vendredi 2 janvier 2026

Les conseillers du Mahdî

...

Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la sixième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-et-unième lettre :

« Sîn »

« Les sages obscurs qui furent nos ancêtres spirituels avaient compris que la loi de la hiérarchie des puissances cosmiques et des âmes est l'armature de l'univers ...

« ... et la colonne vertébrale de l'évolution descendante et ascendante des âmes qui décrivent autour d'elle leurs spirales infinies. » [ ... ]

« En dessinant à grandes lignes et en paroles sibyllines le cadre des trois mondes, les druides assignèrent à l'homme comme but de perfection le plein et complet épanouissement de son individualité.

« Mais en même temps, ils lui imposèrent la nécessité de traverser les trois mondes de haut en bas et de bas en haut ce qui implique son adhésion à la hiérarchie et sa soumission à l'harmonie de l'ensemble » [ ... ]

« ... où le verbe de Lucifer collabore avec le verbe du Christ. »

« Tel [ fut ] le panorama de l'Histoire de France que j'entrevis du sommet des trois monde gravis jadis par nos ancêtres les druides. »

Cf. Édouard Schuré – L'âme celtique et le génie de la France à travers les âges – Introduction à Aix-les-Bains [ en ] août 1920

Cette ascension quand elle succède à la chute des âmes dans la matière précède néanmoins la « kénose » de la « ubudiyya » que Guénon avait fini par identifier aux vœux des bodhisattvas avant de rendre la sienne à Dieu. Ce vers quoi nous descendons.

« Au huitième siècle, un sorcier tantrique népalais très réputé – Padma Sambhava – fut appelé à la cour du Tibet.

« Il soumit les démons locaux, accomplit des miracles et fonda le lamaïsme primitif – « la-ma » signifiant « le supérieur » et c'est pourquoi il fut surtout réservé aux chef des monastères.

« Il étudia tant la magie qu'au lieu de mourir il disparut dans les airs. Sur les bannières des temples, on le voit vêtu d'une longue robe rouge et d'une cagoule rouge à pointe. »

Cf. E. M. Upjohn / P. S. Wingert / J. G. Mahler / Professeurs à l'Université de Columbia – Les arts de l'Orient et de l'Extrême-Orient – Histoire Mondiale de l'Art (1949)

« La personne de Padmasambhava est un phénomène religieux très complexe qu'on ne peut comprendre selon les normes historiques occidentales.

« L'influence de sa personnalité religieuse n'est pas comparable à celle d'un roi qui mène les guerres, érige des monuments et laisse dernière lui des inscriptions.

« L'action d'une personnalité religieuse, d'un maître spirituel n'est saisissable que dans son existence spirituelle.

« Nous n'avons donc pas à nous demander si Padmasambhava est une réalité historique. L'essentiel est l'expérience spirituelle transmise par Padmasambhava. »

« Revenons ici un instant au milieu spirituel dont était issu Padmasambhava. Sa vie transmise par différents récits n'est pas un document historique décrivant ses déplacements, ses rencontres et ses paroles ; ...

« ... elle est le témoignage d'une expérience religieuse en laquelle tout disciple fidèle de Padmasambhava doit retrouver la grandeur et la profondeur de l'action spirituelle de son maître.

« La réalité appelée en Occident l'immanence historique et terrestre est donc ici inapplicable puisque la doctrine s'adresse à la réalité spirituelle de l'homme.

« Cette doctrine n'est pas à saisir avec l’œil du corps physique, elle ne se dévoile que dans les visions et les états de ravissement du yogi.

« De la vie terrestre et des actions de Padmasambhava, nous savons seulement qu'il a dirigé la construction du premier couvent tibétain.

« Peu après l'achèvement de cette construction – environ 775 [ de l'ère chrétienne ] – éclata un violent combat qui opposa les disciples des maîtres chinois aux disciples des maîtres indiens.

« Les deux partis s'affrontèrent dans une dispute mémorable où chacun dut prouver par argumentation lequel était le plus fidèle à l'enseignement du Bouddha.

