceau des prophètes.

Plus tard – une fois investit dans sa fonction – il se mettra en rapport avec le Sceau des saints qui l'invite sous l'injonction du Prophète à les rejoindre sur la chaire de tamaris qui représente sous la Lumière bleue la Station muḥammadienne.

C'est l'Imam du Tawḥid qui occupe ici la position polaire parmi les quatre sceaux des deux triades akbarienne et aḥmadienne mais c'est le Christ qui détient le « Nûn » de Jonas à la fin du temps qu'il devait passer dans le ventre de la baleine – trois jours et trois nuits.

« Au chapitre 370 des « Futûhât » qui traite de la demeure spirituelle correspondant à la sourate « Ibrâhîm », ibn Arabî développe une doctrine d'ensemble au sujet des différentes voies mentionnées dans le [ Noble ] Coran.

[ Bien que du point de vue de l'égarement il n'y en ait qu'une seule que la « Fâtiḥâ » qualifie de droite – « aṣ-Ṣirâṭa'l-mustaqîm » : c'est la Voie médiane du « Madhyamaka » propre à la triade orientale du « Mahâyâna ». ]

« Il décrit la « Ṣirât al-'Azîz al-Ḥamîd » comme une Voie qu'aucune créature ne peut ni connaître ni parcourir car ne peut en avoir le goût initiatique que celui dont l'être propre est complètement éteint :

« C'est une Voie de descente divine sur laquelle aucune créature ne peut monter » [ indiquée par S 14 V 1 et S 34 V 6 qu'abd ar-Razzâq attribue à l'Inaccessible Louangeur-Louangé pour qualifier le Tout-Puissant – « al-'Azîz » – comme Digne de louange.

Si « Aḥmad » est la Louange, c'est « Maḥmud » qui est le Louangeur comme l'indique l'histoire de l’Éléphant qui s'agenouilla à l'approche du territoire de la Mecque et c'est « Muḥammad » qui est le Louangé.

La Voie d'al-Ḥamid est mise en relation avec la Lumière qui ne peut être vue que par elle-même et avec « al-Ḥaqq » qui qualifie le témoignage du Sceau des prophètes à l'égard du Messie d'Israël dans la « Salat al-Fatiḥî » sur l'Ouverture et le Sceau.

Ce témoignage – « al-Ḥaqq bi al-Ḥaqq » – apparaît alors en troisième position comme le Pôle de la louange dont la guidance sur la « Ṣirâṭa'l-mustaqîm » apparaît comme le quatrième pilier de la Voie muḥammadienne.

On peut dès lors décrire la « Ṣirât al-Ḥamîd » comme une Voie verticale qui traverse celle du Milieu sur ses lieux d'élévation dans les limites imposées par ceux qui en constituent le début à la fin – « al-Fatiḥî wa al-Khatimî ». ]

« Cette indication confirme qu'il s'agit bien ici d'une Voie métaphysique : la Voie « que l'on ne peut parcourir » est un équivalent précis du Tao de la tradition extrême-orientale ...

« ... et c'est aussi le « voie directe » que [ le ] Cheikh Abd al-Wâhid [ René Guénon ] a mainte fois mentionnée dans ses écrits.

« Si nous ne pouvons la parcourir, c'est avant tout parce que nous en sommes l'essence [ ... ]: voilà pourquoi elle est appelée : « Ṣirât al-Ḥamîd ».

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle – La Voie métaphysique (2012)

Une brise légère – Adèle – nous accompagne
au Wisconsin depuis Dion-le-Val
   

    

lundi 26 janvier 2026

L’étendard de la Louange

...

Pour la dix-huitième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux cent soixante et une sphères célestes :

« Pour en revenir à notre point de départ, on n'est nullement autorisé de ce que les plus anciens philosophes grecs ont précédé de plusieurs siècles l'époque d'Alexandre à conclure qu'ils n'ont rien connu des doctrines hindoues.

« [ À titre d'exemple mais il ne s'agit que d'un point de départ pour sa thèse ] l'atomisme longtemps avant de paraître en Grèce avait été soutenu dans l'Inde par l'école de Kenada puis par les Jaïnas et les Bouddhistes ; ...

« ... il se peut qu'il ait été importé en Occident par les Phéniciens comme certaines traditions le donnent à entendre ... [ Mais on voit mal comment les Phéniciens l'aurait transmis aux Grecs sans qu'ils l'aient tenu d'un tiers. ]

« ... d'autre part, divers auteurs affirment que Démocrite qui fut un des premiers parmi les Grecs à adopter cette doctrine ou tout au moins à la formuler nettement avait voyagé en Égypte et [ en ] Inde.

« Les premiers philosophes grecs peuvent même avoir connu non seulement les doctrines hindoues mais aussi les doctrines bouddhiques car ils ne sont certainement pas antérieurs au Bouddhisme ...

« ... et de plus celui-ci s'est répandu de bonne heure hors de l'Inde dans les régions de l'Asie plus voisines de la Grèce et par suite relativement plus accessibles.

« Cette circonstance fortifierait la thèse fort soutenable d'emprunts faits non pas certes exclusivement mais principalement à la civilisation bouddhique [ dont le « principe d'unité » ne nous est pas encore donné par le corpus guénonien, ] : ...

« ... ainsi s'expliquerait en particulier le fait que la plupart des philosophes physiciens n'ont admis que quatre éléments au lieu de cinq.

« Ce qui est curieux en tout cas, c'est que les rapprochements qu'on peut faire avec les doctrines de l'Inde sont beaucoup plus nombreux et plus frappants dans la période ante-socratique que dans les périodes postérieures ; ...

