jeudi 30 octobre 2025

Les théophores

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la première sphère
parmi les dix sphères célestes de la deuxième lettre :

« Bâ »

« Disperse les nuages de la journée
Et ceux qui errent sur le ciel nocturne
Afin que Ru puisse voir les étoiles
Et bien mener les siens vers les rivages. »

Chant polynésien pour le Voyage des étoiles du Sud vers la Pierre du Nord

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Les troncs de la décade soutiennent la forêt du Ciel.

La Pierre apparaît dans le Cœur de l'octave sur les diagonales de l'enceinte centrale.

« Officiellement, l’Église nestorienne est née du schisme de Nestorius, patriarche de Byzance au cinquième siècle [ de l'ère chrétienne. ]

« Il lutta d'abord contre les Ariens puis créa sa propre doctrine christologique.

« Refusant de reconnaître Marie comme Mère de Dieu, il s'opposa avec l'école d'Antioche au terme [ de ] « Théotokos » – [ la ] « Mère de Dieu » – exprimant la maternité divine de la Vierge Marie, ...

« ... et préféra celui de « Kristokos » – [ la ] « Mère du Christ » – expliquant la nature humaine plus que la nature divine de Jésus-Christ. Celui-ci étant appelé Théophore – [ le ] « Porte Dieu ».

[ On se souviendra que l'évangile de Luc (I 3) et les Actes des apôtres (I 1) s'adressaient déjà à Théophile – « L'ami de Dieu ». ]

« Cette doctrine [ jugée ] hérétique fut condamnée au Concile d’Éphèse en 431. Nestorius qui avait refusé d'y comparaître fut déposé par l'empereur et exilé.

« Ses partisans créèrent alors leur propre Église hors de l'Empire [ byzantin ] qui s'étendit en Perse, en Asie centrale, en Inde et jusqu'en Chine.

« Mais cette version historique ne concorde pas avec le point de vue des nestoriens.

« Mar Narsay – archevêque assyrien de Beyrouth – devait me confier que longtemps avant le schisme dit nestorien le peuple assyrien partageait déjà cette thèse doctrinale.

[ « Élie IX montra sans ambages [ en 1629 ] combien il était éloigné de la vérité catholique car après avoir dit que sa foi était la même que celle des Romains et avait été plusieurs fois envoyée et approuvée à Rome ...

« ... il ajouta qu'il tenait fermement que Marie n'était pas la mère de Dieu mais la mère d'un homme [ pur ] et que cette foi tenue par les patriarches – ses prédécesseurs – était et resterait celle de son peuple ...

« ... car tout simples paysans qu'ils fussent, ils refuseraient de la sacrifier pour tout l'or du monde et se laisseraient plutôt tailler en mille morceaux.

« Élie IX ajouta que si quelques nestoriens avaient fait à Rome profession d'une autre foi, c'était uniquement de bouche et non de cœur – par considération de leurs intérêt temporels – et que revenus dans leur pays, ...

« ... ils avaient vécu de nouveau dans la foi nestorienne et y seraient morts. » ]

« Dès la conversion d'Akbar V – dernier roi d'Assyrie au troisième siècle – par deux missionnaires – Addaï et Mari – les Assyriens auraient adopté la croyance que le Christ était en même temps Dieu et homme ...

« ... mais que la Vierge Marie n'était que la mère de l'homme et non celle de Dieu. »

[ Il serait dès lors impossible d'identifier Addaï à Thaddée et Thaddée au Didyme de Jésus en les situant dans la lignée épiscopale qui s'identifie à l'apostolat de saint Thomas. ]

« Lorsque Nestorius fut nommé patriarche de Byzance, il ne fit qu'adopter les vues doctrinales des Assyriens ; ce qui suscita un désaccord avec Saint Cyrille – [ le ] patriarche d'Alexandrie.

« Par la suite, l’Église orientale assyrienne fut appelée par erreur l’Église nestorienne. »

« Pour les Nestoriens, il n'y a pas de doute : l'origine de leur Église remonte au tout premier siècle de la chrétienté au moment où les apôtres s'éloignent de Jérusalem pour répandre l’Évangile.

« C'est à saint Thomas affirment-ils qu'ils doivent [ l'apostolat ] de l’Église perse et de leurs croyances.

« Dans les écrits très anciens attribués à Origène, il est mentionné qu'à la dispersion des apôtres Thomas reçu la Parthie pour son lot.

« Rien d'étonnant à ce que cette évangélisation ait pu atteindre l'Inde lorsque qu'on sait que les princes parthes régnaient [ jusque là. ]

« Actuellement on dénombre toujours des groupes de nestoriens et de chaldéens sur la côte du Malabar converti par saint Thomas lui-même et qui vivent sous l'autorité spirituelle du patriarche de Babylone – Mar Paul Sheiko – résidant à Bagdad.

[ Saint Thomas s'il repose à Srinagar sous le nom de Yuz Asaf – Josaphat – n'a pas pu convertir les chrétiens du Malabar dont la conversion s'inscrit dans une extension des missions assyriennes en Inde et en Chine sous les dynasties turco-mongoles. ]

« Vers la fin du huitième siècle, le grand patriarche Timothée Ier pour appuyer la doctrine de la Vierge Mère du Christ et non de Dieu affirma aussi solennellement que possible l'antiquité de son Église en plaçant [ son ] évangélisation à la période apostolique, ...

