samedi 28 mars 2026

al-Gîlî

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Pour la vingt-sixième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« [ Abd ar-Razzaq se réfère ] ici [ dans son introduction aux passages des « Futûhât » qui se rapporte au Cheikh Abd al-Qâdir al-Gîlânî et à son Compagnon Abû's-Su'ûd ] à l'étude de René Guénon intitulée « L'écorce et le noyau » ...

« ... où la « sharia » définie comme « la loi religieuse extérieure » est représentée par l'écorce et la « haqîqa », c'est-à-dire « la vérité ou réalité essentielle » par le noyau. 

« La notion de « tarîqa » est absente du symbolisme évoqué par le titre. »

Cf. Abd ar-Razzaq Yahyâ – Le Cheikh Abd al-Qâdir al-Gîlânî et à son Compagnon Abû's-Su'ûd d'après des textes d'ibn Arabî (2019). Sa préface est datée en 2000.

Il aurait peut-être été plus simple de constater que le symbolisme de Guénon reste incomplet d'autant qu'il ne l'est pas quand il il se réfère à la figure géométrique du cercle où ces notions correspondent à sa circonférence, son centre et son rayon.

Abd ar-Razzaq préfère néanmoins évoquer une opposition entre l'intérieur et l'extérieur comme expression de l'ésotérisme et de l'exotérisme qui se rapportent à leurs Noms divins  « az-Zâhir » wa « al-Bâtin »  sans pourvoir résoudre cette équation (3 = 2).

Pour l'ésotérisme et l'exotérisme on propose parfois un « mésotérisme » médian mais on évoque plus généralement un « secret » pour décrire l'intimité du cœur qui correspond au noyau de la Voie initiatique d'une façon plus convaincante.

Il est par ailleurs impossible de faire correspondre l'extérieur à la « sharia » puisque l'écorce correspond précisément à la limite qui le sépare de l'intérieur où ce qui correspond à la pulpe ne désigne que la « tariqa » – leur centre transcendant toute dualité spatiale.

Cette inadéquation recouvre pourtant une réalité plus profonde qui convoque avec elle l'images des deux arbres qui entourent la Montagne polaire dans la sourate du Figuier (95) : le fruit de l'Olivier ayant un noyaux alors que celui du Figuier n'en a pas.

Cette différence qui est aussi celle des fonctions sacerdotale et royale ne fait que reproduire des dispositions que nous retrouvons avec les carrés magiques de Saturne et de Jupiter : les huit directions du premier n'ont pas d'enceinte centrale, les dix du second en ont une.

Cette enceinte centrale qui n'appartient qu'à la fonction sacerdotale représentée ici par le carré magique de Jupiter correspond pour la matrice arithmétique du Carré de quatre retrouvé dans les ruines du château de Salvaterra à la onzième décade.

Cette onzième décade est en quelque sorte l'Arbre de la limite qu'on situe sur la Montagne polaire décrite comme le Sinaï où on l'identifie au Buisson ardent dont la Lumière surexposée par rapport à celles que produisent les lampes de nos prêtres n'est ni d'Orient ni d'Occident.

Abd ar-Razzaq situe parfaitement ces réalités quand il évoque la dernière sourate (114) où la station la plus élevée est en effet la troisième – celle de la divinité – précédée par la plus éloigné  la première  et par la plus proche – la seconde.

La plus éloignée est en rapport avec le Maître de l'Univers qu'on retrouve dans le deuxième verset de la Fâtiha (1)  c'est Lui qui est Clément et Miséricordieux – et la plus proche avec le Roi des hommes qui apparait pour le jour du Jugement au quatrième verset.

Ce rapprochement qui peut paraître paradoxal mais qui illustre en quelque sorte la kénose du Christ exprime chez ibn Arabî une prérogative qu'il réserve à la servitude  « ubudiyya »  par rapport à celles qui reviennent à la « rububiya » dominicale.

Cette prérogative de la servitude est aussi celle d'abû's-Su'ûd par rapport à celles  incontestables dans l'historiographie du proto-soufisme – d'abd al-Qâdir al-Gîlânî qu'abd ar-Razzâq s'est plu à orthographier « al-Gîlî ».

   

    

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