« Les documents historiques et les événements consécutifs ne laissent aucun doute quant au vainqueur de la dispute.

« Les moines chinois poursuivis férocement furent chassés du pays. Comme l'avaient fait les indiens, ils avaient traduit en tibétain les textes bouddhiques qu'ils avaient apportés avec eux ;

« ... et les disciples tibétains de ces moines chinois avaient commencé à rassembler ces nouveaux textes.

« Il était impossible de fuir avec toutes ces œuvres. Pour les protéger de la destruction, elles furent cachées dans des grottes, des failles de rochers, des temples ou d'autres lieux adéquats.

« L'enseignement de Padmasambhava apporté au Tibet avait quelques profonds liens avec le bouddhisme chinois.

« Srisimha – l'un des maîtres les plus important de l'enseignement des Dsogtschen – était né en Chine. Les maîtres Dsogtschen furent appelés au Tibet par l'intermédiaire des maîtres indiens.

« Lorsque fut pourchassé tout ce qui était chinois, les maîtres indiens furent obligés de faire disparaître toutes les œuvres provenant des maîtres chinois.

« Ces œuvres survécurent dans des cachettes et furent donc ces textes-trésors. Ils ne furent retrouvés que trois ou quatre siècles plus tard – à savoir au XIe et XIIe siècles.

« Traduits, éclairés et commentés en tibétain, ces enseignements prirent place dans le cadre de la doctrine bouddhique qui s'était perpétuée.

« Entre-temps, le climat spirituel avait complètement changé au Tibet. La lutte avec les moines chinois était oubliée depuis longtemps, l'intérêt pour les enseignements mystiques avait pris une grande importance [ et ] étaient devenus la tradition même du Tibet.

« L'époque du VIIe au IXe siècle est considérée comme la période la plus brillante de la spiritualité bouddhique tibétaine. »

Cf. Eva K. Dargyay – Présentation [ du ] Livre tibétain des morts – La transmission littéraire du Bardo-Thödol au Tibet (1977)

« ... Karmalingpa découvrit [ le Bardo-Thödol ] sur le mont Gampodar. »

Les échéances entre les différentes périodes du Phœnix oriental que le bouddhisme mahâyâna de Nâgârjuna identifie au verbe du Lotus peuvent être énoncées :

- du Nirvana du Bouddha (-720) à la transcription du Daï Gohonzo par le Daishônin (1280) en passant par l'établissement du bouddhisme au Tibet (780) et l’enfouissement des trésors du Dzogchen.

Shâkyamuni

[ Amitâbha ]

Nâgârjuna

Padmasambhava

Nichiren

-720

280

780

1280

Bodhidharma

« Il nous faut aborder un dernier point. Le nombre réel des « ahl al-Kahf » [ les gens de la Caverne ] ne peut pas être un de ceux envisagés dans le [ Noble ] Coran [ 3 ou 5 et 7 ] de manière expresse puisque le verset [ ... ] se termine par les mots [ S 18 V 22 ] :

« Mon Seigneur est plus savant au sujet de leur nombre.
Peu nombreux sont ceux qui les connaissent. »

[ On ne peu toutefois écarter qu'il puisse s'agir de l'une de ces trois alternatives – voir de deux si l'on veut retenir ce pluriel. Ce qui est sûr, c'est qu'il est question de nombres. ]

« Pour ibn Arabi, ce nombre [ qu'Abd ar-Razzaq met en rapport avec les mystères kabiriques ] correspond à celui des années durant lesquelles le Mahdî sera établi comme Imam sur la Terre. »

[ Et nous savons que l'établissement du Mahdî s'il correspond à la Parousie du Christ ne doit durer selon les sources islamiques que 7 ou 8 et 9 ans.

Il n'est donc plus question des traditions imaginées par Jean Robin dans un œcuménisme eschatologique ou des vizir proposés par Abd ar-Razzâq dans une terminologie quelque peu anachronique pour désigner ses conseillers.