« ... cinq siècles à peu prés « avant que naquît Nestorius » et vingt-ans environs « après l'ascension au Ciel de Notre Seigneur [ Jésus Christ ]. » [ Ce qui doit correspondre à la prédication paulienne décrite par les Actes des apôtres. ]

Cf. Paul-Jacques Callebaut – Rites et Mystères au Proche-Orient – Le dernier bastion nestorien du Kurdistan – Origine de l’Église nestorienne [ et ] Tentative d'union avec Rome (1979)

« ... les « Old Charges » [ ... ] ignoraient Hiram-Abif [ et ] reconnaissaient pour « Prince des Architectes » et troisième Grand Maître de l'Ordre Maçonnique un personnage nommé Amon – ou parfois Aymon – ...

« ... [ que ] Guénon [ ... ] a [ identifié au ] dieu égyptien du même nom [ en formulant ] de saisissants parallèles avec le triple mot sacré « Jah – Bel On » [ et ] la ville égyptienne d'On [ que Roman identifie à Héliopolis, « célèbre dans la légende du Phénix » ] ...

« ... [ sous ] le nom royal d'Osiris [ mais il s'agit bien évidemment du « On » de « Sidon » en Phénicie ] et l'on connaît les similitudes constatée depuis longtemps entre la légende d'Hiram et le mythe d'Osiris. »

Cf. Denys Roman – René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie – Aspects de la Maçonnerie écossaise (1995)

« Il s'agit en effet d'Hiram-Abif – le fils de la Veuve – et non pas d'Hiram, [ le ] roi de Tyr dont il ne semble pas que le nom ait jamais été altéré dans les « Old Charges » [ mais c'est bien sûr le roi de Tyr – le Tyran – qui s'identifiait au Seigneur de Sidon ] ...

« ... tandis que celui du troisième Grand Maître [ auquel le Siège d'On sert d'appui ] a pu prendre successivement les formes « Amon », « Adon », Adoniram » et « Hiram ».

La forme « adonhiramite » prouve par ailleurs cette identification tandis que la légende d'Hiram semble en effet en rapport avec le mythe d'Osiris.

La deuxième syllabe du mot sacré, « Bel » doit être reconnu ici comme son équivalent galiléen en rapport avec le « Belenos » gaélique de « Beltane » ou le « Bel-Hélios » gréco-romain.

Quant à la première syllabe du mot sacré, « Jah » c'est évidement la forme la plus élémentaire d'Iao – le tendre Iacchos des mystiques dionysiaques – que les Hébreux d’Éléphantine vénéraient encore sous sa forme trilitère « Y.H.V ».

« À ce sujet, faisons une autre remarque qui n'a pas de rapport avec la Maçonnerie mais qui en a sans doute avec les Templiers.

« La lettre de Gargantua à son fils – Pantagruel – considérée par les critiques profanes comme une preuve que le roman de Rabelais est une œuvre profonde sous des dehors triviaux est datée d'Utopie [ le ] dix-septième jour du mois de mars. »

[ « Or le 17 mars [ 1313 ] est donné le plus souvent comme la date du supplice de Jacques de Molay. » ]

Cf. « Comment Pantagruel estant à Paris receut lettres de son père Gargantua et la copie d'icelles » évoqué par Denys Roman dans un article consacré aux rapports entre l’Église et la Maçonnerie (1995)

Trinque le Train vers l'idylle à la Dyle
Sonnez sonnet ci je vous entends bien.

   

    

mardi 28 octobre 2025

Les adorateurs du Serpent

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la septième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-huitième lettre :

« Shîn »

« Les Yésidis honorent Taous-Melek, l'Ange-Paon [ ... ] car il est la source de tout ce qui peut nous arriver en mal ou en bien :

« Taous-Melek distribue comme il l'entend le bien qu'il tient [ dans ] sa main droite ou le mal qu'il tient [ dans ] sa main gauche.

« Parce qu'il est aussi la source du mal, nous implorons Sa clémence ; ...

« ... si nous négligeons Taous, nous ne pourrons jamais éviter sa colère mais en la ménageant, nous gagnerons le bonheur [ dans ] ce monde et dans l'autre. » [ ... ]

« Les Yézidis croient au pouvoir du cercle. Si on en trace un autour d'un sectateur, celui-ci ne peut [ pas ] en sortir car une force invisible le retient prisonnier.

« Seul les prêtres pourront dénouer le lien magique par leur incantation.

« Les Yézidis possèdent deux livres sacrés qui ne sont montrés qu'aux initiés : ...

« ... le « Kitab al-Jahounah » qui proclame la puissance de Taous et le « Kitab al-Asouad » qui révèle les origines du monde. »

« Un jour Dieu s'est irrité contre [ Taous-Melek ] et la banni en enfer dont il réussit à éteindre le feu grâce à ses larmes de repentir. [ « at-Tawba » ]

« Mais Taous reste le meilleur des anges qui retournera au Ciel à la fin du monde ; Dieu lui rendra alors la première place. » [ Celle du Lucifer quand il s'identifie au Christ. ]

« La fête se termine par l'entrée solennelle sur le territoire du village de l'emblème sacré, le « Sindjaq » – l'Ange-Paon.

« Dérobée aux regard indiscrets par un cercle de fidèles, l’effigie est conduite en procession [ ... ] auprès du notable qui a fait la plus grande offrande. Il pourra la conserver jusqu'à la fête suivante. » [ ... ]

« Ce paon de bronze ne joue pas le rôle d'idole mais [ celui ] de relique, de symbole. C'est la manière dont les yézidis se représentent « Taous-Melek » et rares sont les étrangers qui ont réussi à l'apercevoir. »

« Il n'est pas possible d'oublier Satan et l'atmosphère de mystère lorsqu'on visite un sanctuaire yézidi et celui de cheikh Adi ne fait pas exception.