« ... que devient alors le rôle des conquêtes d'Alexandre dans les relations intellectuelles des deux peuples ?

« En somme, elles ne semblent avoir introduit en fait d'influence hindoue que celle qu'on peut trouver dans la logique d'Aristote [ ... ]

« ... ainsi que dans la partie métaphysique de l’œuvre du même philosophe pour laquelle on pourrait signaler aussi des ressemblances beaucoup trop précises pour être purement accidentelles. » [ ... ]

« Après Aristote, les traces d'une influence hindoue dans la philosophie grecque deviennent de plus en plus rares sinon tout à fait nulles ...

« ... parce que cette philosophie se renferme dans un domaine de plus en plus limité et contingent, de plus en plus éloigné de toute intellectualité véritable ...

« ... et que ce domaine est pour la plus grande partie celui de la morale se rapportant à des préoccupations qui ont toujours été complètement étrangères aux Orientaux.

« Ce n'est que chez les néo-platoniciens qu'on verra reparaître des influences orientales et c'est même là qu'on rencontre pour la première fois chez les Grecs certaines idées métaphysiques comme celle de l'infini.

« Jusque là – en effet – les Grecs n'avaient eu que la notion de l'indéfini et – trait éminemment caractéristique de leur mentalité – fini et parfait étaient pour eux des termes synonymes ; ...

« ... pour les Orientaux – tout au contraire – c'est l'infini qui est identiques à la Perfection.

« Telle est la différence profonde qui existe entre une pensée philosophique – au sens européen du mot – et une pensée métaphysique ; ... ».

Cf. René Guénon – Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues – Considérations préliminaires – Les relations des peuples anciens (1930)

Définition de la métaphysique qui n'a guère de sens en-dehors d'une économie cyclique qui transcende les catégories du fini et de l'infini dans la perpétuité de ses révolutions.

Guénon n'évoque ici que la troisième des cinq ruptures paradigmatiques qui dénaturent la tradition chrétienne du point de vue de ses origines :

1. la rupture apostolique contre la gnose syro-phénicienne

2. la rupture patristique contre la monarchie orthodoxe

3. la rupture scolastique contre les gnoses platoniques

4. la rupture pontificale contre l'augustinisme épiscopal

5. la rupture moderniste contre la monarchie pontificale

Hans Küng (+ 2021) théorise une série de six paradigmes qui recouvrent en partie les nôtres mais en les situant dans une éthique de la continuité en vue de la réalisation d'un idéal démocratique.

Cet idéal souscrit à la confusion d'une plèbe laïque avec une aristocratie démocrate qui relève d'une inversion des catégories politiques.

Cf. Hans Kung – Das Christentum. Wesen und Geschichte (1994)

« Il est remarquable que le terme « liwâ' » donne lieu à une distinction analogue [ à celle où l'Esprit de Muḥammad demeurait régi par le nom divin [ « al-Bâṭin » ] ...

« ... et celle où il est uni à la manifestation corporelle du Prophète universelle qui marque le début d'un cycle nouveau régi par [ « aẓ-Ẓâḥir » ] [ qui lui succède. ]

« En effet, la donnée traditionnelle rapportée par ibn Arabî dans le texte cité fait état d'un Étendard unique alors qu'au chapitre 338 des « Futûhât » qui traite de la Demeure relative à la première des sept sourates consécutives appelées « ḥawâmîm » ...

[ Il s'agit des sourates 40 à 46 caractérisées par les Lettres isolées « Ḥâ-Mîm » dont la valeur anagogique est celle des 99 Noms divins à l'exception notable de la troisième d'entre-elles (42) qui confirme sa position polaire. ]

« ... il est question en correspondance avec chacune de ces sourates de sept étendards également appelés « les étendards de la Louange » – « al-alwiyât al-Ḥamd » : ... [ Abd ar-Razzâq donne ici vingt ans plus tard la clef du titre de l'étude qu'il consacre au Califat. ]

« ... ils seront remis au Prophète lorsqu'il sera établi à la Station louangée et aussi à ses héritiers muḥammadiens [ parmi lesquels Abd ar-Razzâq reconnaît le Cheikh al-Akbar comme le plus éminents ...

... mais il est clair que l'héritage muḥammadien engage toute la triade aḥmadienne caractérisée par la Station du Sceau des saints investie par le Sheykh Aḥmad at-Tijanî. ]

« Sur les étendards figurent les [ 99 ] Noms d'Allâh par lesquels le Prophète louangera alors son Seigneur selon des modes – « mahâmid » – dont il a dit lui-même : « Je ne les connais pas parfaitement. »

[ La Station louangée évoque la « Anâniyya » qui désigne la théophanie du « Moi » dans trois des trente-six attestations coraniques de l'Unité divine sous la forme : « Lâ ilahâ illa Anâ » – cf. S 16 V 2 et S 20 V 14 + S 21 V 25.

Cette Station suprême qui est celle de l'identité transcendante appartient au Père – Abba Râ-Amon – au Fils – Abba Râ-Mosis – et à l'Esprit – « Rûh min Huwa » – qui désigne le « Kalimatu'Llâh – 'Isâ ibn Maryam – cf. S 4 V 171.

Dans cette triade, c'est le Christ qui occupe la position polaire du tiers conformément aux annonces eschatologiques du Prophète qui s'identifie ici au quatrième pilier à la suite de la figure mythique d'al-Khidr.

