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Retour vers la demeure des lettres
Pour
la demeure de la première sphère
parmi les neuf sphères
célestes de la vingt-huitième lettre :
« Shîn »
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« Du point de vue de la géométrie, le Ciel qui domine la Terre – censée être quadrangulaire et plate – devrait être non seulement répandu de façon égale autour et au-dessus de cette même Terre mais aussi d'expression parfaite.
« L'expression la plus simple en [ est ] évidemment l'inscription du carré dans un cercle : « Ciel + Terre = Monde ».
Cf. Pierre Carnac – Les conquérants du Pacifique – Le Lotus traverse l'Océan – Hommes, Montagnes, Pyramides (1975)
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Le nombre de l’octave (8) situé entre les figures géométriques du cercle (1) et du carré (4) qui expriment l'unité de la décade (10) et la somme des nombres de son Delta (Σ 4) peut être considéré comme un intervalle entre deux limites.
Le zéro de la décade (10) qui est une représentation de son décan (0) ne pouvant être retenu comme limite, cet intervalle est limité par les deux nombres de la dyade (Yi) qui désignent l'Unique sans second quand il devient le Premier des deux.
Ce qui établit une correspondance entre la décade et les nombres de la dyade comme limites de cet intervalle que l'on considère comme une unité (1) entre ces limites dont la somme est alors celle de son carré : « I + 1 + II ».
Il s'en suit que le nombre de l'octave (8) s'inscrit dans une suite qui va de un à onze :
« I + 8 + II » = « 1 < 11 »
Si zéro n'est pas une quantité de rien placée entre deux entiers, c'est qu'il est le signe diacritique de la décade du décan comme unité du Premier quand il est encore l'Unique sans second.
Puis après Lui vient le Second et avec le Second, l'Unique quand Il devient le Premier des deux tel que le Second précède le Premier avant de sortir de l'Unique.
La décade du « Yahût » précède la dyade du « Jabarût » comme le Second précède le Premier quand Sa quiddité cesse d'être l'Ipséité du « Hahût » dans la monade du « Lahût ».
Et l'ange de la Proximité dans l'angle du quatrième pilier ne s'éloigne jamais de Son unicité.
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« Parmi toutes ces sectes, trois d'entre elles apparaissent d'emblée très voisines : les Ophites, les Séthiens [ et ] les Pérates
« ... toutes [ les ] trois proposent une vision presque identique des mécanismes aliénateurs de ce monde à partir d'une même image archétypale : celle du Serpent.
« C'est d'ailleurs du mot grec « ophis » signifiant serpent que les Ophites tirent leur nom. Pour eux, toute l'histoire du monde commence et s'achève par le Serpent.
« Sous sa forme la plus accomplie, la plus universelle aussi [ celle de l’Ouroboros ] il symbolise le devenir de l'univers, le cycle continuel qui va de l'Un au Tout et [ ... ] du Tout à l'Un. » [ De la monade (1) à la décade (10) et de la décade (10) à la monade (11). ]
« Les Pérates [ ... ] tirent leur nom du grec « péran » qui signifie : franchir, traverser. Ils se sont d'ailleurs expliqués eux-mêmes sur ce terme :
« Nous sommes les seuls à connaître les lois de la génération et la voie par laquelle l'homme est entré en ce monde et nous sommes donc les seuls à savoir y marcher et à pouvoir franchir les corruptions. »
« Quant aux Séthiens qui tiraient leur nom de Seth, le troisième fils d'Adam engendré après la mort d'Abel [ ... ] ils ont développé une cosmologie très proche de celle des Ophites et des Pérates. » [ ... ]
« [ Le ] terme de Barbélognostique désigne [ ... ] un ensemble de sectes qui durent avoir [ ... ] les mêmes systèmes archétypaux et les mêmes pratiques.
« Ces sectes [ ... ] comprenaient les Nicolaïtes, les Phibionites, les Stratiotiques, les Lévitiques, les Borborites, les Coddiens, les Zachéens et les Barbélites.
« L'isolement [ ... ] correspond sûrement [ ... ] à une pratique rituelle. Il [ doit ] s'agir du premier stade de l'initiation consistant en une retraite rassemblant tous les candidats marquée [ ... ] par une rupture transitoire avec la communauté.