« Avant d'y pénétrer l'insolite vous saisit déjà : signes cabalistiques gravés sur le portail, Serpent noir sculpté qui dresse ses ondulations le long de la porte, ...

« ... jusqu'au gardien dont l'aspect étrange conviendrait aussi bien à celui d'un prêtre de Kali. » [ Déesse hindoue de la Fécondité, de la Mort et de la Destruction. ]

Cf. Nicole et Paul-Jacques Callebaut – Rites et Mystères au Proche-Orient – Rencontres avec les adorateurs du diable (1979)

Le paon – comme le faon sous la protection du Sheykh Bektash Khorasami – est une représentation du renouvellement cyclique puisqu'il s'agit ici de la roue du Phœnix – ou d'un rejeton du Cerf blanc aux cinq cors – qui se régénère tous les cinq cents ans.

Le Serpent noir – comme le Serpent vert qui lui sert d’antidote – est une représentation de l'âge Sombre – le Kali yuga – où le cycle accomplit son redressement à travers la révolution de ses quatre saisons en se redressant vers le Ciel en ondoyant.

Cette ondulation est également celle que nous observons sur le Boa bantou qui tient un Oiseau par les pattes. Ici les couleurs noires et ocres alternent au gré des ondes avec celle du Souffre rouge qui caractérise le corps d'un volatile aux ailes sombres.

La protection du faon que nous observons chez le Sheykh Bektash est également celle de Saint-Gilles du Gard dans sa légende carolingienne qu'on peut mettre en rapport avec l'installation d'un Ordre bénédictin à la suite de sa Tradition irlandaise.

« ... nous rappellerons trois des principaux faits mis en lumière [ dès 1950 ] par le Forestier et nous les confronterons avec un quatrième fait sur lequel il nous a donné l'occasion de réfléchir : ...

« 1. L'ordre du Temple s'est perpétué en Écosse au moins deux cents cinquante après sa suppression officielle [ en 1314 ] ; ... [ jusqu'en 1563 où Roman le voit précéder les organisations « rosicruciennes ». ]

[ Nous lisons 1313 en faisant commencer l'année suivante avec l'équinoxe du Printemps. ]

« 2. Les hauts grades sont plus anciens qu'on le pense communément : on en connaît des exemples dès les premières années de la Maçonnerie spéculative [ dès 1733 ] et ces exemples sont templiers ou « écossais » ; ...

« 3. La légende templière dans la Maçonnerie a été « mariée » à la légende jacobite et ce « mariage » s'est effectué en France ; ... [ dès 1735 ]

« 4. La Maçonnerie française fondée par des Anglais « orangiste » a eu pour dirigeants des Écossais « jacobites ». [ Le motif écossais serait par conséquent plus symbolique que politique : ]

« La Maçonnerie « jacobite » serait une « couverture » utilisée par les prolongements du Templarisme subsistant en Écosse pour influer sur la Maçonnerie spéculative [ de 1717 ] dans un sens traditionnel [ ... ] par l'adjonction à la Maçonnerie [ adonhiramite ] ...

« ... d'une superstructure entièrement différente [ chevaleresque ] à laquelle en raison des rapports de l’Écosse [ ... ] avec le Temple et avec les Stuarts convient parfaitement le nom qui lui est donné universellement de « Maçonnerie Écossaise ».

Cf. Denys Roman – René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie – Maçonnerie templière, jacobite et écossaise (1995)

L'identification de l’Écosse calédonienne au Sommet du Monde [ « L'ultima Thulé » ] qui s'identifie au motif symbolique d'un Shetland immuable ne nous parait pas vraiment convaincant.

Elle ne nous permet pas d'impliquer à sa juste mesure le Rite de York dans la genèse des grades chevaleresques qui convoquent quasi simultanément ou consécutivement celle d'une Stricte observance du Rite allemand.

Roman instruit ici tous les éléments historiques que Le Forestier peut mettre au service d'une continuité symbolique que nous faisons remonter par étapes jusqu'à la Chevalerie du Graal mais en s'éloignant quelque peu de sa réalité politique.

Contre l'idéal révolutionnaire de la Maçonnerie anglaise et rosicrucienne, les féodalités médiévales s'organisent en introduisant des grades chevaleresques qu'elles font proliférer sous les auspices de leurs Supérieurs Inconnus.

Et cet idéal se défend en introduisant dans la hiérarchie des grades l'esprit de Vengeance du mythe adonhiramite que la malédiction du dernier Templier va étendre sur douze générations (360) selon sa légende jusqu'à la treizième à partir de 1313.

C'est là – en 1673 – que l'anneau du Sacré-Cœur s'enchaîne pour compléter celui de la Rose-Croix qui s'arrête aux deux générations de la Prophétie (60) identifiables à celle des deux témoins de l'Apocalypse qu'elle compare aux minutes des heures.

Toute cette magie – celle des anneaux qui s’enchaînent à des temps apocalyptiques – ne doit pas nous faire douter de l'existence réelle de ces Supérieurs Inconnus et de sa chevalerie qui se maintiennent au Sommet de leur hiérarchie initiatique.

Tandis que la révolution s'accomplit, l'Ordre revient vers ses points d'appui.

   

    

dimanche 26 octobre 2025

Au large du Lac Léman

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la cinquième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-huitième lettre :

« Shîn »

« Le contenu des écrits [ de Khénoboskion « dont les derniers manuscrits datent de la fin du IVe siècle » ] permet assez bien de cataloguer leurs propriétaires.