Cette trinité théophanique préfigure celle dont l'apôtre Pierre – l'Abben araméen du Céphas grec – et le fils de la Mère de Dieu identifié au disciple bien-aimé se sont distribués les rôles avant que le dogme de la théologie patristique ne les définissent. ]

« Ibn Arabî ajoute qu'à chacun de ces modes [ de manifestation ] correspondra « une demande d'intercession auprès d'Allâh » et rappelle que l'Envoyé d'Allâh sera établit à cette Station par son nom « al-Ḥamîd ». [ ... ]

« Rappelons que l'unité envisagé au centre [ du ] monde [ intermédiaire où l’Étendard du Prophète est levé ] est figurée par le nombre « 100 » dont le symbolisme se retrouve dans les sept sourates « hawâmîm » : ...

« ... à l'exception de la sourate « ash-Shûrâ » [ la troisième ] chacune d'entre-elles est représentée par le nombre « 99 » qui dans ce contexte apparaît comme l'équivalent de « 100 - 1 ». [ « (8 + 1) + (40 + 10 + 40) » = « 99 » = « Hâ – MîM » ]

« Cette sourate [ qu'Abd ar-Razzâq identifie au centre des six directions de la croix tridimensionnelle ] se distingue des six autres par l'ajout de trois Lettres isolés [ au deuxième verset ] : le « 'ayn », le « Sîn » et le « Qâf ».

[ Les sept étendards ont ici la même fonction que les sept tonnerres qui accompagnent la révélation apocalyptique du petit livre de saint Jean dont le goût est doux comme le miel à ses lèvres et amère dans ses entailles – cf. Ap X 1-11.

Ce petit livre représenté par la césure du troisième (3 + 7) parmi les dix commandements scelle les sept boules de cristal qui se brisent avec le tonnerre dans une association d'idée que rappelle autant le « Vajra » tibétain que le tintement des anges du « Trisagion ».

Cette représentation qu'on retrouve généralement sur nos chaires de Vérité est une inscription que le Noble Coran signale à l'entrée de la Caverne des sept dormants où les boules de cristal qui se brisent pourrait n'être qu'autant de traditions – cf. S 18 V 9.

La douceur du miel semblable au Soleil ne serait alors que l'annonce dominicale de la Résurrection tandis que l'amertume de l'étoile absinthe rappelle l'armoise et l'anis d'Artémis devenue avec Marie notre avocate à l'heure du Jugement.

« Mais Dieu connaît mieux leur nombre » – trois, cinq ou sept avec leur chien – renvoi ici encore vers la décade d'un décalogue où le chien parmi eux occupe le centre polaire de l'étoile Sirius et la césure du cœur si tu es de ceux qui ont connu l'Amour. ]

« Ibn Arabî marque la transcendance de cette sourate [ « ash-Shûrâ » ] utilisant un mode calcul différent [ du mode anagogique précédent. ]

« Pour obtenir le nombre « 770 » correspondant à la somme de ces trois lettres, il recourt non à leur valeur développée comme il le fait pour le couple « Hâ – MîM » mais bien à leur valeur intrinsèque : « 'ayn + Sîn + Qâf » = « 70 + 600 + 100 » = « 770 ».

[ Abd ar-Razzâq justifie cette différence de méthode par le fait que ces cinq lettres sont réparties sur deux versets différents (2 + 3) contrairement au monogramme de cinq lettres qu'on trouve au premier verset de la sourate de Maryam (19). ]

« Les deux nombres « 99 » et « 770 » sont des multiples de « 11 », ce qui fait référence au Mystère divin – « al-Ghayb » – et au [ Pro ] nom « Huwa » [ où la conjonction du « Hâ » (5) et du « Wâw » (6) est celle du microcosme (5) et du macrocosme (6). ]

« Il serait sans doute présomptueux d'indiquer les raisons pour lesquelles la sourate « ash-Shûrâ » apparaît comme transcendante et axiale au sein de l'ensemble ...

« ... mais on peut remarquer tout de même que le passage final contient le verset (52) qui se rapporte à la Science illettrée.

[ Nous avons au contraire la présomption de les indiquer en mentionnant la place qu'elle y occupe en troisième position.

L'évocation onirique d'un cheveux sur sa langue amène ibn Arabî vers un rapprochement surprenant avec la chevelure d'une houri qu'il identifie aux poètes – « ash-Shu'arâ' » – dans les fragments d'un Soleil qui vient vers lui. ]

« Il est dit aussi que le Prophète guide les hommes vers la Voie d'Allâh – « îlâ Sirât Allâhî » – la Voie universelle qui sous sa modalité initiatique est figurée par [ l’Étendard de la Louange – ] « al-Liwâ' al-Hamd ».

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle – L’étendard de la Louange (2012)

   

    

samedi 24 janvier 2026

Lumière sur lumière

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Pour la quinzième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux cent soixante et une sphères célestes :

«... dans la tradition hindoue, l'individualité est considérée comme constituée par l'union [ ... ] de deux ensembles d'éléments qui sont désignés respectivement par [ le ] nom et [ par la ] forme [ correspondant à l'essence et à la substance ] ...

« ... que les scolastiques ont appelé [ à la suite ] d'Aristote [ la ] forme et [ la ] matière ; [ ... ] la forme équivalant au nom [ et la matière à la forme. ]

« ... [ le nom ] correspond aussi à la partie subtile de l'individualité et [ la forme ] à sa partie corporelle ou sensible [ ... ] qui [ correspondent à ] l'essence et [ à la ] substance.