« Ce serait donc un terme intérieur à la gnose [ ... ] que les auteurs chrétiens ont pris pour le nom d'une secte distincte. [ Celle des « Coddiens » qui pratiquent la « Khalwa ». ]
[ « Borborites » serait une appellation infamante que leurs adversaires leur attribue en les qualifiant par un état déprécié que les Valentiniens qualifie d'hylique. ]
« Les Stratiotiques – ce qui signifie « Guerriers » [ que Lacarrière qualifie de Soldats ] – les Phibionites – ce qui signifie « Humbles » – et peut-être les Zachéens seraient [ ... ] des termes correspondant aux différentes étapes de l'initiation. »
[ Phibionites et Zachéens équivaudraient aux états de Parfait et d’Élu, stades ultimes par lesquels le gnostique accéderait à l'état d’incorruptibilité psychique décrite pour les Pérates.
Zachéens correspondrait alors à un état de conformité semblable à celle d'un Élu qui a reçu la marque du feu d'un Séraphin qui l'a rendu conforme au Christ par l'emprunte du Sceau de sa réalisation. ]
« Dans leur cosmologie, les cercles qui séparent la Terre du Monde lumineux sont au nombre de trois cent soixante-cinq. Chacun d'eux est régit par un éon. »
[ Il s'agit plutôt des layons d'un cercle dans la sphère solaire (365) semblables à ceux (30) de la sphère sublunaire que franchit l'ascète pendant sa retraite et qui correspond alors à la figure de l'Abraxas aux 365 éons.
C'est ce qu'on retrouve autour du Mahatma de la Fraternité Blanche à la Centurie d'Or pour les degrés de perfection dans sa hiérarchie : 360 et 72 + 12 – c'est-à-dire les 444 ans de la Prophétie des papes de 1588.
Les cinq derniers layons qui correspondent aux jours complémentaires des douze lunaisons synodiques ont leur propre réalité dans la sphère intermédiaire (72) de cette hiérarchie où leurs degrés correspondent aux cinq angles de leur pentacle.
La « Khalwa » des Phibionites – celle des « Humbles » ou des « Pauvres » semblables aux « Foqara » et aux « Ébionites » – comprend les quarante jours propédeutiques du Carême et les trois cent soixante-quatre jours de l'Année sabbatique.
Quatre jours y sont consacrés autour du Solstice d'hiver à la sortie d'un état sacramentel qui constitue en elle-même une « Khalwa » dans la « Khalwa » avant que ne reviennent après une douzaine de jours le Carême par laquelle elle avait commencé. ]
Cf. Jacques Lacarrière – Les Gnostiques – Histoire, hommes, sectes – La cendre et les étoiles (1973)
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« Le Christ de la seconde Venue fera prévaloir une interprétation spirituelle et ésotérique aujourd'hui cachée aux regards extérieurs qui mettra en lumière l'esprit de la loi islamique sans en modifier la lettre. »
Cf. Charles-André Gilis – René Guénon 1907-1961 – La fonction de René Guénon et le sort de l'Occident – L'ordre du Temple Rénové (2014)
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« Selon la tradition islamique, cette manifestation polaire [ du double pouvoir sacerdotal et royal dans les domaines de la connaissance et de l'action ] sera celle du Christ-Roi du Monde qui accomplira cette mission finale en union avec le Mahdî. »
Si ce n'est selon l'adage :
LÂ MAHDÎ ILLA 'ISÂ IBN MARYAM
VINCIT OMNIA VERITAS – OMNIA VINCIT AMOR
ET NOS CEDAMOS AMORI
Cf. Charles-André Gilis – Op. Cit. – Bilans et Conclusions diverses – Gestion d'un héritage [ et ] Finalité islamique (2014)
Gilis ajoute en note de bas de page qu'il existe au moins une représentation picturale du « Roi du Monde » : celle de l'Agneau Mystique de Jan Van Eyck (+ 1441)
Il s'agit de la représentation centrale d'une « Déisis » byzantine où le Roi du Monde est canoniquement entouré de la Vierge et du Précurseur que Van Eyck met en relation avec l'Agneau mystique qui assume le martyr d'Abel :
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Jésus |
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|
Marie |
▲ |
314 |
▼ |
Jean |
|
Abel |
||||
Le nombre que nous lui attribuons est
celui du Christ Pantocrator – le Dieu Tout-Puissant qui assume
celui d'el-Sadday en hébreux d'après les lettres représentées sur
les icônes orthodoxes par son geste de bénédiction : « Shin
+ Dalet + Yod » = « 300 + 4 + 10 ».