« La présence de Barbélô parmi les puissances supérieurs, le fait que de nombreux livres sont sous le nom de Seth, que l'on rencontre un Allogène suprême et que l'on a la Paraphrase de Sem – dite aussi de Seth – décèlent des Séthiens. [ ... ]

« Sans doute pourrait-on également penser à des Ophites [ les disciples du Serpent ] ou à des Na'assènes. [ ... ] On pourrait également supposer qu'il s'agissait d'Archontiques [ Na'assènes et Pérates ] ou de Barbélognostiques...

« Mais il serait vain de vouloir être trop précis : nous savons par les hérésiologues [ ... ] que les sectes s'empruntaient les unes aux autres [ ... ] leurs textes [ tels que l’Évangile des Égyptiens ou celui de Thomas. ]

« Et puis sans doute, les adversaires de la Gnose ont-ils voulu multiplier à l'excès pour les collectionner les appellations diverses sous lesquelles se cachaient suivant les contrées des sectes fort proches en réalité les unes des autres. »

« On devrait [ ... ] rassembler tous les éléments d'une géographie mythique sans cesse impliquée par nos textes.

« On y trouve des légendes antérieures à la Gnose – par exemple celles qui attribuent un caractère sacré au mont Hermon, [ ... ] résidence des enfants de Seth aux origines de l'humanité. [ ... ]

« Aujourd'hui encore [ vers 1957 ] les Mandéens considèrent comme le lieu le plus sacré de notre monde la grande Montagne Blanche de Syr [ en Syrie. ]

« Ils la situent à l'extrémité Nord [ de leur ] monde : juste derrière elle sont les « Mataraha », c'est-à-dire les portes de la Lumière où veillent les puissances célestes qui ont pour fonction d'accueillir là les âmes des défunts.

« Les seules eaux blanches, c'est-à-dire purificatrices sont celles des fleuves qui comme le Jourdain dont le nom signifie justement « descente » coulent de cette direction, du Septentrion vers le Sud.

« Tous ces mythes étranges éclairent assez bien [ ... ] d'obscures allusions conservées dans les écrits gnostiques originaux [ ... ] où il est pareillement question des lieux mystérieux tenus par certains Gardiens. »

« Aussi bien que les noms des grands prophètes auxquels les Gnostiques ont voulu assigner leurs révélations [ Hermès, Seth, Zoroastre ou Jésus ] ces lieux ont donc leur sens : ...

« ... ils indiquent dans quel cadre mythique parfois bien tracé par des traditions antérieures à la Gnose nos sectaires ont voulu très consciemment situer leur foi. »

« ... la présence dans les mythes du Mahâbhârata de la Montagne Blanche – Svetaparvata – située dans les régions qui sont au-delà des ténèbres de ce monde : ...

« ... elle est ici encore la Montagne des Lumières chère aux traditions zoroastriennes, gnostiques [ et ] mandéennes.

« Et les sept Gardiens que le Mandéisme y situe avec précision – que la Gnose y connaît également [ comme Archontes ] – s'y manifestent cette fois [ ... ] sous la forme [ apocalyptique ] d'un Serpent à sept têtes ! »

« Le Judaïsme n'a pas ignoré certaines traditions sur les Fils de Dieu [ Gn VI ] qui auraient été les enfants de Seth et qui auraient d'abord demeuré sur le mont Hermon. »

[ Luc III 38 insère Adam entre Dieu et Seth dans sa généalogie où Hénoch est le septième après Dieu et « depuis Adam » chez Jude I 14. ]

Cf. Jean Doresse – Les livres secrets de l’Égypte – Les Séthiens d'après leurs écrits (1993)

La Gnose distingue la Magie blanche – celle des anges gardiens – de la Magie noire – celle des anges rebelles – et la Basse-Magie – où cette discrimination s'impose – de la Haute-Magie – celle des Archanges et des Principautés du Principe que les régit.

« La brochure [ du Frère Édouard de Ribaucourt ] rééditait [ en 1912 ] la fable des Templiers réfugiés en Écosse après la destruction de leur ordre [ au début du XIVe siècle ] et de l'autorité exercée secrètement par celui-ci sur les Loges maçonniques ; ...

[ Il faut toutefois tempérer l'aspect fabuleux de cet exercice puisque que le Grand Maître de l'Ordre de Malte préside depuis 1813 aux destinées des Loges dans une Commanderie néo-templière qui réunit les Anciens et les Modernes. ]

« ... elle se référait pour établir la survivance occulte de l'Ordre du Temple à la fameuse Charte de Transmission de Larmenius. [ Fameuse & Fabuleuse :

Établissant dès 1324 la succession de Jacques de Molay à Jean-Marc Larmenius au bénéfice d'Alexandrinus qui l'aurait transmise en 1357 à Bertrand du Guesclin, aux comtes d'Armagnac et au duc de Montmorency en 1574.

Puis du duc d'Angoulême en 1615 au duc de Duras en 1681 et du duc du Maine en 1724 au prince de Condé en 1737 qui la transmit au prince de Boubon-Conti en 1741 selon une charte datée en l'an de l'Ordre 692 du 18 mai 1810 au bénéfice de Fabré-Palaprat. ]

« Elle racontait ensuite [ s'opposant par la-même à tout ce qui précède ] que Robert Bruce avait institué l'Ordre du Chardon pour servir de signe de ralliement aux Templiers clandestins ... [ et « anathèmes » selon la charte de 1810 ] ...