« Cependant [ le nom ] est susceptible d'une [ ... ] transposition dans laquelle il n'est plus le corrélatif de [ la forme ] ; ...

« ... cela apparaît notamment lorsqu'il est dit [ dans la « Brihad-Arankaya Upanishad » ] que ce qui subsiste quand un homme meurt est [ le nom. ]

« ... on pourrait penser [ ... ] qu'il ne s'agit là que des prolongements extra-corporels de l'individualité humaine ; ...

« ... cette façon de voir est d'ailleurs acceptable [ ... ] en tant que [ la forme ] s'identifie au corps ; ...

« ... [ ... ] la partie subtile de l'individualité continuerait simplement à être désignée [ par le nom ] après la disparition de la partie corporelle.

« Il pourrait même encore en être ainsi quand ce [ nom ] est dit « sans fin » car ceci ne peut s'entendre que de la perpétuité cyclique ; ...

« ... un cycle quelconque peut aussi être dit « sans fin » en ce sens que sa fin rejoint analogiquement son commencement comme on le voit notamment par l'exemple du cycle annuel – « samvatsara » – [ dans la « Jaiminiya Upanishad Brâhmana ». ]

« Pourtant, il n'en est évidemment plus de même quand il est précisé que l'être qui subsiste comme [ nom ] est passé dans le monde des « dêvas », [ des déités ] ...

« ... c'est-à-dire dans un état « angélique » ou supra-individuel [ que nous identifions sur la voie du karma aux actes désintéressés des œuvres, le détachement du fruit étant un « don de soi » semblable à un sacrifice rituel ] ; ...

« ... un tel état étant « informel » on ne peut plus parler de [ forme ] tandis que [ le nom ] est transposé en un sens supérieur [ comme « une véritable transposition » ], ...

« ... ce qui est possible en vertu du caractère supra-sensible qui y est attaché même dans son acception ordinaire et individuelle [ quand on distingue l'esprit de l'âme ] ; ... »

« ... dans ce cas l'être est encore « au-delà de la forme » mais il ne serait aussi « au-delà du nom » que s'il était parvenu à l'état inconditionné et non pas seulement à un état qui si élevé qu'il puisse être appartient encore au domaine de l'existence manifestée.

« Nous pouvons remarquer que c'est sans doute là ce que signifie dans les doctrines théologiques occidentales la conception suivant laquelle la nature angélique – « dêvatwa » – est une « forme » pure – shuddha-nâma – c'est-à-dire non unie à une « matière » ; ...

« ... en effet [ ... ] cela revient exactement à dire qu'il s'agit de ce que nous appelons un état « informel ». »

[ « Il n'en est pas moins vrai que la nature angélique comme tout ce qui est manifesté comporte nécessairement un mélange « d'acte » et de « puissance » ; ...

« ... certains paraissent avoir assimilé purement et simplement ces deux termes à la « forme » et à la « matière » qui y correspondent en effet mais qui ont normalement une acceptation plus restreinte ; ...

« ... et ces différences de terminologie ne sont pas sans avoir donné certaines confusions. » ]

Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – « Nama-Rupa » (publié dans les Études Traditionnelles en Mars 1940) « Nama » est le « Nom » et « Rupa » la « Forme » que nous transposons.

« L'opportunité actuelle de cette mise en lumière [ de l'Esprit universel de l'islam ] est attestée dans un curieux document d'origine occidentale [ ... ] dont nous avons eu l'occasion de souligner l'intérêt dans une précédente étude [ sur la Papauté ] : ...

« ... la Prophétie des papes [ d'Alphonse Ciacconius ] attribuée à saint Malachie.

« Nous y indiquions que « celle-ci pourrait bien être en rapport avec la fonction de René Guénon, surtout si l'on prend en compte « les liens assez évidents qui unissent l'histoire de la papauté à celle de l'Europe en général » comme il le rappelait lui-même ».

[ Ce qui reste un point de vue somme toute assez réducteur pour l'histoire de la Papauté ne l'est pas pour celle de la Prophétie dont la Genèse supposée et réelle s'étend entre Armagh, Séville et Rome – l'Irlande, l'Andalousie et le Latium. ]

« Cette éventualité est d'autant plus probable que « les devises [ pontificales ] qui constituent cette prophétie ne se rapporte pas toujours aux papes eux-même puisqu'elles peuvent évoquer aussi des événements survenus dans le temps de leur pontificat ...

[ On ne reprochera pas en effet au pape Benoît XV (1914-1922) – « Religio depopulata » – d'avoir dépeuplé la Chrétienté pendant la Première guerre mondiale. ]

« ... et surtout que René Guénon a mentionné à ce propos « un secret pouvant valoir encore en lui-même et séparé de toute considération d'un ordre plus profond dès lors que l'on sort des limites du monde européen ».

« Il est évident pour nous [ pour Abd ar-Razzâq ] que ce secret est intimement lié à l'intervention décisive de Sayyidnâ'l-Khidr qui fut à l'origine de l’œuvre de redressement entreprise par notre maître.

[ Compte-tenu du fait que « Le Cheikh al-Akbar [ Ibn Arabî ], Cheikh Abd al-Wâhid [ René Guénon ] et Cheikh Mustafâ [ Michel Vâlsan ] enseignent une seule et même doctrine » disons plus sobrement qu'elle s'inscrit dans une économie cyclique. ]

« Dans cette perspective, deux devises [ pontificales ] méritent spécialement de retenir l'attention. La première est celle de Léon XIII (1878-1903) : « Lumen in Cœlo ».