La représentation de Van Eyck s'écarte de la version originelle du geste de bénédiction où la réunion de l'Index et du Majeur représente la double nature du Christ tandis que celle de l'Auriculaire et de l’Annulaire avec le Pouce représente les trois Personnes divines.
Il est même possible dans ce cas de figure d'attribuer le Pouce au Père, l'Annulaire au Fils et l'Auriculaire au Saint-Esprit tandis que le Majeur représente la divinité du Christ qui assume avec son Index la nature humaine.
Les lettres hébraïques du Pantocrator sont incontestablement plus proches des attributs évoqués par la dernière sourate du Noble Coran où Dieu apparaît comme le Seigneur, le Roi et le Dieu des hommes : « ar-Rabb – al-Mâlik – al-Ilâh an-Nâs » – S 114 V 1 à 3.
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« Lorsque René Guénon aborde la question de l'autorité traditionnelle suprême, il évoque le Roi du Monde et le Centre universel dont procèdent les révélations particulières ; ...
« ... jamais il ne fait référence à une autorité proprement islamique. [ ... ]
« Comme chacun le sait, « Le Roi du Monde » a été rédigé [ par Guénon ] à l'occasion de la publication en 1925 de l'ouvrage de Ferdinand Ossendowski : « Bêtes, Hommes et Dieux ». Voici en quels termes ce souverain [ y ] est décrit :
« Il avançait sur un char magnifique traîné par des éléphants blancs, orné d'or, de pierres précieuses et des plus fines étoffes ; ...
« ... il était vêtu d'un manteau blanc et portait sur la tête une tiare rouge d'où pendaient des rivières de diamant qui lui masquaient le visage.
« Il bénissait le peuple avec une pomme d'or surmonté d'un agneau. »
« Comme toujours René Guénon s'en tient strictement à l'énoncé des principes, ce qui le conduit à présenter la même fonction en ces termes :
« Le titre de « Roi du Monde » pris dans son acception la plus élevée, la plus complète et en même temps la plus rigoureuse s'applique proprement à Manu, ...
« ... le Législateur primordial et universel dont le nom se retrouve sous des formes diverses chez un grand nombre de peuples anciens. »
Nous croyons au contraire qu'il s'agit d'une représentation de Sri Kalki préfigurant le retour de Sri Matsya à laquelle Gilis donne une finalité islamique en évoquant « ... un enseignement d'ibn Arabî qui relève de l'ésotérisme le plus pur.
« En effet, [ l'Imam du Tawḥid ] identifie la qualification « Mâliki yawm ad-Dîn » qui figure [ dans le Noble Coran ] au quatrième verset de [ la première sourate ] avec le Prophète [ Muḥammad ] envisagé [ par la « Fâtiḥa » ] dans sa fonction universelle.
« Cet attribut est habituellement compris en relation avec la fin du cycle et on le traduit alors par le « Roi du jour du Jugement [ dernier ] ou de la Rétribution ».
« Toutefois une autre interprétation est possible car le terme « ad-Dîn » désigne en islam la Loi fondamentale par opposition aux « sharâ'i » [ de la ] « sharî'a » qui sont les lois particulières aux différentes formes traditionnelles.
« De même, le mot « yawm » ne se rapporte pas uniquement à l'idée de jour mais aussi à celles de période ou de cycle. Les « ayyâm » d'Allâh sont une désignation coranique de la succession des cycles comparée à celle des jours.
« Le Cheikh al-Akbar précise également que « ad-Dîn » est la Religion d'Allâh – celle qui procède de Lui et qui représente le Droit divin – « al-Ḥaqq », ...
« ... alors que la « sharî'a » procède [ des gens ] en ce sens qu'elle est une adaptation aux conditions particulières de temps et de lieux relatifs à une communauté humaine.
« L'expression « Mâliki yawm ad-Dîn » signifie donc aussi : « Celui qui régit le cycle de la Loi divine concernant notre monde » [ le monde humain ou le monde intermédiaire des âmes caractérisé par le nombre (8) de l'octave ] ; ...
« ... ce qui correspond d'une part à la fonction du Roi du Monde telle qu'elle a été mise en lumière par René Guénon [ et ] d'autre part à la mission universelle du Prophète révélée d'une manière concordante à la fin du cycle humain ».
Cf. Charles-André Gilis – Op. Cit. Ibidem – Une finalité islamique (2014)

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