jeudi 22 janvier 2026

Le Figuier et l'Olivier

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Pour la douzième des vingt-huit mansions sidérales
comprenant les deux cent soixante et une sphères célestes :

Énumération sommaire de quelques-unes des principales questions examinées par Ananda K. Coomaraswamy dans son étude de la « Katha Upanishad » :

« ... la signification réelle de la Mort – « Mrityu » ou « Yama » – sous son aspect supérieur et de son identification avec le Soleil en tant que gardien du passage désigné lui-même comme la « porte solaire » ...

« ... et par lequel est atteint l'état ultime et « extra-cosmique », l'Empyrée distingué d'un Élysée « sub-solaire » qui est encore au pouvoir de la Mort ; ...

« ... les « trois morts » représentées par les trois nuits passé par « Nachikêtas » – « Celui qui n'a pas encore la connaissance » – au seuil de la demeure de [ « Yama » ] ; ...

« ... la correspondance des trois faveurs demandées par [ « Celui qui n'a pas encore la connaissance » ] avec les « trois pas » de Vishnu ; ...

« ... le sens précis du mot « srishti » qui pourrait être rendu par « expression » plutôt que par « émanation » pour désigner la production du monde manifesté, ...

« ... et l'application de l'idée de « mesure » – « mâtrâ » – à l'acte même de cette production ; ...

« ... le sens du mot « rita » désignant proprement l'ordre cosmique et auquel le mot d'ordre – « ordo » en latin – aussi bien que celui de « rite » est d'ailleurs directement apparenté ; ...

« ... le symbolisme du « pont » – « sêtu » – coïncidant avec celui du « sûtrâtma » qui relie entre eux tous les états de l'être ; ...

« ... l'union du manifesté et du non-manifesté – « vyaktâvyâkta » – comme une seule essence et deux natures dans « l'identité suprême ».

Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – Compte-rendu d'articles de revues sur l'Hindouisme parus dans les Études Traditionnelles (1938) – Ananda K. Coomaraswamy – Étude de la « Katha Upanishad » dans le « New Indian Antiquary »

« Nous signalerons notamment les parties de l'exposé concernant « Atmâ » et ses rapports avec le monde manifesté, ...

« ... la « transmigration » distinguée de la « métempsychose » et l'impossibilité de la « réincarnation », ...

« ... le processus de la réalisation spirituelle ; ...

« ... dans cette dernière, nous retrouvons l'explication de quelques-uns des symboles dont nous avons eu l'occasion de parler récemment comme ceux du « rayon solaire », du « sommet de l'arbre » et de la « porte étroite », ...

« ... avec la distinction des états « élyséen » et « empyréen » [ pour ] le passage de l'un à l'autre « à travers le Soleil ». [ ... ]

Cf. René Guénon – Études sur l'Hindouisme (1970) – Compte-rendu d'articles de revues sur l'Hindouisme parus dans les Études Traditionnelles (1939) – Ananda K. Coomaraswamy – « The Vedânta and Western Tradition » in « The American Scholar »

Les trois morts, les trois nuits ou les trois faveurs misent en correspondance avec les trois pas de Vishnu sont ici en rapport avec la centaine, le millénaire et la myriade dans le séjour des anciens, la pérégrination des ancêtres et la réintégration des déités.

La Centurie d'or par delà la myriade du Vivant est semblable au Soleil de la divinité en correspondance avec la centaine du séjour des anciens qui réitère le rapport que l'Atmâ entretien avec le Brahmâ du point de vue de l'Identité suprême.

L'évaluation réelle de ces durées reste néanmoins relative à celle qui préside à la génération centrale de l’existence pendant son deuxième âge (50-80) – le temps subjectif s’accélérant au cours des âges et sans doute dans l'au-delà.

I

I            I

« Par le Figuier et l'Olivier – Par le Mont Sinaï et par cette Cité sûre ! »

S 95 V 1 – 2 et 3

Dans le chapitre qu'il consacre à la sourate du Figuier, Abd ar-Razzâq fait de son quadruple serment l'évocation d'un « Dîn » éternel exprimant la Tradition primordiale d'une Religion immuable.