« Comme c'est sous le règne de ce pontife qu'est né René Guénon, cette devise [ qui prend ici un sens tout à fait christique ] à été interprétée [ dès 1948 ] d'une façon toute naturelle et légitime comme une annonce de sa fonction.

« La seconde devise [ pontificale ] est celle de Benoît XVI (2005-2013) : « de Gloria Olivæ » qui contient une double référence [ sacerdotale ] à l'Arbre béni mentionné dans la sourate de la Lumière : ... [ S 24 V 35 ]

« ... « Olivæ » évoque l'Olivier tandis que Benoît [ qui n'est pas dans la devise pontificale mais dans le verset coranique ] est la contraction de « benedictus » qui en latin signifie « béni ».

« À cet égard, on observe [ c'est Abd ar-Razzâq qui observe ] que « Lumen in Cœlo » envisage la lumière d'une façon générale, ce qui correspond à l'indétermination initiale de cette perspective doctrinale nouvelle, ...

« ... alors que « de Gloria Olivæ » fait spécifiquement référence à la révélation coranique de telle façon que cette devise [ pontificale ] concerne de manière directe « le secret [ oriental ] hors des limites du monde européen » ...

« ... mentionné par [ le ] maître [ d'abd ar-Razzâq ] dans ses commentaires.

« L'arbre béni rayonnant dans sa gloire est un symbole de la Lumière universelle appelée à se manifester visiblement aux yeux de tous à la fin des temps.

« D'une certaine façon, cette [ ante ] pénultième devise (111) confirme l'actualité et l'opportunité cyclique du sujet abordé dans notre étude [ sur la Papauté. ]

« Néanmoins, elle ne permet pas de voir un élément décisif qui appartient en propre à l'enseignement du « tasawwuf » – à savoir que cette lumière est celle du Prophète envisagé dans sa fonction « axiale » par rapport à notre monde.

[ D'autant que c'est un Juge terrible qui doit venir juger son peuple à la suite de cette glorification quand le Pasteur romain a fini de paître ses brebis des les tribulations de son pontificat. ]

« Cet enseignement essentiel et secret ne peut être découvert que par un recours direct à la doctrine akbarienne ; ...

« ... il s'agit de l'imamat de Muḥammad dont le Cheikh al-Akbar donne une formulation succincte dans l'Oraison de la Nuit du Mercredi [ qu'il consacre à 'Uzayr, ] ...

« ... oraison qui occupe une position centrale au milieu de la Semaine [ où Esdras occupe une place qui est aussi la sienne au cœur des vingt-sept Sagesses des « Fusûs » dans la même précession (14) par rapport à celle de Jésus (15) ]

« ... et qui symbolise la fonction « mercuriel » du Pôle des esprits humain [ qui revient à Idrîs sur le Pôle primordial du Jour dominical mais identifié ici au Pôle du Temps « Qutb az-Zamân » :

La Nuit du Milieu en s'opposant au Jour dominical s'identifie au Solstice d'hiver qui l'oppose au Solstice d'été par où entre dans notre cosmos la lumière de l'Axe solsticial qui enfante à l'autre bout du cycle le renouvellement de sa révolution.

C'est à partir de cette réalité cyclique que l'Arbre de Noël s'identifie à l'Axe solsticial et que l'enfant Jésus dans sa crèche au pied du Sapin incarne le germe de ce renouvellement stellaire de la lumière invaincue.

Pour autant le passage du Jour à la Nuit aux deux extrémités de la Semaine nécessite la répartition des phases du crépuscule qui précède à l'aurore d'un Nouveau jour. ]

[ « Le Suprême Soi [ au centre de l'individualité humaine ] est évoqué de manière explicite par le « Huwa ! Huwa wa lâ Anâ ! » qui figure à la fin du passage de l'Oraison que nous avons cité [ pour la Nuit du Mercredi ] ; ...

« ... mais on soulignera surtout la mention de la « Sâkîna » [ le « Shukr » d'as-Shakûr qui régit le Jour dominical ] car on retrouve celle-ci à la fois dans la devise [ pontificale ] « de Gloria Olivæ » [ où elle est identifiée à la Gloire sous un aspect secret et céleste ] ...

« ... et dans le terme « mubârakatin » qui qualifie l'Olivier dans la sourate de la Lumière [ où il ] revêt [ dans une perspective initiatique ] un sens éminemment « actif » : ...

« ... il ne s'agit pas seulement [ ... ] d'un arbre « béni » mais bien d'un arbre « bénisseur » ou plus exactement « détenteur de la Bénédiction » – ce qui évoque [ le caractère opératif ] de l'élection qu'il confère. » ]

« Dans la vie du Prophète, cet imanat [ que le Cheikh al-Akbar lui attribue ] apparaît visiblement dans la prière de deux rakats qu'il accomplit comme imam de [ l'assemblée ] des prophètes et des envoyés au terme [ de son ] Voyage nocturne ...

« ... dans la Cité de Jérusalem dont l'Olivier est un symbole : ...

« ... elle fut la première « qibla » de l'islam [ à Yathrib ] et représente à ce titre la Tradition primordiale [ ... ] ainsi que la « période mekkoise » de la révélation coranique. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle – L'imamat de Muḥammad (2012)

   

    

jeudi 22 janvier 2026

Le Figuier et l'Olivier

...

Pour la douzième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux cent soixante et une sphères célestes :

Énumération sommaire de quelques-unes des principales questions examinées par Ananda K. Coomaraswamy dans son étude de la « Katha Upanishad » :

« ... la signification réelle de la Mort – « Mrityu » ou « Yama » – sous son aspect supérieur et de son identification avec le Soleil en tant que gardien du passage désigné lui-même comme la « porte solaire » ...