Les mystères kabiriques qui font correspondre les métaux avec les corps célestes dans le microcosme de l'Homme parfait convergent avec la légende syriaque des Sept dormants d’Éphèse vers le mystère du huitième kabire qui n'est que le retour cyclique du premier.

C'est donc à priori vers le nombre médian (7) entre les deux séries qui nous sont proposées que nous devons nous orienter en introduisant par là-même un pluriel qui ne concerne que la huitième occurrence représentée ici par un chien.

Introduire parmi eux les Dioscures en les identifiant aux deux « Nûn » d'un palindrome qui représenterait l'Islam et la Tradition hindoue ne modifie pas ce résultat qui ne fait que contrer l'aspect quelque peu dissolvant d'une perspective œcuménique trop large.

La gémellité des Dioscures ne peut en effet concerner que le rapport entretenu par le huitième kabire avec le premier d'entre-eux dans la perspective cyclique d'un septénaire qui ne doit pas être négligée dans un contexte eschatologique.

On peut par ailleurs se demander à quoi peuvent correspondre les alternatives compte-tenu du fait que leurs correspondances évoquent la tradition vétérotestamentaire du règne de David et la tradition synoptique de l'Année de grâce prophétisée par Isaïe.

Il pourrait s'agir des piliers du Temple qui correspondent aux angles de la Ka'ba avec les esseulés ou les archanges qu'Abd ar-Razzâq nous fait correspondre aux trois grues couronnées dans une exégèse coranique qui les relie à l'empire du Wagadu :

« [ Le Temple de la Tradition ] est soutenu et préservé par quatre Piliers – « Awtâd » – que le Cheikh al-Akbar énonce [ ... ] comme étant la foi – « imân » – la sainteté – « wilâya » – la prophétie – « nubuwwa » – et la mission prophétique – « risâla ». [ ... ]

« ... [ ces ] quatre « Awtâd » sont considérés comme les représentants des quatre prophètes que la tradition islamique générale reconnaît comme n'ayant pas été atteints par la mort corporelle : Idrîs – Hénoch – Ilyâs – Élie – Aïssâ – Jésus – et Khidr. [ ... ]

« Tous ensembles ils constituent un quaternaire qui correspond aux quatre « Arkân » – les Angles ou les Appuis – du Temple de la Tradition dont la Ka'ba est [ le ] symbole [ avec la foi et al-Khidr pour le pilier représenté par le chien des gens de la Caverne. ]

Cf. Charles-André Gilis citant le chapitre 73 des Futûhât du Sheykh al-Akbar dans La Maison du Prophète selon René Guénon (2015)

De même, ceux qui les suivent peuvent correspondre aux cinq planètes du septénaire qui accompagnent les luminaires en s'inscrivant dans un multiple de soixante (360) ou de douze (72) en rapport avec le nombre cinq. ]

« On peut ajouter encore cette ultime indication qu'ibn Arabî ne formule pas de manière expresse [ puisqu'il ne s'agit que d'une suggestion émise par un tiers ] : ...

« ... s'ils sont neuf, les Compagnons de la Caverne n'en demeurent pas moins accompagnés de leur Chien qui apparaît alors comme étant le dixième. »

[ Nombre (10) dont le Delta (4) exprime ici « la perfection cyclique » ] :

« S'ils sont neuf [ répond ibn Arabî à son interlocuteur ] la durée durant laquelle le Mahdî demeurera sera nécessairement de neuf années. »

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – Le Maître de l'Or. Aperçus complémentaires sur la tradition hermétique – Les mystères kabiriques (2016)

Cette nécessité est une possibilité à laquelle le pape émérite aura finalement consenti en s'éclipsant un 31 décembre avec il est vrai trois mois d'avance sur l'équinoxe mais selon un nombre d'années (9) suffisant par rapport à leur échéance.

Rappelons que les quarts (2/4) qui accompagnent les 888 ans de la Prophétie des papes en constituent les limites réversibles à partir du centre et que les jours complémentaires qui entourent le Solstice d'hiver ont été déplacés après leur terme.

   

    

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