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Pour la cinquante-huitième demeure du Kawthar d'al-Ḥaqq :
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« Un autre paradoxe de l'Amour est le suivant : c'est l'Amant [ et ] non l'Aimé qui est le serviteur.
« L'Aimé agit comme il lui plaît car il possède le droit et l'autorité sur l'Amant ; ...
« ... celui-ci accepte le gouvernement de l'Aimé et fait ce qu'Il désire.
« Ibn Arabî se réfère sur ce point au passage coranique – cf. S 85 V 14 à 16 :
« Il est Celui qui pardonne complétement
« al-Wadûd »
le Possesseur du Trône Glorieux
faisant universellement ce qu'Il veut. »
« ... qu'il interprète de la manière suivante [ dans le chapitre 558 des « Futûhât » ] :
« Il est Celui qui aime » [ et ] en même temps, « Il fait universellement ce qu'Il veut » : ...
« ... il est donc aussi Celui qui est aimé car celui-ci fait ce qu'Il veut de Celui qui L'aime ; ...
« ... ce dernier l'écoute [ et lui ] obéit, se prépare à faire ce que veut de Lui Son Bien-Aimé car Il est Celui qui aime d'un amour constant en vue de se plier aux exigence et aux condition de l'Amour.
« L'essence est unique : Celui qui aime – « al-Wadûd » – est également Celui qui fait universellement ce qu'Il veut !
« Considère la merveille de cet enseignement divin et dis – cf. S 20 V 114 :
« Seigneur ! Fais moi croître en Science ! »
Cf. Charles-André Gilis – Marie en Islam – Les paradoxes de l'Amour (1990)
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« Wadûd » est par ailleurs l'anagramme de « Dâwûd » dans la langue syriaque de la Tradition primordiale auquel Charles-André Gilis a consacré dès 1976 une première étude pour sa traduction des « Fusûs al-Hikam » du Sheykh al-Akbar (1998).
On peut donc considérer que c'est avec son amour qu'il a conjoint les luminaires représentés par Salomon dont le nom comprend déjà cette conjonction du Soleil avec la Lune représentée par la reine du Midi – la Souveraine de l'empire sabéen à son apogée.
Cette conjonction se fait dans le Noble Coran au Nom du Dieu Clément et Miséricordieux de l'entête liminaire qui ouvre toutes les sourates et l'épitre que le roi Salomon adresse à la reine de Saba sous l'effet d'un repentir qui en prive la neuvième sourate – « at-Tawba ».
Par ailleurs, on ne peut qu'être frappé par l'identité de ce paradoxe où l'Aimé contraint l'Amant par l'effet de son Amour avec les justifications mystiques de « la petite voie » ouverte par Thérèse de l'Enfant Jésus de la Sainte Face à la fin du XIXe siècle.
Toute proportion gardée, on doit se souvenir que la piété musulmane attribue déjà depuis ses origines au Sceau des prophètes le nom de ce Bien-Aimé – « al-Habîb » – qu'il tient de ce précurseur – Dâwûd – dont Dieu à fait son Calife parmi les tribus d'Israël.
Il y a donc par là une voie qui s'ouvre vers un Califat muhammadien qui n'est pas seulement celui de la Parousie du Christ pour une « walaya » universelle mais aussi celui d'une intercession du Sceau des prophètes qui préfigure toute la démesure de son immensité.
Bethsabée – la Mère de Salomon – était littéralement le Maison sabéenne du roi David et comme telle la préfiguration de son Temple à Jérusalem pour Melkiseddeq – le Temple des luminaires et du roi de Justice.
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Garde Le secret et ne soit pas présomptueux devant Lui !
Nous n'enseignons que le Repentir :
« at-Tawba »
Faites tout ce que l'Esprit vous dira.


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