« ... et par lequel est atteint l'état ultime et « extra-cosmique », l'Empyrée distingué d'un Élysée « sub-solaire » qui est encore au pouvoir de la Mort ; ...

« ... les « trois morts » représentées par les trois nuits passé par « Nachikêtas » – « Celui qui n'a pas encore la connaissance » – au seuil de la demeure de [ « Yama » ] ; ...

« ... la correspondance des trois faveurs demandées par [ « Celui qui n'a pas encore la connaissance » ] avec les « trois pas » de Vishnu ; ...

« ... le sens précis du mot « srishti » qui pourrait être rendu par « expression » plutôt que par « émanation » pour désigner la production du monde manifesté, ...

« ... et l'application de l'idée de « mesure » – « mâtrâ » – à l'acte même de cette production ; ...

« ... le sens du mot « rita » désignant proprement l'ordre cosmique et auquel le mot d'ordre – « ordo » en latin – aussi bien que celui de « rite » est d'ailleurs directement apparenté ; ...

« ... le symbolisme du « pont » – « sêtu » – coïncidant avec celui du « sûtrâtma » qui relie entre eux tous les états de l'être ; ...

« ... l'union du manifesté et du non-manifesté – « vyaktâvyâkta » – comme une seule essence et deux natures dans « l'identité suprême ».

Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – Compte-rendu d'articles de revues sur l'Hindouisme parus dans les Études Traditionnelles (1938) – Ananda K. Coomaraswamy – Étude de la « Katha Upanishad » dans le « New Indian Antiquary »

« Nous signalerons notamment les parties de l'exposé concernant « Atmâ » et ses rapports avec le monde manifesté, ...

« ... la « transmigration » distinguée de la « métempsychose » et l'impossibilité de la « réincarnation », ...

« ... le processus de la réalisation spirituelle ; ...

« ... dans cette dernière, nous retrouvons l'explication de quelques-uns des symboles dont nous avons eu l'occasion de parler récemment comme ceux du « rayon solaire », du « sommet de l'arbre » et de la « porte étroite », ...

« ... avec la distinction des états « élyséen » et « empyréen » [ pour ] le passage de l'un à l'autre « à travers le Soleil ». [ ... ]

Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – Compte-rendu d'articles de revues sur l'Hindouisme parus dans les Études Traditionnelles (1939) – Ananda K. Coomaraswamy – « The Vedânta and Western Tradition » in « The American Scholar »

Les trois morts, les trois nuits ou les trois faveurs misent en correspondance avec les trois pas de Vishnu sont ici en rapport avec la centaine, le millénaire et la myriade dans le séjour des anciens, la pérégrination des ancêtres et la réintégration des déités.

La Centurie d'or par delà la myriade du Vivant est semblable au Soleil de la divinité en correspondance avec la centaine du séjour des anciens qui réitère le rapport que l'Atmâ entretien avec le Brahmâ du point de vue de l'Identité suprême.

L'évaluation réelle de ces durées reste néanmoins relative à celle qui préside à la génération centrale de l’existence pendant son deuxième âge (50-80) – le temps subjectif s’accélérant au cours des âges et sans doute dans l'au-delà.

I

I            I

« Par le Figuier et l'Olivier – Par le Mont Sinaï et par cette Cité sûre ! »

S 95 V 1 – 2 et 3

Dans le chapitre qu'il consacre à la sourate du Figuier, Abd ar-Razzâq fait de son quadruple serment l'évocation d'un « Dîn » éternel exprimant la Tradition primordiale d'une Religion immuable.

Cette quadrature s'inscrit dans une hiérarchie qui démontre que ses trois fonctions reviennent à ceux qui les soutiennent en ramenant le nombre de leurs substituts (7) à celui des esseulés (3) dans l'angle du quatrième pilier.

Quand le septième substitut se substitue au quatrième pilier, celui-ci prend la place du premier acolyte et le premier celle du second qui reprend à sa charge la fonction du Pôle central quand le Pôle axial est amené à s'occulter.

Abd ar-Razzâq suppose que le Noble Coran commence avec la fonction polaire et poursuit avec les deux acolytes avant de se situer dans l'angle du quatrième pilier mais la structure des trois premiers versets montre qu'il commence avec les deux acolytes.

Il commence en effet par celui qui est le plus éloigné du Pôle et poursuit avec celui qui est amené à le remplacer dans un premier verset où ils apparaissent tous les deux comme les arbres de ses versants : le Figuier et l'Olivier.

Abd ar-Razzâq semble avoir perçut cette erreur en faisant remarquer qu'il était étrange que la Science des Illettrés soit quelque fois rapportée symboliquement à l'Olivier plutôt qu'au Figuier alors que celui-ci représenterait selon lui la fonction polaire.

Mais il élude la question en identifiant cette Science – « 'Ilm al-Ummi » – à « un peu de science » – « 'Ilm al-Qalîl » – sans relever que ce peu de science est une Science auprès de Dieu – « 'Ilm al-Ladunnî » – qu'il fait venir de Lui par ailleurs.

La figue serait en effet un fruit « descendu du Paradis » mais tandis qu'Abd ar-Razzâq se focalise sur cette origine paradisiaque, il ne voit pas que le fruit est descendu (▼) et que le Figuier représente par conséquent le pilier du versant le plus éloigné du Pôle.