Cette quadrature s'inscrit dans une hiérarchie qui démontre que ses trois fonctions reviennent à ceux qui les soutiennent en ramenant le nombre de leurs substituts (7) à celui des esseulés (3) dans l'angle du quatrième pilier.

Quand le septième substitut se substitue au quatrième pilier, celui-ci prend la place du premier acolyte et le premier celle du second qui reprend à sa charge la fonction du Pôle central quand le Pôle axial est amené à s'occulter.

Abd ar-Razzâq suppose que le Noble Coran commence avec la fonction polaire et poursuit avec les deux acolytes avant de se situer dans l'angle du quatrième pilier mais la structure des trois premiers versets montre qu'il commence avec les deux acolytes.

Il commence en effet par celui qui est le plus éloigné du Pôle et poursuit avec celui qui est amené à le remplacer dans un premier verset où ils apparaissent tous les deux comme les arbres de ses versants : le Figuier et l'Olivier.

Abd ar-Razzâq semble avoir perçut cette erreur en faisant remarquer qu'il était étrange que la Science des Illettrés soit quelque fois rapportée symboliquement à l'Olivier plutôt qu'au Figuier alors que celui-ci représenterait selon lui la fonction polaire.

Mais il élude la question en identifiant cette Science – « 'Ilm al-Ummi » – à « un peu de science » – « 'Ilm al-Qalîl » – sans relever que ce peu de science est une Science auprès de Dieu – « 'Ilm al-Ladunnî » – qu'il fait venir de Lui par ailleurs.

La figue serait en effet un fruit « descendu du Paradis » mais tandis qu'Abd ar-Razzâq se focalise sur cette origine paradisiaque, il ne voit pas que le fruit est descendu (▼) et que le Figuier représente par conséquent le pilier du versant le plus éloigné du Pôle.

Son fruit serait dépourvu de noyau contrairement à celui de l'Olivier dont la coque représente ici une « Ḥaqiqa » si chère par ailleurs aux macérations du Sheykh qui qualifie le second pilier et sa tendance ascendante (▲).

La pulpe de la figue ne représente alors que la « Tariqa » sans que ça remette en cause le statut traditionnel de l'empire du Wagadu où le Figuier occupe dans sa mythologie une place centrale qui est sans doute à l'origine de cette méprise.

Être « sous le Figuier » comme Jésus l'indique à Nathanaël dans l'évangile de Jean quand il l'identifie au « véritable israélite », c'est être sur la Voie droite et sous la direction d'un pôle sans que le Pôle axial ne soit identifié à l'arbre – cf. Jean I 47 et 48.

L'identification du Pôle coule ensuite de source : c'est le Mont entre ses deux versants et dans un contexte mosaïque, le Sinaï ou se trouve l'Arbre de Lumière identifié au Buisson ardent tandis que le quatrième pilier s'identifie à la Cité sûre.

Dans le contexte de cette sourate la Cité sûre est identifiée à La Mecque où elle fut révélée mais à mi-hauteur de sa réalité axiale la Citée sainte de Sarras où processionnent les Chevaliers bienfaisants est une représentation mythique de la Jérusalem céleste.

Abd ar-Razzâq identifie la Montagne polaire au Mont Qâsyûn à Damas où se trouve la sépulture d'ibn Arabî et au Mont des Oliviers à Jérusalem sans se référer à sa première détermination qui est celle d'Arafa pour l'angle de la Pierre noire.

Il rappelle que « Ṭûr » indique ici le Sinaï en désignant spécifiquement une montagne plantée d'arbres qui diffère du « djebel » puisqu'on y trouve un Arbre sommital qui n'est pas ceux que le Figuier et l'Olivier signalent sur ses versants.

On pourrait donc supposer qu'il est symboliquement à la fois l'un et l'autre mais ça reste difficile à se représenter : le Buisson ardent par le fait même qui le représente doit d'abord faire penser à l'Arbre de Noël paré d'ambre au sommet du Globe.

Abd ar-Razzâq va d'ailleurs à partir de là le représenter par un sigle amazigh qui le représente sous la forme d'un trait d'union reliant deux hémisphères qui s'opposent – cette opposition indiquant qu'il s'agit ici de la Terre et du Ciel.

Cf. Abd ar-Razzâq Yaḥyâ – L'arbre de Lumière et la Tradition universelle (2012)

   

    

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