« ... que cet Ordre en apparence honorifique s'appelait aussi de Saint-André parce que ses membres avaient coutume de se réunir dans la cathédrale d’Édimbourg qui était sous l'invocation du saint patron de l’Écosse ...

« ... et que de cette association était sortie plus tard une société secrète composé de « Maître Écossais » appelé de Saint-André et partisans des Stuarts.

« C'était un rappel – à près de cent-cinquante ans d'intervalle – de la vieille légende jacobite ... [ largement étayée depuis ] ... mais sous la forme que venait de lui donner G. Bord dans sa « Franc-Maçonnerie en France des origines à 1815 » édité en 1908.

« L'auteur de cet ouvrage avait entrepris [ ... ] de démontrer que la Maçonnerie spéculative qui avait d'abord lutté en Angleterre pour la défense de la religion catholique et de la dynastie écossaise ...

« ... et avait été organisée à cet effet après la première révolution anglaise de 1649, s'était ensuite laissé envahir par l'esprit protestant et révolutionnaire [ de la Rose-Croix ] ...

« ... et était devenue à partir de 1717 – lorsque la cause des Stuarts avait été définitivement perdue – une association au service de la Maison d'Orange [ que l'échéance de 1724 dans sa perspective eschatologique transcendait. ]

« G. Bord affirmait d'autre part que la Maçonnerie primitive avait été importée [ en France ] dès 1688 par les écossais qui avaient accompagné Jacques II à Saint-Germain [ en Laye ] ...

« ... et il expliquait ainsi l'établissement du rite écossais en France d'où il s'était propagé dans toute l'Europe.

[ « L'anglais Robison qui [ ... ] voyait dans les haut grades une machination des jésuites en faveur des Stuarts attribuait déjà en 1797 l'introduction en France de la Maçonnerie Écossaise aux Jacobites qui accompagnaient dans son exil le roi détrôné en 1688. » ]

« Adoptant sans en nommer l'auteur cette thèse hasardée, le restaurateur [ de la Loge ] du Centre des Amis faisait une distinction entre les deux genres de Maçonnerie : ...

- « l'une de tradition templière et jacobite [ dont il faudrait distinguer les causes ]

- « l'autre de tradition hiramite et orangiste [ aussi chimériques l'une et l'autre ]

« ... il se réclamait de la première et l'entête des planches de sa Loge datait de 1688 l'établissement du rite écossais et templier en France. »

[ Ce qui le laisse deviné plus jacobite que templier contrairement à l'Ordre de l'Orient qui l'eût daté de 1118. ]

Cf. René Le Forestier – La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles – Les épigones (1970)

Le scepticisme de l’historiographe qui rejoint ici celui de René Guénon avant 1949 est d'abord une défiance envers les motifs politiques qu'exprimait la cause dynastique du régime écossais du point de vue de l'origine opérative de la légende « hiramite ».

« Le Grand Orient [ de France ] avait en 1877 décidé de supprimer des rituels tout ce qui avait jusqu'alors témoigné des tendances spiritualistes de la Franc-Maçonnerie traditionnelle, ...

« ... c'est-à-dire l'acte de foi en l'existence de l’Être Suprême et en l'immortalité de l'âme ainsi que la formule à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers qui figurait réglementairement en tête des pièces officielles et de la correspondance des Loges. »

Ce qui rendra impossible en 1913 le ralliement du Régime Écossais Rectifié dans lequel s'exprimait le Centre des Amis depuis 1910 sous son Directoire Helvétique dans le prolongement d'une loge de 1807 éteinte depuis 1838.

Le Centre des Amis se constitua alors en « Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les colonies françaises » ralliée par une Loge Anglaise de Bordeaux fondée dès 1732 à la Grande Loge de Londres de 1717.

Les « tendances spiritualistes » de 1877 étaient sauves mais la cause écossaise de 1688 était défunte et le Rite Anglais reconnu par la Grande Loge d'Angleterre depuis 1766 s'était proclamé chrétien dès 1810 en refusant d'y admettre les Juifs.

Il se rallia par la suite – après la première guerre mondiale – à la Grande Loge de France – « vieille rivale du Grand Orient » – laissant la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière sous son Directoire au large du Lac Léman.

   

    

vendredi 24 octobre 2025

Les frères de l'école du Nord

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Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la deuxième sphère
parmi les neuf sphères célestes de la vingt-et-unième lettre :

« Sîn »

Toute prière dans son acception la plus universelle qui unit la louange à la supplication est entièrement comprise par la prosternation.

Elle n'a que six sortes de mouvement : celui des genoux, celui du tronc, celui du torse, celui du cou, celui des yeux et celui du front.

La prosternation du front est la plus complète car elle nécessite les six appuis alors que les autres n'en demandent que deux si on est debout ou quatre si on est assis.

Les six appuis sont ceux des pieds, ceux des genoux et ceux des mains.

La prière immobile est comme une prosternation sans appui bien qu'elle nécessite toujours une assise sauf dans l'extase et la lévitation.

Elle se pratique aussi en mouvement dans le ralentissement des gestes et la résorption des sens ou au contraire dans l'accélération et l'évitement.

La prosternation des yeux est la plus intime car elle est la plus proche du cœur où s'unissent les flux de la Terre et du Ciel.

Le Prieur du val d'Or nous a enseigné la prosternation du tronc qui nous a toujours paru suffisante si elle est suffisamment profonde.

Celle des genoux semble incomplète quand elle n'invite pas à la prosternation du front sauf quand l'assise se fait sur un siège où le fléchissement de la nuque s'impose.

