dimanche 28 juin 2026

Les étendards

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Pour la septante-et-unième demeure du Kawthar d'al-aqq :

« La considération des lettres qui composent le nom de Dâwûd suggère l'existence d'une relation avec le Nom divin « al-Wadûd » – le divin Amour dont les lettres se retrouvent toutes dans le nom du Prophète-Roi » [ unissant l'Amant et l'Aimée. ]

Cf. Charles-André Gilis – Les sept étendards du Califat – Le cycle du Califat – Le nom de Dâwûd (1993)

En présentant le livre des étendards comme « la clé de voûte » de son œuvre, Gilis l'expose tout particulièrement à la déconstruction de l'effet de recouvrement qui altère dans cet ensemble les trois fonctions eschatologiques :

- celles qui réunissent le Sceau d'une Sainteté spécifiquement muhammadienne au Sceau d'une Sainteté universelle en rapport avec le Sceau d'une Sainteté générale qui implique la succession des deux témoins apocalyptiques – le Christ et le Sceau des prophètes

- celles qui réunissent le Qutb al-Maktum au Qutb az-Zamân entre la Parousie du Christ et ceux qui le précèdent dans la « walaya » muhammadienne – celle du Qutb al-Maktum étant la fonction spécifique du Sceau de la Sainteté en rapport avec celle du Qutb az-Zamân

Le califat muhammadien dont Gilis brandit ici les étendards intervient dans un ultime recouvrement qui altère le lien symbolique dont il ne méconnait pas pour autant l'importance entre Adam et le Christ dans la postérité sethienne – cf. S 3 V 59.

Mais nous ne pouvons pas pour autant nier l'existence de ce califat dont le symbole ne repose ici que sur deux similitudes réelles avec celle du califat intermédiaire de Dâwûd pour les tribus d'Israël dans le récit coranique – cf. S 38 V 26.

Similitudes qui impliquent à la fois la conjonction des fonctions sacerdotales et royale du prophète et du roi et leur implication dans une symbolique de l'Amour qui convoque « al-Wadûd » – l'Amant – et « al-Habîb » – l'Aimé – qu'il ne faut pas sous-estimer.

Le caractère intermédiaire de leurs califats repose d'abord sur le fait que David occupe le centre d'un cycle adamantin de 5.400 ans qui s'étendent avec les unités de la matrice arithmétique du Kalpa sur un ensemble de 64.800 lunaisons.

Cet ensemble est communément identifié aux six jours de la Création qui doivent être considérés en réalité comme six cycles de six mille lunaisons où Muhammad occupe le centre d'un solde de 2.400 ans qui correspondent aux quatre cohortes d'un Kali-yuga de 2.592 ans.

Cette position centrale tout à fait remarquable est également celle qu'occupe le Bouddha Sakyamuni dans un cycle de répartition des jours bissextiles de 5.500 ans qu'on divise en onze cycles de 500 ans semblables aux six mille lunaisons du Phoenix ou du Cerf blanc.

Gilis aborde d'une façon incomplète le caractère intermédiaire de ces califats à partir des trois axes du Triangle de l'Androgyne transmis par René Guénon à Michel Valsân qui réunissent les lettres « – A » + « – D » + «  – M » :

« L'axe vital « Ḥâ – Mîm » représente l'être individuel et l'axe « Wâw – Dâl » [ représente ] les états manifestés supra-individuels correspondant [ pour René Guénon ] aux Cieux des religions occidentales, ...

« ... ce qui confirme le caractère lumineux et solaire de ce dernier [ avant la conjonction des luminaires salomoniques ] en parfaite concordance avec ce qui a été dit précédemment au sujet [ de la conjonction des fonctions sacerdotale et royale ] du Prophète-Roi. »

- les lettres « A – A » réunissent dans leurs contingences la première et la dernière lettre de l'Androgyne caractérisé par les noms d'Adam et Eve – « A.D.M » & « .W.A »

- les lettres « W – D » correspondent aux premières lettre d'al-Wadûd ou aux dernières lettres de Dâwûd sans prendre en compte les redoublements de la lettre « D »

- les lettres «  – M » correspondent aux lettres centrales d'Ahmad sans prendre en compte la première et la dernière lettre du Nom céleste qui caractérise le Prophète

En « A..M.D » la dualité contenue par « A.D.M » & « .W.A » qui subsistait encore entre « W.D.D » et « D.W.D » à disparue.

Cela suppose néanmoins de reconnaître que la lettre « M » de « A.D.M » puisse être celle de Muhammad d'une certaine façon  ce que nous avons contesté non sans raison puisqu'elle ne peut correspondre à celle de « A..M.D » quand on la présente comme initiale.

Cette incompréhension de notre part n'est finalement que l'expression d'un déplacement vertical sur la « Sirat al-amid » à laquelle il est fait expressément référence quand il est question des étendards de la Louange du Louangeur louangé – « Mahmud ».

Louange qui caractérise alors son intercession universelle en tant que Calife d'ar-Rahmân comme Miséricorde pour tous les mondes – c'est-à-dire pour les trois degrés de la  « Sirat al-amid » où il occupe incontestablement la position la plus haute.

L'incomplétude dont nous faisons ici état reste cependant visible dans le schéma que Gilis nous propose puisque seul l'axe « Wâw – Dâl » fait l'objet d'une nomenclature parallèle avec les noms d'Adam et Ḥawâ : « Wadd » = « Amour ».

Les axes « Alif – Alif » & « Ḥâ – Mîm » sont sans référence parmi les Noms arabes et ce malgré l'interprétation que nous signalons pour le second.

Précisons encore qu'aux niveaux des degrés que nous évoquons sur lesquels Muhammad exerce son intercession sans aucune discrimination, c'est bien Jésus qui occupe une position centrale entre Adam et lui.

   

    

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