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Pour la trente-huitième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« La fondation du Saint Empire relève d'une fonction ésotérique représentée extérieurement par un personnage dont la vie et l'œuvre ne sont connus qu'à travers des récits légendaires si étranges et contradictoires qu'ils ont jeté un doute sur son existence historique.
« Cette fonction peut être adéquatement désignée et définie au moyen de l'expression « Sainte Egide » qui fait référence au nom latin du personnage dont il s'agit – celui que les récits appellent « sanctus Aegidius » et que l'on nome en français saint Gilles.
« Si l'on s'accorde d'une manière générale à penser qu'il vécut au VIIIe siècle aucun élément historiquement vérifiable ne permet de le démontrer, certaines indications conduisant à situer sa vie au VIe d'autres obligeant à descendre jusqu'après le couronnement de Charlemagne, ...
« ... c'est-à-dire jusqu'au début du IXe. [ On peut donc supposer qu'il s'agit d'une fonction de transition entre l'empire romain et l'empire carolingien propre au VIIe siècle qui a ensuite été incarnée par ce saint et par d'autres comme l'indique la légende de saint Hubert. ]
« On comprend qu'un tel degré d'incertitude ait suscité des doutes. Pourtant ceux-ci semblent bien avoir été définitivement levés par la découverte opportune et significativement levés par la découverte opportune et significative du tombeau du saint le 29 oût 1865, ...
« ... dans la crypte de l'ancienne église abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard [ en Provence que la légende met en relation avec Rome par voie maritime à partir du Tibre. ]
« Le regain d'intérêt et de ferveur qui suivit cet événement – notamment [ par ] la restauration d'un pèlerinage à Saint-Gilles en souvenir de celui qui fut au moyen âge un des plus important de la Chrétienté – ne semble guère avoir perduré jusqu'à nos jours ; ...
« ... seuls peut-être les Compagnons tailleurs de pierre continuent-ils d'inclure la visite à Saint-Gilles [ dont on trouve des traces à Saint-Hubert ] dans leur Tour de France, ...
« ... témoignant ainsi [ ... ] de l'existence en ce lieu d'un centre spirituel et initiatique aujourd'hui disparut [ dont témoigne Prosper Mérimée (+ 1870) dans ses « Notes d'un voyage dans le Midi de la France ».
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« La réunion synthétique en saint Gilles des deux pouvoirs sacerdotale et royal est évoquée par l'épisode central de sa vie légendaire qui fournit le thème unique de l'iconographie du saint – celui de la biche qu'il protège et de la blessure que lui inflige la flèche d'un chasseur.
« Cet épisode se situe à un moment où saint Gilles vit en ermite au milieu de la forêt « gothique » de la Septimanie dans une complète solitude.
« Au fond sa retraite – protégée par d'épais fourrés – une biche lui rend visite et le nourrit de son lait.
« Un jour elle est aperçue par des chasseurs qui s'élancent à sa poursuite ; ...
« ... mais l'animal rejoint le saint dans sa retraite et les chasseurs entravés par l'enchevêtrement des taillis sont contraints d'abandonner leur effort.
« Ce jeu se reproduit à plusieurs reprises jusqu'au moment où excédé un chasseur décoche une flèche à travers le feuillage.
« A la suite de quoi – selon le récit des Actes [ du saint ] – le roi et l'évêque qui avaient accompagné les chasseurs pénètrent seuls dans le fourré [ ... ] : ...
« seuls le roi avec l'évêque parvinrent à pied jusqu'à lui tous les autres ayant reçu l'ordre de rester en arrière » ; ...
« ... ils y découvrent l'ermite assis sur le sol protégeant la biche blottie à ses pieds, la main blessée par la flèche qui l'avait transpercée. »
Cf. Abd ar-Razzâq Yahyâ – La Sainte Egide (1997)
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Charles-André Gillis identifie la biche au Christ mais il s'agit bien évidement de la Vierge dans le « maqâm » marial d'Artémis – celui de Notre-Dame d'Anis au Puy-en-Velay.
Ce qui l'identifie plutôt à son « faon » dont le phonème semble n'être que la transposition du « paon » dans la représentation dionysiaque de son bestiaire solaire – celui d'On à Sidon.
Et si la lactation légendaire de saint Gilles est mariale, saint Bernard dut aussi occuper sa fonction. Gilis pose ici cette énigme entre Gilles et Gîlânî : ...
In Memoriam sous Silence (55) de Saint-Gilles-Lez-Brussels au berg d'Alsem.

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