Le Prieur du val d'Or pratiquait la prosternation des yeux d'une façon très particulière en les levant vers le Ciel.

Ce regard posé au-dessus des choses accomplissait la prosternation de Celui qui la contemple.

Son humilité extrême est une participation rendue nécessaire à toute oblation par la prosternation.

Les prosternations les plus manifestes sont vaines en l'absence du cœur qui sanctifie les salutations les plus ténues.

C'est en effet le cœur de l'âme qui participe au mouvement des réalités les plus subtiles vers lesquelles l'entraîne celui du corps qui se prosterne.

Tout rite n'est que la disposition de ce mouvement des êtres vers leur Source la plus profonde.

Le Sheykh al-Akbar décrit la pérégrination comme une prière en mouvement et la prière comme un pèlerinage immobile.

Une seule prosternation a suffi dans le cimetière où se trouve encore l'église invisible qu'on a cru détruire en l'ouvrant à tous les horizons.

« L'après-midi en compagnie de Gille Guay et de Sorrensen, nous allons rendre visite [ en 1959 ] à Lama Govinda qui habite non loin de là avec sa femme, la photographe parsie Li Gotami. Sorrensen me raconte son histoire :

« Lama Govinda est un érudit qui a appris le pali de façon à étudier les écrits bouddhistes dans le texte.

« Il est d'abord moine bouddhiste à Ceylan puis il est envoyé à Calcuta pour représenter le bouddhisme Hinâyana dans un Congrès international.

« Mais il se convertit au bouddhisme Mahayana. C'est à cette époque que [ Sorrensen ] le rencontre à Shantiniketan.

« Il se fait appeler alors Brahmâcari Govinda. Il part au Tibet vers 1936, est initié au tantrisme et devient lama.

« À son retour, il se marie avec une femme parsie – ce qui est admis en tant que lama mais c'est très mal vu des indiens.

« Il habite la maison du Dr Evans Wentz (+ 1965) [ le rédacteur de la traduction du « Bardo Thödol » de Padmasambhava par le lama Kazi Dawa Samdup ] qui désirait la louer mais à condition qu'aucune femme n'y habite... »

« Lama Govinda nous reçoit assis sur une sorte d'estrade couverte de tapis rouge. Les traits du visage fin, un long bouc bien taillé, les pommettes saillantes, les yeux petits et bridés.

« Il n'est pas très grand et s'exprime en anglais avec un fort accent allemand. La vue sur l'Himalaya est superbe.

« De l'autre côté de la montagne, c'est le Tibet » – me dit-il :

« Autrefois une route très fréquentée y allait mais elle a été fermée depuis l'occupation [ du pays ] par les Chinois. »

« Sa femme – Li Gotami – est une matrone imposante à la voix forte qui intervient à tout propos pour donner son opinion. Elle semble avoir du mal à supporter qu'on ne lui prête pas une attention exclusive.

« Les murs sont couverts de livres. Lama Govinda donne une impression de grande érudition. Il a tout lu, s'intéresse à tout.

« Il m'interroge sur les chances de De Gaulle de rétablir la paix en Algérie. Il raconte beaucoup d'histoire et d'anecdotes. Il a séjourné en Tunisie autrefois et y a étudié les transports mystiques de la secte des « Aïnou Laoussa »... [ ... ]

« La conversation continue sur Guénon pour lequel Lama Govinda a beaucoup d'admiration. Je promets en prenant congé de lui envoyer des livres de Guénon qui l’intéressent et qu'il ne peut se procurer en Inde. »

Cf. Daniels Roumanoff – Candide au pays des Gourous – A la recherche d'un maître – Almora : la colonie des européens – Lama Govinda : un bouddhiste érudit (1990)

« En bouquinant sur les quais un jour de l'an de grâce 1814 [ 9696 pour le système templier de l'Ordre d'Orient : « Le système observait deux computs. Celui des Convents partait de 1118 – année de la fondation de l'Ordre du Temple [ ... ]

« Les Maisons d'initiation ajoutaient 9.000 ans au chiffre ainsi obtenu ». ] [ Fabré-Palaprat ] dénicha et acheta pour vingt-cinq francs un manuscrit grec sur vélin intitulé Evangelicon.

« C'était une version du Quatrième Évangile précédée d'une sorte d'introduction et de commentaire qui portait le nom de Leviticon.

« L'aspect du manuscrit dans lequel les versets évangéliques étaient séparés par des triangles ne pouvait manquer d'attirer l'attention d'un maçon, même dissident ; ...

« ... le texte fit à l'acquéreur l'effet d'une révélation. Dans cet leçon de l'évangile de saint Jean tout ce qui présentait un caractère surnaturel était soigneusement passé sous silence ; ...

« ... le récit se terminait avec le chapitre XIX dont le dernier paragraphe rapporte la mise au tombeau ; ...

« ... les chapitre XX et XXI qui relate la résurrection du Christ et ses apparitions répétées à Marie-Madeleine et aux disciples étaient purement et simplement supprimé.

[ Le Forestier ne nous dit pas où commence cette version et si le Prologue s'y trouve. ]

« D'autre part des interpolations attribuait à l'apôtre favori un rôle éminent comme successeur du Messie qui disait aux autres apôtres pendant la veillée sur le mont des Oliviers : « Jean sera votre père jusqu'à ce qu'il viennent me retrouver au paradis. »

[ Interpolation de Jean XXI 22 et 23 : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne ... » à partir de laquelle les frères supposent l'immortalité du disciple.