Son fruit serait dépourvu de noyau contrairement à celui de l'Olivier dont la coque représente ici une « Ḥaqiqa » si chère par ailleurs aux macérations du Sheykh qui qualifie le second pilier et sa tendance ascendante (▲).

La pulpe de la figue ne représente alors que la « Tariqa » sans que ça remette en cause le statut traditionnel de l'empire du Wagadu où le Figuier occupe dans sa mythologie une place centrale qui est sans doute à l'origine de cette méprise.

Être « sous le Figuier » comme Jésus l'indique à Nathanaël dans l'évangile de Jean quand il l'identifie au « véritable israélite », c'est être sur la Voie droite et sous la direction d'un pôle sans que le Pôle axial ne soit identifié à l'arbre – cf. Jean I 47 et 48.

L'identification du Pôle coule ensuite de source : c'est le Mont entre ses deux versants et dans un contexte mosaïque, le Sinaï ou se trouve l'Arbre de Lumière identifié au Buisson ardent tandis que le quatrième pilier s'identifie à la Cité sûre.

Dans le contexte de cette sourate la Cité sûre est identifiée à La Mecque où elle fut révélée mais à mi-hauteur de sa réalité axiale la Citée sainte de Sarras où processionnent les Chevaliers bienfaisants est une représentation mythique de la Jérusalem céleste.

Abd ar-Razzâq identifie la Montagne polaire au Mont Qâsyûn à Damas où se trouve la sépulture d'ibn Arabî et au Mont des Oliviers à Jérusalem sans se référer à sa première détermination qui est celle d'Arafa pour l'angle de la Pierre noire.

Il rappelle que « Ṭûr » indique ici le Sinaï en désignant spécifiquement une montagne plantée d'arbres qui diffère du « djebel » puisqu'on y trouve un Arbre sommital qui n'est pas ceux que le Figuier et l'Olivier signalent sur ses versants.

On pourrait donc supposer qu'il est symboliquement à la fois l'un et l'autre mais ça reste difficile à se représenter : le Buisson ardent par le fait même qui le représente doit d'abord faire penser à l'Arbre de Noël paré d'ambre au sommet du Globe.

Abd ar-Razzâq va d'ailleurs à partir de là le représenter par un sigle amazigh qui le représente sous la forme d'un trait d'union reliant deux hémisphères qui s'opposent – cette opposition indiquant qu'il s'agit ici de la Terre et du Ciel.

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle (2012)

   

    

mardi 20 janvier 2026

Les glorifications du Rosaire

...

Pour la neuvième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux cent soixante et une sphères célestes :

« ... nous devons encore pour situer la notion de « dharma » indiquer la place qu'il occupe parmi les buts que les écritures traditionnelles hindoues assignent à la vie humaine.

« Ces buts sont au nombre de quatre et ils sont énumérés ainsi dans un ordre hiérarchiquement ascendant : « artha », « kâma », « dharma », « moksha » : ...

« ... ce dernier – c'est-à-dire la délivrance – est seul le but suprême et étant au-delà du domaine de la manifestation, il est d'un ordre entièrement différent des trois autres et sans commune mesure avec le relatif.

[ « Quant à « moksha », ce but suprême est [ ... ] d'un ordre entièrement différent des trois autres et sans aucune commune mesure avec eux ; ...

« ... il se situe donc au-delà de tout ce qui correspond aux onctions particulières des « varnas » [ les castes ] et il ne saurait être contenu comme le sont les buts transitoires et contingents dans la sphère qui représente le domaine de l'existence conditionnée ...

« ... puisqu'il est précisément la libération de cette existence même ; ...

« ... il est aussi [ ... ] au-delà des trois « gunas » [ les quiddités fondamentales ] qui ne concernent que les états de la manifestation universelle. » ]

[ Les onctions particulières dont il est question devrait par conséquent être en relation avec celles de la confirmation, de l'ordination et de la consécration. ]

« Quant aux trois premiers buts qui se rapportent tous au manifesté ...

- « artha » comprend l'ensemble des biens de l'ordre corporel ; ...

- « kâma » est le désir dont la satisfaction constitue le bien de l'ordre psychique ; ...

- « dharma » étant supérieur à celui-ci, il faut considérer sa réalisation comme relevant proprement de l'ordre spirituel – ce qui s'accorde en effet avec le caractère d'universalité que nous lui avons reconnu. »

Cf. René Guénon – Études sur l'hindouisme (1970) – « Dharma [ et ] Varna » publiés sous le Voile d'Isis en octobre et en novembre 1935

« La hiérarchisation des « varnas » ainsi déterminée par les « gunas » qui prédominent respectivement en eux se superpose exactement à celle des éléments telle que nous l'avons exposée dans notre étude sur [ la théorie hindoue des cinq éléments ] ; ...

« ... c'est ce que nous montre immédiatement la comparaison [ de son ] schéma avec celui que nous avons donné alors.

« Il faut seulement remarquer pour que la similitude soit complète que la place de l'éther doit être occupée ici par « Hamsa » [ ou par la délivrance des buts de l'existence, ] ...

« ... c'est-à-dire par la caste primordiale unique qui existait dans le « Krita-Yuga » et qui contenait les quatre « varnas » ultérieurs en principe et à l'état indifférencié de la même façon que l'éther contient les quatre autres éléments. ]

Cf. René Guénon – Études sur l'hindouisme (1970) – « Dharma [ et ] Varna » publiés sous le Voile d'Isis en octobre et en novembre 1935

Notons d'abord que cette indifférenciation est plutôt celle du « Kali-Yuga » (1) tandis que le propre du « Krita-Yuga » (4) est au contraire son déploiement dans la différenciation des nombres qui constituent la décade de leur cycle – le « Manvantara » (10).

