dimanche 12 avril 2026

Les degrés du Trône

...

Pour la trente-troisième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« Quelqu'un a demandé que se produise sans délai le châtiment inéluctable qui doit frapper les négateurs et que nul ne pourrait repousser car ce châtiment provient de Dieu, ...

« ... le Maître des degrés célestes que les anges et l'Esprit gravissent dans leur ascension vers Lui en un jour d'une durée de cinquante mille ans ! »

Cf. S 70 V 1 à 4 pour la Sourate des Degrés cité par Charles-André Gilis dans « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux – Les préférences divines (2006)

Ce jour de cinquante mille ans n'est en réalité qu'une phase d'un cycle de cent mille ans et dans ce contexte de la phase nocturne qui se caractérise par une halte entre deux phases diurnes où les croyants sont invités à veiller en restant patients  cf. S 70 V 5.

Les degrés célestes dont il est ici question concernent la pérégrination des ancêtres (1.000) et la réintégration des déités dans la myriade du Vivant qui ne meurt pas (10.000) de la Centurie d'or où un jour de la Vie divine est comme cent mille ans (100.000).

Du point de vue de la pérégrination ancestrale, mille ans sont aussi comme un jour du point de vue de la réintégration des déités où la myriade du Vivant est semblable à la Vie divine dont le jour est identique à celui de la Vie terrestre (100).

Compte tenu de ces similitudes, on peut considérer que l'âme des défunts avant de rejoindre les limbes qui précèdent leur pérégrination rôde pendant cinq jours autour du corps dont elle fait sont deuil et dont il faut prendre le plus grand soin.

Les limbes de ceux qui ont atteint l'âge de dix ans (10) ne durent que le temps de leur Vie terrestre au cours de laquelle il faut respecter leur sépulture et leur rendre visite si possible une fois par an au début de la catabase qui caractérise le début de la saison hivernale.

Cette saison est en effet considérée comme un « barzakh » entre deux périodes estivales comparable à la halte de la nuit qui sépare les phases diurnes du jour jusqu'au terme de l'anabase où l'âme des défunts peut être élevée sur les autels de la parentèle ancestrale.

Les enfants qui n'ont pas atteint l'âge de dix ans ne connaissent pas le séjour des limbes en raison d'une assistance particulière des ancêtres et des déités pour les fœtus qui n'ont pas atteint leur première année (1) à partir de leur préexistence concupiscente.

Les limbes sont ici considérées comme une halte ou comme un « barzakh » – un isthme – entre la Vie terrestre et la Vie céleste, entre les degrés et les âges incluant ceux qui traversent les trois générations (30) et les dix-huit classes d'âge (5) impliquées après la dizaine.

« Mille ans sont comme un jour de cent mille ans ...

[ 2 P III 8 + PS XC 4 + S 22 V 47 + S 70 V 4 ]

... où chaque jour est comme un an. »

[ Ap XI 9 et 11 + XII 14 ]

« 12 x 30 »

« [ Soit ] la Parole divine mentionne le Coran de manière absolument inconditionnée sans qu'il soit qualifié en aucune façon ; [ ... ]

« ... [ soit ] il est qualifié au moyen de trois attributs fondamentaux : ...

« ... celui de glorieux – « al-Majîd » – [ pour la ] « Table Gardée » (S 50 V 1 & S 85 V 21) ; ...

« ... celui de noble et généreux – « al-Karim » – [ pour le ] « Livre caché » (S 56 V 78) ; ...

« ... et enfin [ celui ] d'immense et redoutable – « al-'azim » – dans le verset (S 15 V 87) : ...

« En vérité Nous t'avons donné [ le Coran immense ] entre les sept [ versets de la première sourate ] et le redoublement » [ des deux dernières sourates : « 1 + 111 + 2 ».

Ce qui correspond en commençant par la fin aux fonctions de la hiérarchie initiatique avec les deux imâms, le Pôle et le quatrième pilier où elles ne sont que dix avec les sept substituts et onze avec le Coran Glorieux descendu dans le Coran immense et généreux.

Il est en effet remarquable que les quatorze lettres isolées qui déterminent communément le nombre de ces fonctions (14) sont toutes descendues avec le Noble Coran dans le Coran immense et généreux et non là où les sourates apparaissent comme leurs piliers.

L'édition « Tawhid » de 2007 traduit « al-Majîd » par « Sublime » et l'identifie au « Livre Mère » – « Um al-Kitâb » – en le qualifiant d'Archétype  ce qui l'oppose au « Livre explicite » qui apparaît dès le deuxième verset de la sourate de l'Ornement (43).

L'archétype est alors « plein de Sagesse » et n'identifie le Livre Mère qu'à la première sourate sans exclure une identification plus transcendante ou « céleste » en rapport avec la « Table Gardée » – « Lawhu'l-Mafûz ».

L'archétype est ensuite qualifié de Prototype par opposition au Noble Coran qui apparaît parmi les saintes écritures comme un écrit conforme à sa matrice ou à son modèle idéal sans que le caractère « généreux » de sa noblesse n'apparaisse dans un Livre caché.

Mais il est vrai que le Coran « immense et redoutable » qui apparaît ici avec « les sept versets qu'on répète à chaque salat » est encore qualifié de « sublime » dans une sorte d'indigence lexicale.

Si le sublime est littéralement en dessous d'une limite, il ne peut pas satisfaire à la Gloire d'un d'un Prototype archétypal qu'on situe au-delà tandis que la noblesse et la générosité du Livre caché nous apparaissent immense et redoutable.

Les trois déterminations que Charles-André Gilis reprend au Sheykh al-Akbar comprennent nécessairement un passage sous la limite de l'un vers l'autre  sous la limite si c'est le « Noble Coran » qui caractérise ici-bas l'étendue contingente du « Coran Glorieux ».

Charles-André Gilis nous indique ensuite que ces déterminations coraniques s'appliquent également au Trône divin qualifié lui aussi de Glorieux (S 85 V 15), de Généreux (S 23 V 116) ou d'Immense (S 9 V 129 + S 23 V 86 + S 27 V 23 et 26).

Ici aussi tout est « sublime » pour l'édition « Tawhid » de 2007 – même le Trône du Maître Glorieux de la sourate des Constellations (85) quand ce Trône sans détermination est celui auquel on accède par degrés (S 40 V 15).

Ces degrés sont mis en rapport avec la qualité qu'on attribue à leurs noms divins : la Majesté – « Jalâliyya » – la Beauté – « Jamâliyya » – et la Perfection – « Kamâliyya » :

« Selon cette correspondance, c'est le Nom « al-'azim » qui symbolise la Majesté, le Nom « al-Karim » qui symbolise ] la Beauté et le Nom « al-Majîd » [ qui symbolise ] la Perfection. » ]

Cf. Charles-André Gilis   « Qâf » et les mystères du Coran Glorieux – Le Coran Glorieux (2006)

   

    

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