L'apôtre favori identifié à l'apôtre Jean désigne en réalité le bien-aimé disciple que Jésus aimait tel que le récit johannique l'identifie à Lazare qui une fois ressuscité pouvait en effet avoir des raisons aux yeux des frères de ne plus mourir jusqu'à la parousie.

L'apôtre Jean dans le récit de la Passion est donné comme le Fils de la Vierge qu'on pourra toujours identifier à l’Église et c'est Simon-Pierre sous le nom de « Céphas » en araméen qui est désigné comme le Père des fidèles – « Abben ».

Il y a là une rivalité dans la succession du Sauveur qui pourrait bien apparaître comme le prototype d'une représentation trinitaire où l'Esprit Saint serait identifiable à la Mère de Dieu dont la langue syriaque conserve le genre.

Par ailleurs, la fin de l'Evangelicon nonobstant cette interpolation correspond bien évidemment à celle que Jean l'Ancien donnait à l’Évangile de Marc que les actes de Luc et la première épître de Pierre identifie au Fils du Prince des apôtres.

Ce qui laisse entendre que le Théologien du Prologue et de la première épître johannique aurait complété l'évangile du bien-aimé disciple que Jésus aimait là où celui de Marc s'arrêtait en reprenant cinquante ans plus tard le canevas de la tradition synoptique. ]

« Il importe peu [ à Le Forestier ] de savoir [ ... ] si le manuscrit remontait aux XIe, XIIIe ou XVe siècles, s'il avait été l’Écriture Sainte des hérésiarques bulgares nommés « Bogomiles », ...

« ... si son auteur était le moine grec Nicéphore qui avait voulu faire une synthèse des doctrines soufies et chrétiennes ou s'il avait été simplement fabriqué au XVIIIe siècle [ vers 1775 ] par un adroit faussaire.

[ « Matter y voit l’œuvre d'un faussaire moderne et affirme que « les caractères dans lesquels il est écrit ne laissent pas le moindre doute sur sa récente origine ». ]

« Il suffit de noter que cette trouvaille fit connaître à Fabré-Palaprat la religion secrète johannite mais sous un aspect tout différent de celui qui avait séduit les Maçons mystiques et particulièrement les Frères de l'école du Nord, ...

« ... ceux-ci attendaient une révélation surnaturelle par une apparition de l'apôtre saint Jean – l'Evangelicon était au contraire l'expression d'un christianisme rationaliste [ que Le Forestier date du XVIIe siècle ] d'esprit voltairien. »

Cf. René Le Forestier – La Franc-maçonnerie templière et occultiste aux XVIIIe et XIXe siècles – Les épigones (1970)

   

    

mercredi 22 octobre 2025

L'imâm du Tawḥîd

...

Retour vers la demeure des lettres

Pour la demeure de la deuxième sphère
parmi les huit sphères célestes de la dix-huitième lettre :

« âd »

Théophanie de la Lumière de l'invisible : « Qu'il faut faire silence devant le Mystère divin. »

« Je me tenais dans la Lumière de l'invisible [ « an-Nûr al-ghayb » ] quand j'aperçus Sahl Tostarî (+ 896 ou 905).

[ « La lumière de l'invisible se rapporte à l'être absolu transcendant toute détermination, Dieu étant l'inconnaissable par essence. » ]

« Je lui dis : « Combien y a-t-il de lumières [ dans ] la connaissance, ô Sahl ? »

« Il me répondit : « Il y en a deux : la lumière de l'intellect et la lumière de la foi. »

[ L'intelligible et la volitive en-deçà ou au-delà de toute mystique sensible selon qu'on se place du côté de sa déité immanente où du côté de l'ipséité transcendante :

« Ibn Arabî professe à la suite de Ghazâlî [ l'antériorité ] de la lumière de la foi sur celle de l'intellect [ « 'aql » ] et de la réflexion. [ « fikr » ]

« La première est infuse et innée dans le cœur, la seconde s'acquiert par l'effort. »

Le degré de la connaissance innée caractérise l'antériorité que Ruspoli qualifie de supériorité du point de vue de sa gradation. ]

« Je lui dis : « Que fait saisir la lumière de l'intellect et que fait saisir la lumière de la foi ? »

« Sahl me répondit : « La lumière de l'intellect fait saisir qu'il n'y a rien de semblable à Lui et la lumière de la foi fait saisir que l'essence divine est indéfinissable. »

« Je vois – lui dis-je – que tu parle à travers le voile. »

« En effet ! » admit-il.

« Je lui dit : « Ô Sahl ! Tu [ ... ] définis [ Dieu ] alors que tu ne le saisis pas. Ainsi ton cœur s'est prosterné et [ à la ] première [ prosternation ] l'erreur est apparue. »

« Parle ! » me pria-t-il.

« Je lui dit : « Place toi entre mes mains. » Alors il s'agenouilla.

« Je lui dis : « Ô Sahl ! Tu te comportes comme quelqu'un qu'on interroge sur le « Tawḥîd » et qui répond.

« La réponse convenable n'est-elle pas uniquement le silence ? Médite bien là-dessus ! »

« Alors il s'absorba dans la méditation. Ensuite il revint à lui et trouva qu'il en était exactement comme je l'avais dit.

« Puis je lui demandai : « Ô Sahl ! « Où en suis-je par rapport à toi ? »

« Il répondit : « Tu es l'imam dans la science du « Tawḥîd » et tu sais ce que je ne savais pas dans ce « maqâm ».