Si l'ellipse des trois « gunâ » est en effet à même de décrire les trois castes qui se tiennent en-deçà de cette indifférenciation, la hiérarchisation des cinq éléments ou des quatre buts de l'existence introduit des éléments qui n'ont pas leur place dans cette représentation.

La tangente de cette ellipse ou le diamètre de la courbe qui lui sert de base doit être attribuée avec l'équilibre du « rajas » qui la caractérise à la fonction des « Vaishyas » qui est la satisfaction du « artha » dans sa réalité corporelle.

L'arc ascendant du « sattwa » peut alors être attribué à la fonction des « Brâhmanas » qui est la réalisation du « kâma » dans sa conception psychique et l'arc descendant du « tamas » à la fonction des « Kshatriyas » qui est l'application du « dharma ».

La caste primordiale des « Hamsas » et la délivrance existentielle du « kâma » étant en dehors de la perspective, la présence des « Shûdras » que Guénon fait apparaître à la base de son schéma ne satisfait que la ségrégation dont ils font l'objet.

La hiérarchisation des « Kshatriyas » et des « Brâhmanas » ne relève que de la réalisation des tendances qui les identifie au Soleil (▲) et à la Lune (▼) sur les arcs de l’ellipse qui les représente.

« On peut citer en exemple l'autorisation faite au Prophète de prendre neuf épouses alors que leur nombre est limité à quatre pour la généralité des croyants ; ... »

[ « ... on observe dans le cas des épouses que le statut commun est exprimé symboliquement par la somme « 4 + 1 » et le statut privilégié par la somme « 9 + 1 », ...

« ... ce qui signifie le passage d'un aspect terrestre (5) à un aspect céleste (10) que l'on retrouve du reste dans le symbolisme du nombre des prières obligatoire » ] [ quand il passe de cinquante à cinq en passant par 40 > 30 > 20 et 10. ]

« ... ou encore l'obligation qui lui incombait d'accomplir six prières par jour au lieu des cinq mises à charge pour sa communauté. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle – La Religion des Illettrés (2012)

Le nombre des épouses (4) est lié à celui des âges : la jeunesse, la maturité, la vieillesse et l'enfance dont les nombres sont ceux des prières entre les différents cieux où ils décroissent : 40 > 30 > 20 et 10.

Ce qui écarte au moins l'une des quatre de l'institution matrimoniale puisqu'il n'est pas permis de contracter une vie conjugale avant quinze ans et introduit la limite des écarts qui est celle des générations : trente c'est-à-dire plus ou moins quinze.

Les limites inférieures sont donc entre quinze et trente pour un premier mariage, entre vingt-cinq et quarante pour le second, entre cinquante-cinq et septante pour un troisième puisque celles des trois générations sont : 10 < 40 et 70.

Les limites supérieures sont entre trente et quarante-cinq ans pour un premier mariage, entre quarante et cinquante-cinq ans pour le second, entre septante et quatre-vingt-cinq ans pour un troisième puisque celles des trois générations sont : 40 < 70 et 100.

Le passage entre dix et quinze concerne l'adolescence et la constitution de la classe d'âge qui correspond à l'initiation – les classes antérieures se consacrant à l'apprentissage et au compagnonnage entre quinze et vingt-cinq ans : 10 < 15 < 20 et 25

Pour les neuf épouses du Prophète, il faut distinguer dans son statut d'exception le Mariage (2) et le Harem (7) qui sont deux institutions bien distinctes et pour la sixième prière qui lui incombe, la « Salât ad-Duhâ » qui évoque sa Supplication.

La dixième épouse étant ici la première – Khadija – les deux suivantes sont les filles d'Abû Bakr et d'Omar – Aïcha et Hafsa. Khadija fut la mère de ses quatre enfants : 'Uthmân épousa les deux premières. 'Alî, la dernière – Fâtima Zohra : le Pôle des « ahl al-Bayt ».

Pour le dénombrement des prières, on passe des psalmodies du « Zabûr » davidique aux prescriptions du « Salât » islamique. Le nombre des psaumes reste alors celui des invocations du Rosaire : « 3 x 50 » deux fois par Semaine font « 300 ».

De cette façon, chaque Semaine récapitule la décade des mois (10 x 30). Raison pour laquelle une seule de ces invocations dans certains endroits privilégiés comme le berg d'Alsem vaut à elle seule trois cents jours d'indulgence.

La prescription des Mystères lumineux par le pape Jean-Paul II a mit fin à la cohérence de ces récapitulations. Ce qui n'est pas sans identifier leurs lumières à la nature faustienne, faustinienne et luciférienne qui caractérise leurs fumigations.

Les Mystères joyeux, les Mystères douloureux et les Mystères glorieux se récitent avec le Rosaire du Lundi au Mercredi puis reprennent immédiatement du Jeudi au Dimanche en observant une pause pour le jour du Sabbat.

Leurs glorifications sanctifient par conséquent le jour du Milieu et le Jour dominical de la liturgie grégorienne que les oraisons akbariennes consacrent à la Lumière d'an-Nûr et à la Gratitude d'ash-Shakûr.

Ces coïncidences entre les oraisons akbariennes et la liturgie grégorienne indique que la Lumière transcendante était déjà comprise par les glorifications du Rosaire sans qu'il faille les réintroduire comme en-dehors d'elles-mêmes.