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Pour la vingt-deuxième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Le pèlerinage, c'est Arafa. » [ ... ]
« L'essence d'Allâh n'est autre que Sa miséricorde, l'attribut divin universel exprimé par le Nom « ar-Rahmân » – le Tout Miséricordieux – principe de la manifestation.
« Cet attribut est symbolisé aux confins de la plaine d'Arafa par le Mont de la Miséricorde où il est recommandé aux pèlerins de faire des invocations et d'adresser des demandes.
« S'il est représenté ainsi visiblement à l'exception de tout autre, c'est parce qu'il renferme en lui tous les autres. » [ ... ]
« Les rites du pèlerinage s'ordonnent [ ... ] autour de deux centres : la Maison visible située à La Mekke et la Maison invisible dévoilée chaque année à Arafa au moment où les pèlerins accomplissent la Station.
« La Ka'ba mekkoise ne peut donc pas être considérée uniquement comme le centre indifférencié de notre état d'existence car elle est elle-même orientée dans la direction indiquée par la Pierre noire qui la « Droite d'Allâh » ; ...
« ... et cet direction est celle d'Arafa. » [ ... ]
« ... quand ils sont au pied du Mont de la Miséricorde, [ les pèlerins ] se tournent vers la Ka'ba de La Mekke pour adresser au Très Haut leurs prières de demande. »
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – Arafa ou le pèlerinage à la connaissance (2002)
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« Dans l'ouvrage où [ Abd ar-Razzâq a ] traité du sens initiatique [ du pèlerinage, il a ] mentionné la recommandation faite aux pèlerins de se rendre au pied du « Jabal ar-Rahma » le jour d'Arafa pour y faire des prières de demande.
« A ce sujet, [ il a ] été amené à préciser que contrairement à un comportement blâmable qui s'est généralisé aujourd'hui [ en 2006 ], il convient à l'exemple du Prophète de se tourner vers la Ka'ba de La Mekke pour adresser ces prières [ à Dieu ] : ...
« ... c'est là une [ tradition ] confirmée de manière indubitable et très instructive pour [ son ] propos.
« [ Il a ] en effet montré que l'ensemble des rites du pèlerinage s'effectuent autour de deux centres : Arafa et la Ka'ba mekkoise.
« Le premier de ces lieux représente le Centre suprême alors que la Maison d'Allâh bâtie de pierres symbolise [ ... ] la religion islamique au sens strict et la Hiérarchie initiatique qui constitue le « centre particulier » de l'islam.
« Avant l'islam, la Station d'Arafa située en dehors du territoire sacré entourant La Mekke n'était pas incluse dans les rites accomplis par les pèlerins : ...
« ... ceux-ci s'arrêtaient à « Muzdalifa » et demeuraient constamment à l'intérieur de ce territoire.
« L'inclusion d'Arafa opérée par l'islâm revêt ainsi une signification eschatologique précise car pour la première fois, le Centre initiatique suprême est lié par Dieu à une forme particulière destinée à être le support du « Tawhîd » universel à la fin des temps.
[ On voit mal comment une forme particulière pourrait se manifester à l'existence sans se référer dès l'origine à un Centre initiatique que l'économie cyclique lui assigne.
Qu'elle puisse s'en éloigner par la suite pour s'adapter à des considérations secondaires dans des conditions plus ou moins adverses reste accidentel.
Le mont de la Miséricorde dans la plaine d'Arafa constituait la « qibla » de la période mekkoise avant qu'elle ne soit orientée vers La Mekke à Yathrib où les Juifs se tournaient vers le mont Sion à Jérusalem qu'ils identifiaient au mont Moriah. ]
« Cette souveraineté formelle de l'islâm explique pourquoi même lorsqu'il se rendit au pied du Mont de la Miséricorde qui symbolise la Religion pure [ des origines ], le Prophète [ ... ] se tourna [ ensuite ] dans la direction de la Mekke pour formuler ses prières de demande. »
[ Cette désorientation des pèlerins vers cette origine trahit en réalité une aspiration au renouvellement de leur religion. ]
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – « Tawhid » et « Ikhlâs » – Incompréhensions et rejets (2006)

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