« Alors je le fis descendre dans la science du « Tawḥîd » à côté d'Abû'l-Hosayn Nûrî et je le plaçai entre ce dernier et Dhu'l-Nûn Misrî. Puis je m'en allais. »

[ La descente dans la science du « Tawḥid » confirme l'antériorité du caractère inné de la science infuse. ]

Cf. La septante-cinquième théophanie du Livre des théophanies du Sheykh al-Akbar traduit par Stéphane Ruspoli qui en comprend cent-et-neuf (2000)

De la théophanie de l'indication divine par la Voie du secret (1) à la théophanie de la déroute des intellects (109).

La Lumière de l'invisible est une lumière incolore que la Perle de la perfection attribue à la Lumière muḥammadienne et son invisibilité est une lumière incréée directement perceptible depuis la demeure suprême du Maître des abeilles :

« Ô mon Dieu !

Répands Tes grâces et accorde le Salut au Témoin de la Vérité par la Vérité,
Trésor sublime qui émane de Toi vers Toi
dans le globe de Ta mystérieuse lumière incolore. »

« Jawhâratu'l-kamâl »

Le témoignage de la Vérité par la Vérité – « al-Ḥaqq bi al-Ḥaqq » – est celui que le Sceau des prophètes se rend à lui-même par le témoignage de la Parole de Dieu qui celle du Christ et le globe de Sa mystérieuse lumière incolore est celui de la demeure suprême.

« Y.Ṣ.W.' »

Fils du Yom Kippour

Prince de la Face du Métatron de Rosh Hashana Lashanim

Chef des milices célestes qui se tient à la droite du Seigneur

Zeus – Abba Râ Mosis

Celui qui se tient à la droite du Père est le premier acolyte du Pôle et celui qui lui succède lors des renouvellements cycliques quand le septième substitut qui se tient dans l'angle du quatrième pilier prend la place du deuxième acolyte qui le précède.

« Ce nom là est égyptien bien sûr. « Moshé » – Moïse – cela veut dire « naître ».

« Connaissant le sens du mot « mosé » en copte, Champollion après des années de recherches est parvenu à la conclusion que « Thoutmosis » était bien « Thotmosé » – « Thot-mès » – ... [ Celui que Thot a mis au monde ]

« ... puis « Râ-mosé » = « Râ mésou » = Ramsès – les voyelles n'étant pas écrites chez les Égyptiens comme d'ailleurs chez les Sémites. »

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Sous le regard des dieux – Le livre scellé de sept sceaux (2003)

« Le nom de Moïse vient très certainement de « Mosé » comme je vous l'ai déjà dit et ne signifie pas celui qui est sauvé de la noyade mais celui qui est « mis au monde » comme dans « Thoutmosis » ou « Rameses » – Ramsès – celui que Râ a mis au monde. »

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Op. Cit. – Le lent déclin d'une civilisation (2003)

« L'épisode de l'Exode qui n'est mentionné par aucun texte égyptien, n'aurait pas été écrit avant le septième siècle avant notre ère et trouve peut-être son inspiration dans le départ des Hyksos, certainement d'origine sémitique.

« Ceux-ci avaient envahi le pays et ont été chassés après une longue lutte par le roi Ahmosis le Libérateur qui les bouta hors d’Égypte jusqu'à la ville frontalière de Sharouhen. »

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Op. Cit. Ibidem (2003)

« ... avec la dague de Yâh-Hotep, nous sommes à la charnière de l'histoire égyptienne à l'époque où les princes de la famille d'Ahmosis ont sauvé l'honneur et le pays en combattant les Hyksos ...

« ... [ les envahisseurs du pays au début de la XVIIIe dynastie ] qui occupaient le pays depuis plus de cent ans. »

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Op. Cit. – À l'adresse des futurs égyptologues (2003)

« Il faut savoir que le croissant est l’hiéroglyphe du mois. Or les Égyptiens découpait l'année en trois saisons de quatre mois chacune. »

[ À raison de douze décans par saison et de trois décans par mois. Ce qui suppose cinq jours complémentaires et un bissextile qui correspond avec le cycle du Phœnix aux six mille lunaisons.

Georges Barbarin dans le Secret de la Grande Pyramide note très justement dès 1936 en arpentant ses mesures une années de 365,242 jours. La fin du monde adamique qu'il identifie à ce Secret n'est cependant pas sans écueil.

Le renouvellement du « manvantanra » qui est caractérisé par le Manou que la tradition vétérotestamentaire qualifie d'adamique ne suppose pas de son expropriation mais plutôt la coordination des trois prototypes adamique, christique et muḥammadien. ]

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Op. Cit. – Le devoir de transmettre (2003)

« Louis Massignon était un personnage vraiment remarquable, un grand orientaliste arabisant, un humaniste qui avait tenté de créer un mouvement œcuménique avec Mary Kahil, une égyptienne qui croyait à la possible entente en Égypte entre les religions.

« Ils avaient créé ensemble une église universelle au Caire et Massignon se rendait souvent en Égypte où il participait aux réunions de l'Académie arabe dont il était un membre éminent.

« Il avait une réputation un peu analogue à celle du père de Foucauld [ dont il fut le légataire universel ] mais en plus universitaire et non pas loin des hommes. »

[ Ce faisant la « Badaliya » fut l'héritière de l'Entente pour l'Union des peuples fondée par René Guénon dès 1925 à la suite de son livre sur l'Orient et l'Occident à laquelle Massignon avait participé et qui fit long feu avec son départ pour le Caire en 1930. ]

Cf. Christiane Desroches Noblecourt – Op. Cit. – Le conseil de Massignon (2003)